La nuit des lucioles de Alfred DelphJean-Philippe Peyraud - 11 critiques

Série : Le désespoir du singe - T. 1
Edition : Delcourt
Collection : Conquistador
Pages : 48 pages en couleurs
Parution : janvier 06
Auteurs : AlfredDessinateur DelphColoristeJean-Philippe PeyraudScénariste

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Par : yannick Voir les critiques de yannick (06 juil. 2006)

Quand un bon scénariste rencontre un bon dessinateur, ça peut donner quelque chose de géant… Ma foi, j’ai été ébloui par cette BD ! Serait-ce parce que :

- l’histoire m’a fortement rappelé la catastrophe écologique qu’est en train de vivre la mer d’Aral en Russie ? Ce grand lac, qui faisait le double en superficie d’aujourd’hui, est victime depuis des dizaines d’années d’une politique visant à irriguer massivement des terrains agricoles en détournant les rivières qui alimentent cette mer. Actuellement, ce projet est catastrophique pour la population locale qui vivait de la pêche et écologique car de nombreuses espèces marines et fauniques (en bordure de mer) ont disparu. De plus, le retrait des eaux a entraîné des zones desséchées qui sont actuellement inexploitables. Étant passionné par la géographie, je fus donc facilement fasciné par le contexte de cette histoire.

- les personnages sont très attachants et leurs destins inspirent de la curiosité ? « Le désespoir du singe » possède tous les ingrédients pour que les lecteurs soient fascinés par les aventures de Joliette, Josef, Edith et Vesperine : amours sur fond de dictature avec une révolution que l’on sent proche et qui pourrait changer complètement le destin de ces personnages et de tout un peuple.

- le magnifique dessin d’Alfred ? L’auteur passe avec bonheur d’un style doux à un trait nerveux suivant les séquences sans que cela crée une impression de cassure graphique : du grand art ! Les décors sont admirables, les expressions des personnages sont bien travaillées, la mise en couleurs est parfaite. La mise en page et le découpage sont exempts de défauts. Notons également que j’ai impressionné par le rendu « flou » voire « élastique » qu’Alfred glisse par moments dans son dessin.

Finalement, ce n’est pas qu’une réponse mais bien ces trois arguments qui m’ont permis d’apprécier pleinement ce premier tome du « désespoir du singe » : vivement la suite !

Par : okilebo Voir les critiques de okilebo (12 juin 2006)

Le Désespoir du Singe, c'est avant toute une immersion dans un univers singulier.
Le scénariste nous plonge avec brio dans une ambiance d'amour et de révolte. Les personnages sont plutôt bien travaillés. Leurs souffrances et leurs joies sont perceptibles à chaque instant. On suit le destin des personnages avec beaucoup d'intérêt et je dois dire que je suis curieux de savoir où va nous conduire la suite du récit.
Le dessin d'Alfred est très raffiné. Les expressions des visages sont très bien exploitées, ce qui donne beaucoup de crédibilité à l'histoire. Je pense, en particulier, aux passages dramatiques qui sont très réalistes.
C'est à lire et à découvrir !

Par : yvan Voir les critiques de yvan (27 mars 2006)

Le désespoir du singe, titre métaphorique d’une série prévue en quatre tomes et qui parle de sentiments dans un environnement à la politique instable.
Un environnement que l’on a du mal à situer, une époque que l’on sent révolue, mais pas nécessairement passée. Une ville de pêcheurs dont la mer disparaît lentement, ainsi que l’espoir. Une ville où le pouvoir en place doit faire face à la rébellion et aux attentats des ‘francs-battants’. Un conflit qui offre un cadre politique à l’amour impossible entre deux personnes dont l’attirance inopinée contraste admirablement avec la haine et la violence qui les entoure.
Un contraste qui se retrouve également dans le dessin d’Alfred qui use admirablement de différents tons pour les scènes de passions amoureuses, celles de foules en ébullition ou lors des apparitions de la milice représentée par des monstres noirs.
Une romance impossible au sein d’une révolution qui gronde, de la poésie dans un monde de brutes. Très beau et assurément à suivre.

Par : le régulateur Voir les critiques de le régulateur (04 mars 2006)

Les notes des autres lecteurs sont bien élévées ! Je trouve que c'est un bon album mais de là à mettre 5 étoiles il y a de la marge...
Le tout est agréable mais le scénario n'est ni original ni très compliqué.
le dessin est bon mais cela ne relève pas du génie non plus. Bref, une série à suivre pour les amateurs de petites histoires avec un fond "historique" assez vague ici...

Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (03 mars 2006)

Il est des albums simplement beaux. Pas du point de vue uniquement graphique, non plus uniquement du côté scénaristique, mais bien un ensemble, une alchimie subtile qui se crée et nous offre toutes ses fragrances pour un bonheur de lecture.
Peyraud nous offre ainsi une histoire loin de ses habituelles chroniques contemporaines mais pourtant, on retrouve sa patte inimitable pour décrire l’indescriptible et nous faire passer des sentiments complexes avec maestria.
Alfred, quant à lui, nous offre ses arabesques magiques, ses décors théâtraux, ses architectures sublimes, grâce à un trait envoûtant.
Les inspirations, pour l’un comme pour l’autre, proviennent de l’onirisme et de lectures romantiques. Une scène entre Josef et Vespérine (qui ressemble drôlement à Marilou, l’héroïne dessinée par Capucine sur scénario d’Olivier Ka, remercié en début d’album est-ce un hasard ?) n’est pas sans rappeler des positions précises de Frederik Peeters dans les Pilules Bleues ou dans Onomatopées.
Les amours contrariées, les amours impossibles, les amours physiques, le tout sous fond de révolution dans un pays imaginaire que l’on pressent slave, les frustrations et rebellions, les spectres de la guerre, tout est là, habilement mélangé, savamment dosé, pour faire de votre lecture un parfait roman de genre enthousiasmant.
Frisson, érotisme, aventure, fougue, violence, et personnages charismatiques, voilà ce qui vous est proposé dans ce premier tome de ce qui deviendra assurément une grande saga.

Par : herve Voir les critiques de herve (26 févr. 2006)

Si vous n’aviez qu’un album à lire ce mois-ci, lisez « le désespoir du singe ».
Déjà avec un titre aussi énigmatique et beau, vous ne pouvez que succomber à la tentation.
En outre la couverture est, à mon avis, une des plus belles de cette année 2006.
Pourtant, ne connaissant pas du tout l’oeuvre d’Alfred, mais uniquement celle de Peyraud (et encore simplement comme dessinateur) j’ai tout de suite été conquis par cette bande dessinée.
Une romance pour ne pas dire une histoire romantique dans un monde Kafkaïen, où des mystérieux chantiers d’irrigations semblent indispensables au pouvoir en place, dont le bras armé ressemble à des êtres difformes.
Dans cet univers prêt à exploser, deux êtres, un peu bohèmes, un peu fous mais surtout amoureux vont bouleverser l’ordre établi.
Car il s’agit bien de cela, d’une histoire d’amour, magnifiquement dessinée et mise en scène, sur un fond dramatique.
Beaucoup de références et d’allusions dans cet opus (on songe notamment au «dictateur» de Chaplin, pour le contexte ; scènes sur les toits, les manifestations, la fuite programmée du pays, )
Un dessin élastique (les personnages semblent fait en caoutchouc) d’Alfred, magnifique, servi par les couleurs forts réussies de Delf.
Lecture indispensable pour tout bédéphile qui se respecte. Faites comme moi, ne demandez qu’à tomber sous le charme de Vespérine. Ma bd coup de cœur du moment.

Par : Zou (17 févr. 2006)

Petit coup de coeur pour cette superbe BD pleine d'élégance, de poésie et de romantisme, empreinte d'un parfum de bohème. En lisant cette BD, beaucoup de références peuvent apparaître. Au niveau du dessin tout d'abord, avec un style très proche de celui de Christophe Blain, comme le faisait remarquer une précédente critique. Et puis bien sûr au niveau de l'intrigue, avec une ambiance qui n'est pas sans rappeler "Rouge de Chine" de Robin, par son côté onirique et son atmosphère révolutionnaire, voire même par certains moments "Ibicus" de Rabaté, mais sur un ton bien sûr beaucoup plus léger. Il y a aussi du "Grand Maulnes" d'Alain Fournier dans ce "désepoir du singe", avec le héros de ce premier album, à la fois rêveur, tourmenté, sensible, et une histoire d'amour naissante que l'on devine impossible, terriblement passionée et même surréaliste.
Bref, cet album constitue pour moi l'une des bonnes surprises de la semaine. Merci à ceux qui en ont fait précédemment la critique sur BDParadisio pour m'avoir donné envie de lire "La nuit des lucioles", je ne l'ai pas regretté une seconde !

Par : alban Voir les critiques de alban (14 févr. 2006)

Quand un brillant scénariste rencontre un brillant dessinateur, cela ne peut donner qu’un tome 1 qui aiguise mon appétit. Côté technique, le rendu des couleurs est parfaitement adapté au côté sombre du scénario et le dessin d’Alfred est toujours aussi maîtrisé et splendide.

Sur fond de dictature et de problèmes écologiques, Jean-Philippe Peyraud (auteur de très bons albums chez Treize Etrange) nous raconte les péripéties de Josef, presque marié mais qui succombe au charme d’une charmante révolutionnaire. Avec maestria il nous monte une société qui pourrait presque ressembler à la notre et dénonce l’exploitation outrancière que nous faisons de notre planète. Il mêle à cette histoire une couche romantique et nous plonge dans une histoire d’amour impossible et qui ne peut durer.

Un très bon album dont j’attends la suite avec impatience !

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (14 févr. 2006)

« La nuit des Lucioles », Le désespoir du singe 1, de Jean-Philippe Peyraud et Alfred. Delcourt, collection Conquistadore.

Peyraud et Alfred sur un projet commun, l'affiche n'était pas évidente. Mais l'association est belle. Le premier est un chantre de la chronique urbaine, des émois de la trentaine, ancré dans le réel et le contemporain. Le second est un graphiste haut en couleurs, imprégné des images de ce théâtre qui a baigné toute son enfance. Le tour de force de « La nuit des lucioles » ? Avoir fait se rencontrer ces deux là, sans que l'un ou l'autre ne sorte complètement de son registre. Ce « Désespoir du singe » se définit comme la rencontre entre deux sensibilités, adaptation du propos de chacun à une histoire d'amour contrariée sur fond de révolution. Pas de nation mentionnée, pas de date précisée... Mais une situation faisant appel à l'inconscient collectif, à l'imaginaire romantique du XIXe siècle. Peyraud met en scène les émois de Josef, artiste contrarié qui a sacrifié sa passion pour entrer dans le moule familial, quitte à épouser une femme à qui il ne montre que de l'amitié. Et qui rencontre la femme de ses rêves, forcément inaccessible, à l'heure où son monde s'apprête à verser dans la guerre civile. Une fable sur la violence des sentiments, la difficulté de faire des choix, sur l'engagement et la folie des hommes, très bien servi par Alfred, dont le graphisme expressif et baroque se met au service d'un récit réaliste flirtant parfois avec le surnaturel, à la façon du Thierry Robin de « Koblenz ». Un titre très attachant, par deux auteurs affichant une belle maturité.

Par : Emie (08 févr. 2006)

Je suis d'accord avec la précédente critique au niveau des couleurs, qui me semblent un peu sombres par moment et qui du coup ne rendent pas bien clair le décor...
Au niveau de l'histoire, j'ai mis quelques minutes à accrocher, le temps de distinguer qui est qui, qui fait quoi, et de quoi va parler concrètement l'album... Bref, le début semble confus. Puis, on se rend compte en rentrant plus dans l'histoire qu'elle mêle habilement amour, politique, destinité, une sorte de grande fresque... Vivement le deuxième pour en savoir plus sur le sort de nos différents protagonistes...
Pour finir, je dirais que ça ressemble à un rêve (ça en laisse le même souvenir un peu confus, étrange, émerveillé...), tant au niveau des couleurs, assez douces, qu'au niveau du contenu et du découpage et surtout le côté intemporel de l'intrigue (on ignore où nous sommes, à quelle époque exactement...). Et encore un point positif, la couverture est très réussie !

Par : St Jo Voir les critiques de St Jo (31 janv. 2006)

On connaissait Peyraud pour ses chroniques du quotidien (« Il pleut » à La Comédie Illustrée ou « Premières chaleurs », chez Casterman) et Alfred pour son imagination burtonienne (« Abraxas ») ou jeunesse (« Octave », chez Delcourt également). Leur rencontre leur a permis de sortir de leur répertoire habituel.
Alors, passé cette très belle couverture, que trouve-t-on ? Encore un album-introduction de série ! Oui mais ici, petit coup de coeur. S’il ne révolutionne pas le neuvième art, cet ouvrage me semble synthétiser un certain type de bande dessinée qui s’est développé ces dernières années. La lecture n’a effectivement pas été sans me rappeler "Ring circus" (par Chauvel & Pedrosa, chez le même éditeur), par le graphisme et le ton, ou encore certaines ambiances d’« Isaac le pirate » (de Blain, chez Dargaud). Le monde du « Désespoir du singe » ne se contente toutefois pas de singer ces prédécesseurs.
L’action se passe en bordure d’une mer imaginaire menacée de disparaître, sous un régime de terreur allégorique. La ville portuaire est secouée par des attentats tandis que la vie de Josef bascule : de ses émois sentimentaux à ses convictions idéologiques, tout le pousse à la dissidence.
P.S.: une petite note négative pour le coloriste. Avec des couleurs plus travaillées et des lumières plus contrastées, cet album aurait pu être grandiose.


 


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