Les cinq conteurs de Bagdad de Frantz DuchazeauFabien Vehlmann - 7 critiques

Edition : Dargaud
Collection : Long Courrier
Pages : 72 pages en couleurs
Parution : octobre 06
Auteurs : Frantz DuchazeauDessinateurFabien VehlmannScénariste

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Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (30 sept. 2007)

La grande tradition du conte semble être le cheval de bataille de Vehlmann.
Après un très réussi « Dieu qui pue, Dieu qui pète » avec le même ami dessinateur qui mettait en scène des contes africains, voilà partis les auteurs sur les chemins de l’Orient pour cet album enlevé.
Sur un ton très contemporain comme l’ont démocratisé Trondheim et Sfar avec leur série Donjon, Vehlmann se lâche et s’en donne à cœur joie.
Une histoire de conte ultime à trouver pour un concours sert de trame à l’album. Entre prophétie et réalité, les aventures des personnages principaux du livre vont nous offrir des situations liées avec extrême fluidité.
Ca commence par une très belle page N&B qui met dans l’ambiance et ensuite, c’est Pulp Fiction ! Tout se recoupe, s’enchevêtre, avec maestria.
C’est très rythmé, drôle, émouvant, et parfois même érotique, mais cela reste avant tout une très belle aventure comme on aimerait en lire plus souvent.
A noter une paire de fautes d’orthographe qui dénotent un peu mais que cela ne vous empêche pas de vous procurer cet excellent album.

Par : celine (01 août 2007)

Je ne lis que du bon sur cet album. C'est pourquoi je me permets d'intervenir pour installer un petit "contre-pouvoir".
À aucun moment je n'ai été captivée par l'histoire (mensonge, peut-être les 3 premières pages). Mais quand commence alors le voyage... Les différentes étapes sont racontées "à la va-vite", sans la moindre profondeur. Et quant au dénouement... ah, bon, c'était ça ? Un vague petit message, oui... non, vraiment. À moins que je sois passée à côté... Mais je m'accorde les circonstances atténuantes.. je suis plutôt une rêveuse qui se laisse d'ordinaire facilement embarquer :-))

Par : Zou (25 déc. 2006)

Le début du récit ne m'avait que moyennement emballé, mais au fur et à mesure que l'histoire progresse, on est véritablement captivé par cette aventure à la fois drôle, émouvante, intelligente et féérique, avec en point d'orgue une fin très bien trouvée et pleine d'originalité.
Au talent narratif évident de Velhman s'ajoute le dessin très fin et élégant de Duchazeau, le tout aboutissant à une BD de très grande qualité, intelligente et divertissante.

Par : yannick Voir les critiques de yannick (20 déc. 2006)

J’avoue que sans ce titre, je pense que je n’aurai jamais feuilleté ce livre. En effet, le nom de cette BD me rappelle beaucoup les aventures des « une et mille nuits » de ma jeunesse que j’apprécie tant. Alors en le feuilletant, je m’attendais à revoir des scènes où les héros s’affrontent sur des tapis volants ou un génie sortant d’une lampe magique… mais rien de tout cela dans « les cinq conteurs de Bagdad ». Et pourtant, malgré l’absence de ces séquences, j’ai été charmé par cette histoire.

L'album met en scène 5 personnages qui s'ignorent plus ou moins qui vont s'affronter sur un concours de contes (ça, je crois que vous l'avez déjà deviné...). Mais un jeune homme, fils du calife de Bagdad, va rencontrer ces conteurs qui figurent comme grands favoris de l'épreuve, il va leur proposer en échange de pécules de se réunir pour voyager afin de raconter à la fin du périple ce qu'ils ont vécu chacun à leur façon.

Ce scénario a l'air classique comme ça, c'était sans compter sur la grande originalité des petits récits racontés par les différents personnages que vont rencontrer les conteurs lors du voyage. De plus, les principaux protagonistes se révèlent très attachants et ont chacun leur propre personnalité : du gentil garçonnet jusqu'à l'inquiétant vieillard en passant par une femme au caractère trempé. Bref, même si le récit ne comporte pas des scènes issues des « mille et une nuits », l’album est suffisamment féerique, aventureuse, plein d’humours et poétique pour nous captiver jusqu’au bout. De plus, les dialogues jonglant avec l’ironie et la philosophie sont un vrai régal.

Le dessin de Duchazeau n’est pas vraiment un style que j’aime énormément, il a le mérite d’être assez personnel. La mise en couleurs est adaptée au récit, elle reproduit bien les ambiances.

Ce one-shot figure, à mon avis, comme l’un des plus beaux contes de cette année. Le récit est original, captivant, drôle et intelligent grâce à ses dialogues savoureux. L’histoire se situe dans un univers riche et énigmatique qui –je suis sûr- me passionnera de nouveau lors de la relecture. A découvrir !

Par : tchoun Voir les critiques de tchoun (23 nov. 2006)

Magistral, de la première à la dernière page, j'ai adoré les 5 conteurs de Bagdad, captivant et drôle. Le dénouement est d'une grande richesse aussi intelligible que complet et inattendu, l'histoire dans l'histoire permet de doubler le dénouement d'une fin qui sans donner l'impression de se terminer en queue de poisson est une ouverture à d'autres réflexions qui obligent à repenser à l'album. Ainsi jusqu'au bout la "facilité" est évitée. Au point qu'à peine refermé, j'ai eu l'envie de relire l'album et de n'achever ce commentaire qu'après une deuxième lecture plus posée et moins captivée. En effet le scénariste a parfaitement maîtrisé l'affaire au point que la déception et peut-être même la colère sera énorme.... non pour le lecteur mais seulement pour tous les grands scénaristes à la place desquels je m'en voudrais terriblement de ne pas avoir été moi même le "conteur" des cinq conteurs de Bagdad, le premier auquel je pense serait inévitablement Sfar. Scénariste ou auteur me semble d'ailleurs tristement réducteur pour cette oeuvre. Vehlmann est ici un formidable conteur qui aurait mérité la plus grande des récompenses si on devait organiser un concours... trop pris par le besoin d'exprimer ces premiers sentiments, je n'ai encore rien dit du dessin, spontanément c'est d'abord le plaisir de Duchazeau d'avoir pu faire vivre en images un tel récit que je jalouse. Lui aussi a réalisé un coup de maître sans lequel je n'aurais pas pu écrire les premières lignes puisque sans même y prêter une attention particulière, il a forcément permis de donner vie au récit avec plus de force et d'amplitude. Avant même d'amorcer ma seconde lecture qui me permettra de m'attarder davantage sur le dessin, j'ai appris qu'en fait Duchazeau avait étroitement collaboré au scénario, ceci correspond parfaitement à l'impression fusionnelle que dégage l'album. De même, ma critique aurait été ruinée si ce conte était largement inspiré d'un conte déjà existant mais non c'est bien une création originale ça aussi m'a été confirmé, c'est donc avec grand plaisir que je vais me plonger dans une deuxième lecture sans tarder car tout en écrivant je cherchais sur quel point je pourrais émettre un bémol et je n'ai rien trouvé ni à enlever ni à ajouter, la perfection si elle est de ce monde existerait donc en bande dessinée.

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (08 nov. 2006)

"Les cinq conteurs de Bagdad", de Fabien Vehlmann et Frantz Duchazeau. Dargaud, collection Long Courrier.

Encore un auteur touché par le syndrome du conte oriental ? Après David B., et son "Prophète voilé" (in "Le jardin armé", Futuropolis), Fabien Vehlmann s'empare à son tour du mythe des Mille et une nuits, dans un récit qui place l'art même du conte - et la création littéraire au sens large - au centre de toutes les préoccupations. Le scénariste met en scène cinq conteurs, visitant le Monde à la recherche de nouvelles idées pour mettre sur pied la plus belle histoire qui soit, à l'occasion d'un concours réunissant mille et un (!) des leurs. Leur tâche se complique à chaque étape, leurs relations minées par des antagonismes majeurs et les révélations un poil trop exactes d'une voyante un rien trop douée. Tout en conservant l'essence du conte oriental à la Sinbad, modernisé de quelques répliques XXIe bien senties, Vehlmann fait passer avec ce qu'il faut de distance amusée un discours qui lui est propre. Une réflexion sur la création artistique, sur l'intégrité du propos, le rapport avec le public, les compromissions de style ou même la célébration de la médiocrité, qui pourrait tout aussi bien s'appliquer au petit monde de la bande dessinée... Il est dommage que sur cette base narrative solide, Duchazeau ne se soit pas donné plus de moyens. Le découpage, souvent très classique, tend à enfermer son trait sensible, alors même qu'il excelle à capter les émotions et à restituer les ambiances. Le bonhomme ne semble se lâcher que sur quelques scènes clefs. Sans doute aurait-il gagné à donner un peu plus d'air à ses planches. Reste qu'en écrivant ceci, nous retombons (à pieds joints) dans l'éternel débat sur le fond et la forme. Quel était le thème de l'album, déjà ?

Par : Ro Voir les critiques de Ro (08 oct. 2006)

Si j'avais dû me fier à la seule couverture qui ne paie vraiment pas de mine, j'admets que je ne me serais pas intéressé à cette BD. Par chance, j'avais déjà beaucoup apprécié les deux oeuvres précédentes des deux auteurs : "La nuit de l'inca" et "Dieu qui pue, Dieu qui pète". Grâce à cela, je ne suis pas passé à côté de ce bijou d'intelligence et d'imagination !

Le dessin de Duchazeau est assez typé. D'aucuns le comparent à celui de Sfar ou Blutch, moi je lui trouve un style bien personnel. Trait fin, beaucoup de hachures, quelques ombrages, il donne à mes yeux une atmosphère éthérée et magique qui relève le récit puisque c'est exactement ce qui lui convient ici. Quelques cases et planches travaillées - décors de Bagdad, de villes indiennes ou de palais des mille et une nuits - sont formidables. D'autres cases sont un peu plus épurées et font davantage ressortir leurs couleurs un peu trop simples : elles me plaisent un peu moins.
Mais dans l'ensemble, j'aime.

Ceci dit, je dois avouer que c'est surtout le scénario que j'admire dans cet album. Bourré d'intelligence, il surprend le lecteur à chaque page, chaque dialogue. Pourtant, le récit prend le choix difficile de raconter toute l'histoire dès le début par la prédiction irréfutable d'une devineresse. Mais c'est pour mieux contourner les prévisions, étonner le lecteur, permettre une narration que je considère comme parfaite de concision et de densité.
Il se base essentiellement sur 5 personnages excellents, très différents et forcément complémentaires. Leurs dialogues regorgent de perspicacité mais aussi de beaucoup d'humour, un humour frais et moderne.

L'intrigue s'attache en outre à réfléchir sur l'art du conteur, que l'on peut bien sûr rapprocher de celui de tout écrivain, cinéaste ou auteur de BD de nos jours. Comment chaque conteur s'adapte-t-il à son public, comment peut-il espérer faire changer l'esprit de ses auditeurs, le peut-il seulement, quelle est la force ou les pouvoirs d'un conte, comment peuvent-ils se présenter pour toujours évoluer ou se répéter inlassablement avec la même force,... Tant de réflexions qui passent avec douceur dans un récit captivant qui peut s'apprécier aussi bien sur l'aspect de l'aventure, de l'humour ou de la simple relation entre les personnages que sur le plan du débat d'idées.

64 pages d'un récit dense, admirable à tous points de vue, doux et léger, dur et lucide, drôle et intelligent, aventureux et bavard. Une mine d'intelligence et d'imagination. Chapeau messieurs Vehlmann et Duchazeau !


 


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