Missy de Hallain Paluku Rivière Benoît Svart - 4 critiques

Edition : Boîte à Bulles (La)
Collection : Champ Libre
Pages : 80 pages en couleurs
Parution : novembre 06
Auteurs : Hallain PalukuDessinateur Rivière BenoîtScénariste SvartColoriste

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Par : yvan Voir les critiques de yvan (14 déc. 2006)

Missy a beau ne pas avoir de visage, son corps tout en rondeurs sait faire vibrer les hommes la nuit. L’histoire, basée sur la quête amoureuse de cette danseuse de charme, a beau être simple, son originalité attachante réside principalement dans une représentation graphique osée.

L’équilibre psychologique de Missy est fragile et balance entre ses succès nocturnes où ses admirateurs scandent son nom à haute voix, et ses déceptions matinales où ses amants l’abandonnent sans souffler le moindre mot. Un contraste douloureux qui poussera Missy du régime au désespoir.

Le dessin de Hallain Paluku et les couleurs de Svart ne lâchent jamais les courbes généreuses de Missy, sans jamais lui donner de visage. L’expression non-verbale de ces corps aux formes généreuses vole ainsi la vedette à des visages qui se voient reléguer aux oubliettes. Une absence qui ne constituera jamais un manque au fil de la lecture tellement ce graphisme audacieux parvient à exprimer tout ce qui a besoin de l’être.

Bref, Missy est l’histoire charnelle d’une danseuse de cabaret dans un monde de fantasmes, pour un récit sensuel et plein d’émotions qui ne dérape jamais dans la vulgarité. Missy est peut-être un pari osé à la base, mais il s’avère finalement être une vraie réussite.

Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (14 déc. 2006)

Attention, pour moi, et pour de multiples raisons, c'est une vraie histoire d'amour que cet album et sa plantureuse héroïne : Missy. Cette fille, c'est une bombe ! Aussi captivante et envoûtante que provocante, aussi passionnante et désirée qu'esseulée, elle a en commun avec la bombe l'explosivité et la forme ronde.
Et son explosion, c'est sur la scène du cabaret où elle se dénude chaque soir qu'elle a lieu.
Transis, les hommes se mettent à genoux et font la queue pour obtenir ses faveurs... Mais Missy cherche quelque chose qui dure plus qu'un soir...
Les strass et paillettes évaporées, elle se retrouve dans la solitude de son spleen, délaissée et consciente de n'être aimée que pour ce qu'elle offre de son corps chaque soir...
Alors un jour, lasse d'être l'objet des hommes et manipulée par Dud, son manager, elle décide de radicalement changer sa vie en entamant un régime.
Cette histoire est bien évidemment touchante, prenant les tripes du lecteur en jouant sur les sentiments mais jamais sans pathos. Avec intelligence et sensibilité, Benoît Rivière donne vie et consistance à un personnage qui était en longue gestation dans l'esprit d'Hallain Paluku.
Ce jeune dessinateur congolais nous offre une créature sublime inspirée de quelque image africaine et mâtinée de Bottero. Les formes rondes de son héroïne sont exaltantes et enivrantes, mais le tout est surtout une belle surprise graphique globale par le choix représentatif choisi. Les personnages n'ont pas de visages ! Ce qui pourrait dérouter le lecteur est en fait une fabuleuse idée qui, tout en identifiant avec précision chaque protagoniste, permet aussi une identification de chacun au personnage de son choix. Car le tout fonctionne de façon empathique par la grâce de l'écriture de Benoît Rivière. Une écriture qui démontre que la force narrative peut subjuguer le dessin et donner une dimension particulière à ce dernier.
Celui-ci nous découpe donc des pages intenses, surtout les muettes, comme les 5 premières qui mettent rapidement dans l'ambiance et nous font comprendre la détresse de Missy... Admirable mais je me suis déjà assez extasié sur ce fait dans les colonnes du Forum de BDP.
Mais ce trio magique n'avait pas fini de nous étonner et le choix des couleurs de Svart venait couronner le tout... Ambiance de cabaret, avec ce velours spécifique, bien épais, mais aussi les variations de teintes qui ponctuent idéalement les émotions de Missy. Et en particulier ces choix de basculer dans le N&B aux moments intenses...
J'ai cependant à déplorer quelques choses... Premièrement, graphiquement, ça se passe au niveau de certaines onomatopées. Oui, j'y reviens. Autant j'aime bien le « vlan » de la dernière case de la page 9, autant le « Missy » de la dernière case de la page 7 me paraît faiblard ! Rha ! Et y 'en a d'autres dans l'album !
Mon deuxième reproche, c'est peut-être à La Boîte à Bulles que je l'adresse...
Car quitte à jouer la carte de l'ovni graphique, il fallait peut-être la jouer jusqu'au bout...
En donnant un format peut-être plus grand, pour mieux plonger le lecteur dans ce dessin et ces planches superbes.
Enfin, et là, c'est au niveau du scénario, je pense qu'il manque des pages... Oui... Ca se lit vite et alors que l'on est mis impeccablement en condition au début de l'album, il y a une sorte d'accélération qui dessert le récit en fin d'album... L'éditeur a-t-il limité le nombre de pages ? Je l'ignore... Mais on voit le désespoir de Missy tout aussi bien que sa grande force de caractère. Un métier qui, je l'imagine, nécessite une grande force psychologique, mais on se rend compte aussi de sa détermination lorsqu'elle attaque son régime ou quand elle en vient aux mains avec certaines de ses collègues... Alors ce basculement rapide, cet effondrement, s'il est bien le pendant de ce dernier paroxysme, est un poil trop surprenant, trop... décontenançant... Mais mon exigence se fait trop pointilleuse car il s'agit tout de même d'un très, très bon album.
Un album qui parle d'amour et qui, malgré l'environnement dans lequel le récit se développe, sait éviter les pièges de la vulgarité et de la facilité. J'espère que les lecteurs sauront apprécier cet album auquel je ne peux mettre qu'un coup de coeur...
J'ai aimé Missy depuis le premier jour, elle me manque déjà...

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (23 nov. 2006)

"Missy", de Rivière, Paluku et Svart. La Boîte à Bulle, collection Champ Libre.

Construire une bande dessinée autour d'un concept graphique, fut-il original, est toujours un peu casse-gueule. Mais quand le projet est de qualité, tout est possible. On ne peut donc que saluer des initiatives comme ce "Missy", pris en main par la Boîte à Bulles. L'histoire dira quelque chose aux familiers de BD Paradisio. Le personnage aux belles rondeurs créé par Hallain Paluku y a fait son apparition, il y a un an, suscitant les appétits des bédévores. Le voici dans les bacs et le résultat ne déçoit pas. La trame posée par Benoît Rivière est sommes toutes classique, mais intelligemment exploitée. En plaçant dès les premières pages le lecteur dans l'intimité de cette strip-teaseuse replète, il impose d'emblée le personnage et le poids de sa solitude, avec en contrepoint celle de son admirateur frustré. Et surtout, il pose au long des pages de larges plages de silence qui permettent à son compère Paluku de laisser libre cours à son talent graphique. Car c'est là la véritable force de Missy. Le jeune dessinateur d'origine congolaise a fait le choix de silhouettes sans visages, travaillant le corps et les attitudes pour faire passer son message, les états d'âme de ses personnages. Son trait sensuel fait merveille, magnifiant les formes de Missy, imposant son mal-être. Sans doute ces choix ont-ils amené les auteurs à jouer du pathos un peu plus que de nécessaire, mais cela reste dans les limites acceptables. Au final, "Missy" est un bel objet. Reste à ces jeunes talents révélés à transformer l'essai. 

Par : herve Voir les critiques de herve (23 oct. 2006)

Les habitués de bdparadisio connaissent dores et déjà "Missy". Née, entre- autres, dans la partie dédiée aux jeunes auteurs, en novembre 2005, "Missy" a grandi dans les pages du forum de ce site, sous le regard de Benoît Rivière, scénariste, de Hallain Paluku, dessinateur, et de Svart, coloriste; et le tout sous la houlette active d'un dénommé Coacho (obscur personnage, je ne sais si vous le connaissez...), véritable parrain de "Missy" sur bdparadisio.
"Missy" c'est d'abord une superbe couverture, et ensuite un style original. Le parti pris de Hallain Paluku est risqué mais, à mon avis le plus payant: celui de dessiner des personnages sans visage. ( dans le forum, vous avez, en l'occurence, l'occasion d'admirer les dix premières planches avec les visages , pour voir la différence).
Mais "Missy" c'est aussi une vie, une vie d'une Marilyn de Cabaret, ballotée entre la nuit (et tout ses feux) et l'ennui (avec des réveils difficiles). C'est l'histoire d'une rédemption ratée où l'espoir rime plutôt ici avec "au revoir". L'histoire oscille sans cesse entre l'atmosphère glauque des cabarets (avec le patron dirigiste, les rivalités entre filles) et le fragile équilibre de Missy.
Elle est si touchante que l'on finit par presque en tomber amoureux. "Missy", très forte en apparence (sans faire de jeux de mots), mais si fragile intérieurement...
Depuis plus d'une semaine, je fais découvrir cette bd à mon entourage et nul n'a encore été déçu par l'originalité du dessin, au contraire la surprise joue en sa faveur.
Même si j'avais deviné la fin, cela n'enlève rien au plaisir que j'ai eu à lire cette bd, même à la relire.
Un bon scénario, des couleurs superbes, et un dessin que l'on ne peut pas oublier...que demander de plus à une bd ? Je souhaite donc bon vent à "Missy". Bravo aux auteurs.


 


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