La Marie en plastique - T. 1 de David PrudhommePascal Rabaté - 5 critiques

Série : La Marie en plastique - T. 1
Edition : Futuropolis/Gallimard
Pages : 56 pages en couleurs
Parution : septembre 06
Auteurs : David PrudhommeDessinateurPascal RabatéScénariste

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Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (01 oct. 2010)

Après ses excellents « Petits Ruisseaux », Rabaté continuait de creuser plus avant la veine des personnages dits normaux, des familles moyennes, et de l’ascendance des anciens, comprendre aînés, dans les familles…
Il confie cependant le soin de mettre le tout en image à Prudhomme qui s’acquitte de sa tâche par un trait fin, minime, et qui utilise peu de décors, laissant ainsi l’essentiel au rythme du scénariste.
Un repas de famille, des personnalités qui s’entrechoquent, et un phénomène étrange va animer ce diptyque. Une vierge Marie en plastique pas comme les autres.
A la manière d’une caméra témoin à la Strip-Tease, les auteurs nous font pénétrer l’univers religieux de gens simples, qui se plient aux traditions judéo-chrétiennes comme avec la communion des filles, et qui voit son patriarche jouer le trublion et agiter tout ce bocal.
Ces 2 albums sont en fait un regard tendre non pas sur les petites gens mais sur les phénomènes qui agitent toutes les familles françaises à un moment ou un autre.
Le soin portés aux détails de la vie, des couples qui s’enlisent, de la tendresse qui surnage dans les dernières années des vieux couples, l’école, les enfants, les moments de jeu, les superstitions… Tout est une excuse pour approfondir sans lourdeur ces petits réflexes de la vie, un peu comme Delerm le ferait avec ses petites gorgées de bière…
Un chouette diptyque au rythme langoureux et entêtant.

Par : yannick Voir les critiques de yannick (20 déc. 2006)

Peu de temps après « Les petits ruisseaux », Rabaté signe une chronique familiale au scénario aidé par Prudhomme au dessin cette fois-ci.

« La marie en plastique » est une BD se déroulant dans un petit village. L’histoire démarre par le retour d’Emilie du pèlerinage de Lourdes, cette grand-mère est catholique pratiquante. C’est tout le contraire de son mari Edouard qui est athée et qui a des opinions communistes. Ce vieux couple vive chez la fille d’Emilie qui est marié avec Paul, un mari gentil et bon vivant. Tom et Lisa sont les petits-enfants d’Emilie et Edouard, la fille va d’ailleurs passer sa communion solennelle. Tiens, au fait, la grand-mère a ramené un objet de Lourdes qui va foutre un bon petit bordel au sein de cette famille…

Dans cette BD, j’ai adoré les scènes de ménage entre Emilie et Edouard dont Rabaté s’en sert pour y mettre des dialogues à la fois humoristiques, pertinentes et absurdes ! Il y a dans cette BD un air franchouillard -que j’ai également aimé- rehaussé par sa situation dans un village au fin fond de notre pays et par des personnages bon vivants qui ne diront jamais « non » devant un camembert bien de chez nous et un bon apéro !
L’histoire met donc l’accent sur les personnages et les dialogues entre eux qui en découlent. Le dénouement est très imprévisible, à mille chemins du développement de ce premier tome dont je me demandais quelle était l’intrigue principale.

Je ne suis pas vraiment admiratif du trait de Prudhomme : je le trouve trop brouillon et quelconque. D’ailleurs, la couverture n’est pas à mon avis très attirante. Néanmoins, j’aime sa mise en page et son découpage qui font preuve d’originalités même si parfois j’ai dû faire quelques retours en arrière pour bien saisir des scènes.

Finalement, je vous conseille très fortement la lecture de ce premier tome de « La Marie en plastique ». La situation dans une famille franchouillarde et les dialogues « savoureux » entre le vieux couple me sont apparus vraiment irrésistibles. A découvrir d’urgence !

Par : yvan Voir les critiques de yvan (14 déc. 2006)

Après "Les petits ruisseaux", Pascal Rabaté nous livre son deuxième petit chef-d’œuvre de l’année chez Futuropolis. Alors que pour "Les petits ruisseaux", Rabaté prenait encore le dessin à son compte, il confie ici cette tâche à un autre amateur de chroniques sociales : David Prudhomme.

Dans "La marie en plastique", Rabaté nous met en présence de trois générations d’une famille, vivant sous le même toit et dresse le portrait jubilatoire des interactions quotidiennes des membres de cette famille plutôt traditionnelle. En avant-plan de cette caricature familiale subtile, il place Mamie Emilie, grenouille de bénitier, et Papi Edouard, communiste militant. Les deux grands-parents ne savent plus se pifer et viennent perturber l’équilibre fragile de cette famille type.

La tension entre les deux vieux va monter au fil des pages pour atteindre son point d’orgue lorsque Mamie Emilie décidera d’imposer une vierge en plastique achetée à Lourdes sur la télévision du salon. Le cadre est celui d’un petit village rural, le ton est léger et les situations assez comiques mais tellement vraies.

A première vue le dessin de David Prudhomme m’a plutôt repoussé, mais après lecture je dois avouer qu’en plus d’une bonne lisibilité, son trait donne une touche d’authenticité supplémentaire à chacun des protagonistes de ce récit. Et finalement on finit par se dire que ces tronches de travers et ces corps aux proportions pas toujours esthétiques donnent un sérieux plus au côté caricatural et amusant à cette première partie de diptyque.

Et si avant lecture on pouvait reprocher à Futuropolis d’aborder cette histoire en deux tomes, la fin surprenante de ce premier tome nous fait vite changer d’avis.

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (04 oct. 2006)

"La Marie en plastique", tome 1, de Prudhomme et Rabaté. Futuropolis.

"J'avais envie de voir comment peuvent évoluer les relations entre les membres d'une même famille, réunis sous le même toit.." David Prudhomme confiait déjà vouloir explorer ce thème ancestral au sein du collectif "Japon" coordonné par Frédéric Boilet (Casterman). Faute d'avoir trouvé la bonne famille dans le laps de temps qui lui était imparti, il s'est laissé aller par défaut à une errance onirique. Le scénario de Pascal Rabaté, son complice sur "Petit Paul" (Charrette) ne pouvait dès lors que le séduire. Le thème de "La Marie en plastique" ? La vie de famille, justement, dont le bon déroulement tient à des équilibres parfois délicats, édifice fragile livrés aux coups de boutoir de l'égoïsme et des paroles irréfléchies.

Rabaté, orfèvre des petits riens, met en scène une de ces familles types, modelées sur le modèle ouvrier, mettant en présence trois générations qui n'ont plus suffisamment en commun pour réellement s'entendre. Les discussions orageuses entre le grand-père "Rouge" et son épouse confite dans le Seigneur atteignent leur point d'orgue. Cette dernière choisit de se révolter - à son échelle - en disposant sur la télévision familiale un souvenir de son pèlerinage à Lourdes, la fameuse Marie en plastique. Le ton monte au fil des petits et gros mots, grandes colères et petites lâchetés quotidiennes que Rabaté sait saisir comme personne. Les dialogues ciselés, frappés au coin du quotidien, esquissent les contours d'une réalité connue de chacun de nous, nichée quelque part dans un repli de la famille. Ce quotidien, David Prudhomme se l'approprie pleinement, adaptant son trait épuré à cette fiction contemporaine sensible. Il croque des trognes d'hommes de la rue, icônes de zinc et voisins fantasmés, avec un naturel et une économie de moyens que beaucoup peuvent lui envier. "La Marie" le confirme, si besoin était, parmi les dessinateurs les plus intéressants du moment.

Par : hodh Voir les critiques de hodh (17 sept. 2006)

Un petit bijou vient de paraître, édité aux nouvelles éditions Futuropolis.
On suit les "aventures" d'une famille dans un petit village. La grand-mère (grenouille de bénitier de retour de Lourdes) et le grand-père (léniniste ronchon) se cherchent des poux, et on commence l'histoire à un moment où le fossé entre eux est bien creusé, bien étayé. Ils habitent chez leur fille, son mari et leurs 2 enfants. Leur fils n'habite pas bien loin avec sa famille. Tout ce petit monde se côtoie sur fond de dispute, au moment de la communion des 2 cousines.
Rabaté réalise une chronique sur les gens simples, leurs gestes de tous les jours, leurs mots qui, sous la banalité et les lieux communs, dissimulent des sentiments plus ou moins profond, une sensibilité... Il prend du temps pour nous rendre ses personnages réels, pour qu'on apprenne à les aimer. L'histoire est surtout centrée sur le beau-fils, on connaît peu les petits-enfants et la belle-fille. Mais tous les autres personnages ont un caractère bien trempé. On connait tous des gens qui leur ressemblent. C'est sensible, émouvant, juste et drôle. C'est une respiration au milieu des histoires d'héroïc-Fantasy avec des filles aux gros seins et des gars avec des grosses épées, au milieu des histoires de cow-boys sans intérêt, de SF qui bourrinent... Un coup de théâtre se produit à la fin : on plonge dans le surnaturel. On attend, haletant, le 2ème chapitre. On retrouve notre bon vieux Rabaté, lassé de la BD après son adaptation fleuve d'"Ibicus" de Tolstoï débutée en 98 (magnifique du point de vue graphique, jamais égalé, mais si loin de son univers...). Futuro a sorti le mois dernier "Les petits ruisseaux", dans la même veine, mais au style plus épuré, proche de celui de Prudhomme dans "La Marie", mais aux couleurs à l'ordinateur pas très belles.
Prudhomme est étonnant et magnifique. Cet album ne ressemble à rien de ce qu'il a fait. "Port Nawak" est en noir & blanc, beaucoup moins réaliste, avec des dessins aux contours aléatoires. "Ninon sécrète" (de la saga des "7 vies de l'épervier" avec Cothias) est surprenant chez Glénat, dans la collection Vécu, où le dessin se doit d'être réaliste, propre et net. Les auteurs ont piégé leur éditeur en faisant glisser le style d'un réalisme approximatif et impersonnel vers un style propre à Prudhomme, plein de poésie et de déséquilibres. Avec l'adaptation du roman de Brassens, en compagnie de Davodeau, il s'ancre dans cette poésie, avec de belles couleurs, une mise en page libre, voila, c'est ça, on sent plein de liberté dans ce livre (merci Georges). Dans " La Marie ", le dessin est sobre, les couleurs proches des à-plats, la mise en page en gaufrier (de 8 parfois 9 cases) s'éclatant rarement en 2 grandes cases ou une case unique (comme les hors-texte dans "Tintin"). Les attitudes des personnages sont si proches de la réalité, que je suis surpris d'être surpris : comment les autres dessinateurs dessinent-ils ?? Le grand-père est génial, sa tronche, ses attitudes, sa bougonnerie... Le dessin est le miroir de l'histoire : on est dans la simplicité, la justesse. Prudhomme est malheureusement délaissé par les éditeurs, il doit ses parutions à ses amis : "Ibicus" et "Port Nawak" sont dans la collection Intégra de Vents d'Ouest dont Rabaté est un pilier, "La tour des miracles" paraît chez Delcourt grâce à l'estampillation Davodeau, dont c'est l'éditeur, et jamais il n'aurait été édité chez Futuro sans Rabaté. Ben moi, j'aime Prudhomme, et j'espère que son heure viendra.


 


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