Ce qui est précieux de Manu Larcenet - 9 critiques

Série : Le combat ordinaire - T. 3
Edition : Dargaud
Pages : 64 pages en couleurs
Parution : mars 06
Auteurs : Manu LarcenetScénaristeDessinateur

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Par : Quentin Voir les critiques de Quentin (25 juin 2006)

Marco et son entourage doivent apprendre à vivre avec la disparition du père. Apprendre à le redécouvrir également à travers les photos et les écrits qu'il laisse. Après l'avoir idéalisé, même dans les pires moments de sa déchéance, la chute est dure. Faut-il alors éviter de reproduire l'histoire en évitant de se reproduire, en ne se reproduisant qu'à travers la création artistique, ou peut-on tout changer en ayant un enfant? Tels sont quelques uns des thèmes de cet album, qui plonge dans l'introspection à la recherche de ce qui est précieux et essentiel. Les lourdes réflections d'un personnage nombriliste, dépressif et parfois pathétique sont ponctuées de purs moments de grâce qui justifient à eux seuls l'achat de l'album.

Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (06 mai 2006)

Le combat ordinaire est une affaire temps. Pas celui qui fait de nos journées de resplendissants moments ensoleillés ou de mornes périodes pluvieuses, non, mais bien celui de la vie, qui passe, qui s’égrène.
Le temps qui s’écoule, avec des instants relatifs, qui nous permettent de croire que ça passe vite ou pas, et qui fait son oeuvre sur les peines, les tragédies, mais aussi les bonheurs de chacun. Le temps est aussi un cycle, avec certaines choses qui se perpétuent, et que l’on tente parfois de figer dans sa mémoire, ou grâce à quelques clichés photographiques…
Marco est dans ce tome toujours pétri de contradictions qui nous le montrent tantôt égoïste et immature, et tantôt responsable mais trop souvent dépassé par la violence des évènements.
Le voilà en pleine tentative de résolution de ses grandes angoisses, et plongé dans un univers de nouvelles qui, pourtant, sont une tentative de définitive reconstruction.
Alors qu’il vient de perdre son père, Emilie lui propose d’endosser ce rôle qui lui laisse toujours autant de contours flous. Il continue alors d’expier, d’exorciser ses démons, et d’une façon bien différente de celle de son frère qui vit lui aussi une période très difficile.
A la recherche d’un passé, le sien, mais aussi de ses origines, il tente de reconstituer le puzzle de la personnalité complexe de ce père haï et adoré.
Cet album contient des moments de pure grâce et je n’arrive pas à dissocier ce tome des 2 précédents dans la qualité. Il y a des pauses, des réflexions, des interrogations, des soupirs, des silences, et tout est diablement bien maîtrisé quant à la mise en page.
Il y a 2 ou 3 passages que j’ai personnellement moins appréciés mais ils sont aussi là pour couper la lourdeur dépressive de certains passages qui pourraient entamer le moral des lecteurs ! Mais tout de même, il y a des purs moments de bonheur, de grâce, comme l’entrée de Marco dans la remise de son père, ou la planche silencieuse (11) de la mise à feu de certains souvenirs lui ayant appartenus. Marco repose aussi des photos (p. 23) en tentant d’y mettre un ordre précis et de trouver une cohérence que son incompréhension l’empêche de percevoir dans toute cette relation père-fils qui le hante.
Enfin, je souhaitais faire un aparté sur la « parenthèse » que représente ce livre.
En effet, la première case de la planche 1 fait écho à la dernière case de la planche 64.
Dans notre culture, l’axe du temps est représenté de gauche (pour le passé) à droite (pour le futur).
On y trouve donc en page 1, Emilie qui regarde vers la droite en étant assise à gauche d’une case presque nue. Elle envisage l’avenir, la vieillesse, et s’interroge sur son devenir, avec toutes les incertitudes que cela comporte.
En page 64, c’est l’inverse. On voit la mère de Marco assise à droite, regardant vers la gauche, dans une case plus touffue.
Avec le temps, la végétation pousse, donne du corps mais aussi du mystère à la vie.
La mère de Marco, au seuil de sa vie, réfléchit à son passé et regarde avec certitude son parcours, se demandant ce qu’elle aurait pu changer en faisant d’autres choses.
Et puis la jeune génération fait écho à l’ancienne, l’une se regardant vieillir, l’autre se revoyant jeune… Pleines d’espoir et d’aquabonisme, ces deux cases sont l’exemple même d’un travail superbement réalisé, pensé, réfléchi avec minutie, et ce genre de soin porté à ce genre de détails me font penser que le combat ordinaire est tout sauf un album ordinaire…
A noter qu’il existe une version avec Dvd que je n’ai pas visionné… Mais lisez ces 3 albums !

Par : Zou (15 avr. 2006)

Très beau livre de Manu Larcenet. Encore une fois, ce nouvel album rappelle que "Le combat ordinaire" est la meilleure série de l'artiste. Dessin simple, efficace, allant droit à l'essentiel, au service d'une histoire tour à tour drôle, mélancolique, tragique, amusante, mais dans tous les cas toujours bourrée d'émotions. Bravo Monsieur Larcenet pour cette Oeuvre en majuscule qu'est "Le combat ordinaire" !

Par : Jozeph Voir les critiques de Jozeph (06 avr. 2006)

Cet album est excellent. Vraiment excellent. Ce tome est encore mieux que les précédents, et ça tient du miracle. Certains critiques professionnels ont déprécié le travail de Larcenet, disant qu'il avait fait le tour du sujet au premier album et que désormais, la suite du combat ordinaire serait de la redite. Ce sont probablement les paroles aigries d'initiés vexés de voir un tel chef d'oeuvre "volé" par le public. Parce qu'il s'agit à la fois d'un travail génial, et d'un succès de librairie, l'horreur pour les pros. J'encourage tout le monde à lire cette bd. Elle est simple, touchante et fraiche à la première lecture, passionnante à la deuxième, et incroyablement profonde à la troisieme. Et on peut encore la lire et la relire après ca. Larcenet réussit le coup de maître de nous faire réfléchir tout en lisant, ce qui donne un relief incroyable à son histoire si classique. Bravo, peu de BD m'ont fait cet effet. J'adore la dernière page de cet album, c'est d'une beauté rare. Bravo.

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (27 mars 2006)

"Ce qui est précieux", Le combat ordinaire 3, de Manu Larcenet. Dargaud.

Toujours soucieux de l'accueil de ses oeuvres, Manu Larcenet s'avouait un peu inquiet de la sortie de ce tome 3 du "Combat ordinaire", l'enjeu étant de ne pas introduire de fausse note dans une série qui a tout de suite trouvé son public. Et un succès populaire qui, aux dires même de l'auteur, l'a "un peu dépassé". Il aurait tort de s'en faire. "Ce qui est précieux" marque de fait une évolution nette dans le déroulement de cette très belle série. Le ton est plus sombre, plus intimiste, marquant le nécessaire travail de deuil du personnage principal - Marco - après le suicide de son père, atteint de la maladie d'Alzheimer. Un travail sur la mémoire et les relations père-fils - "Savoir enfin ce que je suis passe à coup sûr par comprendre ce qu'il était..." - qui accompagne de nouvelles étapes de sa vie, à savoir l'élaboration d'un livre et le désir de maternité de sa compagne Émilie. Manu Larcenet poursuit l'élaboration de ce qui reste pour l'heure son oeuvre la plus aboutie, abordant ainsi nombre de ses thèmes de prédilection : la maladie, la mort, la mémoire, la paternité... Il explore les angoisses de Marco, l'interroge, le pousse dans ses retranchements... Et sans en avoir l'air, explore les réactions de chacun au décès d'un proche, entre l'autodestruction révoltée du frère, la dignité solitaire de la mère, ou même la sagesse ouvrière de Pablo, le camarade de chantier du père. Le graphisme suit la même ligne. Larcenet rompt en partie avec le parti des origines, pour tendre vers plus de réalisme, de maturité dans l'expression. Les principaux acteurs de ce Combat ordinaire prennent de l'épaisseur, de la consistance. Les traits de Marco se font plus durs, plus tranchés... L'auteur travaille sur le cadrage, sur les visages, accompagnant graphiquement le cheminement intérieur souvent douloureux de ses personnages. Ce tome 3 aborde l'importance des petits riens, de "ce qui est précieux" pour chacun d'entre nous, de ce qui définit et nous caractérise. Il touche aussi et surtout, avec beaucoup de finesse, au thème de la solitude, de l'angoisse du vide liée à la perte de la foi en l'avenir. Et à la difficulté pour chacun de sortir de cet enfermement pour finalement (ré)apprendre à vivre. Un tome lui aussi précieux.

Par : yvan Voir les critiques de yvan (27 mars 2006)

Il y a deux gros problèmes avec ce troisième tome !
Le premier, c’est que Dargaud l’a édité en deux versions différentes (dont une avec un DVD bonus sur Larcenet), ce qui d’emblée et dans le sillage d’une machine commerciale sans scrupules, confronte l’acheteur à un choix bien cruel.
Le deuxième, c’est que, ayant donné la note maximale au tome précédent, je me vois confronté aux limites techniques de ce site et me retrouve donc dans l’incapacité de noter ce troisième tome qui se révèle être encore meilleur que les deux premiers.
Quel plaisir de retrouver l’histoire de Marco, l’histoire de chacun d’entre nous, le combat quotidien contre soi-même, les angoisses et les espérances. Ces petites choses qui tracent notre vie, des choix et des décisions qui influent sur notre quotidien et qui au milieu des surprises que nous réserve la vie, nous balancent d’un sentiment à un autre. Des sentiments que Larcenet aborde de manière tellement intelligente, avec une justesse effrayante et un humour qui sait toujours nous faire sourire au milieu de moments bouleversants.
Un tome qui boucle la boucle, de la naissance à la mort, de père en fils, de lassitude de la vie à l’envie de procréer, une introspection saisissante sur le début et la fin de la vie. Un Marco balancé entre l’incompréhension du suicide de son père et l’idée de paternité. Un Marco toujours incapable de prendre ses responsabilités, de faire ces choix qui font avancer une vie, poursuivi par l’hérédité, incapable de voir ces petites choses de la vie qui faisaient le quotidien et le carnet intime de son père, s’accrochant aux balises que lui tendent la vie, comme cet éditeur qui souhaite publier ses photos.
Un Larcenet qui fait tourner la vie de Marco autour de quelques personnages, mais qui parvient tout de même à aller chercher l’infiniment petit au milieu de cet univers restreint ; ces petites choses infiniment précieuses et qui fleurissent notre existence. Un Larcenet qui comme d’habitude et dans toute sa simplicité parvient également à aborder des sujets graves comme la guerre d’Algérie ou la perte d’un père.
Bref, une splendide tranche de vie, un cocktail d’efficacité et de simplicité, une introspection pleine de finesse, de tendresse et de charme pourvue de scènes hilarantes et qui aborde notre quotidien du début à la fin.
Ce qui se fait de mieux en BD (en attendant la parution du quatrième et dernier tome)!

Par : satir-boy Voir les critiques de satir-boy (20 mars 2006)

Le combat ordinaire nous revient avec le tome 3 "Ce qui est précieux". Marco suit le cours de sa vie entre Emile, sa mère, son livre sur l'atelier 22, son psy, son père... Nous le suivons dans le labyrinthe de sa vie avec ses doutes et ses certitudes. Il suit son chemin pour découvrir "ce qui est précieux". Un livre beau qui ne laisse pas insensible. De la bande dessiné comme j'aime qui vous amène à réfléchir sur ce qu'est la vie, un combat ordinaire. Tout y est le dessin, le scénario, la couleur. Une petite critique (eh! oui) sur le nez de Marco qui prend de plus en plus de place. Plongez-y et délectez vous de cet album.

Par : founzy Voir les critiques de founzy (20 mars 2006)

Larcenet nous ressert une de ces délicieuses tranches de vie dont lui seul a le secret. C'est pur, agréable, dur, triste, beau et émouvant à la fois. Chacun de nous, à un moment ou l'autre de l'histoire se retrouvera dans la peau de ce héros anodin vivant un combat des plus ordinaire, celui de la vie tout simplement.
C'est bon de voir que dans l'éventail de tout ce qui paraît de bon et de moins bon dans l'univers du neuvième art, les choses simples ont également leur place.
Un moment de toute beauté même si j'espère que la suite de l'hitoire ne sera pas la trop pâle "copie" du retour à la terre de ce même cher Larcenet.

Par : cadiet (17 mars 2006)

Des albums vraiment rares où se croisent fou rires et larmes. Le dessin est simple mais d'une beauté et surtout d'une efficacité qui servent le scénario d'une manière parfaite. Larcenet au sommet de son art. Putain quel grand auteur !


 


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