La malédiction du parapluie de Lewis Trondheim - 3 critiques

Série : Les petits riens - T. 1
Edition : Delcourt
Collection : Shampooing
Pages : 128 pages en couleurs
Parution : octobre 06
Auteurs : Lewis TrondheimScénaristeDessinateur

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Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (31 déc. 2006)

Pourquoi devient-on aussi exigeant avec Lewis Trondheim ? Pourquoi le taxe-t-on de décliner à l’infini ses carnets de bords ? Pourquoi n’a-t-il pas le droit de continuer avec autant de classe et de jubilation dans cette veine en y ajoutant de l’aquarelle ? Car là, pour le coup, c’est de toute beauté !
Toutes les pages de cet album sont parues sur son blog ? Oui… Mais cet objet papier est unique, agréable au toucher, et met en valeur son trait, ses couleurs, ses fulgurances…
Car il ne s’agit pas là de petits riens, non, mais de poésies du quotidien… Je me souviens avoir déjà qualifié Lewis Trondheim de Mozart du Rien, d’aventurier du n’importe quoi, ou encore de génie de la platitude et avoir même pressenti sa Présidence à Angoulême… Et bien Monsieur le Président nous livre là une de ses plus belles livraisons, fleurtant avec le génie dans la plupart des saynètes qu’il dépeint… Car on pourrait croire la démarche facile mais savoir donner autant de plaisir, savoir croquer en trois fois rien (déjà !) l’essentiel même d’une situation, savoir la rendre cocasse, ou simplement drôle, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Et comme un autre dessinateur hors norme avant lui, Reiser, il se trouve que ces auteurs ont en commun cette poésie magnifiée par un trait allant à l’essentiel pour en livrer la quintessence…
Il faut non seulement être un fin observateur, mais aussi un conteur hors pair pour faire cela !
Ensuite, le lecteur est plus ou moins sensible au contenu, se laisse bercer par chaque situation, mais on ne peut dénier ce talent à Lewis Trondheim. On a un peu l’impression de lire un Delerm, et nous délecter de ces gags comme autant de premières gorgées de bières et autres plaisirs minuscules… Toujours les non-dits, toujours la même pudeur (celle mise à mal par son avatar à lunettes dont le blog défraya la chronique), toujours le même cœur d’enfant qui sait s’amuser malgré l’extrême lucidité inhérente à sa condition d’adulte.
Quel plaisir de savoir qu’on n’est pas le seul à souffler sur les bulles du produit vaisselle, ou justifier l’engloutissement d’un paquet de Finger, s’étonner de petits riens, et pourtant, c’est comme si chaque détail, aussi insignifiant soit-il, était la partie visible d’un iceberg constituant une vérité de la plus haute importance…
Et puis il a toujours cette faculté à parler des petites angoisses que chacun vit sans se l’avouer, de ces craintes stupides que nous oublions sitôt y avoir pensé, et toujours avec une efficacité redoutable. Et puis, rapidement, retomber le temps d’une manipulation laser, dans les aventures de notre enfance bercée par une trilogie spatiale célébrissime…
Tout au plus lui reprocherai-je (Pardonnez-moi Maître !) la facilité de 2 planches dont le sujet est repris intégralement du contenu de ces missives qui circulent sur internet et font le tour du monde en un rien de temps (l’une est une allégorie sur la vie représentée par des pierres, du gravier et du sable que j’avais d’ailleurs évoqué ici même il y a au moins 3 ans, et celle sur l’origine de la largeur des rails de chemin de fer). Mais j’oublie vite tout ça pour rire avec lui de son hypocondrie, de ses obsessions maladives, et de sa vision de la vie, tout simplement…
Ces petits riens sont tout, sauf des petits riens !

Par : yannick Voir les critiques de yannick (24 nov. 2006)

Ce sont peut-être des petits riens pour l’auteur mais pour moi, ce sont vraiment de vrais bonheurs de lecture. Trondheim a réalisé ces histoires en une planche à partir de ses observations, anecdotes qu’il a réunies dans un carnet et dont on peut en admirer sur son blog quotidiennement.

Il faut un sacré coup d’oeil pour raconter ses petites histoires ! A partir de pas grand-chose, Trondheim a réussi le coup de force de me faire arracher quelques fous rires et parfois quelques appréhensions devant la réalité du quotidien. J’avoue avoir été, par exemple, sensible et surpris par l’attachement de Trondheim sur les arcs-en-ciel. De même, son séjour à la Réunion et ses pitreries avec son compère Joann Sfar à Angoulême me sont apparus irrésistibles de drôlerie.

Pour « Les petits riens » est le premier album de Trondheim dans lequel il réalise lui-même la mise en couleurs. Le résultat m’est apparu franchement enthousiasmant. L’auteur a utilisé des tons à l’aquarelle parfaitement adaptés à l’ambiance de chacune de ses petites « aventures ». Son trait est très mature à l’image de ses séances de dédicaces où il réalise très rapidement des « crobars » sans passer par l’étape du crayonné.

Le format poche de ce livre est parfaitement adapté pour l’emmener facilement dans un sac à doc et le papier est d’excellente qualité. Cependant, je déplore que les couvertures ne soient pas mieux protégées contre les salissures, un film plastiqué comme ceux des mangas aurait été le bienvenu.

« les petits riens » m’est apparu finalement comme une BD autobiographique très distrayante basée principalement sur des anecdotes très sympathiques. L’album est actuellement mon livre de chevet. Au vu de son blog, Trondheim continue toujours à réaliser des planches basées sur son quotidien qu’on risque fort de les revoir dans un nouvel album des « petits riens » : chiche !!!!

Par : Philippe Belhache Voir les critiques de Philippe Belhache (23 nov. 2006)

"La malédiction du parapluie", Les petits riens 1, de Lewis Trondheim. Delcourt, collection Shampooing.

Lewis Trondheim quitte l'Association, rapporte l'Express ? El Présidente n'en a pas pour autant renoncé à exploiter la veine autobiographique. Ses nouvelles planches sont accueillies par la collection Shampooing, qu'il anime lui-même pour le compte des éditions Delcourt. Le résultat ? "Les Petits riens", recueil d'anecdotes développées pour son site internet. "Pour apprendre à maîtriser l'aquarelle", explique l'auteur lui-même dans une interview accordée à nos confrères de Canal BD. On y retrouve le Trondheim introverti, parfois misanthrope, un poil hypochondriaque de ses Carnets de Bord, avec cette fois une mise en scène formatée à un récit par planche. Il pioche dans son existence anecdotes et réflexions livrées avec cet humour décalé, ce solide sens de l'autodérision, mais aussi de la provocation calculée, qui restent la marque de fabrique du bonhomme. L'air de rien, par petites touches, Trondheim installe son univers. Et suscite une forme d'empathie chez le lecteur – surtout chez les quadragénaires pères de famille, nous ne citerons personne – pouvant dériver à l'occasion sur une forme de complicité. Ces "petits riens" s'additionnent pour constituer un "grand tout" attachant et drôle. Dire que Lewis Trondheim parlait d'arrêter le dessin. Il n'a pas tenu parole. Tant mieux.


 


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