L'enragé - T. 2 de Baru Meeph - 6 critiques

Série : L'enragé - T. 2
Edition : Dupuis
Collection : Aire Libre
Pages : 64 pages en couleurs
Parution : avril 06
Auteurs : BaruScénaristeDessinateur MeephColoriste

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Par : Tiburce Voir les critiques de Tiburce (11 oct. 2006)

Une très bonne surprise, que j'ai achetée suite aux excellentes critiques lues ici même. Et je ne suis pas déçu, de loin. Le trait est nerveux, parfois brouillon et imprécis, mais déborde d'énergie, de mouvement et d'expressivité. C'est assez différent de ce qui sort en ce moment, mais tellement bien que je suis passé sur toutes les petites imprécisions et anomalies pour savourer le tout.
Idem pour le scénario : quelques imprécisions ou aberrations minueres qui font sourire, mais l'ensemble est bon. Et pour le coup, les auteurs réussissent un vrai tour de France en sortant deux tomes radicalement différents et qui pourtant sont exceptionnellement cohérents. Une vraie progression dans l'histoire et l'intrigue, meme si la fin est peu trop naive pour etre vraie.
Mais au final, j'ai vraiment apprécié ces deux tomes, différents, énergiques, dynamiques, intenses. Beaucoup d'imperfections encore, mais ne boudons le réel plaisir qu'on en retire.

Par : Jean-Marc Lernould Voir les critiques de Jean-Marc Lernould (08 mai 2006)

"L'Enragé" tome 2, de Baru. Dupuis.

Sur la couverture, Anton Witkowski fait toujours la gueule, mais ça ressemble un peu plus à une sale gueule que dans le premier tome. C'est que le boxeur de la Cité des Oiseaux, quartier humble, a entre temps subi une descente aux enfers et se retrouve devant un tribunal, victime d'une machination machiavélique. Baru n'a pas oublié les origines ouvrières de sa propre famille et si son personnage principal n'a qu'une envie, se faire une montagne de fric grâce à ses poings en or, Witko reviendra se battre au sein de sa cité tout en renouant avec un père qui n'admet pas la voie pour laquelle son fils a opté.

Au passage, Baru montre un paysage connu, celui des milieux de la boxe où gravitent des requins plus ou moins gros, des femmes plus ou moins sincères et cette rage qui fait croire à Witko qu'il peut dominer ce petit monde et devenir un modèle pour les enfants de sa cité et pour ses parents. Mais la promesse d'ascension sociale fera long feu et coupe même l'arriviste de son plus fidèle ami.

Pour la scène du procès, Baru s'excuse presque d'avoir caricaturé un avocat trop médiatique mais l'auteur s'est bien renseigné sur ce qu'il appelle le "Barnum judiciaire" : combien de témoins appelés à comparaître, ne serait-ce qu'au cours d'une audience correctionnelle, donnent du "votre honneur" au président du tribunal, comme dans les séries TV ? On remarquera, au passage, la différence de traitement des séances de procès avec le récent tome 2 de "l'Ordre de Cicéro"n : c'est sûr, Baru a plus de punch..

Malgré l'univers du ring, cette dernière BD de Baru est plus sentimentale qu'il n'y paraît. Un Baru qui, à près de 60 ans, montre toujours qu'il a la rage et qu'il n'a pas oublié ses origines modestes, sans en avoir aucune honte. Côté technique, Baru poursuit sa collaboration avec Daniel Ledran pour les couleurs et le tout donne des tronches coupées au couteau comme dans ces cases mixtes qui mélangent la gueule du boxeur à celles des managers qui tirent les ficelles. Bref, c'est pas encore cette fois-ci que Baru ira dans les cordes. Après tout, le bonhomme n'a-t-il pas débuté comme professeur d'éducation physique ?

Le direct du jour :
"Anna.. c'était qu'une pute.
C'est rien, de la viande à bourrer, c'est tout.."
(On n'imagine pas la tendresse des boxeurs..)

Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (06 mai 2006)

J’aime beaucoup Baru. La vivacité et la nervosité de son trait, le choix de ses cadrages, la narration toujours vitaminée de ses histoires, et le diptyque de L’Enragé n’échappe pas à la règle. Le sujet de fond est intéressant (on sait l’auteur très impliqué dans la vie sportive et associative) et c’est une chose sûrement rare en BD qui nous est contée dans la collection Aire Libre. Deux belles couvertures qui se font écho pus tard, qu’en est-il vraiment ?
Et bien je fais partie des déçus et, sans le revendiquer haut et fort, mes craintes ébauchées lors d’une tome 1 trouvent confirmation dans le tome 2, en même temps que la lumière est faite sur toutes les questions laissées en suspens à la fin du tome 1.
Passent encore les caprices de stars, la grande machination préparée de longue date, les personnages caricaturaux qui nous sont présentés (l’avocat au procès n’en est qu’un petit exemple), mais la flambée humaniste des dernières pages est, sinon grotesque, tout du moins navrante. La mobilisation finale avec ce combat omniprésent pour la vérité est une fumisterie tout droit sortie des mauvais films hollywoodiens à la morale scabreuse.
En cela, je suis très déçu et si le fond est juste et beau, il ne trouve malheureusement pas sa place dans une histoire aussi ancrée dans la réalité.
Et c’est peut-être bien là le problème de ces ouvrages. Car malgré tout, la fiction qui en est la base est par trop fidèle à la réalité, l’auteur ayant eu besoin de ramener chaque lecteur au confort de repères qu’il connaît bien.
Mais déjà dans le tome 1, des choses montraient quelques erreurs dans ces choix (le cas des articles de l’inflexible et incorruptible Mourad parus dans l’Equipe me semblaient démonstratif de ça car tous les lecteurs du quotidien sportif savent que les pages de boxe ne peuvent pas être encadrées des brèves de cyclisme (v. p. 44 du tome 1) ou pire encore dans les pages de foot (v. p. 45 du tome 1 où il est question de Zagallo, l’entraîneur du Brésil, ou du stade de Gerland !) et ça sentait un bidouillage pas abouti !).
Là, avec la grande solidarité avec un sportif honni et à la côte d’amour plutôt faiblarde, comment se retrouver avec des émeutes, des marches de solidarité, des articles dans les plus grands journaux, des concerts, et une pétition de 423.000 signatures serait donc suffisante pour réviser un procès ?
Enfin… Anton Witkowsky aurait dû écouter son père et ne pas fricoter avec Don King et la racaille d’escrocs qui l’ont conduit dans cet épisode douloureux de son histoire.
Enfin, c’est dommage, en grand fan de Baru, je reste sur ma faim et je regrette cette dérive façon série B de ce diptyque qui aurait pu être une référence du genre.
Récit vitaminé, bien construit, cohérent, avec des moments forts, tout était réuni pour un grand récit d’aventure urbaine mais franchement, l’intensité dramatique tombe à plat et fait même trop rire par moments pour rester bluffé par L’enragé… Dommage, j’enrage…

Par : yvan Voir les critiques de yvan (30 avr. 2006)

Si à la base, je n’avais peut-être pas su apprécier le premier tome à sa juste valeur, le fait de relire les deux tomes de ce diptyque l’un après l’autre, m’a permis de voir la particularité et la force qui se cache derrière cette histoire à première vue fort banale.

Ce deuxième tome va encore plus se concentrer sur le combat que mène Anton en dehors du ring, sur ses relations avec Mo, avec son père et surtout avec sa copine Anna. Car apparemment dans la boxe, les coups qui font le plus mal se distribuent surtout en dehors du ring et Anton va en prendre pour son argent.

On passe de l’histoire classique d’un jeune de banlieue qui parvient à s’en sortir grâce à la boxe et celle d’un gosse qui malgré le succès recherche surtout la reconnaissance de son père, à l’introspection de quelqu’un dont le destin à basculé et qui afin d’arriver à la rédemption retourne à ses origines et aux vrais valeurs.

Un tome qui, tout comme "Le sourire du Clown", va parler d’émeutes de banlieue, mais également d’amitié, d’amour et de relations familiales difficiles. Un tome qui peut faire penser à l’histoire de Mike Tyson et de son mentor Don King dont Baru fait d’ailleurs la caricature, mais un tome qui passe également outre la boxe pour analyser le procès à scandales d’un Anton brisé dans le box des accusés.

Tout comme pour "L'autoroute du soleil" (prix du meilleur album au festival d’Angoulême en 1996), Baru nous livre à nouveau une superbe histoire impressionnante de réalisme.

Par : Diane (14 avr. 2006)

Superbe conclusion pour deux tômes parfaits... je n'aime pas la boxe, mais Baru arrive à me faire aimer le destin d'un boxeur ... mieux que dans "le chemin de l'Amérique". Magnifiquement illustré, cet album est un futur classique de la Bd, outre ses dessins "rouges", flamboyants de toute beauté, il arrive à analyser les procès à scandales, les émeutes de banlieue, les rapports père-fils, l'amitié et son vieillissement et y placer une belle histoire d'amour en sus... cela peut paraître beaucoup. Soit, cette histoire touche à tout, mais c'est fait d'une main de maître par un Baru au sommet de sa forme ! Je m'enflamme, c'est certain... mais c'est rare comme cet album.

Par : herve Voir les critiques de herve (05 avr. 2006)

Quelle claque (enfin c'est évidemment un euphémisme pour un album ayant comme héros un boxeur) cette seconde partie ! Déjà, on ne peut qu'admirer la superbe couverture qui renvoie au premier volume.
Un peu plus éloigné de l'univers sportif, cet opus repose sur le proçès qui marquait l'incipit du premier opus. Avec un personnage nouveau, celui de l'avocat qui mériterait à lui tout seul un véritable album, tant Baru (il l'avoue dans la préface) l'a superbement croqué ! Une star à lui tout seul qui arrive à éclipser son client.
C'est beau, dramatique, émouvant et superbement dessiné. En arrière plan, Baru n'oublie pas le problème des banlieues qui, après les émeutes qui se sont déroulées l'an passé, prend une acuité toute particulière.
Le magazine "Bodoï" a prépublié cette histoire, en omettant l'épilogue (15 pages). Or cette conclusion vient complétement renverser (sans autant faire de spoiler) le destin d'Anton Witowsky, qui devient plus touchant ici. Merci Monsieur Baru pour ce dyptique.


 


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