Abdallahi - T. 1 de Christophe DabitchJean-Denis Pendanx - 5 critiques

Série : Abdallahi - T. 1
Edition : Futuropolis/Gallimard
Pages : 88 pages en couleurs
Parution : février 06
Auteurs : Christophe DabitchScénaristeJean-Denis PendanxDessinateur

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Par : Quentin Voir les critiques de Quentin (01 nov. 2006)

Quelle bonne idée que de dessiner l'histoire de René Caillé, un des plus grands explorateurs Francais, qui a versé sang et larmes pour être le premier Européen à entrer dans la fameuse cité de Tombouctou. On suit les traces d'un homme hors du commun, le premier à avoir compris que se couler dans les structures sociales locales et se convertir à l'Islam ouvriraient plus de portes dans le Sahel que l'usage brutal de la force. Parti de rien, tout seul, avec un capital ridicule, René Caillé réussit là où les expéditions ayant infiniment plus de moyens humains et matériels ont toutes échouées avant lui. Mais cette réussite se fait au prix d'un lourd tribut en terme de santé et en termes sociaux - sa conversion à l'Islam, faite pour la grandeur de la France, l'amèneront à être vu comme un traître aux yeux de tous.

Les dessins et les couleurs directes sont véritablement superbes et rendent admirablement bien les ambiances, les paysages d'Afrique et les communautés rencontrées - c'est assez rare pour être souligné! L'album ne fait pas l'impasse sur les questions existentielles qui ne manquent pas de hanter ce personnage vivant dans une extrême solitude, à la merci des relations qu'il entretient avec ses compagnons de voyage. Mais c'est ici que l'album pêche en flanquant René Caillé d'un très improbable guide African, Arafanba, qui n'a pas grand chose d'Africain à part son nom et la couleur de sa peau, et qui chaperonne l'explorateur tout en philosophant avec lui pour lui donner une mauvaise conscience typique de l'anti-colonialisme mou. Il me semble que cet ajout inutile et fort peu crédible déprécie la force et la singularité de l'exploit, empêchant de se rapprocher de René Caillé et de mieux le comprendre (l'histoire est beaucoup plus imaginée que fidèle à ce qu'à écrit Caillé ou qu'à ce qui a été écrit à son sujet). Malgré cela, cet album reste néanmoins des plus réussi, sort des sentiers battus, et mérite à coup sûr la lecture.

Par : Zou (30 avr. 2006)

"Abdallahi" est une très belle bande dessinée retraçant le périple d'un français qui parcourt seul le continent noir au début du 19ème siècle. Cette BD est une véritable invitation au voyage, et également un sujet de réflexion autour de nombreux thèmes : l'Islam, l'honneur, la souffrance, l'esclavage, le courage, entre autres.
Les planches proposées sont d'une rare beauté, particulièrement les couleurs qui donnent une ambiance féérique et magique à ce conte africain.
Bref, une très belle BD qu'il serait dommage de ne pas lire.

Par : yvan Voir les critiques de yvan (29 mars 2006)

En se basant sur les carnets de voyage de René Caillié, alias Abdallahi, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx nous livrent une adaptation romancée du périple de cet homme qui a risqué sa vie afin de réaliser son rêve.

Nous sommes au début du XIXème siècle, l’Europe a pris pied sur les côtes africaines et les différents pays européens se lancent à la conquête de l’intérieur des terres du continent noir. Au milieu de ces assauts militaires peu fructueux, un français débute un pèlerinage esseulé de 4500 kilomètres à pied en 2 ans, des côtes du Sénégal à Tanger, sans aucun soutien de la nation et en se faisant passer pour un Egyptien musulman.

Cet album commence avec la naissance d’Abdallahi, le serviteur de Dieu. Fraîchement converti à l’Islam, René Caillié, Charentais fils de bagnard, va initialement surtout vouloir servir sa gloire personnelle en devenant le premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, ville interdite aux Blancs.

C’est une aventure périlleuse que l’on suit au sein d’un continent africain encore vierge de colonisation. Une aventure qui va confronter Abdallahi et le lecteur aux beautés non souillées de l’Afrique, une quête qui ouvre les yeux sur l’Islam, les coutumes de tribus locales et la colonisation meurtrière. Un choc de cultures dans un passé qui paraît bien lointain, mais qui résonne encore aujourd’hui tout en incitant le lecteur à la réflexion tout au long de ce voyage passionnant.

Une première partie de ce diptyque biographique qui est de toute beauté, avec 88 pages peintes avec des couleurs directes. Des vignettes qui respirent l’atmosphère d’une Afrique poussiéreuse à la chaleur palpable. Une colorisation magnifique, brûlante et brillante. Des peintures dignes de peintres impressionnistes et que l’on aimerait bien accrocher à ses murs.

Tout comme le «Photographe», on vit un magnifique voyage au milieu d’un continent, dont on prend plaisir à découvrir la culture et la religion sous un angle différent, sous l’angle de personnes qui ont repoussé leurs propres limites et nous ramènent la pureté, la richesse culturelle et la chaleur humaine des pays qu’ils ont croisés, mais qui nous ramènent également une réflexion qu’il est bon de tenir. Une compréhension de l’autre qu’il est toujours bon d’avoir et qui incite au respect, qu’il s’agisse d’une autre culture, d’une autre période, d’une autre religion ou d’une autre personne.

Par : Coacho Voir les critiques de Coacho (09 mars 2006)

Si l’histoire de René Caillié vous intéresse, alors cet album est fait pour vous. Il raconte l’aventure de ce pugnace français qui fut le premier à découvrir et révéler Tombouctou la ville mystérieuse où aucun blanc n’avait pu pénétrer. Se faisant passer pour un des leurs, il mena son odyssée avec courage et sans le soutien de sa nation.
Une intéressante biographie qui ne fait pas que conter la marche de René Caillié car elle propose aussi, dans l’adaptation qu’en a faite Dabitch, de réfléchir sur l’Islam, sur l’hospitalité, le mensonge, la guerre, la philosophie…
Une sorte de parcours initiatique que l’on suit en même temps que l’exploration des déserts africains.
Les décors sont sublimes et les planches nous sont offertes par un routier des histoires africaines : Pendanx. Son trait est ici surprenant quand on le compare aux délires des « Corruptibles » et il emprunte ses esquisses plutôt aux peintres impressionnistes.
Les couleurs sont chatoyantes, brûlantes, magnifiques, et on se laisse bercer par les longs moments contemplatifs savamment distillés.
Une voix off nous rend compte de ce qu’écrit Abdallahi et nous berce ainsi tout le long des 85 pages de l’album.
Ce dernier est d’ailleurs un magnifique écrin avec sa couverture mate, et ses pages de beau papier. Un signe qui montre que la reprise de Futuropolis s’est faite dans le but d’ouvrir des portes à des histoires différentes tout en préparant des albums classieux (faisons un hommage à Gainsbourg en ces temps où nous célébrons les 15 ans de sa disparition).
Mais c’est quelque chose qui est reproché dans cette reprise alors est-ce discutable ?
Passons là-dessus pour juste savourer le récit un peu lent de ce français déterminé et de ces contrées qui nous ensorcèlent par leurs couleurs, leurs épices, leurs chants… leur beauté…

Par : Jean-Marc Lernould Voir les critiques de Jean-Marc Lernould (09 mars 2006)

"Abdallahi", tome 1, de Dabitch et Pendanx. Futuropolis.

"Que ta chamelle bouffe le cadavre de ta mère souillée par les chiens !" Hé oui, au début du XIXème siècle, le transit de l'Occidental vers le coeur de l'Afrique n'était pas de tout repos, au point que rares ont été ceux qui ont pu ramener à nos oreilles ce genre de remarques.. Surtout lorsque l'on part vers l'inaccessible, Tombouctou, une ville mythique à cette époque, que certains ont vu de leurs yeux sans avoir pu la décrire, faute d'en être revenu vivant. C'est donc un carnet de voyage très particulier que livrent Dabitch et Pendanx.

L'histoire est véridique et Saintes (Charente-Maritime, sud-ouest de la France, Monde..) garde les traces d'un certain René Caillié, fils de bagnard et le premier Européen attesté à revenir donc de Tombouctou sur ses deux jambes. Une dure aventure qui lui a imposé de découvrir et d'apprendre les us et coutumes d'une série de peuples ou de tribus. Une véritable coupe transversale du continent africain alors inconnu, verrouillé d'abord par les Maures, très sourcilleux d'orthodoxie religieuse. On y retrouvera quelques sujets d'une actualité brûlante. Mais le sieur Caillié est tenace et plonge dans l'Afrique Noire où les femmes sont belles et les hommes édentés, "des bouts d'os me tombent du palais" avoue l'explorateur malade, persuadé de mourir sur place. Mais le voyage (initiatique ?) accompli en compagnie d'un ancien esclave, Arafanba n'est pas de tout repos (ce "couple" n'est pas sans rappeler certains épisodes africains de "Corto Maltese"..).

En 80 pages de ce qui n'est que le premier volume d'une histoire conçue en deux tomes, Dabitch et Pendanx confirment que Futuropolis nouvelle version sait toujours trouver des conteurs de talent. Avec une mention particulière pour Jean-Denis Pendanx dont le dessin respire la poussière de l'Afrique et magnifie ce continent que l'on a tous rêvé. Et on va encore se pencher (décidément) sur la page 38, cette feuille charnière des BD imaginées autrement qu'en une cinquantaine de pages. C'est quoi cette école de peinture ? Fauvisme, pointillisme, impressionnisme ? Juste un mélange très personnel, une touche qui permet de passer instantanément de l'ombre au soleil. Un soleil dont la chaleur est palpable.

On est bien ici dans un récit de Dabitch, qui, auparavant, a été voyager au pays des Serbes, et surtout dans des peintures de Pendanx : on pourrait rêver que comme pour Alex Barbier à Angoulême il y a quelques années, l'ensemble des planches de l'album soient exposées sur des murs. Cela serait un beau voyage.

La remarque du jour :
"Je t'attends depuis des mois.
Le temps n'existe pas en Afrique
mais ça fait long !"

(Arafanba à Caillié)


 


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