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1351. torpedo31200 - 09/03/22 01:17 - (en réponse à : egoes - post #1350)
Pas relus (le ferais + tard dans longtemps en N&B), mais Dorison est efficace mais peu subtil, j' y crois moyen.

1350. egoes - 09/03/22 00:52 - (en réponse à : torp)
Mais les albums pairs décriés sont-ils, comme les films, meilleurs à la seconde lecture ?
;-)

1349. torpedo31200 - 09/03/22 00:30 - (en réponse à : egoes - post # 1348 ou un peu plus en dessous)
Et le 3ème était déjà le meilleur, et le 1er le meilleur des 2 premiers.

1348. egoes - 08/03/22 21:09 - (en réponse à : Juste en dessous ;-))
C'est d'autant plus dommage que ce tome 5 était, à mon humble avis, de loin le meilleur de la série (il aurait par ailleurs pu être tout à fait décemment autoconclusif).
Dommage...

1347. froggy - 08/03/22 05:30 - (en réponse à : Torpedo)
Tu as raison. Je suis alle voir sa bibliographie en face et du peu que j'ai de lui, je n'ai que des one-shots. Il semble que ce format lui convienne mieux que celui des diptyques.

1346. torpedo31200 - 07/03/22 14:15 - (en réponse à : froggy - post # 1345 about Undertaker)
Je me demande si Dorison va réussir un jour à bien finir un diptyque de cette série. Sur les 3 premières tentatives, j' ai un sérieux doute.

Sinon, pour les fans de Meyer, rappelons qu' il existe une version N&B regroupant les 6 premiers tomes chez Niffle. Où l' on peut voir qu' il progresse encore.


1345. froggy - 07/03/22 00:59
Undertaker 6, Salvaje

C'est la deuxieme partie de cette histoire de vengeance sur fond de notable local qui controle entierement une ville.

J'ai trouve le scenario mal construit, le scenariste s'est un peu egare dans les meandres de son histoire somme toute tres classique dans son principe. Il aurait gagne a etre mieux travaille. L'agencement des scenes est fait a la va-comme-je-te -pousse, cela manque de rigueur. Le plus est que les deux personnages principaux aux cotes de Jonas Crow, le heros, sont bien ecrits et ont de la profondeur, ce sont Josephine Barclay, celle qui detient la ville et son fiance, Sid Beauchamp (qu'on prononce Bitchum a propos), l'ancien copain et complice de Crow au temps ou il vivait a La Nouvelle-Orleans. Le scenariste n'a pas pris beaucoup de temps pour developper les personnages des indiens, on se demande pourquoi considerant leur importance dans cette histoire.

J'aime vraiment le dessin de Ralph Meyer, ca bouge. Mais pour la premiere fois, j'ai remarque qu'il devait lorgner du cote de Giraud et de son Blueberry, LA BD de reference selon l'autocollant appose sur la couverture de cet album. J'ai remarque cela dans les quelques grandes cases ou on voit un paysage et je me suis rendu compte a quel point Giraud restituait un grand espace de maniere absolument siderante et parfois de maniere absolument geniale (N'ayons pas peur de mots emphatiques). Meyer dessine ces grands paysages mais cela a encore tres nettement moins de puissance et d'impact que ce que Giraud faisait. Je ne sais pas si c'est un don inne que Giraud avait ou si il avait travaille dur pour arriver a ce resultat. Tout cela n'empeche pas que le dessin de Meyer est vraiment excellent.

Note finale, 2,5/5. C'est un album moyen dans son ensemble a cause du scenario tout de ginguois. C'est dommage car la premiere partie etait nettement mieux.

1344. froggy - 07/03/22 00:08 - (en réponse à : heijingling)
Je ne pense pas que les auteurs aient sciemment joue la fausse naivete. Je crois plutot qu'ils se sont mis dans la peau du lecteur lambda qui ne sait pas grand chose du cine business francais (NDLR: c'est la meme chose a Hollywood), lecteur qui ignorerait cette realite. Cela m'etonnerait que Nicoby et Joub aient une meconnaissance de ce fait. Quant a la statistique de Leconte, elle releve plus de la formule que ce qu'il a vecu. A mon avis et tel Leconte s'est exprime, elle s'appliquerait plus a Jean-Pierre Mocky qui debordait de projets jamais concretises.

1343. pm - 06/03/22 15:50
Glingling a raison, très bon bouquin.

1342. heijingling - 06/03/22 08:44
froggy, je te conseille le livre d'entretiens Orson Welles-Peter Bogdanovitch.

Patrice Leconte a pu réaliser la moitié des films qu'il voulait faire, c'est une proportion énorme, pour la majorité des réalisateurs, y compris de très célèbres, elle est bien moindre, la plupart du temps pour raisons financières.

Joub et Nicoby semblent s'étonner de la découverte de ce fait, je déteste les gens qui jouent aux faux naïfs dans leurs œuvres.

1341. pm - 05/03/22 19:02 - (en réponse à : Froggy)
C’est dès Boy meets girl , son premier film primé à Cannes, que Léos Carax ( Alex Dupont ) a eu une gloire naissante, comme tu dis. Mauvais sang a été une confirmation, puis les problèmes sur les amants du Pont-neuf ont plombé sa carrière. Je ne pense pas qu’il se repose spécialement entre ses films ( six long métrage en 37 ans) plutôt qu’il a de grosses difficultés à monter ses films.

1340. froggy - 05/03/22 17:16
Je ne connais pas tres bien la biographie d'Orson Welles et encore moins celle de Carax.

Au sujet, de Welles, il est connu qu'il y a ses films inacheves, beaucoup pour un cineaste de son calibre. Mais Welles detestait les considerations financieres et etait tres dispendieux puisqu'il mettait son art au dessus de tout, cela ne pouvait evidemmment que le faire entrer en conflit avec les producteurs d'Hollywood.

Quant a Carax, je ne sais pas. Peut-etre prefere t-il passer du temps entre deux films? Toujours est-il que ses films ne sont pas des gros succes commerciaux et que les producteurs francais doivent avoir toujours en memoire l'aventure des Amants du Pont-Neuf qui faillit ne jamais voir le jour, Carax, aureole de sa gloire naissante apres Mauvais sang y avait des pretentions artistiques au cout tres eleve. il n'a pu faire son suivant, Pola X que 8 ans apres, il avait rendu les producteurs frileux a on egard. Comment savoir si il n'a pas eu des projets qui ne se sont pas concretises durant ces 8 annees? Je serasi surpris qu'il les ait passees uniquement a fumer des cigarettes dans son lit en attendant que l'inspiration lui revienne.

1339. egoes - 05/03/22 11:13 - (en réponse à : heij 1335)
Pourquoi nauséabond ?
Je n'ai pas lu autre chose que le premier tome, mais j'ai du mal à suivre ton raisonnement et le lien entre l'absence de dessin d'une scène et cette idée de "nauséabonditude".
Surtout que froggy, en quelques lignes de résumé, aborde précisément le problème des rafles.
C'est donc que ça l'a marqué, malgré l'absence de dessin, non ?
La force / caractéristique d'une bande dessinée n'est-elle pas (aussi) dans les ellipses et éléments "non-dessinés" ?

1338. heijingling - 05/03/22 08:49
Je ne trouve pas du tout le dessin de Nicoby réaliste, au contraire. Il est dynamique, mais ses caricatures ne sont pas du tout réussies, je n'ai reconnu personne avant qu'il indique qu'il s'agit de tel ou tel.
Quant aux statistiques d'un film réalisé pour deux tentés, c'est parce qu'il s'agit d'un réalisateur commercial et à succès, pour Orson Welles par exemple, c'est beaucoup moins, sans parler de Léos Carax.

1337. froggy - 04/03/22 17:54
Nicoby & Joub, Leconte fait son cinema

Continuant sur la lancee des BD reportages, un genre qui semble tres tendance depuis quelques annees dans le 9e Art, les deux auteurs ss sont attaches a suivre le metteur en scene Patrice Leconte pendant quelques mois. Ils vivront avec lui ce que cela represente d'etre un realisateur de films en France au debut des annees 2020.

L'amoureux de cinema que je suis a beaucoup aime ce livre qui revele qu'en fait, la realite est nettement moins glamour que ce que le grand public peut en percevoir a travers le strass et les paillettes qu'il peut voir lors des montees de marche de festival et autres diverses ceremonies de remise des prix. Je le savais deja mais a ce point, cela en devient presque surrealiste, realiser un film aujourd'hui releve du parcours du combattant. Tel l'acteur sur un plateau qui attend que les techniciens aient fini de preparer le lieu de tournage pour pouvoir jouer, un metteur en scene passe son temps en reunions diverses et a travailler sur des projets qui ont plus de chances de capoter que de reussir malgre les noms prestigieux qui y sont associes. Comme le dit si bien Patrice Leconte qui a bien joue le jeu avec les deux auteurs durant ces quelques mois; "J'ai fait 30 films, cela veut dire qu'il y en 30 qui ne se sont pas faits". Interessante statistique. Cet album suit donc le cineaste alors qu'il prepare a faire Maigret avec Gerard Depardieu. Film qui lui a reussi a se faire mais avec quelques contraintes financieres ainsi que le livre ne le revele.

Le dessin de Nicoby est a la fois realiste et reduit a la plus simple expression, les personnages, tous existants, sont bien reproduits a part lui meme avec son gros nez a la Achille Talon comme on peut le voir sur la couverture. Les decors sont par contre esquisses legerement mais suffisamment pour qu'on puisse savoir ou on est mais l'interet du livre n'est pas la, cela a donc une importance moindre.

Note finale, 4/5. Le livre est tres bien fait, tres bien construit et j'ai bien aime la lucidite de Patrice Leconte sur son travail et ce que le milieu est, il a garde les pieds sur terre.

1336. torpedo31200 - 04/03/22 17:37 - (en réponse à : post # 1334)
Sauf nouveau report, la 4ème et dernière partie du Spirou, l' espoir malgré tout devrait sortir le 20/05.

1335. heijingling - 04/03/22 17:36 - (en réponse à : Les aventures de Jean-Baptiste)
Une petite précision, Bravo nous montre bien les bombardements alliés, dans lesquels Jean-Baptiste manque de perdre la vie, il nous montre aussi un collabo abattu par un résistant, mais les raffles (l'arrestation du père Philippe, ou celle du couple juif) , on en entend seulement parler, Bravo ne nous les montre pas. Or, dans une BD, ce qu'on voit est ausi important, sinon plus, que ce qu'on lit. Dans son pacifisme forcené, et son désir de nous montrer que tout le monde peut devenir un assassin selon les circonstances sauf à résister à cela, comme seul le fait Jean-Baptiste, Bravo fait pencher sa BD vers des rives nauséabondes.

1334. froggy - 03/03/22 21:31
Le Spirou de... 19, L'espoir malgre tout T3

Avec ce troisieme tome, l'auteur, Emile Bravo, continue son grand oeuvre entame apres le succes critique et commercial de son premier Spirou dans la meme collection quand celle ci s'appelait encore "Une aventure de Spirou et Fanatasio par...". C'etait en 2008 et cela semble si loin deja. Loin du principe qui conduisait la serie depuis ses debuts et continue par tous les auteurs de la serie officielle, Emile Bravo s'est aventure dans un chemin de traverse bien different puisqu'il a situe l'action de cet Espoir malgre tout durant la 2eme Guerre Mondiale dont il a retire toute fantaisie, a la difference du Spirou d'Olivier Schwartz et Yann, Le groom vert-de-gris meme si celui-ci etait serieux dans le fond, Yann oblige.

Si le scenario du Journal d'un ingenu etait une aventure d'un seul tenant, sa suite, meme divisee en 4 albums, est construite comme une chronique de la vie quotidienne a Bruxelles et en Belgique sous le joug nazi. Bravo a bien sur echafaude quelques fils conducteurs qui reviennent regulierement avec le temps qui passe. Ce que j'aime bien, c'est comment il a decrit l'atmosphere deletere de cette epoque, nul ne peut faire confiance a qui que ce soit car on ne peut pas savoir qui est qui; est-ce que celui est un collaborateur avec l'occupant? Est-ce que celle-ci est resistante? Et puis il y a la menace des bombardements des allies qui larguent leurs bombes ici et la. Sans compter les raffles orchestres par les nazis aussi bien pour le STO (Service du Travail Obligatoire) que pour les juifs bien entendu. Et le ravitaillement a assurer quotidiennement car il faut bien manger tous les jours, les troupes d'occupation sont prioritaires sur tout; alimentation, essence et tissus pour s'habiller. L'auteur decrit tres bien comment cela pouvait etre alors. Et selon mes parents qui ont vecu cette periode, ce fut bien pire.

Le dessin de Bravo est toujours egal a lui-meme. Il reussit bien a exprimer le murissement du caractere de Spirou avec le temps. Il en est de meme pour Fantasio qui lui aussi vieillit sous nos yeux.

Note finale, 4/5. C'est toujours aussi bien.

1333. pm - 02/03/22 18:40
Victor Hubinon une vie en dessins
Recueil de fac similés de planches originales sur le même principe que les précédents( Chaland, Walthéry, Frank Pé et Gotlib) avec des commentaires de Schuiten.
Alors que n’y prêtais guère attention la force du dessin classique d’Hubinon saute littéralement aux yeux avec ces fac similés. Il y a un travail de fou et une grande intelligence dans ses compositions. J’ai vraiment l’impression d’avoir redécouvert son travail. Un superbe livre.

1332. egoes - 02/03/22 17:56 - (en réponse à : herve)
Ils ont fait un peu plus d'efforts que pour leur précédente série ?
J'avoue avoir déjà vu -en occase, si si !- ce dernier opus, mais j'ai reposé.
Je n'aime vraiment pas ce duo d'auteurs, qui sont pour moi les "Millenials" de la BD ;-)(beaucoup d'effets, peu de contenu, à part de la baston, et un sentiment, pourtant, de "révolutionner" quelque chose).
Ceci étant, peut-être devrais-je changer d'avis (ne fut-ce que pour ne pas être catalogué immédiatement d'imbécile) et voir si leur déculottée précédente leur a permis d'évoluer.

1331. froggy - 02/03/22 06:08 - (en réponse à : Herve)
Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.

Cette derniere phrase ne peut pas s'adresser a suzix bien sur considerant le nombre d'incontournables de la BD qu'il a contourne. :-)

1330. herve - 01/03/22 22:29
La République du crâne

Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique "Block 109" et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à "Ira Dei".
Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé.
Hasard de mes les lectures, je viens de relire "le testament du capitaine Crown" et l'incontournable "Long John Silver" de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit.
Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant.
Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie.
En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant.
Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure .
Il faut que noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses.
Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent.
Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.

note:5/5

1329. Stefan - 25/02/22 21:17
Oui, je comprends, mais ça me fait pas cette impression.

1328. froggy - 25/02/22 17:52 - (en réponse à : stefan)
Je n'ai pas ecrit que son dessin n'est pas bon, bien au contraire, ce n'est pas Leo tout de meme, je l'apprecie beaucoup, c'est le fait que son style ne convient pas tout a fait au pessimsime de son scenario, il allait mieux avec l'aspect fable de son album precedent.

1327. Stefan - 25/02/22 10:08
Oui j'avais lu ta critique.

Moi ça ne m'a pas gêné. Au contraire même, je trouve que qu'elle que soit son histoire, son dessin est toujours très agréable lisible et efficace, tout en étant assez spectaculaire.

1326. froggy - 24/02/22 23:37 - (en réponse à : stefan)
C'est le dessin qui m'a gene pour Fausses pistes de Duhamel, je pense que son style (qui m' a fait penser a celui de Bedu dans les planches que tu as montrees) ne convient pas entierement pas a son scenario. Il y a quelque chose qui cloche entre les eux, je n'arrive pas a decrire exactement avec des mots ce que je ressens. Je trouve qu'il y a une meilleure adequation entre son dessin et son scenario dans son precedent album, #nouveaucontact.

1325. stefan - 23/02/22 01:34
Les villes d’un jour, par Rudy Spiessert collection Quixote chez Vide Cocagne.



Nouvelle collection chez Vide Cocagne, la collection Quixote dont l’objectif est de donner une seconde vie à des ouvrages passés inaperçus lors d’une première édition.



Les villes d’un jour, paru initialement chez Quadrant, a été pour l’occasion recolorisé et enrichi de pages inédites.



Sous forme de petites histoires courtes, Rudy Spiessert nous dévoile par touches son enfance pour le moins particulière puisqu’il a grandi dans un cirque, fils du responsable du matériel de route et de la comptable du cirque.
A la fois amusantes et souvent touchantes, ces petites histoires finissent par nous donner une vue assez large de cette vie marginale, à la fois aventureuse, poétique, mais parfois aussi dure et pas toujours reluisante. Rudy Spiessert arrive à nous dépeindre cet envers du décors caché sous les paillettes, avec une certaines tendresse et une certaine nostalgie, mais sans occulter les aspects plus sombres.



1324. stefan - 23/02/22 01:22
Ragout aux truffes par Le Bihan et Grolleau, chez Fluide Glacial.



Cendre travaille dans un grand restaurant Parisien jusqu’au jour où elle découvre que l’on passe de la javel dans les poubelles pour empêcher les SDF de s’en nourrir. Déjà pressé et écoeurée par ce milieu, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.



Elle décide de repartir dans son Lot natal pour y monter son propre restaurant plus en accord avec ses principes.



Les auteurs, se sont inspirés pour cette histoire du parcours de plusieurs vrais restaurateur, en particulier, de celle du chef Thomas Benady et de son auberge sauvage. C’est avant tout un hommage à un certain nouveau de la gastronomie française qui se tourne vers ses racines.


1323. stefan - 23/02/22 01:05
Fausses Pistes par Bruno Duhamel, collection Grand Angle chez Bamboo.



L’histoire est écrite par les vainqueurs. Ils choisissent les héros, les statues, ils choisissent les méchants. Mais le cas de la conquête de l’ouest américain, et la façon dont le cinéma hollywoodien s’en est emparé est particulier. Des premiers Westerns, outils de propagandes classiques pour magnifier les pionniers américains, et diaboliser les indigènes, on est passé par différentes phases, avec petit à petit, dans les années 50 des films apportant certaines nuances aux légendes, jusqu’aux Westerns crépusculaires des années 70 remettant complétement en question certains mythes.



Et puis le genre n’a cessé de passer et de revenir à la mode, de se renouveler et de réécrire l’histoire, avec des points de vue à 180° selon les modes, les réalisateurs et les publics visés. Westerns Spaghettis, Westerns allemands, Westerns écologiques, Westerns Réalistes, Westerns Spectaculaires, Westerns de papier… et j’en passe, je schématise, je résume, bien sûr, c’est plus compliqué que ça, ça mériterait d’être développé plus, mais, au final c’est toute une mythologie riche, fascinante et contradictoire qui s’est créée au fil des ans.



Avec Fausses Pistes, Bruno Duhamel a décidé de s’attaquer à ces mythes. A travers une galerie de touristes visitant le grand Canyon, une galerie de personnages, volontairement un peu caricaturaux représentant chacun une vision, une facette du mythe, Bruno Duhamel va s’amuser, un peu à la façon d’Alan Moore avec les théories sur Jack l’éventreur dans le second appendice de From Hell, à toutes les déconstruire, pour en arriver, comme le barde de Northampton, à conclure que la vérité de l’instant appartient au passé et qu’on ne pourra jamais réellement la saisir, mais que l’important n'est pas là. Comme le conclu son personnage principal « L’important, c’est d’y croire »





Graphiquement, avec toujours son style Franco Belge ultra détaillé, on sent que Duhamel prend son pied à osciller entre Morris et Giraud pour rendre au final un bel hommage à toutes les fausses pistes qui sillonnent le Far West.




1322. stefan - 23/02/22 00:49
La Bibliomule de Cordoue par Lupano et Chemineau chez Dargaud.



Ce livre nous plonge en Espagne en 976 et nous raconte la fin de la dynastie des Omeyyas. A cette époque l’Europe est une terre barbare moyenâgeuse, tandis que le califat de Cordoue et sa bibliothèque sont le centre du monde culturel, des arts et des sciences. Malheureusement la mort du Calife, laissant derrière lui un héritier de de 10 ans, permet à un vizir ambitieux de prendre le pouvoir avec le soutien de fanatiques religieux. Et c’est soixante ans de paix, de culture et de sciences qui vont s’effondrer.



Ce livre suit trois Don Quichottes : un bibliothécaire eunuque, une esclave copiste et un voleur, qui vont tenter de préserver une partie des livres promis au feu par les intégristes en les chargeant sur le dos d’une mule décrépie.
Cette fable, est avant tout une réflexion sur la lute entre civilisation et barbarie, et sur la façon dont on peut basculer brutalement du premier vers le second, alors que le passage en sens inverse semble bien plus long à construire. Le choix de cette époque historique qui, en cette période électorale contredit un certain nombre de discours populistes, est bien sûr particulièrement pertinent pour cette réflexion qui résonne sans arrêt avec notre présent.



Le dessin de Chemineau, à la fois détaillé, dynamique et un poil grotesque, porté par une mise en couleur soigné, permet de donner une dimension fabuleuse à ce voyage au crépuscule des mille et une nuits.


1321. stefan - 23/02/22 00:35
Notre seul ami commun, édition intégrale par Boris Mirroir collection Quixote chez Vide Cocagne.



Nouvelle collection chez Vide Cocagne, la collection Quixote dont l’objectif est de donner une seconde vie à des ouvrages passés inaperçus lors d’une première édition.



Notre seul ami commun, paru initialement en trois tomes aux éditions CFSL Ink en 2013 est un livre fort et déroutant.



Derrière ce graphisme virtuose, grotesque et cartoonesque, cette mise en scène complexe et burlesque et ce personnage principal impudique de chien qui se balade le zgeg à l’air, c’est l’auteur lui-même qui se cache très pudiquement.



Il utilise un réseau complexe et enchevêtré de trois intrigues qui se croisent pour nous livrer de manière profonde et intime des tranches de vies douloureuses, où il aborde les thèmes du deuil, de la culpabilité, de la dépression, de la difficulté de trouver sa place.



Il ressort de ce mélange improbable des genres un profond sentiment de vérité qui fait de se livre une expérience touchante et singulière.


1320. stefan - 23/02/22 00:17
Chen Par Aurélien Ducoudray et Antoine Dodé, chez Glénat.



Chine, 2089, conséquence des politiques natalistes chinoises successives, les femmes représentent moins de 1% de la population du pays, elles sont devenues des marchandises précieuses victimes de trafiquant en tous genre dans un monde qui a sombré dans le chaos. Chen assiste impuissant à l’enlèvement de sa petite sœur et va tout faire pour essayer de la retrouver.



Chen est un récit où l’on côtoie en permanence le glauque, le morbide et le malsain. Mais ce qui dérange sans doute le plus dans ce récit, c’est que plus on plonge dans la fange de cette dystopie, plus on se rend compte de sa totale pertinence, de son total réalisme et sa très forte crédibilité. Le trait magistral et organique d’Antoine Dode nous immerge de manière impitoyable dans ce futur cauchemardesque.




1319. stefan - 22/02/22 23:59
L’étrange voyage de R.L.Stevenson Par Fabien Grolleau et Jérémie Royer, chez Dargaud.



Après leur biographie d’Audubon, puis celle sur Darwin, Fabien Grolleau et Jérémie Royer s’attaquent à une autre grande figure du XIXème siècle Robert Louis Stevenson.



Si Stevenson est célèbre, c’est avant tout pour ces deux principaux romans, L’île au trésor, un des plus célèbres et des plus épiques récits d’aventures, et l’étrange cas du Docteur Jekill et Mister Hyde. Avec ces deux œuvres Ô combien différentes, Stevenson peut se vanter d’avoir eu une influence majeure sur toute la pop culture actuelle, surtout quand on sait que la première œuvre ambitieuse publiée par Tezuka, le père du manga moderne, a été sa Nouvelle île au trésor.



Mais ce qu’on sait moins c’est que la vie de Stevenson, quoi que trop courte, a été à l’image de ses œuvres épique et fantastique. Malgré un état de santé en permanence d’une préoccupante fragilité, il a traversé la manche, puis l’atlantique puis le pacifique, parcourant la Grande Bretagne, la France, la Californie, les iles Samoa, tout ça, en grande partie pour l’amour du femme, Fanny Van De Grift, femme forte et fascinante qui deviendra son épouse.



Dans ce récit sur Stevenson, Fabien Grolleau mêle ses textes aux récits de voyage de Stevenson et à ceux de Fanny Van De Grift. Avec cette bande dessinée, Fabien Grolleau nous raconte, une fois de plus, sans jamais nous lasser, de façon toujours renouvelée son amour des voyages, de l’aventure et de l’imaginaire.


1318. stefan - 22/02/22 23:36
Ce jour-là j’ai tué… n°1 et 2, par Jrmy et Sebba chez Northstar Comics.



Petite récréation toujours policière de Jrmy et Sebba entre deux aventures du privé, un petit récit improvisé sous contrainte, une planche par semaine, un twist par planche, toujours dans une ambiance de roman noir. Un bel exercice de style sur le thème du polar Hard Boiled porté par le dessin de Sebba qui casse un peu son style léché habituel pour un résultat plus sale, qui renforce sur le sentiment d’urgence et de danger permanent qui porte ce récit.


1317. stefan - 22/02/22 23:22
Highland Games par Fabien Grolleau et Nico Cado, collection Mirage, aux éditions Delcourt.



Nico Cado est professeur de dessin, il est aussi entraineur d’une équipe de lancer de Marteau. En 2019, il se lance dans un projet BD avec Fabien Grolleau qui n’abouti pas, mais les deux deviennent amis, et plus Fabien découvre Nico et écoute ses anecdotes de lycéens Bretons lanceurs de marteau, plus il se dit qu’il y a matière à en faire une histoire.



Fabien imagine donc cette équipe partir en écosse pour être la première équipe française à participer aux Highland Games, compétition réelle de sports écossais aussi ancestraux qu’improbables.



Il concocte donc un road trip épique baignant dans tout ce que l’imaginaire collectif associe au folklore écossais, il agrémente le tout des anecdotes de Nico sur son équipe et le résultat est une ode au sport amateur, à l’esprit collectif, à la découverte, aux voyages et à l’aventure, un récit drôle et passionnant et si improbable qu’on sort de se livre comme on se réveille d’un rêve qu’on a tant pris pour la réalité qu’on en est un peu déçu de se réveiller.


1316. stefan - 22/02/22 23:09
L’anniversaire du Grand Mammouth par Fabien Grolleau et Thierry Bedouet, collection Grand Souk, aux éditions Vide Cocagne.



Ce récit de la collection jeunesse de Vide Cocagne, narré tout en finesse par Fabien Grolleau et superbement illustré par Thierry Bedouet nous amène aux origines de l’espèce dans un feu d’artifice de couleurs et de suspense. C’est l’anniversaire du grand Mammouth, qui lui offrira le plus beau cadeau ? Vous voudriez que votre enfant devienne un grand artiste, ce livre pourrait être le silex qui donnera naissance à l’étincelle qui engendrera la flamme de la création.


1315. stefan - 22/02/22 22:57
La Vilaine n°3, Collectif.



Ce troisième numéro de la Vilaine, collectif toujours aussi ambitieux de plus de 200 pages continue de regrouper des auteurs et des dessinateurs, amateurs et professionnels de la région de Rennes (ou pas trop loin), pour une série d’histoire courtes se déroulant toutes à Rennes.



Ce troisième numéro conserve les formules des précédents, découpé en plusieurs parties, avec dans la première partie, la suite de l’intrigue policière entremêlée commencée dès le premier numéro et composée de divers récits courts racontant les destins croisés de personnages fictifs qui se croisent dans des histoires différentes. Il y a ensuite une partie plus satirique qui s’attarde sur les différents quartiers de la ville, une partie avec des récits plus sociaux, une partie historique, de grande qualité, une partie qui va privilégier le fantastique et le tout se termine magistralement sur une nouvelle série d’hitoires entremêlée, cette fois sur un thème SF.





Ce numéro trois est à la hauteur des précédents avec une qualité globale, sur le fond, comme sur la forme très impressionnante pour un collectif amateur de cette dimension. Ce numéro tout vert est très écologique, zéro déchet.


1314. helmut perchu - 22/02/22 17:00
Lu le second tome de la nouvelle époque de SOS Bonheur. C'est pas clair et mal foutu j'ai rien compris.

1313. froggy - 22/02/22 00:50 - (en réponse à : Herve)
J'imagine les dialogues en effet.

Prends-moi comme une ouvrière!
Mets-moi bien à fond, je ne suis pas ta mère!
Viole moi comme un dictateur le fait avec les droits de l'homme!

1312. herve - 21/02/22 22:43
Druuna, au commencement #1

Serpieri nous l'assure, il travaille actuellement au chapitre 10 de sa série. En attendant, il a confié à Allessio Schreiner et à Eon le soin de nous présenter un préquel à sa série fétiche, préquel prévue en 3 volumes.
Eon se glisse dans la peau du maître ici, en nous offrant un dessin assez proche voire très proche de celui de Serpieri. Les adeptes de Druuna se seront guère perdu dans cette nouvelle série. Même le scénario, parfois confus, est digne d'un Serpieri (j'étais d'ailleurs parfois perdu dans la lecture).
Par contre, les scènes de sexe, très explicites, et surtout les dialogues relèvent plutôt d'un film porno basique. Ces scènes sont la plupart du temps gratuites, et la scène de viol est particulièrement révoltante.
Comme les autres albums de la série, l'album est complété par un cahier graphique de 14 pages, signé Serpieri.
La ligne éditoriale de cette série est très soignée et, j'avoue que je serai au rendez-vous pour le deuxième volume de ce préquel.

note: 3/5

1311. froggy - 21/02/22 00:51
Blacksad 6, Alors, tout tombe, (Première partie)

8 années ont passe depuis le précédent album. C'est beaucoup même pour une série à succès comme Blacksad l'est. Est-ce que ce retour, car il faut bien appeler cela comme ca, (j'ai l'habitude d'appeler un chat un chat) va satisfaire les fans et supporteurs que cette absence avait désespérés? Car, il faut bien le reconnaitre, les derniers albums étaient loin du premier titre et surtout du deuxième, Arctic Nation, que je considère comme le meilleur jusqu’a présent. Partie sur les chapeaux de roues, et chaque album présenté par Dargaud, qui n'a pas peur de faire dans l'emphase si ce n'est l'exagération quand il s'agit de promouvoir ses albums, sortait comme si c'était un événement littéraire de première importance. Alors que cela ne l'est pas bien entendu. On aurait très bien pu voir sur les premiers albums un bel autocollant sur lequel aurait été écrit, "La meilleure BD policière depuis..." Depuis quand au fait?

Cet album nous fait replonger dans l'ambiance d'une série noire avec intrigues et complots divers mettant en scène une multitude de gens venant d'horizons différents. L'action se passe a New York dans les années 50. La construction du Pont de Verrazzano est bien entamée et le maitre d'œuvre en est Salomon, un urbaniste qui veut créer un réseau d'autoroutes et de voies rapides au détriment des transports en commun, principalement le réseau du métro, reliant les 5 boroughs de la ville qui sont Manhattan, le Bronx, le Queens, Brooklyn et Staten Island. Le pont en construction reliera d'ailleurs Brooklyn et Staten Island. Je mentionne cela pour ceux qui ne le sauraient pas.

Comme c'est New York et bien que cela soit celui des années 1950, la ville étant un véritable mélange hétérogène de différentes populations, on y voit des acteurs et actrices déclamant du Shakespeare, des ouvriers fatigués construisant des tunnels pour le métro, des politiciens, des journalistes, des syndicalistes, des mafieux, quelques policiers bien entendu et au milieu de tous ces gens, notre détective, John Blacksad qui va faire une grande lessive de tout cela. Chat alors! Des intérêts énormes sont en jeu, ce qui signifie corruption mais aussi secrets inavouables qui doivent absolument rester cachés. A tout prix si vous voyez ce que je veux dire. Je ne vais pas vous faire un résumé de cette histoire qui est assez complexe et touffue. C'est une première partie et cela s'apparente plus à une mise en place où les pions sont disposés ça et la sur un échiquier pour un jeu qui peut s'avérer mortel à celui qui commettrait la moindre erreur. En la lisant, les auteurs ont lorgné manifestement sur des classiques du cinéma tels que Chinatown de Roman Polanski pour le détective et la corruption et Le parrain de Francis Ford Coppola pour la mafia et son alliance avec des syndicats. Il y a pire comme référence non?

J'ai trouve que cet album était le meilleur depuis ce fameux deuxième, l'absence de 8 ans du chat futé lui a été bénéficiaire. Les composantes de l'intrigue sont bien amenées, l'histoire commence par une attraction typiquement newyorkaise, Shakespeare in the Park, un festival estival de quelques pièces du dramaturge anglais jouées en plein air à Central Park et qui remporte un franc succès chaque année. Et puis après, il se passe plein de choses qu'il serait dommage que je raconte pour ne pas gâcher votre plaisir lors de votre première lecture. Les nouveaux personnages sont bien écrits bien que ce soit des clichés mais en même temps suffisamment et adroitement caractérisés pour que cela fasse original, il en est ainsi du personnage principal (à part Blacksad et son compère bien entendu), Solomon, manifestement inspiré par Robert Moses, l'urbaniste qui transforma New York dans les années 40 et 50, on le surnomme d'ailleurs l'Haussmann américain en référence au baron du Second Empire qui transforma Paris pour lui donner son apparence actuelle.

Le dessin de Guarnido est égal a lui même, personnellement et à mon avis pas humble je le trouve très bien, le découpage est bien fait, les cases et les planches sont bien composées, les personnages bien dessines et les décors sont impeccables. Je ne peux lui faire aucuns reproches de mon cote.

Note finale: 4,5/5. Cet album qui marque le retour du chat noir est une réussite et j'espère évidemment que la suite sera du même calibre. Croisons les doigts.

1310. pm - 20/02/22 07:41
Totalement en désaccord avec cette critique d’une totale mauvaise foi.

1309. Victor Hugo - 19/02/22 23:06
Totalement d'accord avec cette critique.

1308. Quentin - 19/02/22 21:17
Un monde sans fin, de Jancovici et Blain, chez Dargaud

La première partie est une sorte d’histoire de l’énergie, et explique pourquoi et comment nous sommes devenus dépendants du pétrole – énergie efficiente et bon marché. Jancovici est un spécialiste de la question et a passé quelques décennies à étudier cela. Revers de la médaille et déformation professionnelle, il en vient à TOUT analyser comme une conséquence de l’abondance d’énergie fossile : à la fois les choses évidentes comme la croissance et le développement sans précédent de l’humanité depuis la révolution industrielle, bien sûr, mais aussi, et de manière beaucoup moins argumentée, un peu tout et n’importe quoi, y compris l’espérance de vie, la réduction des inégalités, le taux de divorce, etc. A part ca, en gros, la démonstration est solide : nous sommes hyper dépendants des énergies fossiles en général et du pétrole en particulier pour la production industrielle, l’agriculture, les transports, l’état providence. Arriver à s’en sevrer en quelques 30 ans ne sera pas une mince affaire. La plupart d’entre nous le sait déjà, mais ceux qui en doutent encore seront convaincus de l’ampleur du défi à relever.

La deuxième partie traite du réchauffement climatique. En résumé, si on ne s’arrête pas d’émettre du CO2 d’ici à 2050, alors on va droit dans le mur : extinction massive de biodiversité, montée des eaux, multiplication des catastrophes naturelles d’une ampleur inédite, chute drastique de la production agricole, famines, énormes mouvements migratoires, tout cela dans une période tellement courte qu’on ne pourra pas s’y adapter sans énormes heurts sociaux et politiques. Encore une fois, la plupart d’entre nous le sait déjà, mais ceux qui en doutent encore seront convaincus de la nécessité d’arrêter les émissions de CO2.

Dans ce chapitre, Jancovici concentre son « énergie » à défendre le nucléaire comme la seule solution viable à moyen terme, et à décrédibiliser le solaire et l’éolien comme des solutions gadgets, chères, peu efficientes, émettrices de CO2 (en tout cas comparées au nucléaire). Il rajoute d’ailleurs l’hydrogène à la liste. Quid de Tchernobyl ? Impossible en France, parce que les Français, au contraire des Russes, ne sont pas des imbéciles qui enlèvent toutes les sécurités pour tester les limites du système. Et même s’ils essayaient, les centrales françaises sont conçues pour s’arrêter automatiquement toutes seules. Quid de Fukushima ? Impossible en France parce que… Parce que quoi déjà ? Là j’avoue que je n’ai pas bien compris. En France, il y a des recombineurs d’hydrogène dans les centrales, qui ne peuvent donc pas exploser si on dépressurise l’hydrogène (mais est-ce que ca marche encore si une centrale est touchée par un tsunami ?). Les Japonais sont des imbéciles qui ont prévu des générateurs de secours pouvant résister à des Tsunami de 6m, alors que la région en avait connu de 10m par le passé, et que celui de 2011 avait 14m. Les ingénieurs français sont bien plus malins que les russes et les japonais, et Jancovici nous demande de lui faire confiance quand il dit qu’on peut faire confiance à EDF. Au pire, si on avait une catastrophe nucléaire en France, cela tuerait moins de monde que les accidents de la route en une année, et la région évacuée deviendrait une merveilleuse réserve naturelle, comme à Tchernobyl aujourd’hui. Donc aucune raison de s’inquiéter.

Les 30 dernières pages sont consacrées à ce que l’on peut faire comme citoyen. Blain est chaud ! Il est même prêt à arrêter de manger la viande de bœuf, vu son exécrable bilan carbone. Jancovici lui répond qu’il est bien con de vouloir se passer d’une bonne blanquette de veau. Il faut juste en manger 2 ou 3 fois moins et le tour est joué. L’agriculture doit être relocalisée, il faut manger plus de produits frais et saisonniers, il faut consommer moins, donc acheter des produits qui durent plus longtemps, faire du vélo électrique ou prendre les transports en commun au lieu d’aller au boulot en voiture, ou alors prendre une voiture électrique, isoler les logements et les chauffer avec des pompes à chaleur au lieu d’utiliser des chaudières au fioul ou au gaz.

L'album finit par un dernier détour pour parler du stratium, une région du cerveau qui libère la dopamine chaque fois qu’on mange, baise, glande, surfe sur internet, ou a une promotion sociale. Je n’ai pas bien compris l’intérêt de cette partie, mais ca remet une couche de vernis psycho-scientifique sur le thème général qui dit qu’on est mal barré, pas seulement à cause de notre dépendance au pétrole, mais aussi parce que la nature ne nous a pas trop gâté avec notre cerveau préhistorique. En fait, la vraie solution, c’est que tout le monde soit d’accord avec Jancovici et le monde sera sauvé (si si, c’est ce qui est dit avec un humour ambi gü à l’avant-avant dernière case). Jancovici est un Gourou et Blain est son disciple. Arriveront-ils à convaincre le reste du monde avant qu’il ne soit trop tard ?

Jancovici est un expert et maîtrise son sujet à fond. Il est clair qu’il a l’habitude de vulgariser une matière très technique, et il fait de l’excellent boulot. On apprend plein de choses et c’est bien mis en perspective. Mais il est assez limité par son approche physique et technicienne des choses. Les polytechniciens savent tout, mais rien d’autre, comme disait Clémenceau. On est inondé de chiffres et encore de chiffres, et le problème est présenté comme ayant une nature technique requérant des solutions techniques. Malgré la psychologie à 2 balles en fin d’album, il n’y a aucune réflexion de fond sur les aspects sociaux et politiques de la transition durable, aspects qui ne sont là que pour se mettre au service de la bonne technologie.

Blain a beau essayer, il n’a pas la carrure pour questionner le discours de Jancovici, et il se fait donc son porte-parole. Sa grande idée graphique (que Jancovici lui a probablement soufflée) est d’utiliser Iron Man comme métaphore de l’appareil productif mondial accro au pétrole. Pour le reste, la BD est riche en texte, qui se présente comme un exposé de Jancovici, ponctué de dialogues avec Blain. Blain se contente d’illustrer le texte avec des graphiques et des images. Quand Jancovici dit que les moussons seront plus fortes, Blain dessine un type sous la pluie dans la jungle. Case suivante, les saisons sèches aussi, Blain dessine un type mourant de soif dans le désert. Quand Jancovici parle de vaches, Blain dessine des vaches. Quand Jancovici parle de locomotive, Blain dessine une locomotive. Tout est du même tonneau, tout au long de l’album. Ce genre d’illustration primaire est à la portée du premier dessinateur venu et n’apporte, au fond, aucune valeur ajoutée au discours de Jancovici, qui est directement compréhensible et accessible en lui-même.

En conclusion : à lire si vous êtes intéressés par le discours de Jancovici, par pour les dessins de Blain

1307. helmut perchu - 15/02/22 10:23
Je me suis relu il y a pas longtemps SOS Bonheur de Van Hamme et Griffo, du coup j'ai eu envie de lire la "nouvelle époque" parue plus récemment et signée Desberg et Griffo. Je n'ai lu que le tome 1 et j'ai trouvé ça bien moins bon et moins subtil. Et surtout il y a une histoire (celle du prof d'Histoire qui enseigne en douce la seconde guerre mondiale) qui m'a mis un peu mal à l'aise...

1306. froggy - 15/02/22 05:04
Piet;

Je me contenterai pour le moment de Duke, je ne fais pas la collection des Jeremiah. Pour les one-shots, je verrai.

1305. pm - 14/02/22 22:50 - (en réponse à : Piet)
Dans ce cas il faut lire les carnets d’orient de Ferrandez.

1304. Piet Lastar - 14/02/22 21:42 - (en réponse à : pm)
Merci pour tes précisions. Je vais faire l'impasse : je connais insuffisamment les protagonistes et le sujet ne me passionne pas.

1830 et Abdel Kader m'intéresserait plus.

1303. Piet Lastar - 14/02/22 21:37
1302. froggy - 14/02/22 19:30
Les Tours de Bois-Maury 16, L'homme à la hache

Je suis, malheureusement, entièrement d'accord avec toi. D'Hermann, je me contenterai de la fin de Duke et des Jeremiah.

1302. froggy - 14/02/22 19:30
Les Tours de Bois-Maury 16, L'homme à la hache

Etre ou ne pas être a écrit le barde. Etre, Hermann l'est assurément. A son sujet, il faut maintenant et malheureusement poser la question suivante, être ou avoir été? C'est ce que nombre des amateurs du dessinateur se demande depuis des années dorénavant. Son avant-dernier album ne fait que confirmer ce fait.

Cela faisait 9 ans que nous n'avions pas lu un album de cette série. On se le rappelle, Hermann avait tué le héros, Aymar de Bois-Maury, au dixième titre alors qu'il venait de reconquérir son château et ses terres qu'on lui avait spolié après une âpre bataille, il n'avait même pas pu revoir les tours de son château. Les albums suivants furent une chronique des générations suivantes au gré des siècles mais toujours au temps du Moyen-Age selon un schéma identique à la série Timour de Sirius qui fit les belles pages de Spirou dans les années 50 et 60.

Le temps de cet album, Hermann ressuscite Aymar. Celui-ci est près de ses terres et veut les revoir. Il demeure dans un fief qui en est adjacent appartenant à Messire Baudran qui lui a de sérieux problèmes conjugaux. Chacun ses petits soucis, n'est-ce pas? Alors qu'Aymar met a peine le pied sur ses anciennes terres, il est attaqué et laissé pour mort par Ulrik, un géant au visage défiguré par un bec de lièvre, une brute épaisse et capable d'extrême violence avec sa hache.

Autant l'écrire, je n'ai pas bien compris où Hermann voulait en venir dans son histoire. Je n'en ai pas vu l'intérêt et le propos est confus. Je n'en ai pas bien saisi les tenants et les aboutissants bien que ce n'est pas son fils qui a écrit le scenario. Ou alors, une fois de plus, il a voulu décrire un Moyen-Age violent où la vie humaine compte peu, les hommes et femmes y vivant tentant de survivre à cause des conditions de vie très difficiles et où chaque jour vécu est presqu'une une victoire. C'est donc un peu déprimant tout cela.

Pour ajouter a cette déprime, il faut voir le dessin, il est ce qu'il est considérant ce qu'il fut. Je ne vais pas tirer sur l'ambulance, cela n'est pas nécessaire. Disons simplement qu'il reste encore puissant et que parfois, il y a des cases magnifiques, la grande de la planche 9 par exemple. Le problème est que le scénario est mal découpé, on comprend mal l'enchaînement des cases. Est-ce qu'Hermann va trop vite maintenant dans l'élaboration de ses BD? Et puis, il faut voir le lettrage qui ne requiert pas un commentaire de plus.

Note finale; 2,5/5. C'est seulement la moyenne car Hermann a encore de beaux restes mais ils sont de plus en plus rares malheureusement.



 
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