Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (21)

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51. Victor Hugo - 29/12/20 15:32
-Moments extraordinaires sous faux applaudissements de Gipi
Je n'avais pas du tout été convaincu par La Terre des fils, mais là j'ai beaucoup aimé ce nouveau Gipi. Structure originale, dessins pluriels et narratifs, bouquin drôle et émouvant.

-Castelmaure de Trondheim et Alfred
J'oubliais les pages au fur et à mesure que je lisais, je n'ai vraiment pas accroché, ni le dessin ni le scénario ne sont intéressants.

-Visa transit de De Crécy
J'adore le dessin de De Crécy... mais pas là. Son voyage n'est pas palpitant (le plus intéressant est le flash-back de colo catho) et le dessin n'a pas la magie habituelle. Très décevant. (ps, les couleurs sont chouettes)

-Radium Girls de Cy.
Mettez la couv dans le noir, il y a un vernis phosphorescent, c'est marrant.
Le propos est intéressant mais la narration est plate et c'est rapide, ça pourrait être 6 pages biographiques des Culottés de Pénélope Bagieu. Ca finit brusquement et on a droit à une longue interview de l'auteur par son éditeur (?????????????????????). Le dessin vaut ce qu'il vaut mais ça ne m'a pas enthousiasmé.

50. froggy - 28/12/20 00:40
Tanquerelle, Vehlmann, de Bonneval & Blanchard, Le dernier Atlas T2

Ou George Sand est devenu un homme de fer.

Effectivement, le George Sand est un robot geant, fabrique par la France durant les annees 60 et 70. Il y en eut plusieurs qui furent nommes d'apres les noms de grands ecrivains francais du XIXe siecle, le Victor Hugo entre autres. Le Sand est le dernier de ces Atlas. Il aurait du etre demantele en Inde apres l'arret du programme survenu a la fin de la guerre d'Algerie qui eut lieu dans les annees 70 car nous sommes dans une uchronie. Tayeb, le heros, un malfrat, a reussi a le voler avec l'aide d'un areopage disparate constitue d'hommes et de femmes venus d'horizons tres divers. Le but du vol est de ramener le robot en Algerie ou de mysterieux phenomenes meteorologiques et biologiques ont lieu. Le robot serait le seul a etre meme d'y faire face. Parallelement a cela, une journaliste a mis au monde une petite fille qui porte au front les memes marques que celles vues sur certains insectes qui ont subi des mutations dans le desert algerien. La journaliste est poursuivie par les forces de l'ordre francaise qui ont eu vent de ces marques sur son bebe mais elle reussit a leur echapper grace a differentes aides. Il y a aussi deux autres actions secondaires liees a ces principales. La fin nous montre Sand le bien nomme dans une tempete de sable. Ce n'est donc pas une histoire simple qui va vous faire sauter au plafond.

En effet, on ne peut pas ecrire qu'il se passe grand chose dans cette histoire puisque la majeure partie de l'album consiste au voyage du robot d'Inde en Algerie avec son lot de peripeties en tous genres dont bien sur, la presence de l'infame traitre au sein de la petite equipe. J'ai suivi les peregrinations du robot avec un interet distrait, tout se passe dans l'univers confine de ses entrailles et les dialogues ne sont pas assez enleves pour soutenir l'attention. Un peu plus interessante est la poursuite de la journaliste et du bebe car elle fait voyager le lecteur et permet de maintenir le suspense.

Ce qui m'a gene dans cet album est la nouvelle tendance des scenaristes de BD qui reproduisent le schema de ces series televisees a rallonge du type Games of Throne ou il y a plethore de personnages qui vivent chacun une histoire differente a des endroits differents mais simultanement. Le scenariste a donc a charge de mener en meme temps ces differentes intrigues qui s'imbriquent plus ou moins entre elles grace a des liens plus ou moins tenues et dont le tout forme un gigantesque puzzle qui prend sens quand la dernier piece y est enfin rajoutee. Il faut etre tres fort a ce jeu si le scenariste est seul ou alors il faut constituer une equipe qui harmonisera le tout. Je ne suis pas sur que les deux scenaristes ont realise quand ils ont entame le projet les ecueils qu'il comportait. Le premier album posait les donnees du probleme de maniere passionnante avec l'introduction des differents personnages, les elements de l'intrique, tres mysterieuse comme il se doit, et la cerise sur le gateau avec la revelation finale que ce thriller etait une uchronie. J'avais franchement aime.

Le scenario est donc decoupe en differentes tranches de longueur variable, tranches qui correspondent chacune a des sequences faisant intervenir les differents protagonistes et qui se terminent toutes par un suspense plus ou moins leger. C'est bien et ce n'est pas bien. Les scenaristes tirent sur la ficelle et on attend, on attend. On attend quoi au juste? On attend d'en savoir plus sur ces mysterieux phenomenes. Dans les trois premiers albums de XIII de si heureuse memoire, Jean Van Hamme distillait ses revelations au compte gouttes, on comprenait tout mais on ne comprenait rien en meme temps. Ce n'est qu'au quatrieme episode, SPADS qu'on sut enfin ou le recit nous emmenenait. Ce n'est pas le cas ici, je suis reste sur ma faim, absolument rien n'etant explique et on n'a pas meme le debut d'une explication, c'est tres frustrant pour le lecteur, maintenant je m'attends a une surprise finale et j'ai peur qu'elle me decoive, l'attente ayant ete trop forte et surtout trop longue; tout ca pour ca en definitive? Aux surprises ou seul le createur s'amuse, je prefere le suspense, il met le lecteur aux cotes de l'auteur et le fait participer encore plus activement a l'histoire. Une surprise rend le spectateur passif alors que le suspense le rend actif.

Si le scenario est donc decevant, il n'est est pas de meme du dessin que je continue a trouver tres bon dans son genre. C'est du realisme digne du FB le plus classique, les perssonnages sont tous bien characterises, les decors sont egalement bien rendus, ils sont precis et detaillesm la mise en page, les planches sont elegantes dans leur ensemble, le decoupage et les cadrages sont bien faits. Il n'y a donc a redire la-dessus, je ne suis certes pas en extase devant lui mais je ne lui trouve aucuns defauts car il a sa propre personnalite, il ne doit rien a personne et ce n'est pas plus mal comme cela. C'est de l'artisanat comme je l'aime car manifestement le dessinateur n'est pas un paresseux et il met tout son coeur l'ouvrage.

Ce deuxieme tome n'est donc qu'un volume de transition et d'attente dans lequel les auteurs me demandent de patienter tout en me disant, vous allez voir ce que vous allez voir!

Note finale, 2,5/5. Ce n'est que bien sans plus.

49. Quentin - 27/12/20 10:41 - (en réponse à : Merci froggy)

48. froggy - 27/12/20 00:25
LOL

47. marcel - 26/12/20 20:10
Salaud, Philhary !

46. froggy - 26/12/20 19:33 - (en réponse à : Quentin)
Pour creer un lien d'une video de youtube, c'est tres facile. Tu cliques sur la partie droite de ta souris, tu choisis " [ ]Copy Embed code" a moins que cela ne soit en danois pour toi.

Ensuite, tu copies le lien dans ton intervention. C'est tout blanc pour la verification, c'est normal et tu enregistres ton post.

C'est Philhary qui m'a explique cela ici meme et je l'en remercie encore aujourd'hui pour le plus grand malheur de ceux qui n'aiment pas quand je mets une chanson de Claude Francois... lol

45. Quentin - 26/12/20 10:43
Bon, j'arrive toujours pas à mettre des videos, mais c'est sur ce lien ci


44. Quentin - 26/12/20 10:42

43. Quentin - 26/12/20 10:30
New York Cannibals, de Charyn et Boucq, au Lombard, qui fait suite à Little Tulip, sauf que cette fois-ci l'histoire est décousue et ressemble presque à du Jodorowsky (ce qui, venant de Charyn, est très décevant). La narration est classique, sans aucun charme ni aucune inspiration. L’album de trop pour le duo qui a pourtant produit deux chefs d’œuvres par le passé. Ca part direct dans la pile de mes albums à revendre, et c’est la dernière fois que j’achète un bouquin de Boucq, hein.

Aldobrando, de Gipi et Critone, chez Casterman. Récit initiatique moyen-âgeux de facture classique, mais qui se lit avec beaucoup de plaisir grâce aux dessins et à la narration de Critone qui fait un excellent boulot. Ses aquarelles sont de surcroit superbes. Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec les 3 tomes de Messire Guillaume. Même genre de récit initiatique, de moyen-âge fantasmé, de personnages attachants – pas mieux, pas pire. Mais ca n’arrive pas à la cheville de Je, Francois Villon.

Payer la terre, de Joe Sacco, chez XXI et Futuropolis. Sacco part en reportage chez les premières nations des territoires du Nord-Ouest du Canada. Il y rencontre des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes, des chefs et des illettrés, et brosse un portrait complexe et subtil des Dene, de leur histoire et de leurs situation. Il rencontre la dernière génération à avoir vécu un mode de vie de subsistance dans la forêt – la chasse au caribou, la vie par moins 40 degrés en hiver, les accouchements dans la cambrousse, l’école de la nature, etc. C’est aussi la génération qui a été kidnappée de force et placée en internat religieux, la génération qui a été déracinée et forcée d’abandonner sa langue, celle qui a fait l’objets d’abus physiques et sexuels en institution, et qui a rapporté tous ces maux (plus l’alcoolisme) lorsqu’elle a été renvoyée dans ses patelins. Sacco nous permet de mieux comprendre la manière dont les Dene sont écartelés entre tradition et modernité, entre identité canadienne et Dene, entre révolte et collaboration avec le gouvernement colonial, entre respect de la nature et exploitation capitaliste forcenée (mines d’or et de diamant, gaz de fracturation, pipeline monstrueux, etc.) qui apporte au moins quelques emplois dans des communautés où 80% de la population vit de l’assistance sociale. On est au plus proche des gens et de leurs dilemmes. Arriver à faire cela en gardant un fil rouge, sans perdre le lecteur, et sans tomber dans les clichés faciles, requiert une discipline et un sens de la narration extraordinaires. Et de fait, c’est tout bonnement excellent. C’est à mon avis la meilleure BD de Sacco – ce qui en dit long vu la qualité inégalée des chefs d’oeuvres qu’il a produits par le passé – et c’est sans conteste ma meilleure lecture de cette année (encore mieux que Subutex).

Anaïs Nin, de Léonie Bischoff, chez Casterman. Biographie d’Anaïs Nin, auteure de journaux intimes et de récits érotiques, qui passe sa vie à essayer de s’affranchir des normes et à se construire en tant que personne, via ses relations amoureuses, la psychanalyse, et surtout à travers son journal intime. N’ayant rien lu d’Anaïs Nin, je ne peux pas faire la part de ce qui vient de ses journaux intimes et ce qui vient de l’interprétation de Bischoff, mais Nin est présentée comme une jeune femme au départ innocente, qui s’émancipe petit à petit de son éducation et s’engageant dans des relations qui lui feront vivre différentes facettes de sa personnalité – comme épouse, cousine, fille, mère, collègue, etc. avec une mise en abîme sur la condition humaine plus que sur la condition de la femme dans les années 1930. Les dessins sont superbes et sont un vrai plaisir pour les yeux. Les femmes dégagent une énorme sensualité féminine, et les relations sexuelles débordent de sentiments et de passion. Les dessins sont faits au crayon magique multicolore qui donne un effet de couleurs franchement très réussi – voir les ombres en couleurs fait toujours une belle impression. Bref, j’ai lu avec énormément de plaisir cet album d’une auteure talentueuse que je ne connaissais pas sur une autre auteure talentueuse que je ne connaissais pas.


42. herve - 14/12/20 23:00
Le Scorpion #13

Retour gagnant pour le Scorpion.
Ayant acheté cet album en "click and collect", je n'ai pas eu l'occasion de le feuilleter avant.
Aussi, cette nouvelle aventure du Scorpion est restée sur ma pile de lecture en attente depuis un moment, de peur d'être déçu de cet après Marini.
Et bien, je me trompais, Critone a repris avec brio la relève de Marini, même si les premières pages sont un peu figées, la suite est d'un très bon niveau.
Certes, le côté "capes et épées" est un peu moins présent ici mais le suspens ne manque pas, entre la recherche d'un enfant (hypothétique?) du Scorpion et celle d'un mystérieux Tamose, qui remettrait en cause certains épisode de l'ancien testament.
Nous retrouvons avec ce nouveau cycle , outre Méja, le commandant Vazlar, mais surtout le seigneur Golam, nouvel adversaire désigné du Scorpion.
Même si le dessin de Critone est un peu moins alerte que celui de Marini, je suis resté subjugué par les couleurs employées, qui collent parfaitement à cet Orient mis en image par Critone.
Une très bonne surprise au final.

note: 4/5

41. herve - 14/12/20 22:22
Karmela Krimm #1

J'ai emprunté à la médiathèque cet album sur le seul nom de Lewis Trondheim.
En effet, j'ai été assez étonné de voir son nom sur un album aussi classique, ce n'est pas son genre d'habitude.
L'héroïne, Karmela Krimm, ne se définit pas par une originalité folle, une ancienne flic qui devient détective privée.
On a vu mieux dans l'originalité.
Mais cet album mérite toutefois d'être lu. Primo, nous avons à faire à une histoire complète par album, ce qui est très appréciable, et secundo, j'ai beaucoup apprécié les dialogues, souvent à fleuret moucheté, notamment entre Karmela et l'homme de main de la riche héritière, Tadj.
C'est bien enlevé, très actuel avec l'ambiance des cités, et j'ai pris un certain plaisir à lire cette bande dessinée.
En outre, le dessin de Franck Biancarelli sied parfaitement à cette histoire policière.
Pour ceux qui ont aimé les polars genre Barbara Wolf, cet album est pour vous.

note :3/5

40. froggy - 08/12/20 05:17
Martin Milan, Intégrale 3

Ou jamais deux sans trois. Apres mes deux dernières chroniques, cet album est également une déception.

Voici donc la suite des aventures du pilote de l'avion-taxi dont la couleur est peut-être un hommage à celui du Baron de Richthofen, le Baron Rouge de la 1ere Guerre Mondiale. L'hommage s'arrêtera la car je ne suis pas sur que le baron allemand aurait osé mettre les pieds dans l'invraisemblable tas de ferraille qu'est l'avion de Martin Milan, véritable défi à tout ce qui vole.

Comm dans les deux tomes précédents, cet album comprend des histoires courtes parues dans des Tintin trimestriels, Tant qu'un chien t'attendra, Le visiteur et Comme un bruit d'ailes au fond du cœur et trois histoires longues parues dans l'hebdomadaire, Adeline du bout de la nuit, L'enfant à la horde et Une ombre est passée. Je ne connaissais que les histoires courtes, je me souvenais très bien de la première, très émouvante. Je me souvenais encore plus de la deuxième qui m'avait stupéfiée a l'âge de 17 ans. Dans celle-ci qui fait 6 planches, Godard y a dessine un seul dessin par planche avec des inserts en gros plan du même dessin repartis dans la case, c'est le texte qui fait l'histoire, je ne l'ai jamais oubliée. Il en était différemment de la dernière que j’avais reléguée dans un coin perdu de ma mémoire.

J'avais remarqué avec les deux premiers tomes la nette différence de ton entre les histoires courtes et les longues. Dans les courtes, Godard a mis l'accent sur l'émotion, on en apprenait plus sur la personnalité du héros, qui montrait ses failles et cultivait ses regrets. Les histoires longues étaient plus classiques, Godard mettait plus en avant l'aspect aventure avec des personnages secondaires plus ou moins hauts en couleurs mais toujours pittoresques, que ce soit aussi bien les bons que les méchants. C'est le cas avec ces trois histoires courtes mais cette fois-ci, l'auteur a tente de mettre plus d'émotion dans ses récits longs et malheureusement, j'ai trouve qu'il n'arrivait pas à tenir la distance sur 44 planches.

Dans Adeline du bout de la nuit, en Arizona, Martin est chargé de convoyer une jeune femme ayant quelques problèmes psychologiques, cette jeune femme lui rappelle un triste souvenir d'enfance qui le hante encore. Elle est issue d'une riche famille et est poursuivie par des hommes qui veulent la tuer. Godard conclue cet épisode par une fin que je qualifierai de bizarre comme si il n'était pas arrivé à boucler correctement son histoire en 44 planches. Il ne fait pas bon courir plusieurs lièvres a la fois dans une même histoire, j'ai trouve que l'auteur s'est emmêlé les pinceaux dans l'élaboration de son scenario en mélangeant différents genres et ce n’est pas une réussite surtout que la révélation finale arrive comme un cheveu dans une soupe, elle ne rime a rien avec le récit tel qu’il était mené. On se dit que Martin va secourir la pauvre petite fille riche et qu'en fait, elle n'est pas perturbée mentalement. En fait, elle l'est, c'est même carrément une emmerdeuse telle qu'elle est dépeinte. C'est pour cela qu'à part le fait qu'elle lui rappelle l'Adeline de son enfance, je n'ai pas bien compris pourquoi il s'attache autant à elle. Je sais bien que Martin est le défenseur de la veuve et de l'orphelin, encore faut-il que la personne à protéger soit susceptible de sympathie, ce que cette femme n'est pas. Godard fait alterner les scènes du présent et du passé et ce sont ces dernières qui sont les plus réussies dans cette histoire. Elles sauvent cette histoire et m’évitent d’appeler cette aventure Adeline du bout de l’ennui.

La deuxième longue histoire, L’enfant à la horde commence bien mal aussi. Godard y accentue encore plus la misanthropie de Milan qui est telle qu’on se demande pourquoi ils ne se retirent pas dans une ïle loin du monde et de tout le monde afin d’y vivre en paix et en sérénité avec lui-même. Mais cela voudrait donc dire qu’il n’y aurait plus de ses aventures, ce qui ne serait pas plus mal en définitive considérant celles contenues dans ce recueil. En fait d’île déserte, il est quelque part dans une savane africaine où arrive une chanteuse légère française, genre Mistinguett, profondément antipathique et que Milan va immédiatement détester bien entendu. Celle-ci veut capturer un enfant-loup afin de le ramener en Europe afin de lui inculquer les bienfaits de la civilisation occidentale. Or l’enfant en question n’est pas tout à fait ce qu’il semble être. Tout le début de cette histoire est laborieux, l’humour est d’une légèreté pachydermique, tout est prévisible jusqu'à la fin qui ne l’est pas c’est à dire a partir de la rencontre avec l’enfant. Le récit redevient subitement très intéressant avec son mélange de poésie, d’onirisme et de pathétisme. C’est quasiment bouleversant et émouvant. Et puis, il y a cette case qui de la dernière planche qui reprend une des photographies les plus célèbres de l’histoire de la photographie qui symbolise en une seule image la tragédie africaine, celle de l’enfant affamé avec un vautour derrière lui. Il est dommage que tout le début de cette histoire ne soit pas au niveau de cette fin éblouissante.

Avec la troisième, Godard opère un total changement de registre puisque l’auteur va faire une variation sur le mythe de Dracula. Milan est en Europe Centrale dans une Transylvanie de fantaisie. Y vit dans un château complètement en ruines, le comte Krapula, dont la malédiction est l’épouvantable laideur de son visage, un bossu, boiteux et unijambiste est son seul domestique. Confronté à la vindicte populaire des habitants du village situé au pied du château et dont le meneur est un charlatan qui veut lever le sort grâce a des élixirs composes de mandragore, de sang de tortue égorgée a la pleine lune et de larmes de sorcières pulmonaires (sic), l’aviateur va aider le pauvre comte qui en a bien besoin. Je n’ai pas beaucoup aimé non plus cette histoire que je n’ai pas trouvée très originale bien que Godard ait introduit du paranormal avec la présence mystérieuse d’une invisible jeune femme au parfum de fleurs envoutant et capiteux. Je n’ai pas trouve l’auteur très inspiré par cette histoire, manifestement il s’est servi de la légende du comte vampire comme si il était dans un tunnel non éclairé et qu’il n’avait qu’une corde pour le guider dans les méandres de obscurs de son scénario, cette corde le menant au bout de ce souterrain qui fait 44 planches. La mise en place est longue, le développement laborieux et peu intéressant et la conclusion est bien fade. Les meilleurs passages de cette histoire résident dans les scènes avec le charlatan qui force les villageois a en finir une fois pour toutes avec le comte. Pour celles-ci, Godard est allé chercher vers l’autre roman fantastique anglais contemporain de Dracula et tout aussi célèbre, Frankenstein. Ce sont aussi ces scènes qui contiennent les seules notes d’humour avec les ingrédients utilises pour composer ces poudres de perlimpinpin qui seront utilisés pour faire disparaitre le comte. C’est un peu léger non pour une série qui a toujours savamment alterné l’aventure et l’humour?

Je ne vais pas m’éterniser sur le dessin que j’ai également trouve moins bon que dans les précédents. Cela se voit surtout dans l’évolution graphique du personnage principal. En effet, quand l’auteur le dessine de profil, l’arrière de son crane est plat, ce qui ne le rend pas spécialement intelligent. Mais en plus, il lui a parfois dessine des yeux qui font qu’on se demande si son QI n’aurait pas le même chiffre que celui de la profondeur de la Fosse des Mariannes dans l’Océan Pacifique, l’effet est troublant, je vous assure.

Le dernier problème que j’ai eu avec cet album est dans ses couleurs. Je ne sais pas si c’est une erreur d’impression pour mon exemplaire ou si ce sont celles qui ont été faites a l’époque mais elles ne son pas bonnes. Elles sont toutes affadies comme si le soleil les avait fanées. Je ne demande pas forcement une BD en Technicolor mais au moins des couleurs chatoyantes comme c’était le cas dans les deux tomes précédents, c’est très bizarre a lire et cela n’a pas joué a mon appréciation pour cet album.

C’est vraiment l’album que j’aurais tant voulu aimer tellement j’ai apprécié les deux premiers tomes de cette intégrale et tellement le personnage de Martin Milan est profondément attachant. Ce sont les 3 histoires courtes qui sauvent ce recueil d’un désastre auquel je ne m’attendais pas du tout, je me réjouissais tant à l’avance de lire les histoires longues qui y sont contenues. Maintenant, je suis inquiet au sujet de celles qui seront dans le quatrième et dernier tome de cette intégrale.

J’oubliais de préciser que ce tome 3 de cette intégrale commence par un excellent dossier rappelant les circonstances entourant la genèse de chacune des ces histoires avec iconographie à l’appui.

Note finale, 2/5. Ce Martin Milan est une véritable déception, ce qui est un oxymore quand on évoque cette série.

39. pm - 05/12/20 10:45 - (en réponse à : Heijingling)
Despentes parle aussi pour elle, elle est passée par les affres de la vie, dont la prostitution dont elle a fait un livre.

38. heijingling - 05/12/20 02:46 - (en réponse à : Quentin #30)
Tu n'as pas lu mon message jusqu'au bout, j'y parlais de Duras qui se mettait du côté d'une femme qu'elle supposait infanticide. Elle a aussi écrit en défense, ou témoignage, des alcooliques, des homosexuels, des indigènes colonisés. Donc, un lien thématique avec Despentes.
Je ne connais pas la vie de Despentes, mais quand Genet parlait pour les homos (encore criminalisée à l'époque), les taulards, les camés, il parlait pour lui (comme William S. Burroughs), il n'y avait aucune perspective rédemptrice ou de pardon chrétien, on est donc a priori dans un cas de figure assez différent. Il y a la provocation arrogante du rejeté.
Et puisque tu reparles du fond et de la forme, chez Despentes ce parti pris de provocation sous prétexte de défense de soi-disant rejetés me semble plus une pose, par son aspect systématique, donc une forme, qu'un fond réel.

37. suzix@bdp - 04/12/20 14:41
ah si on peut plus prier dans la rue c'est vraiment l'enfer sur terre! La manif pour tous c'est bien comme nom marketing. Moi je trouve que ça fait folklorique.

36. Victor Hugo - 04/12/20 14:30
"Au moins eux ils ne font plus chier personne avec des revendications à n'en plus finir"
Quoi les cathos font pas chier? Tu n'as pas bien suivi: ces connnards ont fait des prières de rue, des veillées à la con dans la rue, sans parler de ces ordures de la manif homophobe (dites pour tous, lol). Le gros cluster à Mulhouse en février, c'était des évangéliques mais c'est la même engeance d'abrutis ramollis du bulbe.

35. suzix@bdp - 04/12/20 12:04
Au moins eux ils ne font plus chier personne avec des revendications à n'en plus finir. Je crois qu'ils ont compris. Ils attendent le paradis. D'autres devraient s'en inspirer et arrêter de nous péter les couilles.

34. Victor Hugo - 04/12/20 11:46
Comme tu décris ce tas de barjots, ça donne envie d'aller tirer dans le tas.

33. suzix@bdp - 04/12/20 10:45 - (en réponse à : quentin #30)
J'ai écrit "catholique", pas "chrétien".
Je connais déjà mal le catholicisme alors je vais pas m'aventurer à commenter les autres religions.

Petit aparté, si vous n'allez à l'église que pour des cérémonies familiales type mariage, baptême, communion, enterrement, je vous conseille d'y aller aussi pour les fêtes particulières. Pas forcément Noël qui est festif et familial mais pour d'autres fêtes moins connues du grand public mais importantes pour les "vrais" catholiques. Je me suis retrouvé une fois par hasard à la messe de l'Ascension, vous allez me demander comment cela peut-il arrive "par hasard" ... c'est une longue histoire. (;o) Bref ... quand les catholiques fervents sont entre eux, c'est du grand spectacle. Déjà la messe a duré 2 heures. Ensuite il y a eu procession dans l'église avec une croix de 3 mètres de haut, de l'encens à faire déclencher les sprinklers. Tout le monde se serrait dans les bras et il y avait des mecs allongés dans l'allée principale de la nef, bras en croix et face contre terre !! Un vrai spectacle vivant. Je me suis retenu d'applaudir à la fin! (;o)
Ah oui et là tout le monde chante. Pas un qui ne connaît pas ses prières! ... Bref, mes amis, si vous n'avez jamais fait, il faut ! C'est un must-have je crois.

32. suzix@bdp - 04/12/20 10:26
La forme influence-t-elle le fond?
Vous avez 4 heures de plus.

31. suzix@bdp - 04/12/20 10:25
Le fond peut-il se passer de la forme.
Vous avez 4 heures. (;o)

30. Quentin - 03/12/20 23:41 - (en réponse à : Heijingling)
Si tu penses encore et toujours que ”la forme c’est le fond” et que tu t’arrêtes au ton imprécatoire, au style, aux phrases courtes, alors tu passes à côté de ce qu’elle veut dire et tu ne peux pas la comprendre. Toi tu y vois Margueritte Duras pour la forme, moi j’y vois Jean Genet pour le fond.

Despentes aime les paumés, les marginaux, les putes, les drogués, les alcooliques, les clochards, les homosexuels, les travelos, les transsexuels, les hommes qui battent leur femmes, les anciennes stars du X, les filles qui portent le voile pour faire chier leur père, les terroristes, les laissés pour compte. Elle les aime pour leur désespoir et leur maladresse. Elle les aime parce que personne d’autre ne le fait. Il y a effectivement un côté très chrétien, comme l’a bien vu Suzix. Ca rejoint d’ailleurs la célèbre couverture de Luz pour Charlie Hebdo: "Tout est pardonné". Pas étonnant qu’ils soient potes.

29. suzix@bdp - 03/12/20 21:49
26. heijingling - 03/12/20 20:37 - (en réponse à : suzix#23)
Bien vu. Je n'y aurais pas pensé. Comme quoi, elle n'est pas si cinglée que pm le prétends, elle sait préserver ses intérêts et ne pas se mettre en danger. Par contre, je suis d'accord sur le fait qu'elle ne soit pas vraiment une intellectuelle.


Ca on n'en sait rien. Faut attendre qu'un autre journal se fasse plomber pour le savoir mais c'est pas souhaitable non? (;o)

28. pm - 03/12/20 20:40 - (en réponse à : heujingling)
J'ai dit folle mais pas débile.

27. pm - 03/12/20 20:39
Ah non, Bedos fils n'est ni un artiste ni un intellectuel, juste un type qui a eu la chance d'avoir un très bon réseau grâce à papa ( sans papa il est plus que probable que personne n'aurait jamais entendu parler de lui ).

26. heijingling - 03/12/20 20:37 - (en réponse à : suzix#23)
Bien vu. Je n'y aurais pas pensé. Comme quoi, elle n'est pas si cinglée que pm le prétends, elle sait préserver ses intérêts et ne pas se mettre en danger. Par contre, je suis d'accord sur le fait qu'elle ne soit pas vraiment une intellectuelle.

25. pm - 03/12/20 20:35
Le rôle des intellectuels est de décrypter rationnellement les choses, tout le contraire de ce que fais Despentes, qui en effet a bien pompé la prose de Marguerite Duras ( comme heijingling c'est la référence que j'ai eu immédiatement ).
Ce qu'elle écrit ne tient absolument pas la route pour des tas de raisons, mais ça n'a pas trop d'importance, c'est une provoc de révoltée. Je suis d'ailleurs absolument certain qu'elle n'en pense pas un traitre mot, elle est folle mais pas débile. Cabu ou Wolinski en symbole de la bien-pensance bourgeoise c'est tellement con.

24. suzix@bdp - 03/12/20 20:33 - (en réponse à : pm)
ok, donne le titre d'artiste et/ou d'intellectuelle à qui tu veux, Despentes ou Bedos, l'idée globale c'est que ces personnes sont dans leur rôle de déranger.

23. suzix@bdp - 03/12/20 20:31
ah oui et j'ai oublié de rajouter, je pense que Despentes s'est permis cela parce que justement c'est Charlie Hebdo. Ce sont des "camarades". Ils se sentent le cul. Ils gardent les cochons ensemble. Ils picolent aux mêmes zincs. L'attaque aurait eu lieu dans les locaux du Figaro, elle n'aurait pas écrit ce texte du tout.

22. pm - 03/12/20 20:29 - (en réponse à : suzix)
Despentes: artiste, oui, intellectuelle, non, pas vraiment.

21. pm - 03/12/20 20:27
je pense que Luz sait très bien que Despentes est complètement cinglé ce qui lui fait dire des âneries sur un plan intellectuel mais aussi écrire de bons romans.

20. heijingling - 03/12/20 20:18 - (en réponse à : suzix)
"Tu sais très bien ce que Despentes a voulu signifier. Mais tu es taquin alors tu veux faire ièche Quentin. C'est pas bien. Je vous laisse détailler les différents niveaux de lecture."

C'est bien plus simple que ça: je viens sur ce forum pour causer, alors je cause :)
Pour le reste, je pense exactement comme toi, y compris mon interprétation de ce que dis Despentes: elle n'a pas tout à fait compris la portée et les implications (la récupération) de ce qu'elle a écrit.

19. suzix@bdp - 03/12/20 20:08 - (en réponse à : heijingling )
Tu sais très bien ce que Despentes a voulu signifier. Mais tu es taquin alors tu veux faire ièche Quentin. C'est pas bien. Je vous laisse détailler les différents niveaux de lecture.
Je l'ai posté dans un autre sujet (je sais pas pourquoi d'ailleurs) mais Despentes est dans son rôle d'artiste et d'intellectuelle de gauche. Elle est pas là pour dire la vérité. Elle est là pour apporter une autre vision, différente, voire outrancière. C'est le rôle des artistes et des intellectuels. Sinon ce sont des artisans et des professeurs.
Lorsque Nicolas Bedos a balancé son spleen et son ras-le-bol du confinement en proposant à tout le monde d'enlever les masques et de vivre quitte à en crever, il a pris une volée de bois vert. Et j'avais trouvé sa réponse très juste. Plutôt que s'excuser il avait dit "Je comprends la polémique. C’est un texte excessif, je l’ai écrit dans la colère. C’est un texte qui est un peu irresponsable, mais ça pose la question de la responsabilité d’un artiste. Est-ce qu’un artiste a vocation de tenir des propos responsables? Je ne crois pas.".
Tout est là, les artistes, les intellectuels ne sont pas là pour faire du conformisme et de la langue de bois. Et donner trop d'importance à leur avis, c'est se tromper. Malheureusement ce biais s'est amplifié depuis 10 ans avec les réseaux sociaux où l'avis voire les recommandations des spécialistes n'ont pas plus de visibilité et poids voire moins que des débilos de téléréalité, des sportifs ou qu'un artiste sous marijuana.

Mon (petit) avis est que ce texte de Despentes est entre essai philosophique et tentative d'exorciser cette horreur. Comprendre c'est pardonner et pardonner est la première étape de la reconstruction après un traumatisme. Mais ce qui me fait sourire c'est qu'en "ambrassant" les bourreaux, elle se comporte comme un catholique qui tendrait l'autre joue. Etonnant pour une gauchiste non?

18. heijingling - 03/12/20 19:44
Quentin:"Je pense que Luz a bien compris ce qu'elle a voulu dire" sur l'attentat

Qu'ils soient amis, je le conçois tout à fait, sans connaitre aucun des deux, car au delà des affinités personnelles, il y a des raisons objectives, en particulier le fait qu'ils soient tous deux d'extreme gauche et révoltés, et toujours du côté des opprimés (ou de ceux qu'ils s'imaginent être tels.)
Mais toi aussi tu sembles avoir compris ce qu'elle a voulu dire,selon ta phrase, et je veux bien que tu m'expliques. Parce que pour moi, elle veut dire "ils se sont révoltés avec les seuls moyens à leur disposition", phrase qui peut s'appliquer à tout et tout justifier, comme les flics qui ont tabassé un type l'autre jour sous des caméras de sécurité, ce sont de pauvres flics de base, et on peut leur appliquer mot pour mot l'intégralité de la citation de Despentes.

17. Quentin - 03/12/20 17:33 - (en réponse à : Torpedo #13)
Je viens de lire quelques interviews de Luz et de Despentes à propos de l'adaptation de Vernon Subutex en BD. Il en ressort qu'ils nourrissent l'un pour l'autre une grande admiration réciproque et qu'ils sont potes. Je pense que Luz a bien compris ce qu'elle a voulu dire sur les frères Kouachi et qu'il ne lui en a jamais tenu rigueur.


16. heijingling - 03/12/20 00:53
Par ailleurs, un ghetto à la base c'est pour les Juifs, en appliquant ce terme à des ennemis des Juifs, elle fait de l'appropriation culturelle. C'est justement ce que son camps (l'extrème gauche) condamne. C'est très vilain et idiot ce que vous faites là, mademoiselle...
Ceci dit, son bouquin est peut-être très bon, ce ne serait pas la première fois qu'une œuvre serait plus intelligente que son créateur.

15. heijingling - 03/12/20 00:45
Connaissais pas ce texte. C'est très Marguerite Duras dans le ton, imprécatoire, le style, des phrases courtes, avec répétitions et variations, et la provoc, du même genre que Duras avait avait faite avec le petit Gregory ("Un crime sublime. Forcément sublime").
Despentes est donc une sous Duras, bon à savoir, je ne perdrai pas de temps à la lire.

Après, je vois ce qu'elle veut faire, parler pour ce qu'elle s'imagine être de pauvres victimes marginalisées, mais en structurant ainsi leurs affects (ce ne sont pas des pensées qu'ils ont), qui sont bien plus simples et confus qu'elle le dit, en y mettant de l'ordre, elle les trahit en les faisant récupérer par cette société bourgeoise capitaliste qu'elle et eux prétendent honnir. C'est tout le paradoxe de ceux qui veulent parler pour les autres.

La démarche de Luz, qui prend à bras le corps ce discours, pour comprendre comment ceux qu'ils défendent (car contrairement à ce que disent des crétins, Charlie a toujours été du côté de l'anti racisme et des marginalisés) en sont venus à les haïr, et affronter ses terreurs, me semble bien plus lucide et courageuse.
En même temps, manquerait plus qu'un type qui s'appelle Luz ne soit pas lucide.
Quant à Virginie, elle prend les mauvaises, des pentes.

14. Quentin - 02/12/20 07:48
Je pense que Luz doit connaître ses propos puisqu'ils ont été stigmatisés par Charlie Hebdo

« J’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter une kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que vivre à genoux. J’ai aimé aussi ceux-là qui ont fait lever leurs victimes en leur demandant de décliner leur identité avant de viser au visage. J’ai aimé aussi leur désespoir. Leur façon de dire – vous ne voulez pas de moi, vous ne voulez pas me voir, vous pensez que je vais vivre ma vie accroupi dans un ghetto en supportant votre hostilité sans venir gêner votre semaine de shopping soldes ou votre partie de golf – je vais faire irruption dans vos putains de réalités que je hais parce que non seulement elles m’excluent mais en plus elles me mettent en taule et condamnent tous les miens au déshonneur d’une précarité de plomb. […]

Je les ai aimés dans leur maladresse – quand je les ai vus armes à la main semer la terreur en hurlant « on a vengé le Prophète » et ne pas trouver le ton juste pour le dire. Du mauvais film d’action, du mauvais gangsta-rap. Jusque dans leur acte héroïque, quelque chose qui ne réussissait pas. Il y a eu deux jours comme ça de choc tellement intense que j’ai plané dans un amour de tous – dans un rayon puissant. »


C'est bien dans l'esprit de Vernon Subutex en tout cas.

13. torpedo31200 - 02/12/20 01:31 - (en réponse à : pm - post # 12)
Je sais.
Mais je me demande si Luz a connaissance des anciens propos de V Despentes et de son absence d' excuses.

Accessoirement, il y a une légende autour de cette adaptation en bande dessinée, 10 ou 12 mois avant sa parution. Albin Michel, qui avait abandonné la BD en 2007 car ils n' allaient pas très bien, et vont mieux maintenant donc ré-augmente la voilure, aurait consacré un budget démentiel (amha car 6 chiffres) pour acquérir les droits d' adaptations. Puisque la marque importe maintenant toujours plus que l' auteur, et que lorsqu' on me l' a vendu, les 3 premiers argus étaient = série tv, romans et V Despentes. Et Luz n' arrivait qu' en 5ème argu, le 4ème étant le plan média.

J' espère qu' il (Luz) a pris un peu de fric. Et que ses proches ne lui relateront pas les propos médiatiques de cette ignoble put e.

12. pm - 02/12/20 01:09 - (en réponse à : torpedo)
C'est plus compliqué que ça.
Je te rappelle que c'est Luz qui a dessiné le bouquin, tu sais le gars qui a perdu tous ses copains de Charlie et n'a survécu que parce qu'il est arrivé en retard à la réunion.

11. pm - 02/12/20 01:06
Despentes est cinglé et raconte n'importe quoi pour provoquer, mais c'est une très bonne romancière.

10. torpedo31200 - 02/12/20 01:04 - (en réponse à : Quentin - post # 5)
discours plein de hargne contre le système et la société bien pensante

De la même teneur que les propos ignobles et obscènes de V Despentes après les attentats contre Charlie Hebdo ?

9. marcel - 01/12/20 21:55
Vernon Subutex est un excellent roman en effet mais la série télé était bien pourrie
Tu me rassures. J'ai pas lu le bouquin, mais j'ai tenu 2 épisodes a la serie.

8. pm - 01/12/20 21:40
A priori je trouve dommage d’adapter un si bon roman en BD mais Luz n’est pas mauvais donc...

7. pm - 01/12/20 21:38
Vernon Subutex est un excellent roman en effet mais la série télé était bien pourrie, je me demande ce que vaut la BD de Luz.

6. helmut perchu - 01/12/20 20:20 - (en réponse à : Quentin)
Vernon Subutex (les livres) c’est l’une de mes meilleures lectures de ses 10 dernières années, j’aimais déjà bien Virginie Despentes mais avec Vernon Subutex elle a fait un récit qui m’a scotché.

5. Quentin - 01/12/20 20:04
Je viens de lire Vernon Subutex, de Luz et Virginie Despentes, chez Albin Michel. Je n’avais jamais rien lu de Luz ou de Despentes, et quand un copain m’a prêté cet album d’apparence bien pourrie (rien que la couverture déjà…), je n’en attendais rien. Eh bien en refermant le livre, je ne suis pas loin de penser que c’est la meilleure lecture que j’ai faite cette année.

Ca raconte l’histoire d’un disquaire, Vernon Subutex, qui fait faillite et se fait éjecter de son logement par un huissier. Il essaye au début de crécher chez des amis mais tombe lentement et inexorablement dans une spirale de clochardisation. Le dernier truc qu’il a sur lui est une clé USB d’un de ses amis chanteurs de rock à succès qui vient de mourir. La tornade médiatique autour de sa mort fait qu’on commence à rechercher Subutex pour retrouver le testament du rocker.

Il y a tout d’abord une intrigue complexe tissée avec patience et qui s’épaissit progressivement, avec moult rebondissements. J’attends le 2e tome avec impatience pour connaître la fin de l’histoire. Il y a ensuite une galerie fantastique de personnage au profil psychologique très fouillé, ayant chacun un certain traumatisme et pleins de faiblesses ainsi qu’un reste d’humanité qui va de plus en plus s’affirmer. Il y a enfin un discours plein de hargne contre le système et la société bien pensante – pas un discours de pseudo-rebelle à la con mais un discours d’une intelligence, d'une légitimité et d’une force rare, hyper percutant. Le texte est écrit au rasoir.

Les dessins et les couleurs sont bien crades (au début en tout cas), ce qui est parfait pour ce genre d’histoire de paumés dans le milieux rock. Au fil de l’album qui fait 300 pages, on dirait que Luz trouve ses marques et les planches s’aèrent et s’améliorent, certaines scènes étant très belles et pleines d’émotions. Je n'ai pas lu le bouquin mais il est clair que Luz a fait un travail d’adaptation remarquable. Un équilibre parfait entre voix off, dialogues et monologues, entre gaufriers, pleines pages d’illustrations et mises en page à tiroirs, rythmées de temps en temps par un personnage à contre jour qui raconte l’histoire et la recentre quand c’est nécessaire. C’est impeccable. C’est très dense et ca se lit lentement, mais je ne me suis pas emmerdé une seconde.

4. herve - 29/11/20 16:21
> Piet Lascar
d'accord avec toi

> Buck Danny Classic #7: Sea Dart

Changement de dessinateur pour ce "Buck Danny Classic", mais André Le Bras n'est pas un parfait inconnu sur la série, en effet, celui-ci avait déjà signé "les oiseaux noirs #2", avec toujours le même défaut, à mon goût (des visages un peu trop lisses).
J'ai regretté quelques erreurs dans le scénario malgré la présence de deux auteurs (les scénaristes s’emmêlent dans les grades avec Tuckson qui passe de lieutenant page 10, au grade de capitaine page 14) pour cette histoire qui se déroule après les aventures coréennes.
Malgré ceci et quelques fautes d’orthographes, les auteurs ont trouvé un équilibre parfait entre une histoire d'aviation et une intrigue d'espionnage intéressante. La dernière case de l'album laisse augurer une suite prometteuse.
Mais la véritable révélation fut pour moi l’aéronef, le Sea Dart, véritable hydravion à réaction dont je ne connaissais pas l’existence à ce jour !
Bon album qui ne dépareille pas avec l’ensemble de la série mère, série que justement je relis en ce moment dans la version intégrale « Tout Buck Danny »
Une intrigue accrocheuse, des scènes aériennes nombreuses, bref que demander de plus pour un album de Buck Danny ?

note:3,5/5

3. Piet Lastar - 29/11/20 01:54 - (en réponse à : froggy)
Le premier était une purge. Narration dégueulasse.

2. froggy - 29/11/20 01:48
Renee Stone 2, Le piege de la Mer Rouge

Ou tel Charlotte Imperatrice, voici un deuxieme album qui ne repond pas a l'attente nee apres le premier titre.

Durant les annees 1930, Renee Stone est une romanciere qui est arrivee en Ethiopie pour assister au sacre de l'empereur Haile Selassie. Par le fait de hasards et de rencontres, elle se met sur la piste d'un fabuleux tresor, celui du roi assyrien Assurbanipal. Cette quete la menera des cotes abyssines a la Mer Caspienne.

Autant le premier episode etait riche en evenements divers et varies, autant il ne se passe pas grand-chose dans celui-ci. Je ne vais pas m'eterniser longtemps sur cet album car je me suis ennuye en le lisant, si cela avait ete un film que j'aurais vu au cinema, je n'aurai pas arrete de consulter ma montre en se disant vivement que ca finisse.

Cela commence tres mal des la premiere planche avec ce recitatif qui ouvre la premiere case de l'album, "Ethiopie 1930. Lorsque commence notre recit, Renee Stone et John Malowan, nos heros en fuite, accostent sur une ile inconnue du Lac Tana". Le dessin illustre le texte. Le bat blesse des la deuxieme case qui a ce texte en exergue, "Mais revenons quelques heures auparavant alors qu'ils se trouvaient dans l'Eglise Saint Georges de Lalibela, en bien facheuse posture." Le truc qui tue tout! Comment peut-on faire naitre un suspense quand on sait comment la scene de peril va finir? On le sait deja bien sur, on veut seulement savoir comment, ce qui permet de denoter l'ingeniosite du scenariste. Je me suis immediatement desinteresse de cet album que j'ai lu sans que je m'y implique. Il ne s'y passe pas grand chose, l'enchainement des peripeties m'a paru contraint et force et les dialogues sont d'une platitude a faire passer ceux de Leo pour du Michel Audiard.

J'avais decouvert le dessinateur, Clement Oubrerie, avec le premier tome et j'avais ecrit dans la chronique que j'y avais consacree que j'avais bien aime son dessin malgre tout. Entretemps, j'ai lu ses Voltaire amoureux. Il y a une sacree difference de style entre les deux series et cette difference n'est pas a l'avantage de Renee Stone. En effet, ici, le style graphique est volontairement lache, le personnage de Mallowan est quasiment tout le temps mal dessine avec un visage totalement asymetrique, il y a des erreurs anatomiques dans les perspectives, j'ai trouve le dessin tres ombre a cause de tous ces traits qui couvrent les divers visages, ce caractere accentue par le choix des couleurs. Et comme d'habitude, je n'aime pas beaucoup quand un dessinateur donne le visage d'un acteur celebre a un de ses personnages, ici, on voit celui de Peter Ustinov tel qu'il est dans le role d'Hercule Poirot dans Mort sur le Nil et Meurtre au soleil avec le meme costume beige si vous n'aviez pas bien saisi la reference. Quant au decor, quelque chose me dit qu'Oubrerie a lu Adieu Brindavoine de Tardi car il s'en est inspiree pour la villa qu'il a dessinee, celle qu'on voit dans la deuxieme partie.

Je ne comprends pas comment les deux auteurs ont autant rate ce deuxieme episode alors que le premier etait si reussi.


Note finale, 1/5. Cela a beau se passer au bord de la Mer Caspienne, cet album n'est pas du caviar. Ce n'est meme pas des oeufs de lump.



 
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