Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (21)

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151. longshot - 30/01/21 14:33 - (en réponse à : suzix)
Pour Logicomix, je confirme aussi, c'est très bien. Sur le fond, le travail de Russell, ça survole beaucoup, mais c'est assez pour donner envie d'en savoir plus et ça évite de plomber le lecteur avec des considérations… parfois un peu abstraites… et j'aime bien l'aspect meta où les auteurs se mettent en scène à discuter du parti-pris narratif.

150. Quentin - 30/01/21 08:57
Puisque ca fait l’actualité, j’ai lu il y a 2 semaines l’accident de chasse, de Carlsonn et Blair, chez Sonatine. C’est l’histoire, inspirée de faits réels, d’un garçon qui perd sa mère et vient habiter chez son père qui est devenu aveugle lors d’un accident de chasse. Dès le premier chapitre, on sent qu’il y a des cadavres dans le placard du père, et ils sortent petit à petit quand le père, alors que son fils s’engage sur une mauvaise pente, lui raconte qu’il a passé une bonne partie de sa vie en prison pour meurtre. Le fils découvre le monde de la prison, le désespoir des prisonniers, mais aussi le chemin qu’a parcouru le père pour apprendre à vivre avec sa cécité (avec des planches intéressantes essayant de faire passer métaphoriquement ce qu’il a pu ressentir en tant qu’aveugle) et pour repousser l’idée du suicide en s’échappant dans la littérature et la philosophie. Ca tire un peu en longueur et les auteurs auraient facilement pu couper 100 des 450 pages, mais ca reste globalement une belle lecture qui nous plonge dans le Chicago au temps de la prohibition, dans l’univers carcéral, dans l’enfer de Dante, et dans le monde des aveugles, tout cela enrobé dans des relations familiales compliquées. Ca fait déjà beaucoup de qualités pour un seul album. Mais de là à lui donner le fauve d’or …

J’ai ensuite lu Rusty Brown, de Chris Ware, chez Delcourt. Pavé de 350 pages racontant les destins croisés de différents personnages qui tournent autour de Rusty Brown, un gosse malheureux et frustré qui est le souffre douleur de sa classe. On verra tour à tour des tranches de vies de son père, du personnage de fiction qui l’a fait rêver, de son harceleur, de sa maîtresse d’école, etc. On est en plein milieu de nulle part, dans l’Amérique paumée du Nebraska, avec ses habitants déprimés et détruits par différents héritage sociaux toxiques, à la vie et aux rêves pathétiques, avec pourtant dans ce marasme quelques petits miracles qui font toute la différence entre une vie ratée et une vie qui valait la peine d’être vécue. Niveau dessin, c'est du Ware. Sa narration hyper maîtrisée lui permet de faire passer des émotions en quelques traits. Beaucoup de travail dans la recherche des couleurs. L'agencement des cases pour rythmer la narration est tout à fait remarquable, et l'auteur prend son pied à dessiner les perspectives des bâtiments et objets. Il faut aimer la géométrie (c'est mon cas). Ca marche tellement bien qu'au final, Ware arrive presque à rendre la ville d'Omaha belle. Les planches du livre ont été produites sur une vingtaine d’année et le dessin et la narration bonifient avec le temps – cases plus grandes et meilleurs effets pour amener les grandes claques émotionnelles. J’ai regretté en arrivant à la fin du livre qu’il n’ait pas été plus long. Voilà l’album auquel j’aurais donné le fauve d’or d’Angoulème, si cela n’avait tenu qu’à moi. Mais Ware a déjà eu le prix du meilleur album en 2003, et il faut bien laisser une chance à d’autres, n’est-ce pas?

149. pm - 30/01/21 00:04 - (en réponse à : Suzix)
Sur la physique quantique en BD je te conseille les deux du balcon de Masse. À la fois génial, hilarant et très juste scientifiquement.

148. froggy - 29/01/21 23:50 - (en réponse à : Stefan #145)
Bien vu Stefan, C'est comme un jeu de cadavres exquis si cher aux surrealistes.

Je pense que pour mieux apprecier ce collage, il faut s'en eloigner un peu. Comme dirait Marcel, il faut prendre du champ.

147. Piet Lastar - 29/01/21 22:57
Quentin et Laurent, bisou !

Où est pc ?

146. Stefan - 29/01/21 21:23
(Logicomix c'était très chouette oui, surtout quand on aime les maths.)

145. Stefan - 29/01/21 21:21
- Fourre-le toi dans le fion sombre connnard!
- merci pour la proposition. Je vais déjà aller le voir en librairie. Et puis si ça fitte je te dirai.

Magnifique poésie des postes simultanés. Énorme, bravo.

144. Victor Hugo - 29/01/21 19:58
Tu n'es jamais parti connnard, toujours là à faire chier avec ton fascisme rampant.

143. Quentin - 29/01/21 19:51
Chouette, le troll de BDP est de retour!

142. suzix@bdp - 29/01/21 18:10 - (en réponse à : laurent)
ouf à qq secondes près, ça m'aurait fait mal au uc' ... mais je crois que c'est pas à moi que tu parlais! (;o)
MouuuuuuaaaaaaAAAaAAAHHH!

141. suzix@bdp - 29/01/21 18:09 - (en réponse à : quentin)
merci pour la proposition. Je vais déjà aller le voir en librairie. Et puis si ça fitte je te dirai.

140. Victor Hugo - 29/01/21 18:09
Fourre-le toi dans le fion sombre connnard!

139. Quentin - 29/01/21 18:08 - (en réponse à : Suzix)
Je peux te revendre mon exemoplaire de logicomix à moitié prix si tu veux ;-)

138. Bert74 - 29/01/21 16:59
Je ne crois pas que c'était Vuibert, Economix.

...Vuibert, l'éditeur fétiche de mes années de prépa...

137. pm - 29/01/21 16:49 - (en réponse à : Suzix)
Je déteste les vulgarisations merdiques qu’on trouve en bd ou ailleurs mais tu peux nous croire, logicomix c’est très bien. Ensuite je crois que l’éditeur a décliné avec economix ou d’autres trucs bien plus douteux.


136. Bert74 - 29/01/21 16:44
Ben là c'est très bon, très agréable à lire. C'est comme ça que j'ai découvert Bertrand Russell, qui, pourtant, avec un aussi prestigieux prénom, aurait dû faire partie depuis bien longtemps de mon panthéon de figures historiques.

135. suzix@bdp - 29/01/21 16:37 - (en réponse à : pm)
il s'est planté quelques dizaines de mois ? ... juste le temps que les allemands envahissent la Pologne et atteignent Paris ? (;o) ...

134. suzix@bdp - 29/01/21 16:35
Je peux regarder mais la vulgarisation en BD j'ai déjà donné avec des trucs sur la physique quantique par exemple et ça l'a fait moyen.

133. pm - 29/01/21 16:26 - (en réponse à : bert)
Oui, très bonne idée, c'est un très bon livre, très bonne approche, super bien fait.

132. Bert74 - 29/01/21 16:23 - (en réponse à : suz')
Tu peux surtout lire ça :



C'est très bien : à la fois bio de B. Russell et explicatifs de ses recherches

131. pm - 29/01/21 16:07 - (en réponse à : suzix)
J'ai lu ça il y a 40 ans ( glurp !) mais j'ai de bons souvenirs de son autobiographie. Je ne sais pas du tout si ça trouve encore facilement.
Il ne s'est pas trompé longtemps sur Hitler et son pacifisme issu de la première guerre mondiale a été très vite adapté aux circonstances.

130. suzix@bdp - 29/01/21 15:36 - (en réponse à : pm)
tu me conseillerais lequel de ses livres? C'est en partie de la vulgarisation non?

129. suzix@bdp - 29/01/21 15:34
Apparemment il s'est planté sur la gestion de remilitarisation de l'Allemagne fin 30's. Il a fait comme les français et par engagement pacifiste, il trouvait bien de reculer et de ne pas rentrer dans le tas des nazis quand on le pouvait encore. ... à méditer pour tous ceux qui trouvent des excuses à des visions intégristes ou/et extrémistes en France.

128. pm - 29/01/21 15:14 - (en réponse à : suzix)
Ca me parle beaucoup, j'ai passé une partie de ma jeunesse à lire les livres de Bertrand Russel, même ceux en anglais( essayé au moins), moi qui suis nul dans la langue de Shakespeare. Pendant des années c'était un de mes modèles sur le plan intellectuel ( avec Wittgenstein ), si tant est que je puisse réellement en avoir un.

127. suzix@bdp - 29/01/21 15:07


Un mathématicien! Ca doit te parler PM! (;o)

126. pm - 29/01/21 14:49 - (en réponse à : froggy)
Nous savons que tu n'aimes pas Brunschwig

Je précise que bien évidemment je n'ai absolument rien contre cette personne qui, d'après ce que j'ai pu lire ici ou là, doit être tout à fait sympathique.
En revanche, je suis beaucoup plus réservé sur ses qualités d'auteur. Il me semble qu'il manque de fond, de background culturel sur certains sujets, et qu'il fait souvent preuve d'une grande naïveté comme s'il découvrait l'eau chaude. Ce ne serait pas forcément très grave mais c'est souvent couplé à une grande ambition voir une certaine prétention, et là je coince.

125. Bert74 - 29/01/21 12:15 - (en réponse à : pm # 120)
Hé ben n'essaie surtout pas de regarder la série TV Hunters parue l'année dernière.
Sous couvert de fiction (voir de référence à la narration BD ce qui est d'autant plus choquant), les auteurs font une dénonciation grandguignolesque de la Shoa, accompagné par un surjeu complétement à côté de la plaque des acteurs. Le tout est à vomir : j'ai à peine tenu deux épisodes.

124. helmut perchu - 29/01/21 11:54
J'ai terminé ma lecture de La Bombe et je confirme tout le bien que j'en pense, les scénaristes se sont attaqués à un gros morceau et c'est très réussi de bout en bout. In my opinion bien sûr.

123. pm - 29/01/21 11:50 - (en réponse à : Torpedo)
Si tu veux, je peux commencer toutes mes phrases par «  in my opinion » ( cf The good wife ) mais je crains que ce soit lourd et redondant.

122. pm - 29/01/21 11:48 - (en réponse à : Torpedo)
Je suis moi et j’ai bien le droit d’avoir un avis sur la question.

121. torpedo31200 - 29/01/21 11:09
Mais vous êtes qui pour indiquer de quoi il faut parler et comment ?

120. pm - 29/01/21 10:08 - (en réponse à : Froggy)
Je ne reproche pas à LB de parler de la Shoah mais, d’après ce que tu as écrit, d’en parler n’importe comment dans le seul but de servir son histoire.
J’ai des réserves sur le Begnini que j’aime cependant beaucoup, mais ceci est un autre sujet. Comme toi le Pianiste de Polanski est mon film préféré sur le sujet.
En BD, mis à part le chef d’oeuvre qu’est Maus, il y en a au moins une, qui s’appelle carrément Auschwitz, qui a eu du succès ( plusieurs réimpressions ), et qui est une sombre merde.

119. heijingling - 29/01/21 01:33
En effet, mais les méchants y sont des nazis, indissociables de la shoah, et qui y sont traités assez légèrement.

118. froggy - 29/01/21 01:11 - (en réponse à : Heijingling)
La Shoah n'est pas le sujet des Aventuriers de l'Arche Perdue. Tu confonds avec l'autre Spielberg, le pas bon Liste de Schindler.

Le meilleur film sur la question est indiscutablement Le pianiste de Polanski bien que l'action ne se passe jamais dans un camp. Si vous n'avez pas vu ce film, faites le. A cote, le Spielberg est un navet.

117. heijingling - 29/01/21 00:45
Dans "Les aventuriers de l'Arche perdue", les nazis ne sont-ils pas de méchants comme les autres? Ils veulent conquérir le monde, mais comme Olrik.

116. froggy - 29/01/21 00:41 - (en réponse à : Philippe)
Nous savons que tu n'aimes pas Brunschwig mais je te trouve de mauvaise foi en l'occurrence.

Cela fait longtemps que la Shoah a ete utilisee pour des ressorts dramatiques dans des fictions. Au cinema, Claude Lelouch l'a au moins fait deux fois, peut etre trois, il y a Les uns et les autres et Partir, revenir, je n'ai pas vu Toute une vie depuis tellement longtemps que je ne m'en souviens plus mais je crois qu'on en parle a un moment. Roberto Benigni a realise La vie est belle, tu admettras que c'est quand meme le sujet le plus casse-gueule qui soit pour une comedie, mais en est-ce une?

En litterature, il y a ce chef d'oeuvre qui est un de mes livres preferes, Le choix de Sophie de Willliam Styron, j'en profite pour le recommander chaudement pour ceux qui ne l'ont pas lu, c'est absolument formidable. Plus recemment, il y a aussi Les bienveillantes de Jonathan Littel.

En BD, je connais encore peu de fictions qui en font etat, Godard y a fait une allusion dans le Vagabond des Limbes, Quelle realite papa? et le Spirou de Bravo qui parait en ce moment dasn Spirou y fait explicitement reference. Je ne l'ai pas encore lu bien sur mais la derniere case du deuxieme tome nous montre le groom du Moustic-Hotel en partance dans un convoi de deportes. Je presume qu'il y en a d'autres. Je rappelle que Maus de Spiegelman n'est pas une fiction, c'est le recit du pere de l'auteur et comment il a survecu a cette horreur.

De toute facon, ce n'est pas un theme et un ressort dramatique facile a utiliser, il doit etre manipule avec des pincettes, la question est tellement sensible meme 75 ans apres. Et elle le sera encore tres, tres longtemps.

115. helmut perchu - 28/01/21 12:25
Je suis en train de lire La Bombe d'Alcante, Bollée et Denis Rodier, ou l'histoire la bombe atomique, de sa construction à... (j'en sais rien j'ai pas encore terminé ma lecture). Et je dois dire que c'est pas mal du tout. Je n'accroche pas trop aux dessins qui n'aident pas toujours à identifier les -nombreux- personnages, d'autant plus qu'ils sont en noir et blanc. Mais le parti pris très historique et documenté (du moins j'espère qu'ils ne me racontent pas de conneries) qui pourrait vite être didactique et chiant (comme c'est souvent le cas pour se genre de BD) est en fait bien mis en scène et on a bien l'impression de lire une histoire et non un cours d'Histoire. Bref, une bonne lecture.

114. pm - 28/01/21 05:14 - (en réponse à : Froggy)
Ce que tu racontes me sidère sur le manque de consistance et de réflexion de LB. Comment peut-il se permettre de traiter la Shoah sous l’angle d’une fiction comme une autre ou presque, en l’édulcorant, en la banalisant ou en en faisant un ressort scénaristique ou dramatique.
C’est grotesque.

113. froggy - 28/01/21 01:10
Les freres Rubinstein 1, Shabbat shalom

Voici donc le premier tome de la nouvelle serie de Luc Brunschwig, prevue en 9 tomes. C'est une saga qui racontera la vie de deux freres juifs nes dans un coron du nord de la France durant l'entre-deux guerres, vie qui les menera des mines de charbon francaises aux diamants portes par les stars d'Hollywood en passant par l'horreur des camps de concentration nazi et la naissance de l'etat d'Israel selon la note d'intention.

J'ai hesite avant de l'acquerir ne sachant pas si ce projet serait mene a bien. En effet, le scenariste n'a pas beaucoup de chance avec ses series en general. Makabi/Lloyd Singer, Apres la guerre et dernierement Leviathan, ces deux dernieres etant restees inachevees purement et simplement. Au credit de cette entreprise, LB (plus facile a taper que Brunschwig, je vous assure) est un scenariste que j'aime beaucoup, j'en ai fait regulierement les louanges quand l'occasion se presente; il a annonce dans le forum d'en face pour presenter son projet que les deux premiers titres sortiraient rapidement l'un apres l'autre, (ce qui fut le cas) avec le troisieme prevu pour avril prochain car il est soutenu par son editeur, Delcourt; ce ne sera pas une serie tres longue bien que consequente, 9 titres tout de meme; et puis son dessinateur est Etienne le Roux qui avait travaille avec lui sur "La memoire dans les poches" de si bonne memoire, et dessinateur dont j'avais apprecie les qualites graphiques.

Un soir de 1934, a Los Angeles, deux jeunes hommes fraichement arrives de France, forcent la porte d'une tres selecte boite de nuit dirigee par un certain Sam Garfunkel. Ces deux jeunes hommes sont deux freres, Salomon et Moise Rubinstein. Ils arrivent a interesser le proprietaire qui va ecouter leur histoire. Ce que s'empresse de faire Salomon, le frere magouilleur et debrouillard qui a le verbe haut et est malin comme un singe. Moise, est son oppose, calme, tranquille et timide, il est surtout un collegien brillant qui fait la fierte de ses parents, le pere est tailleur dans cette petite ville miniere du nord de la France ou il s'est installe avec sa femme apres avoir fui les pogroms de Pologne dont ils sont originaires. Ce recit est regulierement coupe par des scenes montrant Moise en 1942 arrivant par un train au camp de Sobibor, il echappera miraculeusement au gazage systematique accueillant chaque nouveau convoi. Mais n'est-il pas tombe de Charybde en Scylla? Sa vie ne tient qu'a un fil, un fil que les officiers nazis peuvent couper a tout moment. Le recit est donc structure par un double retour en arriere.

Ca ne commence pas tres bien, j'ecrirai meme plus, plutot mal. En effet, le recit s'ouvre par l'arrivee de Moise a Sobibor. Pour assurer la transition, Brunshwig utilise le procede cinematographique du changement de sequence par le son. Dans une case, un homme frappe violemment a la porte du wagon a bestiaux amenant les infortunees victimes du regime nazi, on lit "Bam, bam, bam", puis on nous montre un gros plan sur le visage de Moise, la case d'apres, on lit toujours un "Bam bam", mais son origine n'est plus la meme, c'est celui cree par son frere Salomon quand il frappe a la porte du club. Puis, arrivant a s'imposer a la table de Garfunkel, celui-ci leur demandant donc de raconter son histoire. Tout pareil, j'ai eu du mal a croire qu'un proprietaire d'une boite de nuit hollywoodienne veut passer sa soiree a ecouter l'histoire de deux pauvres heres, meme juifs comme lui. Je trouve cela totalement artificiel, et j'ai ete surpris que LB ait eu recours a ce pis-alle scenaristique, il m'avait habitue a nettement mieux. Cela m'a rappele le si risible et si grotesque debut du premier XIII Mystery, La Mangouste ecrit par Xavier Dorison, ou le sinistre tueur a gages va remplir un de ses contrats mais avant de tuer l'homme qu'il a mission d'abattre, il lui raconte sa vie. Completement debile n'est-ce pas? Pour en revenir a nos Rubinstein, j'ai pense que ce retour en arriere a ete amene bien maladroitement.

Cependant, les choses s'arrangent tres vite car LB a du metier et qu'il a le talent de rendre ses personnages tres attachants, ses heros bien entendu mais aussi les autres qui bien qu'evoques succinctement ou qui ne sont que des cliches tel le riche fils du proprietaire des mines antipathique a souhait (on est au pays de Germinal, a qui il arrive a donner suffisamment d'epaisseur. On est pris rapidement par ces personnages car ce sont eux qui menent l'action. Et, j'ai tourne les pages aussi rapidement que possible car j'avais vraiment envie de savoir quelles peripeties le scenariste avait imaginees pour ces deux freres.

La deuxieme reserve que je ferai sur le scenario est une sequence tres dramatique. En effet, LB, une fois de plus, a eu recours a un effet cinematographique. A la suite de la mort violente d'un des personnages principaux, les temoins du drame commencent a reciter le kaddish, qui est la priere des morts pour les juifs. Le texte de la priere est inscrit dans des recitatifs et ponctue ainsi les differentes vignettes couvrant aussi bien le moment present que celui ou plus tard Salomon raconte son histoire a Hollywood. Cela dure quelques cases et cela m'a un agace car j'ai trouve que cela alourdissait la scene qui n'en avait vraiment pas besoin, LB a fait ici dans le pathos putassier, c'est a dire qu'il force le lecteur a pleurer sur le pauvre sort des Rubinstein. Or, la scene est suffisamment forte en cela qu'on est emu malgre tout par cette tragedie. Il n'etait pas necessaire d'en rajouter.

Une autre reserve que je fais est celle du choix du film muet que va voir Salomon avec son amie. Dans un souci d'authenticite, on aurait pu penser que Brunschwig se serait servi d'un film existant afin de mieux ancrer son recit dans le reel de l'epoque. En lieu et place, il a imagine une production avec un scenario impensable pour l'epoque meme pour un film comique, le film en question aurait subi les foudres de la censure, surtout pour une oeuvre etrangere, en l'occurrence un western qui serait venu tout droit d'Hollywood. LB a imagine un tel film car cela sert son histoire pour la scene qui suit immediatement la projection. On dira "oui, bien sur!" mais n'y avait-il pas moyen pour lui d'imaginer autres choses ou alors de l'agencer autrement dans son scenario? Cela ne rend pas le recit tres realiste. Je suis tres critique sur ce genre de choses car je suis capable d'admettre n'importe quelle fiction quand l'environnement est totalement credible. Des que je constate une erreur ou une maladresse dans le scenario, cela tue le recit et j'ai du mal a y croire surtout quand je suis rentre a fond dans l'histoire. Il faut que je rentre a nouveau dedans.

J'aime bien le dessin d'Etienne le Roux. Il est dur et tendre a la fois ainsi que d'etre precis et detaille. Ses personnages sont tres expressifs, les decors sont bien rendus. Cependant pour lui aussi, je vais exprimer une reserve. La scene d'ouverture nous montre un train de deportes se dirigeant vers sa destination finale, a l'interieur d'un des wagons, le Roux a dessine des gens or il y en relativement peu. Je ne sais pas ou le dessinateur s'est documente sur les conditions de transports des pauvres voyageurs mais j'ai toujours lu qu'elles etaient deja inhumaines. Les nazis remplissaient chacun de ces wagons au-dela de leur capacite, ce qui fait que ces hommes, femmes et enfants restaient toute la duree debout serres les uns contre les autres sans boire, ni manger bien sur et sans pouvoir bouger meme pour satisfaire les besoins naturels. Avec un tel traitement, tout le monde n'arrivait pas vivant bien entendu. C'etait absolument epouvantable. Le Roux nous montre donc l'interieur d'un de ces wagons dans lequel la majorite des passagers sont assis par terre. Il n'a restitue cet aspect effroyable de la barbarie nazie. Mais je vous rassure, les auteurs se rattraperont plus tard sur les horribles exactions qu'ils commirent.

J'aurais bien aime que les auteurs soient plus rigoureux dans la conception de cet album. Les reserves que j'ai exprimees portent sur des details qui sont plus ou moins mineurs selon l'importance qu'on leur donnera. Ils auraient pu etre evites toutefois, cela aurait amener cette BD a un niveau d'excellence. Elle n'est que bonne. Ce qui n'est deja pas si mal que ca, vous en conviendrez.

Note finale, 3,5/5. Malgre ces reserves, j'ai beaucoup apprecie cet album. J'aurais cependant voulu l'aimer encore plus, c'est le genre de scenarios que j'aime enormement, la petite histoire colle sur la Grande, quand c'est bien fait et bien ecrit, cela donne des resultats formidables.

112. torpedo31200 - 25/01/21 16:16 - (en réponse à : Meilleur et pire)
En l' espace de 25h, j' au lu un des probables meilleurs bouquins de cette année (Les nouvelles aventures de Lapinot T5, L' apocalypse joyeuse de Lewis Trondheim, L' Association). Le meilleur Lapinot amha, une vraie comédie dramatique très bien écrite avec un équilibre subtil entre comédie et drame (mais + comédie car Trondheim a compris que Richard était l' Obélix de Lapinot). Drôle mais toujours ancré dans le réel (on apprends plein de trucs sur la législation autour des corps étrangers terrestres).

Et SURTOUT on peut le lire tout seul, pas besoin de lire les autres.

Et j' ai lu ce que j' espère être le plus mauvais bouquin, de ce que je lirais en 2021, Thérapie de groupe T2, Larcenet, Dargaud . Dans le premier, y avait qq gags et les parodies de Vives et Fabcaro et une virtuosité déjà un peu gênante avec plein de styles différents (ça reste un monstre techniquement). Là c' est creux, abyssal, 1 gag, 3 styles de dessins différents (dont 1 nouveau). Couleurs un peu trop saturées amha. Rien, juste des débuts de gags qui ne fonctionnent pas.
J' attends presque une lettre d' excuse publiques de Dargaud. Failli ne pas le finir.

111. torpedo31200 - 25/01/21 13:11 - (en réponse à : post # 108)
Pareil que pm. Fortement conseillé.

110. pm - 25/01/21 12:04 - (en réponse à : helmut)
C'est justement ce qui m'a plu, ce réel, et surtout les contradictions de chacun mises en avant. Je trouve que c'est très bien amené, toujours avec légèreté et humour alors que le fond est plutôt dur et conforme à l'époque que nous vivons.

109. helmut perchu - 25/01/21 10:59 - (en réponse à : pm 108)
Même si j'ai aimé je ne suis pas aussi emballé que toi par ce tome 5 que je trouve (tout comme les T1 et T3 d'ailleurs) trop ancré dans un réel assez dur. J'ai nettement préféré le tome 4, qui tout en restant dans la lignée se révèle plus léger (du fait du format strip imposé sans doute).

108. pm - 24/01/21 18:54
Les nouvelles aventures de Lapinot 5: l’apocalypse joyeuse. Très bon album, intelligent comme toujours avec Trondheim, subtile comme souvent, mon préféré de cette deuxième série. Première BD avec masques anti-covid.

107. froggy - 23/01/21 18:32
Absolument aucun. Tu devras ecouter a part la 7eme symphonie de Bruckner, qui est tres belle au demeurant. lol

106. pm - 23/01/21 18:28
Est ce que cet album a un rapport avec le film de Visconti ?

105. froggy - 23/01/21 17:37 - (en réponse à : Thibaut)
J'ai enormement aime Senso, je l'avais chronique en ce sens.

104. torpedo31200 - 21/01/21 19:32 - (en réponse à : Thib1973 - post # 103)
A propos de Castelmaure, certains points de vente ont reçu des ex-libris/cartes postales pour Castelmaure, 3 mois après parution.

103. Thib1973 - 21/01/21 07:04 - (en réponse à : Torpedo - Post 99)
J'aime bien les quelques livres d'Alfred dans la collection Mirages de Delcourt et ce sont, pour le coup, d'assez longues paginations.
- Pourquoi j'ai tué mon père => très dur puisque c'est le scénariste raconte comment il a été agressé par un prêtre dans son enfance. Alfred n'est que dessinateur sur cet album (il scénarise les 3 suivants) et il a adapté son dessin au contexte.
- Come Prima => deux frères italiens qui se retrouvent après des années pour un road trip
- Senso => il faudrait que je le relise j'en garde un bon souvenir. C'est l'histoire d'une rencontre ìmpromptue à un mariage en Italie
- Je mourrai pas gibier => me souviens plus trop à vrai dire... Il faudrait aussi que je le relise mais je ne l'ai pas sous la main.

A voir pour le dernier donc mais les 3 premiers tiennent vraiment la route.

Côté dessin, difficile de comparer avec Bonhomme et Blain (qui sont eux mêmes difficile à comparer d'ailleurs...). Mais je vois ce que vous voulez dire. Le dessin d'Alfred n'a sans doute pas la même virtuosité mais les histoires précitées valent quand même le détour. Plus que Castelmaure finalement d'après moi même si j'apprécie beaucoup Trondheim et que Castelmaure est divertissant.

102. torpedo31200 - 21/01/21 00:15 - (en réponse à : marcel - post # 101)
C' est un peu le problème des anniversaires, ça revient chaque année.
Mais j' espère que Dargaud n' a pas besoin de ce prétexte marketing pour vendre le 2nd essai de ce qui, à ce jour, doit être et de loin la meilleure vente de M. Bonhomme.



 
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