Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (21)

Les 1501 commentaires sont triés des plus récents aux plus anciens .

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401. Victor Hugo - 05/05/21 11:46
Je viens de lire Open bar 2 de Fabcaro, je me suis bien marré.

400. Quentin - 05/05/21 10:35
Oups, mauvais sujet, pardon :-(

399. Quentin - 05/05/21 10:33
C'est un très bon titre d’ailleurs. H.C. Andersen est connu pour ses “papirklip”, des découpages de papier qui forment des sortes d’ombres chinoises. Il est aussi connu pour avoir eu une vie tourmentée, avec son lot de zones d’ombres. Enfin, ses contes ont souvent une part d’ombre (les plus connus sont très sombres et finissent en general assez tristement)


Ma question pour le quizz est celle-ci:
Dans quelle série trouve-t-on un hommage à Bernard Prince sous forme d'un dessin du Cormoran II qui s'étale sur une demi-page?

398. froggy - 05/05/21 05:12
Tres bien, mais ne faut-il pas plus de cases et donc plus de planches pour instaurer une ambiance?

397. Stefan - 05/05/21 01:29
(ton exemple de la scène d'ouverture de persona est très bon, c'est exactement le même principe mais de manière bien plus radicale et décousue chez Bergman. Ici on conserve une unité de lieu et on peut rattacher les différentes images entre elles en tant que succession de points de vues changeant d'une même scène.)

396. Stefan - 05/05/21 01:16
Dave McKean parle de ce genre de transitions sans logique dans l'art invisible, c'est quelque chose qu'on trouve relativement peu dans les BD occidentales mais qui est beaucoup plus courant dans le mangas. Une succession de cases, sans liens logiques ou temporels bien définis qui sont là avant tout pour poser un décors une ambiance, et qui ici me semble pertinent, il y a cette volonté de mettre en place un sentiment de flânerie des personnages qui va être interrompu brutalement.
Là tu as été choqué par cette case qui ne t'a pas plu et tu as focalisé dessus et ça ne t'a pas semblé naturel. A la lecture de l'album, dans le flot de la lecture, pour moi je n'ai ressenti aucun doute aucune ambi guïté.

395. froggy - 05/05/21 00:54
Quand tu vois la planche, cela ne me parait pas evident du tout. La deuxieme case nous montre Angela Davis et son ami marchant dans la rue; la deuxieme deux voitures et la troisieme, deux (autres) voitures bloquant les deux marcheurs. Si l'interet de cette deuxiem case est de montrer le decor urbain, a quoi sert la grande case en haut de la planche? Je le repete, il doit y avoir un lien entre chaque case a moins de crer une cesure par un recitatif quelconque. L'enchainement des cases doit etre logique pour tout le monde. Ce n'est pas le generique de Persona non?

Telle que tu l'as ecrit, on aurait pu mettre une case representant un champ de coquelicots et de boutons d'or, cela aurait eu la meme incidence sur l'histoire.

394. Stefan - 05/05/21 00:18
Ce ne sont pas sensé être les mêmes voitures sur les deux cases. On a les personnages qui se promènent, qui flânent, qui regardent autour d'eux, la rue la circulation... et sur la dernière cases, il y a ces deux voitures qu'ils n'ont pas vus arriver qui surgissent de nulle part et les surprennent.

393. froggy - 05/05/21 00:13 - (en réponse à : Stefan)
Quio plus est, au cinema, on appelle cela une faute de raccord, en BD je ne sais pas, la case d'avant montre deux voitures, et celle en question en montre deux autres. Du coup, on ne comprend pas du tout l'interet de cette case d'avant.

Il est quand meme bizarre que moi, qui ne suis qu'un humble amateur de BD, remarque ce genre de choses. Que font les professionnels de la profession? Ce n'est pas sorcier pourtant, il suffit de lire les entretiens d'Herge, de Franquin, de Moebius, c'est a dire des meilleurs pour que les nouveaux dessinateurs ne commettent pas des erreurs aussi grossieres. On leur apprend quoi dans les ecoles de BD?

392. Stefan - 04/05/21 23:42 - (en réponse à : Froggy)
Je comprends ce que tu veux dire, effectivement les iiii sont pas très heureux. Après, en lisant l'album je ne l'avais pas remarqué. C'est vrai que le dessin manque un peu de dynamisme, mais, ce n'est pas vraiment une BD d'action, on n'est pas dans une recherche d'action et de sensationnalisme, c'est un peu tout le contraire. Donc ce n'est pas vraiment choquant. Je trouve le dessin très agréable, il immerge bien dans l'époque qu'il raconte.

391. froggy - 04/05/21 05:04
J'aimerais bien lire Traquee mais je ne le ferais pas a cause du dessin. La case montrant les deux voitures bloquant le chemin de l'activiste a autant d'energie qu'un telescopage de deux escargots. On ne ressent absoluemnt rien, il n'y a aucun mouvement, et le bruitage des crissements de pneux est pathetique.

Heureusement pour Angela, cela n'a pas abime sa coiffure, car elle a une belle coupe Davis.

390. longshot - 03/05/21 16:31 - (en réponse à : 377-378)
À propose de l'Apocalypse joyeuse, je l'ai lu aussi — par épisodes en noir-et-blanc dans Mazette, et j'en profite parce que Mélaka dit qu'il leur manque des abonnés, du coup un peu de pub, hop.

(Avec les liens qui marchent c'est mieux.)

389. longshot - 03/05/21 16:30 - (en réponse à : 377-378)
À propose de l'Apocalypse joyeuse, je l'ai lu aussi — par épisodes en noir-et-blanc dans Mazette, et j'en profite parce que Mélaka dit qu'il leur manque des abonnés, du coup un peu de pub, hop.

388. stefan - 02/05/21 04:36
Le Masque du Fantôme, édition intégrale par Fabien Grolleau collection Quixote chez Vide Cocagne.



Nouvelle collection chez Vide Cocagne, la collection Quixote dont l’objectif est de donner une seconde vie à des ouvrages passés inaperçus lors d’une première édition.

Le masque du Fantôme, paru initialement dans la collection Shampooing de chez Delcourt, en deux tomes, au format manga, en noir et blanc avait souffert d’une impression trop sombre qui ne mettait pas en valeur les nuances de gris au lavis des dessins de Fabien Grolleau.

Cette nouvelle édition, en un volume, augmentée de quelques pages inédites, bénéficie d’un format plus grand et d’une impression en bichromie où les lavis ont été enrichis de notes de rouges.



L'histoire, un vieil idéaliste se prenant pour un super héros de comics américain assisté d'un auteur de BD débonnaire qui, au départ engagé pour surveiller le vieil homme, va petit à petit, se laisser entrainer dans sa folie. A la fois relecture du mythe du super héros costumé américain, et parabole évoquant un Don Quichotte et un Sancho Panza moderne, le récit développe une narration dynamique et fluide, une intrigue pleine de rebondissements, riche de détails amusants, s'appuyant sur des flashbacks et sur tout un tas d'histoires dans l'histoire.



En adoptant pour les scènes de la vie quotidienne un ton très « nouvelle BD », à la fois drôle, léger et proche du lecteur, ajouté à pas mal de méta réflexions sur le marché de la BD et le quotidien d'un auteur, et en associant le tout à l'ombre de Don Quichotte qui plane au loin sur ses personnages, sans les envahir, l’auteur réussi à donner un aspect vraiment neuf à sa vision du super héros costumé. On a là un panel quasi exhaustif de scènes de genre. Un vrai bel hommage à l'aventure en BD, sous toutes ses formes ou presque. Quant aux dessins, le trait faussement lâché donne un dynamisme incroyable aux personnages et, derrière, les décors sont tout bonnement somptueux.



Des jungles tropicales aux jungles urbaines, des citées antiques aux citées modernes, ils contribuent avec force, à donner un aspect grandiose à l'ensemble, bien mis en valeur par ce nouveau format. Le tout s'appuyant sur une composition des cases et une mise en page tout simplement impeccables.
Peu à peu la folie douce du personnage principal va se muer en folie furieuse et se heurter, tel Don Quichotte face aux moulins, toujours plus brutalement à une réalité qui va se durcir. C'est une lutte absurde, acharnée et désespérée, un vrai cri de rage et de douleur punk. Mais tout l'art de Fabien Grolleau et qu'on peut ne pas s'en rendre compte. Il continue malgré tout à nous raconter une histoire épique et chevaleresque autour de parcours humains. Et c'est une joie aussi de réaliser, à la fin du récit quelle richesse et quelle cohérence il arrive à donner au destin de son fantôme qui semble pourtant si grotesque et improbable lorsqu'il paraît pour la première fois.




387. stefan - 02/05/21 04:07
Bricoles et bestioles par Anna Conzatti, collection Grand Souk, aux éditions Vide Cocagne.



Ludi est confiée par ses papas à ses grands parents pour les vacances, dans leur grande maison de campagne. Avec son grand père, bricoleur, ils vont se lancer dans la construction d’une cabane aidés par les assistants de son Popi, les araignées. Seul problème, Ludi a très peur de ses bestioles. Un récit pour les plus jeunes plein d’aventure, d’humour, de découvertes et de tendresse.



386. stefan - 02/05/21 03:55
Zwarthoek par Cyril Elophe, Benoît Henken et Stéphane Taquet, éditions Vide Cocagne.



Zwarthoek est un récit farfelu et fascinant mêlant polar et science-fiction. Différents personnages aux destins croisés se cherchent, se croisent, se traquent ou se fuient au cœur d’un quartier urbain plongé dans la pénombre et le silence radio par un mystérieux ovni. Le récit enlevé et plein de rebondissements, servi par un dessin sophistiqué et élégant vous entrainera au cœur de ce quartier sombre et déserté, Zwarthoek..





385. stefan - 02/05/21 03:41
Mekka Nikki tome 1, Tsigo par Exaheva et Félix Laurent, éditions Vide Cocagne, collection Grand Souk.



Nouveau volume de la collection jeunesse de Vide Cocagne, Mekka Nikki est un récit épique post apocalyptique en deux volumes de plus de 400 pages chacun. Nikki, ado intrépide et passionnée de mécanique va partir à la recherche de son père et tenter de trouver un remède au mal étrange qui frappe son village. Une saga pleine de rebondissements parsemée de monstres et de machines de guerre.


384. stefan - 02/05/21 03:26
La Vilaine n°2, Collectif.



Second numéro de la Vilaine, ambitieux collectif de plus de 150 pages qui regroupes des auteurs et des dessinateurs, amateurs et professionnels de la région de Rennes, pour une série d’histoire courtes se déroulant toutes à Rennes. Un deuxième numéro toujours découpé en plusieurs parties, avec dans la première partie, la suite de l’histoire globale commencée dans le premier numéro et composée de divers récits courts racontant les destins croisés de personnages fictifs qui se croisent dans des histoires différentes. Il y a ensuite une partie plus satirique qui s’attarde sur les différents quartiers de la ville, une partie avec des récits plus sociaux et une partie qui va privilégier la fiction, le fantastique. On retrouve dans ce nouveau numéro la très bonne qualité aussi bien graphique que narrative qui caractérisait déjà le premier.




383. stefan - 02/05/21 03:03
Traquée, la cavale d’Angela Davis par Fabien Grolleau et Nicolas Pitz, chez Glénat.



Comme son titre et son sous-titre l’indiquent, ce livre raconte la traque d’Angela Davis en mai 1970 par le FBI, jusqu’à son arrestation et son procès.



On assiste par Flashbacks aux débuts de son militantisme, et à l’engrenage des manipulations et des abus de pouvoir du FBI, et de son tristement célèbre directeur J.E Hoover, pour tenter de la faire passer pour une dangereuse terroriste et la faire condamner.



Dans notre époque actuelle où l’on a parfois l’impression que le monde est fou et que les combats sont perdus d’avance, ce livre fait du bien. Il nous montre déjà que ce n’était pas forcément mieux avant (ce qui ne veut pas dire que c’est forcément mieux aujourd’hui non plus). Il nous montre aussi que des combats désespérés peuvent parfois être gagnés et que des petites victoires peuvent parfois être obtenues par ceux qui ont le courage de se battre. La beauté, la finesse des dessins, et en particulier le travail superbe sur les couleurs ne gâche rien.


382. stefan - 02/05/21 02:34
Maïdan Love Tome 2, Yvana – Aurélien Ducoudray et Christophe Alliel, Collection Grand Angle, éditions Bamboo



Yvana est la seconde partie d’un diptyque qui raconte l’histoire d’amour entre Bogdan, un policier anti-émeute et Olena, une manifestante durant la révolution Ukrainienne de 2014. Là où la première partie s’appliquait surtout à nous faire vivre la révolution Ukrainienne à hauteur d’homme en nous dépeignant la marche des évènements de différents points de vus, le point de vue des policiers et le point de vue des manifestants, changement de rythme et de style dans ce second tome, où l’intrigue et l’action reprennent leurs droits et où Bogdan va échapper à ses poursuivant pour retrouver sa fiancée disparue, puis vivre un retour à la normale où les désillusions douces amères d’une révolution victorieuse accompagneront les désillusions douces amères de son histoire personnelle et la recherche d’un nouveau souffle.




381. stefan - 02/05/21 02:16
Baston par DamienTB, auto éditée.



Ce qui frappe d’abord sur ce bouquin, c’est sa beauté et son ambition formelle, Baston sous ses faux airs de comics de super héros en noir et blanc sophistiqué est un récit muet de 160 pages ou trois récits imbriqués racontent trois combats épiques et jubilatoires.




Quand on se plonge dans le récit, on ne peut que constater sa très grande lisibilité et le côté agréable de parcourir ces pages jusqu’au grand final où l’on s’aperçoit que le projet est en fait plus subtile sensible et délicat qu’il ne le laissait supposer au départ.
Une bien belle expérience et un bien beau livre financé au départ via une campagne Ulule.

Je ne sais pas trop s’il lui reste des exemplaires à vendre mais vous pouvez suivre et contacter l’auteur via son insta, comme disent les jeunes, il parait



380. stefan - 02/05/21 01:16
Naoto, le gardien de Fukushima par Fabien Grolleau et Ewen Blain, chez Steinkis.



Peut-être que le mieux pour parler de ce livre est de laisser la parole à son scénariste, Fabien Grolleau qui en préface nous l’introduit de cette manière :
« Que connaissons-nous du Japon ?
Je n’en ai qu’une vision artistique, les films de Kurosawa, les mangas d’Osamu Tezuka, les animés de Miyazaki. Ewen y a voyagé, l’a dessiné, moi je ne l’ai jamais visité, physiquement. Le Japon est pour moi le pays rêvé, aimé et mystérieux. Le tsunami puis l’accident nucléaire de Fukushima, en 2011, nous ont déchiré le cœur. Avec ce livre, nous pensons à toutes les victimes de ces catastrophes. Si nous avons osé l’écrire, loin, à plusieurs milliers de kilomètres de ces terres et de cette culture, c’est en pensant à ces gens, non pas pour écrire à leur place, mais pour contribuer, même un tout petit peu, avec nos faibles armes, l’écriture et le dessin, à éviter que de tels évènements ne se reproduisent, là-bas, ici, partout dans le monde.
Fabien Grolleau »



Naoto, raconte l’histoire vraie de Naoto Matsumura, fermier de la région de Fukushima, qui après avoir été évacué suite à la catastrophe, va décider de retourner vivre chez lui pour s’occuper des animaux abandonnés dans la région suite à l’évacuation de ses habitants.



Pour raconter cette histoire, Fabien Grolleau s’est documenté, à lu des articles et des reportages sur celui qu’on appelle l’homme le plus irradié du japon, mais il a aussi beaucoup imaginé, et mélangé le tout avec des contes japonais, pour pouvoir nous raconter à hauteur d’homme cette catastrophe et la façon dont elle touche ce pays et ses habitant, avec beaucoup de délicatesse, de poésie et d’espoir.



Dans ce récit, si la folie humaine est toujours bien présente en toile de fond, c’est avant tout la beauté de la nature qui est mise en avant par contraste. Il est pour cela magnifiquement servi par le trait élégant d’Ewen Blain qui réalise une synthèse stylistique assez admirable entre anciens mangas et dessins européens.


379. stefan - 02/05/21 00:43
Plus vrai que nature, dans les coulisses de la simulation en santé par Théo Claméjane, Collection Soudain, chez Vide Cocagne.



Angers, 2017, Théo Claméjane, postule, un peu par hasard et sans grande conviction pour une résidence artistique au centre de simulation en santé du CHU d’Angers, à la pointe dans ce domaine en France.
A sa grande surprise, il va être pris et va découvrir un monde passionnant et complexe, partager intimement les doutes, les difficultés et le travail de futurs chirurgiens, médecins, qui vont apprendre dans ce centre de simulation, non seulement les aspects techniques de ce métier, mais aussi commencer à se confronter à ses dimensions humaines et émotionnelles.



Face à ce spectacle, Théo Claméjane nous parle aussi de son rapport personnel au monde hospitalier, de ses doutes en tant qu’artiste, et des questionnements que sa confrontation à cet univers va inévitablement faire naitre en lui.
Le dessin de Théo Claméjane, extrêmement lisible, et efficace, permet au livre d’être passionnant et très instructif d’un point de vue purement technique. Mais son approche très humble, avec une pointe d’humour et d’autodérision, ainsi que ses questionnements personnels, en font un livre encore plus profond et extrêmement agréable à lire. On peut ajouter à ça ses relations avec le personnel hospitalier et la présence aussi d’une dimension sociale. Au final c'est donc un livre à la fois fin, intéressant, amusant, pertinent, revendicatif, sans jamais donner l'impression d'être pédant. Du talent, de l'intelligence et de l'humilité.


378. LienRag - 01/05/21 20:41
Oui, il est bien l'Apocalypse Joyeuse, en effet.

377. marcel - 01/05/21 15:14
J'ai lu le dernier Lapinot, L'apocalypse joyeuse, et c'est un tres bon cru. Je sais pas quoi dire d'autre.
A part peut-être : froggy, faut t'y remettre.

376. pm - 30/04/21 13:24
Sans doute que le temps passé a joué un rôle, si on avait eu Bourgeon ou Pellerin on aurait eu droit à 6 â 10 tomes espacés de 5 ans minimum chacun et on serait tous mort, y compris les auteurs, avant d’en voir la fin.
Mais je persiste à dire qu’après un temps d’adaptation, ce dessin sert parfaitement le récit et que c’est comme ça qu’il fallait le faire.

375. Quentin - 30/04/21 12:47
Voilà, c'est ca. Des croquis sur lesquels on a mis de la couleur. Ca sert effectivement parfaitement bien le propos, mais ce n'est pas du Bourgeon, on va dire. On sent que Blanchin a été vite en besogne pour abattre ses 272 pages et passer à autre chose, quitte à bâcler de très nombreuses planches. En ce qui me concerne, ne pas pouvoir reconnaître les personnages dès qu'ils changent de vêtement tellement leurs "croquis" étaient interchangeables m'a dérangé. Blanchin a clairement pris beaucoup plus de plaisir à dessiner ses bateaux que ses personnages - et ses marines sont effectivement très belles. Malgré ca, l'album reste une de mes meilleures lectures récentes, tout comme vous. Ce n'est pas la première fois que j'adore un livre dont les dessins sont moches (on me l'a d'ailleurs assez reproché lors de mon compte rendu de Liv Strömquist)

374. Mr Degryse - 30/04/21 10:59
Oui le dessin sert parfaitement le propos du livre et fait justement très croquis carnet de voyage.

Un must pour moi ce commodore !

373. pm - 30/04/21 09:18
J'ai également lu ce livre et je l'ai trouvé excellent.
Les dessins ne sont ni "laids" ni "mal torchés", il y a un parti pris esthétique axé sur le dynamisme et non sur la précision.
il est étonnant de lire ce genre de commentaire en 2021 où on est en principe sorti de l'unique référence du franco-belge classique ou pas un bouton de guêtre ne doit manquer.
C'est une de mes lectures préférée de l'année avec le Duchazeau ( le peintre hors-la-loi).

372. Quentin - 30/04/21 07:32
Le voyage du commodore Anson, de Blanchin chez Futuropolis. Mise en BD d'un livre de 1748, best-seller de l'époque qui relate les exploits d'Anson, mondialement célèbre de son vivant. On est en plein dans la guerre anglo-espagnole, que l'on suit à bord d'une expédition foireuse et catastrophique, mais qui finit par rencontrer un succès inattendu, à force d'abnégation et de persévérance, et malgré la perte des 9/10 de l'équipage.

Le livre de 1748 est apparemment très détaillé, et la BD rend bien le vocabulaire de l'époque, la vie à bord, tous les termes techniques. On est véritablement dans un autre monde. Le travail de documentation est impeccable. Ce genre d'ouvrage historique, dans lequel on se sent vraiment voyager dans le temps, est très rare.

Il ne faut pas lire cette BD pour les dessins, qui sont laids et mal torchés. Difficile de reconnaître les différents personnages tellement ils sont imprécis et inachevés. L'écriture à la main aurait pu être une bonne idée pour faire penser qu'il s'agissait du récit tel qu'écrit par le chroniqueur de bord, sauf qu'on a peine à s'imaginer qu'un type de cette époque ait une si vilaine écriture. Bref visuellement, c'est pas top, même si l'ajout de gravures de l'époque et de quelques belles aquarelles marines est bien pensé et aère la lecture. Ceci dit, Blanchin a une excellente maîtrise de la mise en page et de la narration, ce qui fait qu'on passe volontiers outre les dessins clashés et qu'on est happé par le récit haletant. L'histoire est édifiante, le découpage des différents chapitres est parfait et les dialogues sont très réussis, ce qui fait que la lecture est passionnante de bout en bout.

371. Quentin - 28/04/21 20:11 - (en réponse à : Longshot)
Oui, vraiment un bon moment de lecture, le chercheur fantôme de Rob Cousin. Je répète pour ceux qui n'auraient pas capté: on peut télécharger ou lire toute la BD GRATUITEMENT sur le blog de l'auteur: http://robincousin.blogspot.com/. Allez au moins feuilleter, si vous hésitez à lire :-)

370. herve - 28/04/21 18:41
Les arcanes de la maison Fleury Gabriele Di Caro (ed Tabou)

Lorsque le thriller rencontre la bande dessinée pour adulte, cela donne cela, un très bon album.
La couverture donne le ton sur cette histoire. Leone Frollo, avec sa série "Casino" n'a désormais plus le monopole des aventures se déroulant dans un bordel.
Gabriele Di Caro y a planté le décor de ce thriller , situé dans le Londres de la fin du 19ème siècle. Le dessin est particulièrement soigné pour une bd pour adulte, les dialogues nombreux,( voire trop) , et les femmes aux poitrines opulentes ne manquent pas au fil des pages. Si les scènes de sexe sont très explicites, l'originalité de ce premier volume de cette série(qui en comptera 3) repose sur l'atmosphère glauque d'un Londres , pas encore remis de soubresauts de Jack L'éventreur.
On suit avec intérêt l'enquête du commissaire Barnes sur les meurtres atroces ,et les relations d'affaires entre Madame Fleury et le mystérieux Jenkis, qui se révèle au centre d’événements qui dépassent l'ensemble des protagonistes.

Un dessin réussi, une intrigue parfaitement dosée, bref un album qui mérite toute votre attention, mais à réserver à un public très averti, il va s'en dire.

note: un généreux 4/5

369. longshot - 28/04/21 12:37 - (en réponse à : Quentin 344)
Content que ça t'ait plu.

368. heijingling - 25/04/21 19:42
>" le sujet est riche, trop peut etre pour etre couvert dans une BD qui fait 133 planches."

Ce n'est pas un 48cc, l'auteur a donc choisi le nombre de pages. Si un auteur n'a fait que froler un sujet en 133 pages, il n'aurait pas fait mieux en 500. Certains auteurs peuvent en dire plus en quelques cases que d'autres avec tout un album.

367. froggy - 25/04/21 18:45
Kleist, Knock out!

Il y a des gens qui sont des combinaisons incroyables et hautement improbables. C'est ainsi que je definis Pier Paolo Pasolini comme etant a la fois italien, catholique, communiste et homosexuel. Ou comment debuter sa carriere si brillamment avec Mamma Roma, passer par Theoreme et finir si tristement avec Salo ou les 120 jours de Sodome. Comme disait l'autre, cela faisait beaucoup pour un seul homme mais cela le rend lui et son oeuvre encore plus interessant.

Knock out! est la biographie d'un homme qui egalement est la somme d'une combinaison improbable, cet homme s'appelait Emile Griffith, il etait noir, boxeur, mais nettement plus interessant et ce qui le differencie des autres, est qu'il etait ouvertement homosexuel, ce qui dans les annees 50 avant Stonewall et dans un tel milieu professionnel releve de la pure aberration. Son passe-temps etait de fabriquer des chapeaux pour des dames. Finalement, il fut egalement un meurtrier par accident. Ou quand la realite depasse la fiction. C'est pour bien cela que j'ai achete la BD, un tel parcours semble incroyable mais il fut vrai.

Emile Griffith nait en 1938 a St Thomas, une ile des Caraibes. Il arrive a New York durant son adolescence, trouve un emploi d'apprenti chapelier. Son patron remarque sa tres impressionnante et imposante musculature et lui dit qu'avec un tel physique, il pourrait gagner beaucoup plus d'argent en boxant. Emile n'est pas tres convaincu mais pourquoi pas se dit-il, il pourra ainsi aider financierement sa famille si ca marche. Et ca marche effectivement, meme tres bien. Il remportera plusieurs titres dont celui de champion du monde dans sa categorie, celui des poids moyens. Et puis, en 1962, c'est le drame qui va bouleverser le reste de sa vie, il tue accidentellement lors d'un combat son adversaire, Benny Paret, qui avant le match l'avait insulte sur sa sexualite. Il ne fut pas reconnu responsable mais Griffith restera marque a vie par ce drame, il continuera a boxer jusqu'en 1977 mais durant ses matchs, il frappera moins fort qu'avant ayant toujours peur de revivre un nouveau drame similaire au precedent. Il finira sa carriere d'abord comme entraineur, puis finalement il sera gardien de prison. Il est mort en 2013 atteint de demence due aux coups recus.

J'etais fort interesse par cette BD du fait de la personnalite de l'homme. Son homosexualite non cachee etait une chose tres surprenante dans un milieu professionnel aussi macho que peut l'etre celui de la boxe aux USA, ca l'est toujours, je vous le dis tout de suite. Il ne se passe pas uen semaine ici sans qu'on puisse lire un article sur la difficulte qu'ont la majorite des sportifs americains d'etre ouvertement gays, lesbiens ou transgenres.

Je n'ai pas aime cet album tant que ca. En effet, le sujet est riche, trop peut etre pour etre couvert dans une BD qui fait 133 planches. L'auteur n'est reste qu'a la surface des choses, survolant les etapes. Il a concu son recit sous la forme d'un retour en arriere. Emile Griffith fut la victime d'une aggression homophobe en 1992 qui faillit le tuer, Kleist commence son recit par cet incident. En chemin vers l'hopital, il raconte sa vie au fantome de Benny Paret, son adversaire de 1962. C'est un parti pris comme un autre mais j'ai trouve que cela reduisait considerablement la vie de cet homme a cet accident. Il est normal qu'il soit traite largement mais j'aurais aime en savoir plus sur comment il pouvait vivre ouvertement sa sexualite dans le milieu de la boxe et bien avant le mouvement de liberation gay apres les emeutes de Stonewall en 1969. Il s'est marie toutefois mais ce ne fut qu'un mariage de convention. Quand on ajoute a cela le fait qu'il etait noir a une epoque ou le mouvement des Droits Civiques etait en pleine action aux USA, cette question est totalement sous-traitee. Je rappelle que l'ecrivain noir americain James Baldwin avait du s'exiler en France entre autre a cause de son homosexualite bien qu'il frequentait les milieux artistiques et liberaux newyorkais a priori plus large d'esprit et plus ouvert mais pas tant que cela en definitive.

Je ne connaissais pas du tout l'auteur, Reinhard Kleist, il est allemand. L'album est en noir et blanc. J'ai bien aime son dessin et a reussi a surpasser l'obstacle de dessiner un noir en noir et blanc. Tout le monde sait ici que je ne suis pas dessinateur, mais cela ne me semble pas evident au premier abord. Les expressions des personnages sont generalement bien rendus. Il y a quand meme quelques erreurs de documentation dont une assez enorme, les cinemas de la 42e Rue Ouest de Manhattan ne pouvaient pas afficher sur leurs marquises des films avec Bruce Lee ou des films pornographiques au tout debut des annees 60, c'est arrive 10 ans plus tard. Je considere ce genre d'erreurs tres inconvenant et denote un manque de serieux de la part de l'auteur.

Pour ma part, comme ce fut le cas pour la biographie (?) de Charles IX par Richard Guerineau et Jean Teule, Charly 9, je vais en acquerir une veritable sur Emile Griffith qui pourra m'en dire un peu plus sur l'homme et la periode durant laquelle il a vecu. Ce sont deux choses qu'on ne peut ignorer dans un ouvrage de ce genre.

Note finale, 1,5/5. Kleist est completement passe a cote de tout ce qui fait l'interet de la biographie de cet homme, il n'en a choisi qu'un aspect tres important certes mais il n'a fait que survoler les autres.

366. LienRag - 24/04/21 15:43 - (en réponse à : La fuite du cerveau)
Assez d'accord avec Froggy.
Distrayant au début, mais finalement l'aspect surréaliste apporte très peu, à part les relativement longues discussions par Einstein lui-même de son processus de pensée, qui sont plutôt bien mises en scène.

365. froggy - 23/04/21 20:36 - (en réponse à : Philippe)
Je comprends tres bien que la question de la Shoah te soit tres sensible, je ne me permettrai certainement pas de te juger la-dessus. Cela l'est aussi enormement pour moi mais dans une perspective bien differente evidemment. Cependant, pour les memes raisons que toi, la Shoah doit etre importante pour Brunschwig, je ne sais pas, je ne le connais pas personnellement. Tu n'as pas lu la BD et je ne vais pas te dire tu ne peux pas en parler puisque tu ne l'as pas lu, je ne sais pas si ma chronique va t'inciter a le faire ou non, la Shoah n'y est pas traitee de maniere anodine ou anecdotique, un des deux freres est interne dans un camp et sa vie n'y tient qu'a un fil.

Le fait que Brunschwig ait decide que les deux freres survivront est un choix comme un autre. Je presume que l'autre frere, le debrouillard n'ira pas dans un camp. Et c'est normal car il y a eu des survivants des camps qui ont instaure un devoir de memoire au nom de tous ceux qui ont peri. Heureusement d'ailleurs, car il faut maintenant lutter contre les negationnistes qui refutent l'existence de la Shoah. Il faut dire que les nazis savaient tres bien ce qu'ils faisaient en commettant cette horreur absolue et ont fait disparaitre autant que possible les preuves et les traces de leurs crimes monstrueux.

Il y a bien sur tous les temoignages recueillis, colliges dans des livres et films documentaires qui ont fait de la Shoah leur sujet principal. Mais je ne vais pas critiquer le fait qu'elle peut etre utilisee comme un ressort dramatique, ce n'est pas la dimininuer bien au contraire car j'ai l'impression que c'est cela dont tu as peur. La Shoah est un evenement historique tellement enorme qu'elle est indiminuable.

C'est comme l'esclavage des noirs ici pour te donner un equivalent sur un tres important evenement historique. Un siecle et demi apres la fin de la Guerre de Secession, c'est toujours un sujet ultra ultra sensible, on le voit encore aujourd'hui avec le meurtre de George Floyd et le mouvement Black Lives Matter. Il existe des fictions sur l'esclavage mais tant que ces fictions sont faites et concues en respectant l'evenement sans le denigrer et le dimininuer en quoi que ce soit, elles sont parfaitement acceptees. Un bon exemple est Racines, le roman d'Alex Haley sur l'esclavage aux Etats-Unis, c'est une fiction bien que fondee sur des faits reels. L'oeuvre a ete universellement reconnue comme tres importante et fut un veritable evenement a sa sortie.

Je pense sincerement que les prochaines generations prendront plus connaissance de l'existence de la Shoah par le biais des fictions que par celui des livres et films documentaires. Ainsi, elle ne sera pas oubliee et c'est ce que toi, moi et des millions d'autres gens veulent n'est-ce pas? Il ne faut pas que la meme chose arrive comme ce fut le cas pour les Armeniens en Turquie qui ont une mal de chien a faire reconnaitre l'existence des exactions commises a leurs encontre par les turcs et plus recemment les Tutsis au Rwanda.

364. torpedo31200 - 23/04/21 20:29 - (en réponse à : pm - post # 363)
Ca me semble très crédible et logique, qu' une jeune femme se maquillait après avoir survécu aux camps.
Et me souviens d' un documentaire où on montrait des survivantes très apprêtées, pour masquer souvent leur maigreur.

Et j' espère qu' il n' y a pas de sujets sacrés pour les artistes, que les oeuvres soient réussies ou pas m' importe peu.
Rien n' est éternel, et encore moins la mémoire.

363. pm - 23/04/21 15:50 - (en réponse à : Helmut)
J’ai bien sûr forcé le trait. Bien sûr qu’on peut traiter la question, mais peut-être pas de façon anodine, pas comme un simple ressort dramatique ni comme un sujet parmi tant d’autres.
Pour perpétuer la mémoire est-ce qu’il faut toujours des nouveautés ? Je crois que Maus est multiréédité et se trouve dans toutes les bonnes librairies qui ont un peu de fond.
Pour faire le lien avec Lelouch, je ne me souviens plus du titre mais je me rappelle que dans au moins un de ses films l’héroïne revient bien vivante des camps de la mort et toute maquillée...C’est ridicule.

362. heijingling - 23/04/21 15:01 - (en réponse à : helmut perchu)
Réponse 1. Et cela vaut pour tous les sujets, et j'ajouterais pour toute production, y compris les croissants aux amandes et les chandails. Cela reviendrait à éliminer la quasi intégralité de toute production humaine. On respirerait beaucoup mieux.

361. helmut perchu - 23/04/21 12:19 - (en réponse à : pm)
D'accord avec toi sur la puissance de Maus mais si on du coup on ne fait plus rien c'est pas gagné pour perpétuer la mémoire de ce qui s'est passé. Mieux vaut ne pas traiter le sujet ou le traiter quitte à la faire de manière un peu naïve, ou maladroite, ou désagréablement pathos ? C'est une vraie question je n'ai bien entendu pas la réponse.

360. pm - 23/04/21 11:28 - (en réponse à : Froggy)
Je n'ai pas lu cet album de LB et tu sais que j'apprécie peu ce scénariste.
Traiter de la Shoah n’est pas anodin, l’utiliser comme un simple ressort dramatique, avec un dessin qui fasse joli, est plus que discutable, surtout si les protagonistes s’en sortent, ce qui était plus qu’improbable. Il n’est évidemment pas question d’antisémitisme avec Brunschwig mais d’avoir les épaules assez larges pour traiter un tel sujet.
En ce qui me concerne, en bande dessinée, Maus a ouvert et clôturé le sujet.

359. froggy - 23/04/21 01:16
Les freres Rubinstein 2, Le coiffeur de Sobibor

Cadence rapide pour cette serie de 9 episodes annonces selon le scenariste et dont j'espere qu'il pourra la mener a son terme cette fois. Ce deuxieme tome est sorti deux mois seulement apres le premier et le troisieme est annonce pour le mois de juin. Comme disait l'autre, pourvu que ca dure!

A son arrivee au camp de Sobibor en 1943, Moise a la vie sauve car il declare etre coiffeur de profession. Or, le camp en a justement besoin d'un. Il se rememore comment il a appris a couper les cheveux a Paris. Poursuivis par la police a la suite de l'incident qui bouleversa leur vie, Moise et son frere Salomon se sont refugies a Paris ou ils ont ete pris en charge par une entraide juive qui aide les refugies des pogroms pratiques couramment dans l'est de l'Europe. Afin de mieux les proteger, l'entraide a reussi a leur fournir une nouvelle identite. Elle a aussi reussi a leur trouver un travail mais pour mieux les proteger, elle a separe les deux freres qui ne savent pas ou se trouve l'autre. Moise, l'intellectuel devient ainsi apprenti coiffeur, son frere, Salomon, le debrouillard et malin comme un singe sera commis chez un tailleur de la capitale. C'est lui qui arrivera a retrouver la trace de son frere. Et leurs peregrinations de continuer.

Contrairement au premier titre, le scenariste, Luc Brunschwig n'a pas multiplie les allers et retour entre differentes epoques, l'action a surtout lieu a Paris et aussi au camp de Sobibor ou la derniere case nous montre Salomon decouvrant l'effroyable et monstrueuse verite de ce que les nazis font aux juifs. Grace a ce decoupage plus simple, LB renforce le lien indefectible qui unit les deux freres. J'aime beaucoup et aspect du scenario qui pour moi evoque mes propres liens avec ma fratrie, c'est quelque chose qui resonne en moi et j'y suis tres sensible. Nous avions deja vu cela dans la serie malheureusement ecourtee Makabi/Lloyd Singer, egalement ecrite par Brunschwig. Ce n'est pas tout d'ecrire un tel lien, encore faut-il bien le faire et une fois de plus je trouve que le scenariste y arrive merveilleusement bien, il a vraiment le don pour bien characteriser les deux jeunes garcons sans que cela ne tombe dans un pathetique melodrame ridicule et vieillot ou nous lirions une version modernisee, masculine et juive des Deux orphelines. Considerant la maniere dont les dialogues sont ecrits et la nature du scenario, je crois sincerement a l'amour que se portent les deux freres l'un vis a vis de l'autre. Ils vont s'entraider et lutter contre vents et marees afin de surmonter les obstacles qui vont se dresser sur leur chemin. J'ai ressenti cela plus fortement que dans le premier tome. Je pressens que ce sera un des moteurs des tomes a suivre.

C'est une histoire qui a lieu sur fond de la grande (Histoire), la judeite des deux garcons est l'autre moteur. On le sait deja car Moise sera internee dans ce camp de Pologne, on ne sait pas encore du devenir de son frere durant cette periode ou la folie furieuse regne sur l'Europe. On sait des le debut du premier tome qu'ils survivront tous les deux a la Shoah, mais comment? C'est un autre genre de suspense. Je pense que Moise fera partie des evades du camp profitant d'une revolte des prisonniers, fait historique evoque par Claude Lanzmann dans un de ses documentaires sur l'Holocauste.

Le dessin est d'Etienne Le Roux, qui avait deja signe le memorable Memoire dans les poches du meme Brunschwig. BHL et consorts n'y trouveront rien a redire car les protagonistes de confession juive ne sont pas stereotypes, ainsi Moise est blond et a un nez droit, alors que son frere Salomon est brun frise avec un nez en forme de patate et il en est ainsi pour tous les autres qu'on voit. Ce qui prouve qu'il n'y a pas de type juif en particulier, ainsi quand je vois un Falasha, je vois d'abord qu'il est noir, c'est vous dire. A cote de nos amis juifs, les mechants nazis sont evidemment des bons aryens (je crois l'avoir deja fait celle-la). Decors, decoupage, composition des planches sont d'excellente facture. Le Roux illustre le scenario avec soin et attention, il ne veut pas etre m'as-tu-vu, seulement efficace afin de renforcer le propos et ne pas distraire l'attention du lecteur en fioritures diveres. Cela n'en sert que mieux le recit.

Note finale, 4/5. C'est de la BD comme je l'aime, une bonne histoire bien racontee avec des personnages qui ne sont pas des coquilles vides et bien dessinee. J'en redemande.

358. froggy - 15/04/21 01:25
Gomont, La fuite du cerveau

Lorsque j'ecris ces chroniques qui j'espere egaient vos apres-midis et soirees quand vous echouez sur BDP, j'essaye toujours d'etre le plus objectif possible sachant parfaitement que l'exercice est empreint de la plus grande subjectivite puisque ce n'est pas parce j'ai aime tel album et pas un autre que cela signifie qu'il en soit de meme pour chacun d'entre vous.

Ma lecture de celui-ci n'a pas ete facile car je l'ai lu a un moment de tres forte tension a mon travail liee a differents facteurs survenus simultanement. Je ne sais pas si cela si il vous faut savoir cela, on va encore me reprocher de prendre BDP pour mon blog mais cela n'a aucune importance en ce qui me concerne, il se trouve que je lis mes BD quasiment exclusivement le soir dans mon lit avant de m'endormir, cela me detend, me repose et me permet de plonger dans les bras que je prefere, ceux de Morphee. Donc, j'etais tres, tres fatigue, le soir en me couchant, physiquement et intellectuellement quand j'ai lu le dernier opus de Gomont. J'ai mis un temps fou pour le lire, je reposais le livre apres 3 ou 4 pages seulement car mes yeux se fermaient tout seul. Cette lecture fut donc tres penible.

En 1955, Albert Einstein decede brutalement des suites d'une rupture d'anevrisme. Son corps est amene a l'universite pour etre autopsie, le jeune medecin en charge de ce travail macabre a une idee folle, voler le cerveau de celui qui a decouvert la theorie de la relativite afin de decouvrir le secret de son genie. Aussitot dit, aussitot fait! Mais les choses ne vont pas du tout se passer comme prevu car le defunt bien que decerebre estime qu'il a son mot a dire. En effet, le physicien decide d'aider notre docteur en herbe pour trouver les secrets de son cerveau. Bien evidemment, la police et le FBI sont aux trousses du voleur afin de recuperer le precieux organe. C'est sur la base d'une histoire vraie, le cerveau d'Einstein fut vraiment vole, que Gomont a ecrit cette histoire particulierement delirante a laquelle il a donne la forme d'un road-movie (a propos, comment dit-on road-movie quand il s'agit d'un livre?) et dont le ton est celui d'une comedie burlesque et bien dejantee.

Pour mieux appuyer l'aspect burlesque de son recit, Gomont s'est amuse a illustrer graphiquement les metaphores et autres periphrases utilisees par le narrateur. Quant a son Einstein, selon les remerciements de l'auteur, il ressemble plus a un de ses deux grands-peres qu'au veritable. Tout cela ajoute a l'aspect completement surrealiste de cette histoire. Le rythme est assez rapide, l'auteur a decoupe son histoire en chapitres dont le titre est a chaque fois une citation a caractere plus ou moins philosophique provenant d'auteurs varies.

Malheureusement, je n'ai pas du tout ete pris par cette histoire malgre tous les efforts entrepris par l'auteur pour captiver son lectorat. Je n'ai pas du tout ete receptif a cet humour. Il faut dire que le personnage principal, le medecin legiste, est decrit comme un rate plutot con et pas tres sympathique de surcroit. Dans les films de Veber, les Francois Pignon sont des cons mais des cons sympas qui assurent l'empathie des spectateurs, ce n'est pas le cas ici. Thomas Stolz, le medecin en question, a fait une enorme connerie, qu'il assume et apres tout, il n'a que ce qu'il merite meme sa megere d'epouse.

J'aime bien le dessin de Gomont, que j'ai decouvert il y a deux ans avec Malaterre, il est vif, enleve avec un melange a priori oxymoronique d'un dessin a la fois tres detaille et vague. Je trouve cela tres agreable, les personnages sont bien characterises et le visage du heros est suffisamment elastique pour qu'il montre tout ce qu'il endure rien que par ses traits, ce que Gomont resussit tres bien. afin d'accelerer la cadence rapide adoptee par l'auteur, les cases ne sont pas bordees. Les metaphores sont amusantes a voir et j'ai aime la planche du debut, faite d'une case unique qui montre les differentes sections de l'hopital ou travaille Thomas; au sous-sol, la morgue; au rez de chaussee, l'orthopedie; au deuxieme etage, la nephrologie et ainsi de suite jusqu'au dernier etage consacre a la neurologie bien sur. C'est une excellente idee bien mise en scene par l'auteur qui demande aussi a son lecteur de lire la case/planche a rebours, c'est a dire en commencant par le bas.

Note finale, 2/5. Pas pris par l'histoire, c'est le dessin qui sauve l'ensemble. Pour ma part, c'est a vos risques et perils.

357. herve - 11/04/21 17:28
> froggy :
entièrement d'accord avec ta critique. J'avais trouvé aussi ce second opus plus faible scénaristiquement.

> Wanted Lucky Luke MAtthieu Bonhomme
J'avais adoré "l'homme qui tua Lucky Luke" et là, je trouve cet opus encore meilleur. Dès la première page, on rentre dans l'intrigue qui ne faiblit pas jusqu'au bout.
J'ai dévoré cet album alors que je ne suis vraiment pas un grand fan du pauvre cow boy solitaire. Au fil des déménagements, je crois que je n'ai pas conservé d'album de cette série, pourtant j'en ai lu pas mal dans ma jeunesse. D'ailleurs, je n'ai pas été perdu dans cet aventure où les références ou des personnages aux anciens albums sont nombreux ici.
Mais en invitant un trio de pétroleuses, Matthieu Bonhomme apporte un souffle inattendu dans la vie de Lucky Luke.
Et que dire du dessin magnifique de Matthieu Bonhomme ! Il faut dire que j'ai lu cette aventure dans l'édition limitée en noir et blanc des éditions canalbd, que mon (gentil) libraire m'avait mis de côté.

note:5/5

356. froggy - 10/04/21 23:40
Pedrosa & Moreil, L'age d'or T2

J'attendais enormement de cet album dont j'avais tellement aime le premier tome que je l'avais inscrit ipso-facto parmi mes albums preferes de tous les temps. Corollairement, je l'avais range numero 1 dans mon ordre de preference pour l'annee de sa sortie, 2018. Il n'en sera pas de meme cette fois-ci, c'est bien mais je n'ai pas ete aussi enthousiasme a l'issue de ma lecture.

Le premier tome racontait comment Tilda, une princesse, avait ete spoliee du royaume dont elle aurait du etre la reine apres la mort de son pere. C'est son jeune frere qui l'a repris a la suite d'un complot. On suivait l'itineraire de la jeune princesse qui tentait de reconquerir son du. La quasi entierete de ce tome 2 consiste dans le siege du chateau ou vit l'usurpateur. Elle a reussi a lever une armee a cette fin. Cela n'ira pas sans peine evidemment.

Comme c'est l'histoire du siege d'un chateau, le scenario de ce tome 2 est beaucoup plus classique que celui du premier qui m'avait tant plu pour son originalite. Il y a intrigue et rebondissements bien entendu, les scenes d'action consistent en des attaques plus ou moins reussies menees par les troupes de Tilda et fortement contrees par celles de son frere. Mais cela s'arrete la et c'est plus faible d'un strict point de vue dramatique surtout quand c'est compare avec le premier tome. On en apprend plus sur l'age d'or, le livre mysterieux qui contient de grands pouvoirs. Mais ca, on le saura a la toute fin de cette histoire. Ce n'est pas que ce scenario ne soit pas bien, le fait est que les auteurs ont situe la barre tellement haute avec le premier tome que j'ai ete decu par celui-ci, il est plus convenu. Et la fin m'a laisse perplexe, je n'ai pas bien compris ce que les auteurs voulaient signifier.

Face a la toute relative faiblesse du scenario qui reserve quelques surprises toutefois, j'ai aime la characterisation du personnage de Tilda. En effet, elle n'est pas decrite sous un aspect sympathique, ce n'est pas une pauvre jeune femme victime des agissements de sa famille. Bien au contraire, elle est feroce, tout autant que son frere et n'a aucune ou peu de considerations pour ses allies obnubilee qu'elle est dans sa quete pour reprendre ce qui lui du.

Si le scenario est plus faible que le precedent, il n'en est pas du tout de meme du dessin qui est aussi somptueux que ce qu'il etait dans le precedent. J'aime vraiment et sincerement ce style. Du fait que l'action se passe a une epoque moyenageuse sans que la periode soit precisee explicitement, Pedrosa, le dessinateur, a pris un style qui rappelle les enluminures utilisees alors pour orner les livres d'heures. J'ai trouve cela tres intelligent de sa part et permet ainsi une unite de ton entre le scenario et le dessin qui se marient ainsi parfaitement l'un a l'autre. C'est tres moderne mais cela respecte les canons du dessin classique en meme temps sans que cela soit choquant. Si vous ne connnaissez pas, je vous invite a aller feuilleter les pages de cet Age d'Or afin que vous vous forgiez vous-meme votre avis.

Pedrosa a un style particulier que j'ai beaucoup apprecie. Cela m'a donne envie de lire ses autres albums, j'avais lu le plus grand bien au sujet de Portugal. En attendant de lire celui-ci, je vais suivre sa future production de pres.

Note finale, 3,75/5. La note a baisse comparee au premier tome a cause d'un scenario qui n'est malheureusement pas du tout au meme niveau. C'est le dessin absolument somptueux et unique en son genre qui permet de garder une note aussi haute. C'est tres bien cependant.

355. heijingling - 06/04/21 17:56
Je lui avais acheté directement lors d'un festival de B.D. Sur Bulledair, j'en ai dit deux mots: ce délicat objet fait et découpé main, loin des sujets politiques et sociaux que l'autrice traite dans le magazine Bien, Monsieur. C'est un graphzine petit format, genre "Patte de mouche", sans paroles, pas vraiment une B.D.

354. Quentin - 06/04/21 07:35 - (en réponse à : Heijingling)
Ca raconte quoi, "Songe d'une nuit d'hiver"? Et où est-ce qu'on peut le trouver? Je n'en trouve trace nulle part sur internet, pas même sur son site juliettemancini.com

353. heijingling - 06/04/21 01:31
>éveils de Juliette Mancini chez Atrabile. [...] Le dessin, très épuré, inspiré quelque part de Matisse

Inspiré, oui, et à plusieurs niveaux: dans un de ses livres autoproduits, "Songe d'une nuit d'hiver", elle utilise la technique du papier découpé.

352. Quentin - 05/04/21 20:24
éveils de Juliette Mancini chez Atrabile. Livre présentant une série d'anecdotes autobiographiques sur l'éveil de la conscience de soi, de son sexe, de sa famille, de sa génération, de sa classe sociale et de sa nation. Ou comment se construire en tant qu'individu en butte aux normes sociales, en tant que femme dans une société machiste, en tant que gauchiste dans une famille de para et de colons, etc. Mancini a une rare capacité d'introspection. Les épisodes de sa vie qu'elle choisit de raconter sont tout simples et sont des événements auxquels chacun d'entre nous peut s'identifier. Son expérience personnelle ainsi racontée peut donc toucher un public très large. Le dessin, très épuré, inspiré quelque part de Matisse, montre une belle recherche graphique qui arrive à exprimer des sentiments complexes. Pareil pour le choix des couleurs qui fait bien passer les oppositions, tensions, conflits, etc. Un album féministe tout en finesse et très réussi.



 
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