FILM BLUEBERRY (2)

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205. larry underwood - 22/02/04 19:40
Lucky Luke est réservé pour Eric et Ramzy, et Jerry Spring était pas crédible : il s'en sort toujours à la fin.

204. ours jaune mais neammoins cool - 22/02/04 19:20
ben dans le genre film de psychopath c bien ...
un film à qualifier de psychédelisme bourrin, je serias tenté de dire.au fond c surtout spécial,masi intéressant malgré tout.
mem si la scene finale est magré tout longue à en etre désagréable.
sinon je ne vois pas trop non plus pourquoi il sont appelés ca blueberry.je suppose qu'il fallait un nom au cowboy...

203. sébastien vassant - 22/02/04 00:23
a du déjà êtr dit mais le film de Kounen n'est pas fait pour les lecteurs de la bd... il ne s'en cache pas d'ailleurs: ce n'est qu'un prétexte... la plus grande réussite de kounen dans ce film est d'utiliser le genre de film le plus populaire qui a existé pour en faire un film qui n'a rien de populaire..et ça a marché... il faut voir plsu loin qu'un western... (à ceux qui sont sorti de matrix en vociférant qu'ils n'avaient rien compris)

202. numenor - 21/02/04 23:46 - (en réponse à : daube)
Apparamment ce film fait l'effet d'un pétard mouillé, vu le nombre de commentaires postés. Faut aussi dire que, comme le disait phil un peu plus bas, les expériences shamaniques du réalisateurs n'intéressent que lui.

Il y a juste un truc que je comprends vraiment pas: il a trouvé où 35 millions d'euros pour financer ce... euh...cette chose???

201. Profit_fr - 18/02/04 12:07
J’ai bien aimé Blueberry, ravis de voir que Kounen c’était calmé avec sont coté provoc/vulgaire (bien qu’amusant) un peu lourd.
Coté casting, rien à redire Cassel qui tout en jouant les halluciné de première permanent n‘en perd pas moins sont charisme animal, Madsen égal à lui même, superbe et même Lewis pour sa part arrive à être convaincante (même si le gros plant sur son entre jambe n’était pas indispensable).
La réalisation et la narration sont très agréables et parfaitement gérés.
Je trouve la démarche du traitement sur le Shamanisme assez plaisante (même si le trip final traîne un peu en longueur), ayant toujours trouvé la BD un peu limité, le parti pris de Yan dans ce film a le mérité d’être intègre en plus d’être intéressant, ce qui en soit mérite le respect.

200. yannick - 18/02/04 11:39 - (en réponse à : Merci Nem !)
Yatta !

199. nemOrtel - 18/02/04 10:47
Vous exagérez, la seconde partie est pas si mal! Bon, c'est vrai que la première refroidit pas mal. Faut avoir envie de voir la fin je crois. Moi j'ai adoré ce trip final, c'est frais.
Salut Titeuf! :)

198. titeuf24 - 18/02/04 10:23
Ce film est une vraie daube. Madsen fait un méchant assez chouette et les décors sont magnifiques, mais le film est mal construit, peu clair et fait la part belle à des visions mystiques si longues qu'on se demande si'lon est pas au salon Imagina en train d'assister à une démo d'images de synthèse.

L'intrigue est déja vue (le héros en proie à une culpabilité plus ou moins refoulée qui trouve le courage d'affronter son passé dans le dernier quart d'heure et qui en sort plus fort qu'avant) et on est rarement surpris par les pseudo-rebondissements. La seule vraie surprise est la scène de la rivière juste avant la fin où l'on a le droit à une exploration de l'intimité de Juliette Lewis dans un luxe de détails surprenant (je suppose que c'est une espèce de référence au tableau "l'origine du monde", je ne vois pas vraiment d'autre explication...)

Bref, pas de débat pour savoir si ce film est une trahison ou un renouvellement du mythe de Blueberry: quel qu'ait été le nom du héros, ce film serait resté une daube délirante et mal foutue.

197. raptor - 18/02/04 10:15 - (en réponse à : a chier, a chier, a chier)
j'ai jamais vu un film me gonfler a ce point.
il n'y a rien du debut a la fin, si ce n'est des kilometres de bandes avec des effets speciaux a la con, le point positif cela m'a rappelle le kaleidoscope de denise Fabre et Garcimore.
ce film m'a tellement gonfle que j'hesite a voir le film de bilal, et j'imagine ce que les gens qui ne connaissent pas blueberry vont penser de cette serie magnifique. Giraud a surement perdu des futurs lecteurs dans cette affaire.

196. kikool - 17/02/04 12:29
La VF est à chier... Bin faut pas aller voir les films en VF, aussi... C'est *toujours* à chier.

195. Patrice - 16/02/04 19:19
Même avis que précedemment, le premier 1/4 d'heure est globalement ennuyeux. Ensuite, cela s'anime jusqu'à la dernière vision mystique de Blueberry (puisqu'il faut l'appeler comme cela) qui doit affronter ses terreurs les plus profondes pour pouvoir accéder à la vérité (Le grand esprit???). (Un peu longue, la vision)
Globalement, ce renouvellement du western n'est pas inintéressant.
Seul point noir, l'appeler Blueberry est une farce grotesque.
Giraud a fait la même erreur avec le film qu'avec la mauvaise évolution de Jim Cutlass.

194. Michaël - 16/02/04 15:48 - (en réponse à : SPOILERS)
Bon, ben je l'ai vu. Dès le générique les choses sont claires, on a affaire à une interprétation de la bd et du personnage, et non à une adaptation. Le nom de Charlier n'est même pas mentionné et on nous annonce que "Blueberry" est dessiné par Jean "Moebius" Giraud. Ah bon. Nous aurons donc la vision Kounen-Moebius du personnage.
Et c'est intéressant mais assez raté. Ca m'a fait penser au "Pacte des Loups" de Christophe Gans sur certains points. L'histoire est décousue, il n'y a rien de vraiment solide, on a l'impression que le réalisateur hésite entre plusieurs genres et ne va au bout de rien. Nous avons une partie western bof, bof, très froide et peu intéressante. Seule l'entrée de Luckner, dans le saloon le front en sang m'a rappelé fugitivement l'ambiance de "Mister Blueberry". Le trip chamanique est long (le premier quart d'heure du film est d'un ennui mortel) et surtout la révélation finale fait l'effet d'un pétard mouillé, on apprend que c'est en fait Blueberry qui a tué celle qu'il aimait. Et alors? On pouvait s'en douter depuis le début. Quant à l'autre révélation, celle de Mike, eh bien on ne la partage pas vraiment, c'est abscons, hermétique, facile. Peut-être qu'en allant voir le film sous champis...
Mais le gros problème du film, c'est le manque de charisme des acteurs. La VF est à chier, Cassel est peu crédible, Juliette Lewis est casse-couilles, seul Michael Madsen tire son épingle du jeu. Conséquence: ce film, qui prétend explorer les tréfonds de l'âme de son héros, ne fait passer aucune émotion. Ils pourraient tous crever qu'on s'en taperait pas mal.
Finalement j'ai ressenti un certain gâchis à la vue du film. En effet, là où Giraud (Moebius), co-créateur du personnage, ne peut pas donner sa vision dans la bande dessinée, vision évolutive, en germe avec l'excellent "Mister Blueberry", Kounen lui le fait, et de façon brute. Une première partie du film aurait dû représenter, à mon humble avis, le Blueberry que les lecteurs connaissent, pour ensuite, progressivement, le faire évoluer.
Bah, je ne regrette tout de même pas d'avoir vu ce film, il est la preuve que Blueberry est un personnage vivant, loin de la caricature sclérosée de Corteggiani et Blanc-Dumont. "L'Expérience secrète": une tentative louable mais ratée d'apporter du nouveau à l'univers "Blueberry".

193. Nikol@s - 15/02/04 21:58 - (en réponse à : Gilles)
ok avec ce que tu dis...sauf que dans le film, le héros aurait pu s'appeler William, Bob, Blaise, ou Roger Moore plutôt que Blueberry. En voyant le film, on voit que Kounen a lu la BD, mais sinon je ne vois aucun rapport de près, ou de loin avec la BD. Ah si, les noms de perso. Mouais...Autant adapter Buck Danny en relatant les histoires d'un pilote de lligne chez Air France qui fait grève et qui est en conflit avec le syndicat, dont le manager serait O'Connor...

A mon avis les noms des perso et le titre sont plus un hommage à Gir, ou plutôt Moebius qu'une réinterprétation du personnage.
Mais mon avis est faux, et Cassel dirait que je n'ai rien compris...

192. gilles - 15/02/04 19:03
Je n'ai pas vu le film et a priori je n'etais pas tres interessé... Je suis fan de Blueberry mais Kounen n'est pas une realisateur qui me parle (Je me souviens avec horreur de Vibroboy en 1ere partie de Tetsuo)...Je pensais attendre tranquilou sa sortie en DVD et le louer...

Cela dit j'ai de plus en plus l'impression que j'irai le voir...
Car vu les discussions, il semble que ce film apporte qq chose au mythe et au personnage de Blueberry...

Ce film ne semble visiblement pas etre une banale adaptation des 2 meilleurs albums de la saga... Et c'est tant mieux!!!! Les albums je les ai... Je les adore... Ca n'aurait rien apporté de filmer tt ça tel quel (et faire comme Chabat avec Asterix)...

La j'ai l'impression qu'il y'a un discours, une vision particuliere du personnage... Ce n'est peut etre une vision orthodoxe, mais c'est une interpretation... Et ca a priori, ca m'interesse...

Car Blueb est un personnage mythique et par definition, un mythe echappe à se createurs...
Charlier et Giraud ont leur vision de Blueb (vision qui a evolué), Giraud tt seul en a une autre, Vance, Corteggianni, Blanc-Du ou Rouge aussi...
Aujourd'hui Kounen apporte sa pierre à l'edifice... Et c'est tant mieux, ca veut dire que le personnage et la serie reste mouvante et vivante...

191. lieutblueberry - 15/02/04 19:02 - (en réponse à : woolley)
Bah! Giraud redescend bien dans mon estime si il a dit ça!
et je ne dois pas etre le seul d'après ce que je lis plus bas.
et j'espere que tu t'amuse encore.

190. woolley - 15/02/04 17:29 - (en réponse à : woolley@wanadoo.fr)
"jan a fait quelque chose de fantastique..." Jean Giraud.
"...moi, il m'aurait fallu 10 ans pour dessiner ce qu'il a fait..." Jean giraud.
"... j'ai une pensée ému pour charlier qui aurait aimé être là (sur le tournage)..." Jean Giraud...

mais sinon, continuez, vous m'amusez beaucoup...
pw

189. CoeurDePat - 15/02/04 16:48
>> Ce qui semble rester de ces critiques et des ces commentaires c'est que l'erreur principale (ou la seule) de Kounen paraît être le choix du titre.

Je le répète, ce n'est absolument pas mon cas. Ce film est une nullité absolue en soi, indépendamment de Blueberry. Je sais que je peux paraître virulent, mais c'est le plus mauvais film que j'ai vu ces deux dernières années avec "Total Kheops" (Et pourtant j'en ai vu quelques-uns. Dont des pas bons du tout). Rien qu'au bout de dix minutes j'avais envie de partir. O_o

>> Reste un sentiment de ratage, induit par le film intraséquement

:) Oui, voilà. Pas à cause du titre. :)

188. nemOrtel - 15/02/04 16:37
Pas faux.

187. Nikol@s - 15/02/04 16:26
Ce qui semble rester de ces critiques et des ces commentaires c'est que l'erreur principale (ou la seule) de Kounen paraît être le choix du titre.

Mais peut-être que l'utilisation d'une certaine trame (cow-boy, indiens, shaman. quête dans les montagnes sacrée) nécessitait l'octroit des droits de la BD pour éviter l'accusation de plagiat. Dans ce cas, Kounen n'aurait pas eu le choix d'appeler son personnage du nom de la série BD. Pourtant, les droits aquis, rien ne l'empêche alors de faire un film sur Ted, Cow-boy en crise mystique hallucinée. Ce qui aurait eu le mérite de ne point fâcher les fans de la bd, ravis de voir l'impact de leur idôle sur un cinéaste. Sans que celui-ci ne dénature l'oeuvre charliergiriesque.

Enfin, avec des si...

Reste un sentiment de ratage, induit par le film intraséquement, puis par l'utilisatoin abusive du titre...

186. Philactère - 15/02/04 16:00
Je crois qu’il faut dire une chose toute simple. N’est pas scénariste qui veut et surtout ne remplace pas J.M. Charlier qui veut. Kounen à voulu s’approprier le personnage sans respecter les clefs de fonctionnement établies par le scénariste de la bd. Le jugement du public (le seul que reconnaissait J.M. Charlier) est entrain de désavouer le réalisateur. Celui-ci a souhaité créer un autre personnage que celui que J.M. Charlier avait construit, patiemment, au fil des aventure du héros et dont même la jeunesse est bafouée dans le film et cela, manifestement, ne marche pas. J’aurais été moins dur pour Kounen s’il avait créé ses personnages et son scénario seul. Mais acquérir les droits d’adaptation de deux albums et trahir le scénario et les personnages (le personnage de Luckner, base de tout le scénario des deux albums disparaît complètement du film) à ce point, et pour un résultat aussi catastrophique, démontre un profond manquement de respect pour le scénariste de la bd. Le peu d’audience que semble rencontrer le film n’est que la sanction légitime du public qui se moque des expériences personnelles du réalisateur avec les psychotropes.

185. nemOrtel - 15/02/04 15:05
D'accord, t'as pas aimé le film :)

184. CoeurDePat - 15/02/04 13:53
>> Pourquoi tu ne dis pas que tu es très déçu que ça ne ressemble pas à la bd, plutôt que de le descendre comme ça?

Parce que je n'ai lu aucun album de Blueberry, tout simplement...
Ce qui fait que j'ai detesté ce film, ce n'est donc pas le fait qu'il soit une adaptation, mais bien ses qualités propres.

>> Faut se souvenir que Kounen sort du court expérimental. Je veux dire

Idem avant. Je ne connais pas Kounen... et je vais sûrement pas essayer de changer ça. :(p

>> C'est pas mieux un peu de fraîcheur dans toute cette banalité?

Non. Désolé, mais une nullité, même originale, reste une nullité. (je dis pas ça pour être chiant, mais tu vois ce que je veux dire ?)

>> l'histoire tient la route. Et puis la fin, bon dieu, mais c'est grandiose dans un film pareil!

Ah.

>> Songe à 2001.

Ouais, j'ai détesté aussi le dernier quart d'heure du film jusqu'à avoir lu le bouquin. Après je trouvais ça juste un peu chiant, ces effets visuels qui ne servent à quasiment rien.

>> Je conçois que tu sois déçu de ne pas retrouver ton héros sur l'écran, mais au moins tu contribue (en ne piratant pas, gnagnagna...) à faire avancer le ciné. Sinon, si tu attends de lui (le ciné) qu'il te donne les versions animées de tes vieilles bd préférées, je te conseille de te servir de la meilleure machine pour ça : ton cerveau.

Alors, 1. si "contribuer" c'est claquer mon fric pour une merde pareille, je vais pas contribuer longtemps. 2. C'est pas "mon héros", tu te fais de fausses idées. 3. L'originalité oui, mais à tout prix y compris pour faire des bouses, non merci. 4. Mon cerveau a été malmené par cet assemblage hétéroclite de scènes et ces effets visuels lourdingues.

>> Ah, juste une dernière chose pour ceux qui ont du mal avec le "trip" final. Runi, le chamane, dit quelque chose d'essentiel à un moment. Il parke de l'esprit des plantes. Je crois que c'est un terme à méditer. Qui sait si ce champignon ne possède pas une molécule qui nous donne alors accès au "langage" des plantes, ou du moins à la structure de leur perception. Et dans les plantes, il y a la myrtille ;)

Ouais, pour ceux qui auront pas vu leur cerveau dégouliner par leurs oreilles avant. :)
Bref, t'as rien compris non plus de la fin. Moi je penchais plutôt pour le vieux coup de "l'esprit de la vie, au sein même de la matière" (si si, tu vois, je dormais pas complètement !).

183. nemOrtel - 15/02/04 13:16
visiophone

182. nemOrtel - 15/02/04 13:09 - (en réponse à : CdP (SPOILERS))
Pourquoi tu ne dis pas que tu es très déçu que ça ne ressemble pas à la bd, plutôt que de le descendre comme ça? Bon, sur la partie western je serai plutôt d'accord, encore que quand on connait le style de Kounen, on sait où on va : c'est abusé mais c'est fait exprès. Il filme comme ça, à la limite de la caricature de genre. Faut se souvenir que Kounen sort du court expérimental. Je veux dire, n'allez pas louer Vibroboy pour le regarder en famille quoi! Pareil pour Dobberman!
Pour cette façon de filmer qui semble t'avoir tant dérouté, je sais pas moi, tu aurais voulu quoi? Un western banal, avec une histoire banale, des acteurs banals, dans des décors banals? C'est pas mieux un peu de fraîcheur dans toute cette banalité? Bon, je suis d'accord, Cassel n'aura jamais de César, Juliette Lewis est une cruche fêlée (et moche en plus), et Ernest Borgnine est décédé. Mais Madsen est excellent je trouve, l'indien est convaincant, l'histoire tient la route. Et puis la fin, bon dieu, mais c'est grandiose dans un film pareil!
A la limite, ils n'auraient pas du en montrer tant. Songe à 2001. Malgré le fait que ce film est magnifique, je ne l'ai pas revu depuis un moment. Depuis 2001 d'ailleurs. Pourquoi? C'est chiant. C'est chiant, c'est chiant, c'est chiant. Pendant les deux seconds quarts du film, on s'emmerde à mourir. Il ne se passe rien, ou presque, entre le moment où on découvre le monolithe et le pêtage de plombs d'HAL. Quelques rencontres et réunions plates à se suicider, des dialogues à se jeter par la fenêtre (ah, la découverte du visiphone du futur de l'avenir avec sa gamine, un monument du kistch!), et un voyage, ma fois, palpitant de...euh...de... enfin palpitant. Par contre, dès la conversation entre les deux astronautes et l'ordi engagée, le dénouement est annoncé, et le crescendo amorcé. Tout comme la scène d'initiation de Blueberry par le chamane, c'est là qu'on aprend que la vérité est au-delà des apparences, et qu'il va falloir plonger au coeur du vortex. Et atteindre l'oeil du cyclone. Je ne choisis pas ce terme au hasard. Quand on lisait, il a quelques années "Libère ton esprit", sur les affiches de Matrix, c'est lié à ça. Le mélange des genres. Transcender le cinéma, amener l'image au-delà de sa limite narrative pour lui faire dire quelque chose de nouveau.
Je conçois que tu sois déçu de ne pas retrouver ton héros sur l'écran, mais au moins tu contribue (en ne piratant pas, gnagnagna...) à faire avancer le ciné. Sinon, si tu attends de lui (le ciné) qu'il te donne les versions animées de tes vieilles bd préférées, je te conseille de te servir de la meilleure machine pour ça : ton cerveau.
Ah, juste une dernière chose pour ceux qui ont du mal avec le "trip" final. Runi, le chamane, dit quelque chose d'essentiel à un moment. Il parke de l'esprit des plantes. Je crois que c'est un terme à méditer. Qui sait si ce champignon ne possède pas une molécule qui nous donne alors accès au "langage" des plantes, ou du moins à la structure de leur perception. Et dans les plantes, il y a la myrtille ;)

181. CoeurDePat - 15/02/04 11:54
Je l'ai vu hier, et mal m'en a pris !!!

Déjà on se demande bien pourquoi le film s'appelle Blueberry. Il aurait même mieux fait de ne pas se prétendre inspiré de la bd. Et d'ailleurs, durant tout le film, JAMAIS le nom "Blueberry" n'est prononcé.

Ensuite, au cours des 5 premières minutes on s'aperçoit que les acteurs surjouent. Les poses sont assez théâtrales, les regards appuyés, bref, aucune chance qu'on manque quelque chose.

Les situations sont caricaturales au possible... Le nombre de clichés (de mauvais clichés) est impressionnant : héros qui tombe amoureux, le gros méchant qui arrive, le drame, la blessure sourde, le séjour chez les indiens, le shamanisme, mais aussi les regards, les attitudes, les affontements, la pétasse amoureuse, les gars qui se font buter...

Et au bout d'un moment, tout est tellement mauvais que je me suis demandé si ce n'était pas la faute du montage... Les scènes manquent en effet complètement de liant, elles sont juste là, juxtaposées, voulant chacune montrer quelque chose, mais le résultat est un bric à brac sans aucune consistance, une purée, une bouillie ennuyeuse et heureusement parfois tellement ridicule qu'elle en est risible. Comme cette scène surgie de nulle part, où on voit directement le 2ème méchant se prendre un coup de révolver, juste comme ça. Complètement incongru. O_o Ou encore le sherif qui voit son fils massacré sous ses yeux et qui à la scène d'après se porte comme un charme et sourit béatement.

En plus de ça, les effets de caméra sont certes jolis mais LOURDS (BOUM). Superbes paysages râbachés à longueur de film (si si,vous aurez laaargement le temps de le trouver long !), zooms écoeurants (on dirait qu'ils ont engagés un pilote d'avion qui s'amusait à essayer de faire gerber le caméraman), innombrables vues du ciel... Ouais, bon, tant qu'à faire un film vide, autant le faire vraiment vide et éviter tout ce décorum lourdingue...

Lourdingue ? Inutile plutôt. Comme ces gros plans incessants sur la croix que porte Mike (puisqu'on vous dit que personne ne l'appelle jamais Blueberry). Comme ce souvenir affreux dont on veut nous faire comprendre qu'il hante notre gentil héros et qu'on nous râbache donc lourdement. Comme les petites haines envers Blueberry, qui tombent comme un scalp sur la soupe. Comme aussi tous ces effets visuels certes jolis mais d'une lourdeur inégalée dans toute l'histoire du cinéma. Comme en fait tout le film...

Parce que là il s'agit de la forme. Mais le fond est commplètement moisi. Une espèce de quête pour des champignons hallucinogènes, un pouvoir dont on se contrefiche...

Ah, et la foufoune de Juliette Lewis en gros plan, qui nage les tétons érigés, bof.

Bref, allez le voir rien que pour voir comment on peut faire le navet du siècle.

180. lieutblueberry - 15/02/04 11:40 - (en réponse à : bwayne)
A toi, BWayne, Je ne te dirais qu'un mot
BRAVO !
(pendant un instant, j'ai cru que c'était moi qui parlais)

179. BWayne - 15/02/04 11:09
Hier, j'avais dans l'idée d'aller voir "Podium" avec mes enfants. Mal m'en pris. J'ai fait deux cinémas dans deux villes différentes mais Poelvoorde affichait complet partout.
Tout ça pour vous dire qu'à un moment donné, j'ai regardé l'affiche du film Blueberry et je me suis surpris à hésiter alors que j'avais clamé haut et fort que je n'irai pas voir ce que je considère, avec beaucoup d'a priori je l'avoue, comme un massacre. Faut dire, l'affiche est loin d'être mauvaise. Elle est plutôt engageante, même ! Mais, non, finalement, j'ai tenu bon et suis parti sans demander mon reste.
Ce matin, j'ai relu les critiques des spectateurs sur "Allociné" et je ne peux m'empêcher de penser que j'ai fait le bon choix : celui de garder le personnage de Blueberry intact dans ma tête.
Je ne veux en aucun cas participer à ce lynchage gratuit et je continue à m'associer pleinement aux propos et aux actions de Philippe Charlier.
Voici donc racontée une petite expérience dont, j'imagine et à juste titre, tout le monde se fout mais qui, moi, m'aide à évacuer l'amertume que je ressens face à un évènement que j'attends depuis plus de vingt ans.

178. Rork - 12/02/04 17:13
Pour ma part, ça m'a laissé très indifférent, plutot fait chier d'ailleurs. C'est Vidocq, c'est Belphegor, bref un realisateur pretentieux qui se sert du sujet pour se faire plaisir. C'est bien filmé, mais on est loin de Spiderman - ou de Kubrick d'ailleurs.

177. Danyel - 12/02/04 16:07
Encore un petit pour la route.

Extrait de Chronic'art n°13

Avant l’ovni Blueberry-le film, il y a Blueberry-le tournage, un roman de plus de cinq ans. Les péripéties se sont multipliées, entre retitrages multiples (un temps "Muraya", ou il n’était quasiment plus question d’adaptation), blocage du film par les héritiers de Charlier (au tout début) et conflits avec des producteurs épouvantés (à la fin, quand Kounen présente un montage de plus de trois heures). Mais de toutes les anecdotes qui ont émaillé ce tournage rocambolesque, une seule compte vraiment. En plein chantier, Kounen part en Amazonie s’initier aux rites du chamanisme en compagnie d’Indiens. La rencontre est fatale. Quelques potions et deux calumets plus tard, Kounen se persuade que la vérité du monde se niche au cœur du puissant champignon Navajo. Une fois toute l’équipe initiée à son tour, le film peut commencer. Le résultat, patronné de bout en bout par un véritable sorcier indien, est proprement hallucinogène.

De la bande dessinée, Blueberry tire un début souffreteux (le héros assiste au meurtre de son premier amour et part en vengeance), quelques personnages (le méchant Wally Blount / Michael Madsen) et une poignée de décors (les montagnes sacrées revenues du diptyque La Mine de l’Allemand perdu et Le Spectre aux balles d’or). Le reste est plus proche de Jodorovsky : une initiation chamanique un peu pataude qui se résume en quelques "Hugh visage pâle" bien sentis et en d’interminables séquences d’hallucination / fractales / pluies de créatures delirium tremens. Le film demeure extrêmement bancal dans sa première moitié, où ni la BD ni le western-spaghetti ne semblent intéresser Kounen, visiblement pas là pour rigoler, et où se multiplient les séquences ratées, entre reconstitution de l’Ouest très toc et clichés mal digérés. Curieusement pourtant, quelque chose de plus profond prend, et le bancal de la forme se trouve progressivement dévoré par une sorte de flux étrange et envoûtant. Dès qu’apparaît Vincent Cassel, Blueberry adulte, Kounen suit une ligne qu’il ne lâchera plus : un long voyage vers les montagnes sacrées, où ne se lit plus aucune différence entre monde mental et décorum folklorique, entre le grotesque du film (son aspect a priori négatif) et son envers fascinant : la mise en chantier d’un univers autiste, détraqué, en roue libre, libéré de toute contrainte extérieure.

En une formidable dernière ligne droite (30 minutes), le film déplie un programme explicite. Longue suspension caniculaire dans le désert, pénétration des grottes (quelque chose, humide et végétal, naît, sans que l’on sache trop quoi, sous la forme d’une interminable séquence en images de synthèse), jouissance et apaisement enfin d’un final incroyablement beau : Cassel et Juliette Lewis, nus, dans un grand bain noyé de bleu. La fluidité de cette dernière partie, qui ne ressemble à rien de connu, sans duel ni véritable confrontation entre les deux ennemis, est la preuve d’une certaine réussite. Kounen, au prix d’un esprit de sérieux parfois triste et patibulaire, une foi extrêmement puérile dans son sujet (on chercherait en vain la moindre trace distanciée, cette conscience qui est la marque d’un grand cinéma populaire), est parvenu à trouver quelque chose. Quoi au juste ? Peut-être, en liquéfiant forme et récit dans une croyance enfin capable de tout emporter sur son passage, une façon de couler une fois pour toutes ce cinéma de genre putassier que son Doberman avait lancé. Peut-être, surtout, la clé qui permet de passer d’un statut de roquet excité à celui de simple cinéaste. Avant d’être un accident industriel, Blueberry est surtout un assez beau film naïf.

176. Altaïr - 12/02/04 13:49 - (en réponse à : Danyel)
tiens j'ai appris quelque chose :o)

175. Bert74 - 12/02/04 11:58 - (en réponse à : Danyel)
Merci.
Je sais jamais dans quel sens ça marche, en effet.

174. Danyel - 12/02/04 11:36
Comme le film a suivi la BD, c'est la BD qui est "éponyme" (= qui donne son nom à qqch ou qqun) et non le film.
Pardon de jouer les chieurs mais ce mot, très prisé des journaleux en ce moment, est toujours employé à contresens et ça m'énerve.
Et d'ailleurs je me donne aussi un mauvais point pour le "ne peux qu'adhérer".

173. Bert74 - 12/02/04 10:16 - (en réponse à : A propos de préjugés et autres a priori)
Desproges disait :
"Si on devait parler que de ce qu'on avait vu...
Est-ce que les curés parleraient de Dieu ?
Est-ce que le Pape parlerait du stérilet de ma soeur ?
Est-ce que les communistes parleraient de liberté ?
Est-ce que je parlerais des communistes ?"

Je le redis, mais je ne vois personne ici faire de procès au film, mais juste des remarques sur les choix de Kounen d'oublier la BD originelle dans son film éponyme...

172. Jean-eude - 12/02/04 08:49
Tu retournes ta veste en gros, saint cretin^__^ ? Tes idées, celles que tu reçois puis te depêche de repandre, saint cretin, avant de les avoir soumise à l'epreuve du reel, tu tacheras de les digerer seul avant de nous les soumettre, une fois prochaine? C'est pas beau les idées reçues.^__^

171. nemOrtel - 12/02/04 01:30 - (en réponse à : SPOILER)
Je sors de Blueberry. Et je réintègre mon corps. Bon, le western, passons. Pour simplifier, ça m'a rappelé La forêt d'émeraude au farwest. J'aime bien la trame du scénar', faut dire, le mien a un peu la même en plus noir. Normal que je m'y retrouve. Non, l'important c'est la séquence finale. Je ne sais plus qui disait plus tôt que, tout comme 2001, elle conditionne à elle seule tout le film. C'est vrai et c'est faux à la fois. Elle est la quintessence du film. Elle syncrétise chaque scène, chaque rencontre, chaque paysage, chaque esprit. Les formes lumineuses qui se heurtent aux formes obscures, les animaux face à la géométrie, sont amenés auparavant par la rencontre du désert avec les montagnes, de l'eau avec le sable, de la femme et de l'homme. Et cette scène du début, avec le jeune Mike, qui prononce cette phrase magnifique : "Quand on tombe amoureux, le temps semble s'arrêter. Et le voilà qui fait son Neo, se frayant un chemin entre des... popcorns? Pause. C'est le cinéma qui s'analyse, qui s'arrête un instant sur ce qu'il raconte. Sur son propre mensonge. Seul le sentiment compte, le reste n'est qu'illusion.
Retour vers la fin. Je pourrais en parler pendant des années-lumières de ce film. Je comprends pourquoi il est à Imagina cette année. J'ai revu l'infini. Et Moebius, derrière lui.
C'est sùr, les vieux ronchons qui aiment les bon vieux westerns d'antant ferait de se louer une VHS (et puis c'est tellement chiant à programmer ces magnétoscopes), parce que leur héros en prend plein la gueule. Il gerbe, il pleure, il supplie en silence. Mais c'est là le message du film : traverse l'enfer si tu veux voir la vraie vie. Car c'est là le seul paradis.
Allez, je pardonne sa tête de voyou à Cassel. Il était pas mal. Moins bien que Madsen, mais le méchant est toujours plus voyant. La VF est à chier, ceci dit, c'est vexant. Enfin, moins que le Dauphin de France du Jeanne d'Arc de Besson, joué par un ricain. Sans comparaison aucune. Les deux films sont honnètes. Mais celui-ci transcende son message, il effraie le bourgeois coincé, et rien que pour ça, il a toute ma sympathie.
Bon, c'est pas tout ça, mais je vais le pirater. Je veux revoir la fin image par image. Désolé pour ton pote, Woolley, mais pas question que je repaye pour une séance. Deux heures de Cassel, faut pas m'en demander trop non plus. Maintenant, je ne peux pas ne pas balancer une petite pique : pourquoi Blueberry? Il a pas encore affronté sa peur, le Kounen, ou c'est la production qui voit des insectes partout? ;)
Allez jetter un oeil, ne serait-ce que pour la fin.
Bon film.

170. yaneck - 11/02/04 22:30
D'un côté, j'aime bien la conclusion de télérama.
"NE laisse pas indifférent". Tel ne devrait-il pas être le but de tout film?
LEs derniers schwarzie laissent indifférents.
Pas ce film apparemment.

169. pm - 11/02/04 21:47
Pas d's à "a priori" ni d'accent sur le a non plus(faute courante que vous n'aviez pas faite).

Un scientifique(y parait).

168. Altaïr - 11/02/04 21:27
arf moi je suis à bac + beaucoup plus mais je fais des études scientifiques alors j'ai une excuse :o))))

on n'a qu'à parler de préjugés, comme ça pas de problèmes d'orthographe :o)))

167. ToFrA - 11/02/04 20:50 - (en réponse à : altair)
Exactement ce que je me demandais... mais j'ai des excuses, je suis à bac-0.5

166. Altaïr - 11/02/04 20:49 - (en réponse à : Tofra)
sisi, c'est bien des a priori (dommage, des limaces phosphorescentes ce serait plus joli).
Y'a des a priori partout sur ce forum, heureusement que ça ne mord pas :o)))


A ce propos, ya un "s" à "a priori" au pluriel ou non ?

165. ToFrA - 11/02/04 20:32
C'est des à prioris sur le film de Kounen que je vois depuis l'ouverture de ce forum ou des limaces phosphorecentes?

164. nemOrtel - 11/02/04 20:27
...et quand on est bourré tout court.

163. Altaïr - 11/02/04 20:17
... et quand on est bourré d'a prioris aussi...

162. ToFrA - 11/02/04 19:41
Et puis je me méfie des critiques de télérama... en fait de toutes les critiques... mais surtout celles de télérama; bah oui quand on veut péter plus haut que son cul et faire intello branché on dit forcement beaucoup de conneries.

161. ToFrA - 11/02/04 19:37
Pas étonnant mais tout de même cela signifie que le film n’est pas mauvais… rahhh samedi c’est dans longtemps, je vais me relire Chihuahua Pearl… et l’Homme qui valait 500 000$... et Ballade pour un Cercueil… rahhhh

160. Danyel - 11/02/04 18:41
Cela n'est pas vraiment étonnant. Jean ne peux qu'adhérer à un film qui traite du chamanisme et des indiens, sa démarche spirituelle personnelle en témoigne.
De toute façon, c'est un aspect qu'il a toujours traité dans Blueberry… pour qui sait le voir et peut-être même sans vraiment s'en rendre compte.

159. woolley - 11/02/04 18:11 - (en réponse à : woolley@wanadoo.fr)
pour info...
je viens d'avoir jan au tél,
non seulement GIRAUD aime le film, mais il a été ému par la fin.
pw

158. Danyel - 11/02/04 16:43
Pour infos…

Libération du 11/02/04

homas Langmann, fils de Claude Berri, produit le premier film français "validé par des chamanes" (dixit le dossier de presse). Une fantaisie née de la conjonction du réalisateur Jan Kounen et de Jean Giraud alias Moebius, dessinateur du personnage d'origine, qui s'est laissé librement transposer. Car ce Blueberry ne respecte en rien la commande à très gros budget. Ce n'est ni une adaptation de l'illustré nouvelle vague créé par Jean-Michel Charlier (jamais le nom de Blueberry n'est prononcé), ni un western jambon-beurre, mais une invraisemblable baba-coolerie dopée à la quête spirituelle où le cheminement du héros vers la maturité semble se superposer à celui du cinéaste.
Mutinerie. On ne retrouve rien ici de la hargne immature de Kounen, histrion élevé à la "culture" Starfix-Canal Plus, montrant dans son premier film, Dobermann, un de ses acteurs se torchant le cul avec les Cahiers du cinéma. Sept ans après, sa génération n'a plus besoin de gesticuler grossièrement pour s'affirmer, elle a pris le pouvoir, révisant les ambitions d'un cinéma hexagonal décidé à triompher enfin à l'export. De Samuel Hadida (producteur) à Christophe Gans (en préparation d'un Rahan déjà culte), en passant par Pitoff, parti à Hollywood pour un Catwoman qu'on espère moins tragique que son Vidocq, ou Kassovitz, le déploiement du spectacle français est en marche. Ironiquement, à en croire les déclarations de Vincent Cassel, Luc Besson, longtemps chef de file de ces néopirates du cinéma, doit aujourd'hui faire face à une mutinerie de ses propres enfants, tournant le dos à ce mentor en qui ils ne voient plus qu'un capitaliste franchouillard sans idéal.
La grande surprise en découvrant ce Blueberry, ce sont les libertés audacieuses que Kounen prend avec les lois du film d'action à l'américaine. A ce niveau de pognon balancé dans le Grand Canyon, s'autoriser le moindre risque avec cette doxa, apparemment si difficile à dépasser, inspire déjà une forme de respect. Kounen n'a pas eu peur d'aller au bout de sa vision. Ni vrai duel ni banale vengeance, le scénario comporte certes des éléments traditionnels du western (saloon, shérif, Indiens...) mais tient d'avantage de l'aventure initiatique où la soif de l'or s'efface au bout du compte devant celle d'une vérité intérieure.
A cet égard, ce qui relève de la commande est peu crédible. La reconstitution du Far West mythique, si soignée qu'elle puisse être, reste invraisemblablement toc sans pour autant disqualifier l'ensemble. Les poses et les mines de Vincent Cassel imitant le Clint Eastwood de Sergio Leone laissent dubitatif. Sans parler de l'irritante Juliette Lewis pleurant son "popa" chéri fraîchement dessoudé. Seuls le comique anglais Eddie Izzard, à contre-emploi en fridolin visqueux, éventuellement Michael Madsen en démon fatigué, voire Kounen lui-même autodistribué en simple d'esprit christique aux dents gâtées, impressionnent. Cette dimension artificielle semble assumée par le cinéaste. A voir ces barbes manifestement postiches (sur l'acteur Colm Meaney, par exemple), à entendre ces carabines résonnant comme des pétoires de fête foraine, on se demande si Kounen ne cherche pas à relativiser une imagerie rebattue pour mieux souligner le fond de son film.
Mantra. Car, dès la première bobine, un mysticisme indien envahit l'essentiel du récit et l'oriente vers un long trip psychédélique mordoré. Qu'il s'agisse des envolées panthéistes, des équipées cérébrales en kaléidoscope 3D grouillant d'une légion d'insectes de l'âme, c'est tout un fond onirique et drogué qui remonte à la surface sous influences Castaneda, Burroughs, William Blake, Jodorowski, Pink Floyd... En somme, Blueberry est un film des années 70 réalisé avec les moyens de la culture digitale.
Le mantra censé donner les clés des portes de la perception est prononcé à la façon d'un aphorisme matrixien par un shaman exalté : "Tu traverseras la noirceur de ton esprit et si alors tu acceptes tes peurs, tu sauras qui tu es." On veut bien le prendre comme tel et apprécier l'ambition imaginaire de Kounen, reste que cette odyssée tient plutôt du Trip de Roger Corman que de la folie métaphysique des dernières minutes de 2001 ou de l'Apocalypse de Coppola. Le coeur des ténèbres de Kounen et Cassel s'en tient pour le moment à une indigestion de champis du Jura et d'un pétard un peu chargé. En ces temps de puritanisme sarkozien, un éloge de la défonce à 36 millions d'euros (ça fait combien de barrettes?), c'est déjà pas si mal.

Télérama semaine du 11/02/04

Mi-western, mi-délire psychédélique : raté.
Etrange objet que ce pseudo western psychédélique mal embouché en aspirant blockbuster. De la BD créée par Jean Giraud (et Jean-Michel Charlier au scénario), Jan Kounen ne garde que le minimum : quelques comparses (le jovial McClure), une ambiance de poussière, une sourde violence toujours prête à surgir. Quant au héros, il en fait son affaire dès un prologue de jeunesse qui embarque le cow-boy chez les Indiens Chiricahuas, via une initiation qui aura des suites, mais patience.
Ou plutôt endurance : la partie western, qui approche la durée d'un film standard, est un exercice de style des plus médiocres. On finit par se dire que Kounen lui-même s'ennuie : changements d'angle incessants, vains efforts de rythme à coups de montage à la serpe, et un joli paquet d'ellipses qui laisseront coi même le plus tolérant des spectateurs. Au mieux, cela pourrait être une version pour enfants d'un roman hyperconcret de Cormac McCarthy. Mais le pire advient aussi.
Puis, quand on ne s'y attend plus, ce Blueberry prend le virage annoncé par la grande scène traumatique du début (le blanc-bec, le truand, la jeune fille sacrifiée dans les flammes). Le vertige métapsychique ne se traduit plus seulement par de vibrionnantes volutes dorées. Kounen, qui a visiblement lorgné sur d'autres albums de Giraud-Moebius, plonge en plein trip, comme Vincent Cassel dans la cascade, d'un genre de Temple du Soleil. On appréciera ou non la débauche de gorgones dentues, de lombrics verdâtres et autres aliénismes grouillants, le feu d'artifice de frises électroniques néobaroques de ce petit film-là, comme un bonus track du western. Mais sabotage ultime ou acte de bravoure, au moins là, Kounen essaie quelque chose du genre hallucinogène qui ne laisse pas indifférent.

157. efa - 11/02/04 12:46
et Tommy-lee jones pour Mister Blueberry?
la classe!

156. Jérôme degryse - 11/02/04 12:29
On a parlé aussi de Val Kilmer dans le rôle de Blueberry. Et effectivement sans parler de talent d'acuer je trouve qu'il avait la gueule de l'emploi



 
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