Pourquoi n'existe t'il pas de syndicat dans le monde des auteurs de bande dessinée

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55. Dim D - 18/08/02 13:56 - (en réponse à : a Kael)
J'ai entendu parler de tout ça (pas dans le detail, je l'avoue) et j'y ai pensé effectivement. Le seul probleme, c'est que ca prend beaucoup de temps ces procédures (j'imagine) et etant jeune auteur ne vivant que de la Bd, je n'ai aucune forme de revenu a côté (j'ai même pas l'âge de toucher le RMI). Dès que je ne produit pas, je gagne exactement 0,00 Euros par mois !! Donc, étant donné que je ne suis pas parti du jour au lendemain, qu'on a discuter et tout et tout pendant 3 mois, t'imagine l'etat de ma bourse en sortant de là (sachant que je paye mon loyer et ma bouffe comme un grand). Le pire dans cette histoire, c'est qu'il le savait et a volontairement attendu qu'on ai plus de credit pour nous refaire des propositions qu'on ne pourrait plus refuser vu notre etat financier.
Financierement, ca fait 1 an, et je ne m'en suis pas vraiment remis, l'attaquer, me donnera j'en suis sur raison, mais ne me fera pas gagner grand chose (financierement). Donc, moi je le laisse faire, si il est bien conseillé je pense qu'il ne m'attaquera pas, parce qu'il n'est vraiment pas sur de gagner mais bon... on ne sait jamais, des fois on oublie un recommandé et...

54. SITCOM - 18/08/02 13:47 - (en réponse à : à Weissengel et Dim D)
C'est justement là où je voulais en venir. La SACD peut peut-être t'aider à débrousailler tes problèmes juridiques. Je ne tenais pas à faire de polémique sur ton cas particulier, mais juste soulever cette possibilité de recours.
Historiquement, le bureau des auteurs a été créé par Beaumarchais en 1777 pour défendre les intérêts des auteurs de théatre. En 1791, le bureau se structure pour donner le jour à une société d'auteurs. Elle devient une société de gestion collective en 1829. La SACD a donc à peu près 200 ans. Elle s'est ouverte aujourd'hui à l'audiovisuel et sert de modèle à d'autres sociétés équivalantes. C'est une société civile privée et non pas comme on pourrait le croire un organisme public (elle ne dépend pas du ministère de la culture). Elle est composée de + de 30 000 membres (dont 80 % de français). Je ne rentre pas dans les détails de ses actions parce que c'est un peu long à expliquer (et que surtout je ne maîtrise pas assez le sujet !!!). Donc je passe le relai. Ah, ne pas oublier l'adresse : SACD 11, bis rue Ballu 75 009 Paris.

53. yvan delporte - 18/08/02 13:38
UN MOT À SCOTCH ARLESTON

Ohé, salut, comment ça va ?
Je ne consulte que rarement bdp et c'est en lisant le forum de la mdaBD que j'ai appris l'existence ici d'une discussion à propos d'un sujet intéressant.
Ceci explique que j'arrive avec ma moutarde après dîner et ne réponds que maintenant à un message antique.
C'est exact, l'upCHIC (union professionnelle des Créateurs d'Histoires en Images, Illustrations et Cartoons) créée en 1980 par une bande de dessineux, Franquin, Morris, Tibet, Roba etc, est tombée en léthargie en 1997. J'en avais marre d'être le seul à bosser et je m'étais dit que quelqu'un allait prendre le relais. Finalement, c'est moi qui, en 2002, remets le collier pour diverses raisons que j'ai déjà expliquées ailleurs.
L'upCHIC n'est pas un syndicat parce que la majorité des auteurs en sont adversaires. C'est une union professionnelle, structure inventée en 1896 par les législateurs belges pour encourager la création de coopératives. L'upCHIC bénéficie d'un certain crédit auprès des éditeurs : à deux reprises, les éditions Dupuis nous ont soumis les projets de nouveaux contrats-type (ils n'ont pas tenu compte de TOUTES nos observations, faut pas rêver). L'upCHIC bénéficie de l'aide d'avocats sympathisants. Elle a publié, et va reprendre la diffusion, d'un petit bulletin d'information et de débats illustré par ceux qu'on désigne comme volontaires.

Il doit bien exister en France une structure comparable à celle de nos unions professionnelles, qui n'effraie pas les éditeurs et soutient la cause de ceux qui travaillent, non ? Ou alors, au pire, vous pouvez tous vous inscrire à l'upCHIC. Mais attention, on est élitiste, on n'accepte que les pros ou ceux qui veulent le devenir. Tout nouveau membre doit être patronné par deux anciens, pour éviter le phagocytage par des parasites collectionneurs ou chasseurs d'autographes.
Mais tout ça, Arleston, tu le savais déjà. Non, Saint Éloi n'est pas mort. En route vers de nouvelles aventures.
Cordialement,
yd

52. Kael - 18/08/02 13:27 - (en réponse à : à Dim D)
pour les frais de procédure, si tu es sur de gagner, tu peux assigner ton ex editeur sans probleme. En cas de jugement en ta faveur, tu pourras recuperer les sommes engagées au titre de l'article 700 du Nouveau Code de procédure civile (sauf erreur de ma part, ma mémoire etant pas ma plus grande qualité...)
et si tu ne peux pas avancer ces frais, il existe l'aide juridictionnelle. C'est une aide de l'Etat pour les "moins favorisés". Je ne sais pas dans quelle mesure cette aide est accordée, mais ça vaut peut etre la peine de se renseigner non ?

51. Weissengel - 18/08/02 13:14 - (en réponse à : Ce genre de sujet donne des raison d'éspérer...)
C'est un délice, on apprends pleins de choses ici...mais heu...une question un peu naïve: Comment s'est fondée la SACD? Juste pour savoir, si on veut suivre cet exemple.

50. Dim D - 18/08/02 12:21
Il n'y a rien de vraiment personnel, c'est surtout des manquement a ses devoir. Maintenant, je ne vais pas rentrer dans les details, je ne suis pas ici pour faire de la polémique, si tu veux vraiment savoir quel était mon éditeur, c'est pas bien compliqué, je suis dans les archives de BDP.
Imagine que la chose la plus basique que n'importe quel éditeur doit à ses auteurs (contrat ou pas, c'est la loi) n'a pas ete respecté. Il le sait, on le sait aussi, mais on a pas les moyens de l'attaquer, et ça aussi il le sait.

49. SITCOM - 18/08/02 12:02 - (en réponse à : Dim D)
Serait-il possible que tu nous en dises plus sur les problèmes que tu as rencontré avec cet éditeur (sans le mentionner forcément) ou bien est-ce trop personnel ? Ca pourrait être très instructif pour nous tous de cerner certains pièges, non ?

48. Dim D - 18/08/02 11:38
Je ne vois pas en quoi les points cités ci dessous (le 5 je ne le comprend pas du tout)par Jules de chez smith posent problème et fait de ce concept une chimere, mais bon. Il est vrai que monter un syndicat parait un peu perilleux voir impossible, mais une plateforme (type MABD ou autre) d'echange d'information serait deja un plus. Il faut dire que dès le départ, a moins de s'appeler trucmuche ou trucbidule et de vendre au moins 25 ou 30 000 bouquins, on a aucun moyen de pression sur un editeur. Pire, on a vrai manque de representation vis a vis des institutions (a se demander si on existe vraiment).
Nous, en tant que jeunes auteurs, on a des problemes avec notre ancien editeur, il a profité du fait qu'on était jeune et qu'on avait pas les moyens d'entamer une procédure contre lui (pourtant y avait de quoi faire). Il n'y a personne sur qui on peut compter pour nous aider, on est obligés par la force des choses d'attendre qu'il nous attaque alors qu'il est en tort sur de nombreux points.




Ps: y a des photos Greg, y a des photos....

47. Jules-de-chez-Smith-en-face - 18/08/02 02:06
Parce que:

1) les auteurs sont individualistes avant tout même s'ils se montrent souvent charitables mais ne sont pas solidaires pour autant
2) Même entre co-auteurs des différents existent
3) Les coloristes auront-ils droit de cité?
4) Les plus éminents représentants de la profession sont-ils prêts à mettre en évidence leurs avantages (budget promotionnel, pourcentage de droits d'auteurs supérieur aux 12% mentionné ci-avant, passe réduite, prix à la planche sans avance sur droit, droit de regard sur droits dérivés, pourcentage sur les replacements, systémisation des participations aux festivals intercontinentaux)?
5) Quels sont les auteurs qui rétribuent l'éditeur détenteur des droits pour l'impression d'ex-libris, sérigraphies, lithographies...lorsqu'ils les ont percus en noir?
6) La cotisation sera-t-elle suffisamment significative pour faire travailler les juristes , les fiscalistes requis, publier les travaux, faire du lobbying?
7) La cotisation sera-t-elle suffisament modeste pour que les jeunes auteurs puissent la payer?
8) Ses représentants seront-ils du métier et auront-ils également des intérêts particuliers à défendre auprès des éditeurs ce qui ne pourrait qu'entâcher leur indépendance?

Ce syndicat est une chimère!

46. Grégory Makles - 18/08/02 01:10
Et bien le moins que je puisse dire est que je m'instruis pas mal sur ce thread. Merci pour toutes ces informations très documentées...

PS à Dim D : hum, comment tu sais ça toi ?

45. JM Lofficier - 18/08/02 01:08
Je ne voudrais pas que ce débat tourne au cours de droit, mais il existe au USA une loi sur la protection des copyrights, le Lanham Act, destinée à protéger les intérêts bassements matériels de l'Auteur et des Consommateurs.
Vers 1980, la BBC avait vendu la série tele des MONTY PYTHON à la chaine américaine ABC qui a bien sur massacré tout ça avec des coupures partout. Les Monty Pyton ont poursuivi sur le fondement du Lanham Act et ont gagné: ils ont convaincu le juge qu'un programme télé présenté sous le nom de MONTY PYTHON mais qui, de fait, était tout sauf du vrai Monty Python, était non seulement une tromperie vis à vis des téléspectateurs, mais faisait du tort à leur réputation. Au fond, comme un pastis Ricard qui ne serait pas du vrai / bon Ricard.
J'ai moi-même été expert dans une procédure entamée par les auteurs de la BD "Harsh Realm" contre Chris Carter (oui, celui des X-FILES) et Fox-T qui avaient produit une adaption TV de la BD et sucré les crédits des auteurs. Ces derniers ont poursuivi sous le Lanham Act et ont obtenu un bon "settlement".
Bref, outre la protection contractuelle, qui reste le meilleur moyen de se protéger (mieux vaut prévenir que guérir), il est tout à fait possible de défendre son droit moral aux USA par le biais du droit et des tribunaux, si on est riche bien sur (mais à ce niveau là, c'est pareil chez nous).

44. cerqueira - 18/08/02 01:04 - (en réponse à : Pour la MDABD)
La MDABD s'est mise en contact avec différents personnages de la vie publique qu'on appelle des avocats, comptables et autres spécialistes des questions du genre que vous vous posez ici ... L'association organise également un colloque qui aura lieu incessemment sous-peu et dont les principaux thèmes sont visibles sur le site mdabd.com (le forum en particulier). Bien que n'ayant pas vocation à devenir un syndicat, la mdabd se penche au risque de passer par dessus la balustrade sur les même sujets que ceux évoqués ici ; les contrats, les dédicaces, les groupes de pression et le lobbying actif des médias, etc ... viendez discutayer, jeuneuzoteurzen'erbe, notre forum aussi vous aime (si!) en particulier, toi, jeune Arleston, tu me sembles être de la bonne graine et si tu le désires, je peux faire de toi un homme riche et acidulé ...

hein ? ... comment ça que je sorte ?
Qui a laissé entrer ce troll ..?! AAARRRRGGHHHH !!!

43. JM Lofficier - 18/08/02 00:57 - (en réponse à : à Arleston)
Tu as tout à fait raison pour ce qui est du droit moral -- mais c'est quand même assez théorique.
J'ai failli plaider deux proces (comme souvent, tout ça c'est réglé à l'amiable), un dans l'audio-visuel et un dans l'édition, sur le fondement du fameux droit moral, et de mon expérience, les tribunaux français ne considèrent pas à la légère ce qu'ils appellent "abus du droit moral", et répugnent à rompre un contrat (un peu moins à t'allouer des dommages et intérêts) juste à cause de ça. Anne Goscinny a d'ailleurs perdu un procès contre Uderzo devant le TGI de Paris en dépit de son recours au droit moral.
Bref, le Droit Moral, c'est très bien s'il y a une violation caracterisée -- l'éditeur rajoute des moustaches à tes personnages -- ce qui ne se produit pratiquement jamais -- mais dans tous les cas de figure réalistes (adaptations, film, traductions, etc.) tu ne peux pas l'utiliser, sans t'exposer toi-même à de lourdes demandes reconventionelles. Dans le meilleur des cas tu peux retirer ton nom; quant à obtenir la nullité d'un contrat, cela t'oblige à tout rembourser à l'autre partie, y compris certains frais.
Au ras des pâquerettes, j'en suis arrivé à la conclusion que le Droit Moral est ce que les Patrons servent aux auteurs français pour leur faire croire qu'ils ont bien de la chance d'être français. (Et ce faisant je n'oppose pas uniquement la France aux USA, mais à l'allemagne, l'angleterre ou l'italie.)
Revenant sur la situation juridique de l'auteur, aux USA, tu es ici propriétaire de ton copyright jusqu'au moment où tu le cèdes A toi de ne pas le céder. Personne ne dit à Todd McFarlane ce qu'il faut faire sur SPAWN, ou à l'autre bout de l'échelle, à Dave Sim sur CEREBUS, ou à moi sur ToNGUE LASH. Si tu avais crée LANFEUST chez Dark Horse ou Kitchen Sink, tu serais grosso modo et d'un point de vue pratique dans la même situation juridique qu'en France, à quelques pourcentages près (avec Tarquin, bien sur).

42. Midam - 18/08/02 00:53
J'ai lu un compte rendu d'un long débat sur la cession de droit audiovisuel (que je tiens à la disposition de qui voudra, 52 pages passionnantes sur les répartitions de droits SACD avec des exemples connus) concernant le droit moral dans une configuration américaine et qui va dans le sens de l'officier. On y explique clairement qu'on peut substituer le droit moral inexistant en Amérique avec un contrat énumérant et anticipant consciencieusement tous les cas de figure dans lesquels l'oeuvre de l'auteur pourrait être mise à mal par les adaptateurs. Ce contrat est parfois même mieux et beaucoup plus précis que le droit moral qui peut être très flou et sujet à diverses interprétations.

Un extrait ci-après :

"Suzanne Lea : J’ai donc négocié pendant 6 mois avec les Américains (parce que même s’ils ne reconnaissent pas le droit moral, ils sont très pragmatiques) et j’ai obtenu des clauses de protection qui reviennent à dire que quelque part, il y a un droit moral. Simplement ça ne s’appelle pas droit moral. (...) On a passé concrètement des journées entières à imaginer toutes les plus horribles éventualités et à les définir. Les Américains étaient absolument d’accord pour respecter ces clauses. Il faut donc aborder toutes les négociations avec les Américains avec un esprit extrêmement pragmatique et non avec des positions de principes à l’européenne. Ce ne sont pas des ogres. Ce sont des gens qui ont souvent une créativité extraordinaire, ils ont une machine extraordinaire. Et si on protège bien les auteurs par d’autres moyens, on peut non seulement rapporter beaucoup d’argent à l’auteur mais aussi au livre dans un deuxième temps.

Patrice Hoffmann : Donc, vous avez trouvé le moyen de faire respecter un certain droit moral que les Américains ne définissent pas comme tel. Mais il s’agit d’une certaine façon d’un droit moral par défaut où l’on fait la liste de toutes les situations…

Susanna Lea : Tout à fait. Et c’est une conversation qu’il faut avoir avec l’auteur avant même de signer quoi que ce quoi."

Etc...

41. cubik - 17/08/02 22:35 - (en réponse à : cubik@caramail.com)
moi je vois qu'une solution:
trouver des avocats et des syndicalistes benevoles amateurs de bd pour monter un truc
c'est po gagne votre affaire
mais bon, dans un premier temps, je sais po si ca existe deja ou pas, mais ce serait que les jeunes auteurs puissent, via la maison des auteurs, demander conseil facilement a leurs illustres aines, une sorte de permanence ou je sais po quoi
ca existe ca?

40. Arleston - 17/08/02 22:09
à JM Lofficier.
Sur le dernier point, le contrôle des droits dérivés, tu as tout à fait raison, c'est ce que je pratique désormais.
Sur la vision des "droits" entre france et USA, je sais bien qu'il est possible, aux USA, d'obtenir des pourcentages confortables. Il est aussi possible d'être un simple salarié sans droits, les deux cas existent. Mais il n'y a pas que l'aspect financier, et la difference fondamentale est le Droit Moral de l'auteur. En France, il est inaliénable, aux USA, il est inexistant. En France, le créateur d'un personnage garde à vie un droit de regard sur son travail, quelles que soient les conditions financières. Aux USA, un éditeur peut racheter un personnage à un auteur plus ou moins heureux de le céder, et en faire ce que bon lui semble.
C'est juste une façon différente de considérer les choses: dans la vision anglo-saxonne, toute création est, et n'est que, une marchandise. On peut sans doute y être très heureux, mais perso je ne m'y sentirais pas à l'aise.
A Greg: oui, le raisonnement sur un tarifd minimum tient pour un album à vocation commerciale. Bien sûr, pour des albums plus confidentiels, ça ne peut pas fonctionner... Preuve que ce serait un beau merdier que d'essayer de trouver une codification à tout ça !

39. JM Lofficier - 17/08/02 19:42
Tiens, puisqu'on parle de "minimums contractuels", en voila un que j'aimerais bien que TOUS les auteurs de France et de Navarre fassent mettre dans leurs contrats: à savoir qu'AUCUN contrat de cession de droits (étranger, dérivés, etc.) ne sera valable sans la signature de l'Auteur (des Auteurs), et qu'en cas de différent, la volonté de l'Auteur prévaudra. A défaut de syndicat, auteurs ici présents, essayez déjà de bétonner sur ce point. Ca ne coute pas un sou à l'éditeur; cela consiste uniquement à partager le contrôle de votre oeuvre. Bonne chance!

38. JM Lofficier - 17/08/02 19:37
Oups, erreur: lire "jeunot qui fait pas $10.000 (PAS $100.000 ce qui est très confortable) dans l'année."

37. JM Lofficier - 17/08/02 19:34
Discussion extrêmement intéressante. En vrac:
- La SACD: je suis associé (membre étranger) à l'Union des Scénaristes française qui regroupe bon nombre de scénaristes professionnels cinéma & télé. Celle-ci a été créée en grande partie pour corriger et s'opposer à l'incompétence, aux abus, et au gaspillage de la SACD. Mon ami Joel Houssin pourrait expliquer tout ça plus en détail, mais la SACD, c'est pas le Pérou. Ceci étant, c'est probablement mieux que rien.
-- Mon épouse Randy est membre du Writers Guild américain, et je souhaiterais corriger une erreur fondamentale, hélas courante, et visiblement partagée par mon camarade Arleston, qui est que les auteurs sont moins bien traités aux USA qu'en France.
Sans entrer dans les détails, et en se méfiant des généralisations abusives, **à réputation égale**, c'est faux. Cher Arleston, avec Lanfeust, aux USA, tu serais l'équivalent de McFarlane avec Spawn, et il y a quand même une sacrée différence. N'oublions pas les litiges qui ont opposé Uderzo à Dargaud. Un Stephen King est beaucoup mieux traité qu'un Maurice Dantec, qui s'est d'ailleurs expatrié. Même Chris Claremont, sur les X-MEN (personnages qu'il n'avait pas crées et ne lui appartenaient pas) touchait des pourcentages qui lui ont permis de s'acheter un avion.
Expliquons: En France, l'auteur a depuis la révolution (merci, Beaumarchais) des droits inaliénables et il est donc sensé être protégé par la Loi. Dans la pratique, hélas, ces droits ne valent pas des cacahouètes, les producteurs et éditeurs s'en foutent royalement, et en l'absence d'un environnement contractuel ou juridique musclé, la seule solution est de faire des proces (ou menacer de) ce qui n'est pas toujours souhaitable voire possible. Et puis, on passe pour un emmerdeur, j'en sais quelque chose.
Aux Etats-Unis, à cause de l'absence de mesures de protection inclues dans le droit, s'est développé un arsenal contractuel musclé en particulier depuis, disons, la guerre. Du coup les guildes d'auteurs, voire simplement la pratique qui consiste à négocier de bons contrats, est beaucoup plus répandue.
Je sais qu'il ne faut pas mesurer le succes (ni le bonheur) au simples sous qu'on gagne, mais pratiquant dans les deux systèmes depuis 15 ans environ, je peux témoigner que l'idée de l'auteur exploité aux U.S.A est en partie et, certains pensent, délibérément maintenue par ceux qui, en France, ont tout à gagner à continuer à laisser croire aux auteurs français qu'ils sont mieux traités qu'ailleurs.
Quant à la notion d'un syndicat BD, Goscinny et Charlier avaient essayé ça dans les années 50 (je crois) et ont très vite été débarqués par les éditeurs. C'est amusant de noter que l'une des conséquences en fut la naissance de PILOTE; une autre fut l'amertume plus ou moins déguisée que ces deux grands professionnels ressentirent envers bon nombre de leurs confrères dont le soutien avait été, disons, moins qu'évident.
Aux USA, Neal Adams a essayé vers 1970 (bien qu'il existe déjà le National Cartoonist Society mais qui est plus honorifique et artistique que business), sans grand succès, encore qu'il a quand même réussi à obtenir une retraite pour les deux créateurs de Superman (ça c'est encore une histoire qui serait longue à raconter). Disons que la profession n'est pas connu pour ses élans de solidarité. Curieusement, contrairement aux scénaristes ciné-télé où, à Hollywood, lors des grèves du Writer Guild, on verra le type qui gagne $1 million par script côte à côte avec le jeunot qui fait pas $100.000 dans l'année.

36. crepp - 17/08/02 19:06
Il n'existe pas de "contrat type" dans une même maison d'édition? C'est vraiment à le "tête du client"?

35. Dim D - 17/08/02 18:44 - (en réponse à : a Greg qui est tout beau depuis qu'il a ete chez le coiffeur)
Peut être qu'il pourrait y avoir un minimum ajustable au tirage.

34. Midam - 17/08/02 17:30
Pour défendre mes intérêts et sans possible recours auprès d'un organisme associatif protégeant les droits des auteurs, je suis obligé de consulter des avocats et de contacter mes collègues. Ce qui me coûte de l'argent mais surtout du temps, augmenté du fait que ce n'est pas le métier que j'ai choisi. Tous les contrats sont très différents et chaque auteur à sa bête noire, difficile alors de plaider une cause commune : j'ai un problème x et un collègue à un problème y dans son contrat. Ce que je remarque systématiquement c'est que le débat juridique auteur-éditeur se déplace toujours vers l'Usage. "Machin a signé ceci et nous ne comprenons pas pourquoi tu ne veux pas le signer" donc je signe sans savoir que Machin avait négocié cette signature pour d'autres avantages. Truc arrive et on lui demande de signer en lui disant que Machin et Midam ont signé aussi, "on fait comme ça depuis des années". C'est donc aussi la responsabilité d'auteurs gros vendeur de ne pas signer à la légère. Cet Usage, effectivement, au bout de x années a force de loi et pèse énormément dans un conflit ouvert qui se débattrait devant un tribunal. C'est comme ça qu'un éditeur ou un regroupement d'éditeurs (soyons parano) dicte petit à petit sa loi. Diviser pour régner en somme, mais attention diviser agréablement en distribuant homéopathiquement des avantages cachés. L'éditeur sait qu'un auteur n'est pas enclin facilement à dévoiler son contrat à un collègue, ça se fait rarement (pour ainsi dire jamais dans mon milieu) et ce n'est jamais une partie de plaisir. L'auteur est un solitaire et je suis sûr que beaucoup de choses changeraient avec une association puissante. Ceci dit, il y a effectivement toute une série de problèmes sérieux générés pas un projet de ce type et on peut même douter de sa viabilité, mais sa nécessité n'est plus à démontrer.

33. Grégory Makles - 17/08/02 17:10
tout le monde n'habite pas à Paris
... merde, il est fort le bougre ;-)
Bon plus serieusement je vais te donner un exemple concret : je viens de me lancer à côté de mes activités de scénariste dans un projet noir et blanc petit format ou je fais tout, ambiance truc perso qui vend pas. Je suis bien evidemment payé moins que ces 10000€ en avance ce qui est conforme aux usages pour ce type d'objet (mon editeur ne se verse même pas de salaire à ma connaissance)(pas Soleil, hein, le petit)(non parceque bon). De façon plus générale, alors que ce type d'album est difficilement rentable, il me semble malsain d'exiger d'un éditeur qu'il paye un minimum fixe à un auteur sans rapport avec la rentabilité même de l'objet. Pourquoi doit-on pouvoir en vivre absolument par défaut ? Au nom de quoi ? Et quand bien même, si l'on décide d'un minimum syndical pour chaque auteur indépendament des lois du marché, il doit y avoir participation de l'état plus que de l'editeur, sinon c'est la mort des petits. En dessous des 2000 ex, il devient forcément impossible de payer une telle somme.
Je m'étendrais bien mais je suis en retard. La cuite au prochain numéro.

32. Maëster - 17/08/02 16:55
Il fut un temps où, croisant Loisel en festival, nous mesurions la bonne santé de nos droits d'auteur respectifs à l'aune de notre tour de taille. Pour des raisons tant esthétiques que médicales, Arleston et, dans une moindre mesure, moi même avons sensiblement réduit notre instrument de mesure, mais je serai heureux de pouvoir comparer à Solliès la longueur de nos contrats d'éditeurs.
Il devait d'ailleurs être créée sur le site de la Maison des Auteurs une "banque de données" comparative concernant les contrats, mais personne n'a encore eu le courage de tout retaper, et puis les vacances sont arrivées (pas pour tout le monde mais quand même). C'est pourtant une excellente idée (je devrais m'y coller en premier, les contrats chez Fluide n'excédant pas UNE page).

31. Dim D - 17/08/02 16:43
Tout a fait d'accord avec le le sieur Arleston, C'est pas l'imprimeur qui bosse les dimanches et les jours feriés, c'est pas le diffuseur qui mouille sa chemise quand même.

30. Lestat - 17/08/02 16:29
C'est moche que les auteurs ne soient pas sur la liste des créanciers prioritaires en cas de faillite de l'éditeur. Ce serait une bonne clause à inclure dans les objectifs d'une future association... Il faudrait que les auteurs donnent une procuration à une telle association, afin de leur donner le droit d'agir en leurs noms. Aussi, la possibilité de rapatrier les droits de ses créations lorsqu'il y a changement de propriétaires ou de politique éditoriale majeure, remettant en cause la bonne poursuite des albums des auteurs...

29. Arleston - 17/08/02 16:28
A Lestat
Justement, il ne faut pas considérer les choses en terme de "guerre", mais juste de concertation. Et je connais plusieurs éditeurs qui eux ont bien compris ce que je disais plus bas, c'est à dire qu'une affaire n'est bonne à long terme que si tout le monde en profite. Dernier point, il est évident que de jeunes débutants revendicatifs ne seront pas forcément écoutés, alors que si une Société des Auteurs de BD s'appuie sur des vieux représentant de jolis chiffres de ventes, les éditeurs écouteront mieux.
Du Quebec la chose semble peut-être bizarre, en fonction du contexte légal nord-américain, mais nous avons en France la SACD, Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques, qui grosso modo s'occupe de tout ce qui est droits Radio, Télé, Théâtre et Cinéma, et qui fait un très beau travail pour les auteurs. Et dieu sait si les éditeurs que nous côtoyons sont des enfants de chœur par rapports aux producteurs télé ou ciné ! Donc une SABD aurait toute sa place dans un dialogue.
Non, comme je le disais, le vrai problème serait de trouver des auteurs acceptant de sacrifier du temps et de l'énergie pour s'en occuper ! Un auteur de BD, ce qui lui plait, c'est d'être chez lui à raconter ses histoires, pas de se battre avec des papiers administratifs !

28. Arleston - 17/08/02 16:15
Je suis désolé Greg, il faut que tu t'y fasses, tout le monde n'habite pas à Paris. Par contre, le ticket de bus à Aix en Provence est à 90 centimes (d'euro).
Bon, j'ai dit 10 000 Euros pour LES AUTEURS. Soit 2000 Euros pour la couleur, 2500 pour le scénar et 5500 pour le dessin noir. Et honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse proposer moins à des auteurs aujourd'hui en 2002: c'est moins que ce que payait Mourad à des débutants lorsque j'ai commencé chez lui en 1991 ! (Et ce n'était pas du tout un gros éditeur, alors).
Et sur lorsque tu crains que des petits éditeurs n'en meurent sur place, ma réponse est simple: eh bien qu'ils crèvent. Parce qu'après tout, pourquoi considère t-on comme normal de payer l'imprimeur un certain prix, de payer tous les acteurs économiques de la chaîne de l'édition, et de demander à des débutants d'être de quasi-bénévoles sous prétexte qu'ils aiment ce qu'ils font ? Si un éditeur n'a pas les moyens de payer l'imprimeur, il n'édite pas, OK ? Alors s'il n'a pas les moyens de payer l'auteur, il n'édite pas non plus, c'est tout.
Le problème est qu'il y a régulièrement des types qui ont un peu d'argent devant eux et qui se disent: tiens, je vais devenir éditeur. Ils commandent des bouquins à des jeunes auteurs, ils les font tirer, ils trouvent un distributeur, au début tout va bien. Mais rapidement ils s'aperçoivent que les bouquins, ça ne se vend pas tout seul, que les traites tombent tous les mois, et le navire prend l'eau parce qu'un incompétent (souvent plein de bonne volonté) s'est cru éditeur. Et neuf fois sur dix, les premiers qu'il cesse de payer, c'est les auteurs ! C'est ça que je ne trouve pas normal. D'ailleurs, lors d'une faillite, les auteurs ne font pas du tout partie des créanciers prioritaires.

27. Lestat - 17/08/02 15:54
Ha! Je mot syndicat doit ici être considéré comme un terme analogue d'une forme d'association, mais pas comme son sens légal de représentation de salariés envers un employeur. Cette clarification est importante. Tout de même, la mise sur pied d'une telle association n'est pas de tout repos, comme vous l'avez déjà dit. Je me demande tout de même quelle sera cette fameuse base légale, qui donnera de la force, de la coercition, à ses actions envers les organismes visés (surtout les éditeurs!). En effet, quoi de plus facile pour une corporation de ne pas vouloir admettre la représentativité de cette association d'auteurs? De refuser carrément de recevoir ses représentants, ou de simplement prendre note des ses doléances? Et que dire des mesures de représailles envers les membres de cette association? C'est très facile à faire, mais plus difficile à prouver en cours si on se plaint de la situation. Cela mènera inévitablement à un certain ostracisme, une discrimination envers les membres de cette association, de la part des adversaires les plus farouches (les gros éditeurs sans coeur). Cela deviendra une histoire de politique, comme avec les partis... C'est un "pensez-y bien", toute cette affaire: elle mérite pleinement une réflexion personnelle, et de groupe. Un autre point: celui de la nationalité. Elle peut sembler triviale, mais les compagnies et associations n'ont pas les même pouvoir/obligations dans chaque pays. Les lois diffèrent, même si elles peuvent sembler pareilles. Ce ne sera pas évident d'harmoniser une telle association d'auteurs aux lois en vigueur dans les pays où les éditeurs résident, alors que les auteurs eux habitent dans une autre contrée. C'est tout un travail de représentation... Mais c'est surtout un projet intéressant, qui demande beaucoup d'effort, et de temps. Et qui nécéssitera l'appui de gens solidement impliqués dans le milieu, afin de lui donner un minimum de validité. Le coup de pouce, quoi. Des nouveaux auteurs ne seront pas capable de s'en occuper seuls, c'est évident. Ce sera le prélude d'une guerre, où les coups bas pleuvront, et qui ne fera peut-être même pas de vainqueurs, que des victimes (comme toutes les guerres)... Mais c'est pour le bien de la bd!

26. Grégory Makles - 17/08/02 15:48
Hum, 10000 euros d'avance minimum ? Tu as du faire une approximation à des fins de lisibilité, parceque dans l'état il me semble que beaucoup de petits éditeurs en mourraient sur place non ?
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...hum. Enfin, juste pour vérifier, c'est quoi le prix d'un ticket de métro ? ;-)

25. niko - 17/08/02 15:26
Merci à vous deux pour ces réponses. Mais alors pourquoi ça traîne? Est ce vraiment une mauvaise entente massive entre les auteurs qui empeche la création d'un tel organisme?

24. Arleston - 17/08/02 15:11
Il ne peut évidemment pas être question de "salaire" minimal, mais bien plutôt de "contrat" minimal. En effet, un salaire implique une régularité mensuelle, alors que certains auteurs mettent 15 jours à faire une planche et d'autres 2 jours, certains bossent comme des fous et d'autres glandent comme des fous: un salarié n'a plus cette liberté, et de toute façon se serait absurde et irréalisable. (Ou alors à fonctionner comme certains studios US, avec des salariés qui renoncent à tous droits sur les personnages et qui sont dépossédés de leurs prérogatives d'auteurs, l'horreur du tiers-monde américain!).
Un contrat minimum ce serait par exemple de dire qu'on ne peut pas proposer moins de 10000 Euros d'avances acquises aux auteurs pour un album. (c'est vraiment aujourd'hui un minimum, ça fait un smic pour un dessinateur qui bosse bien, c'est à dire 6 planches/mois). Que les rémunérations s'échelonnent au minimum de 8 à 12 % suivant tel ou tel palier de vente, et surtout ça serait la multitude de points de détail que contiennent les contrats actuels: j'ai l'occasion d'en voir de plein de maisons d'editions differentes (eh oui, on se les montre, entre potes, euh, les contrats) , et certains éditeurs sont quand même gonflés de faire signer des choses un poil exagérées à des jeunes auteurs qui n'ont pas le pouvoir de discuter.
J'ai toujours fait partie des auteurs qui disent qu'un éditeur doit gagner de l'argent, que c'est normal et qu'il le mérite. Je sais quels sont les coûts, les engagements, les investissements d'un éditeur. Il prend des risques, ce n'est pas un boulot facile. Mais je sais aussi reconnaître le moment ou on essaye d'entuber l'auteur. Un éditeur intelligent sait que pour qu'une affaire soit bonne et durable, il faut que les deux parties en tirent avantage. Si un des deux cherche à tondre l'autre, ça finit par se voir: l'auteur part et va voir ailleurs, devenu méfiant sur ce qu'on lui tend à signer, et parfois même il intente un procès, on en a quelques exemples.
Une Société des auteurs permettrait d'éviter beaucoup de ces problèmes.

23. Grégory Makles - 17/08/02 14:43
A propos du salaire minimal

Un système un peu similaire existe dans les métiers du spectacle, c'est celui des cachets - et il est très symptomatique de la culture française de subvention. Ce type de système est très discuté et pour ma part je suis assez partagé : d'un côté, mon passage aux Arts Decos m'a montré à quel point les systèmes financés par l'état perdaient toute energie créative en même temps qu'il cessait d'être dans des situations risquées (c'est l'exemple le plus marquant pour moi mais l'IRCAM ou les circuits de subventions auw scénarios au cinéma me laissent le même goût). Le risque est bon pour l'art à defaut dêtre bon pour les gens... ce que confirme d'ailleurs l'étude des histoires de l'art... bref. D'un autre côté, le système 100% liberal génére une dérive assez déprimante. Il n'y a pas moyen de se satisfaire de solution facile... Reste que pour moi, en tant qu'auteur, je préfère agir dans l'intérêt de la BD (et donc de sa vitalité) que pour l'acquisition d'un peu de confort pour ceux qui la font (ah, le confort, notre pire predateur... le mien en tout cas). Il est detestable d'avoir le feu au fesse pour donner le meilleur de soi, mais des fois je me demande s'il y a seulement moyen d'éviter cette étape...

A Arleston : Oui Messire.

22. niko - 17/08/02 13:19
Aussi bien que possible?? Est-ce que "aussi bien que possible" signifie qu'un auteur(débutant ou non) soit obligé de travailler à la chaine ou ailleurs pour vivre à peine correctement? Un groupe de pression ne pourrait il pas amener à créer "une rémunération minimum" comme il existe déja dans le cinéma , le foot et je ne sais quoi d'autre. Enfin, si ça se trouve cela existe déja. et j'ai aussi une question stupide : pourquoi ne pas être "salarié" d'un seul éditeur? Peut être alors négocier serait plus facile? Il est aussi posible d'imaginer qu'un syndicat participe à la surveillance des fluctuations de prix, des différents "traffiques" entre les libraires des pays européens et de toutes les autres magouilles qui ne leur font pas gagner un poy.

21. Arleston - 17/08/02 12:54
La Maison des Auteurs fait des choses très bien, mais ce n'est pas sa vocation que de devenir une organisation professionnelle représentative. Pour ce qui est de se retrousser les manches, je suis pour ma part comme beaucoup d'auteurs: je sais qu'il faudrait créer quelque chose, mais je n'ai pas de temps à y consacrer. Pour que ca marche, il faut qu'il y en ait un qui se sacrifie à se taper du boulot, des emmerdes, et à cristalliser les râleurs contre lui, parce que c'est toujours comme ça que ça se passe !
Une idée au passage, d'ailleurs: une SABD pourrait gérer pour les auteurs qui le souhaitent les droits dérivés, par exemple.

Pour Gregory: continue à m'appeler monsieur et je te renvoie dans ta Vologne, Patrick Roy !

20. Dim D - 17/08/02 12:43
Je viens juste d'en entendre parler et je n'ai fait qu'un bref saut sur leur site mais la "Maison des auteurs de BD" ne pourrait elle pas être un bon point de départ?

19. Roudoudou - 17/08/02 12:40
Ils ont de la chance, ceux qui ont un sindicat, ils peuvent arreter de travailler quand ils veulent et faire la grève, et alors, ils se promènent dans les rues, ils chantent et ils lancent des petards. A l'ecole, si des elèves font ça au lieu d'aller au cours, on previent leur parents et on leur met des heures de colle, c'est du pas juste!
Eh, c'est aux elèves qu'on met des heures de colle, hein, pas aux parents!

18. malo - 17/08/02 12:39 - (en réponse à : Greg)
Concernant ton post precedent , c'est pas pour rien que tu ressemble à Raffarin, dis moi...

17. malo - 17/08/02 12:31
Bon ben y a p'us qu' a se retrousser les manches.

16. Grégory Makles - 17/08/02 12:25
Hum... post extrêmement interessant, merci monsieur...

15. Arleston - 17/08/02 12:06
Il ne me semble pas qu'il y ait de problème légal: un syndicat est une association pour la défense des intérêts d'une profession, il existe déjà de nombreux syndicats représentant des professions indépendantes.
Par ailleurs, un syndicat de ce type ne fonctionne pas du tout comme un syndicat de salariés, bien entendu. D'ailleurs si le mot syndicat n'est pas approprié, on peut plutôt envisager une Société des Auteurs de BD, une SABD sur le modèle de la SACD. Son rôle serait de plusieurs natures. Le moins négligeable serait la concertation avec les éditeurs pour la mise au point d'un "contrat minimum". En effet, beaucoup d'éditeurs profitent de l'envie de publier d'auteurs débutants pour leur imposer des conditions vraiment aberrantes. Chaque éditeur a ses petites manies, ses trucs: l'un vous fera signer son contrat sous la loi Suisse, l'autre, basé à Bruxelles, vous proposera un contrat dans lequel les ventes en France sont considérées comme des droits étrangers, donc prélevés de 50 % (si si, on me l'a fait, celui là! ).
Je ne me fais guère d'illusions sur la façon dont la plupart des éditeurs considèrent les auteurs. Il m'est arrivé à Angoulême, il y a deux ans, d'aller assister à un débat dans le théâtre. La salle était à 80% vide et j'étais mollement avachi au fond de mon fauteuil, c'est-à-dire presque invisible. Quand sont venus s'asseoir derrière moi monsieur X, patron d'une très très grosse maison d'édition, et monsieur Y, ayant depuis peu intégré lui aussi une très grosse boite après en avoir quitté une autre. Les deux "concurrents" et par ailleurs meilleurs amis du monde n'ont pas écouté grand chose au débat qui se déroulait sur la scène, et moi non plus puisque je n'ai pu m'empêcher de suivre leur conversation chuchotée. Je peux vous assurer que je ne suis plus un naïf depuis longtemps, mais ce que j'ai entendu allait au-delà du cynisme ordinaire. Ces gens-là considéraient leurs auteurs comme "de la viande à dessiner" (je cite monsieur Y), et leur principale préoccupation était de trouver des moyens de gagner plus de sous: non pas en vendant plus de livres, ce qui est normal, mais en rognant sur tous les coûts, y compris le poste "auteurs", ce qui est crétin. Et le ton employé, la condescendance, le mépris, tout ça était assez odieux alors que sur la scène des jeunes auteurs expliquaient qu'ils vivaient avec 3000 balles par mois, mais que la passion...
Bon, pour en revenir à un syndicat, ou une société d'auteurs, l'organisme aurait pour première mission de fixer des contrats minimum, donc, (liberté à chacun de négocier ses "plus", mais déjà base minimale pour tous). Il devrait aussi fournir une assistance juridique aux nombreux auteurs qui se posent des questions, mais qui n'ont pas toujours les moyens de consulter un avocat (et de toute façon peu d'avocats connaissent bien les problèmes de propriété littéraire et artistique). Troisième point, il pourrait régulièrement, mandaté par tel ou tel auteur, auditer les comptes de tel ou tel éditeur. Pour le moment les auteurs ayant eu recours à ce système sont trop rares (il faut déjà avoir les moyens...), mais une mise en place plus régulière obligerait sans aucun doute certains à clarifier leurs comptes, surtout sur les ventes à l'étranger, domaine flou qui permet des dérives. Enfin, autre point de travail pour une société d'auteurs: être un interlocuteur face aux pouvoirs publics. La nouvelle loi fiscale, par exemple, qui refuse aux dessinateurs le droit d'être considérés comme auteurs s'ils travaillent avec un scénariste, est un truc stupide contre lequel il faudrait se battre: seule une organisation représentative a des chances d'être entendue.

PS: je viens de lire la dernière intervention, qui en effet émane certainement d'un éditeur, puisqu'elle s'adresse à des auteurs et commence par "vous êtes des ânes"...

14. Grégory Makles - 17/08/02 12:01
6 à 10 % ? Hum, rappellez-moi de ne pas signer chez vous.. quoique si, finalement, à 6% je vous fait un procès que je gagne car le minimum légal est à 8 et avec les dommages et intérêt je m'achète un avion (relativement petit soyons honnête)
Je ne comprends pas bien non plus le calcul des 40 centimes, qui me semble peu réaliste et vraisemblablement assez malsain : si l'idée est de créer un "fond de pension pour les auteurs misérables", ça va relever d'une certaine forme d'assistanat qui croyez le ou non a toujours été néfaste en art, voir les débats récents sur le mode de financement des films en France et son impact sur leur qualité...
Enfin, et la je parle du point de vue de l'entreprenneur, l'edition est un secteur d'activité relativement ingrat et extrêmement risqué. Que des éditeurs qui ont mis quinze ans à se construire et à se stabiliser (ce qui n'est jamais complètement acqui) fassent de gros bénéfis me semble la moindre des choses. De plus, la simple concurrence est le meilleur garant pour l'auteur qu'il est traité aussi bien que possible, un peu comme chez les cadres quand ils sont dans un secteur où ils sont très recherchés.

13. un editeur - 17/08/02 11:46
voila comment doner de l'importance à un message sans donner son nom!!!

12. Un éditeur - 17/08/02 11:00
Vuos êtes des ânes. je le dis gentiment, hein. Si les auteurs n'ont pas besoin de syndicat, c'est-à-dire d'une entité légale qui puisse défendre et représenter leurs intérêt, alors les travailleurs de Renault ou de Cockerill non plus.
Je suis éditeur, et des regroupement d'intérêt ont permis d'obtenir des avancées dans des dossiers importants (le prix unique, par exemple). De même, on a pu améliorer les systèmes de diffusion, en se regroupant dans ce qu'il faut bien appeller des "groupes de pression". Quand il émane du patronnat, on l'appelle "lobby", quand il émane des travailleurs, on le nomme "syndicat". C'est plus qu'utile, c'est indispensable. Le syndicat est au minimum un contrepoids aux lobbies.
Je suis auteur, et je suis bien placé pour savoir à quel point un auteur est le moins bien traîté de toute la chaîne du livre, avec ses lamentables 6 à 10 % de droits. L'auteur n'a qu'à signer sans discuter, et il n'y a que les plus importants qui peuvent négocier. Si un syndicat existait, la force des auteurs importants rejaillirait sur les petits. Si on décidait de majorer le prix des livres de 40 centimes, et de partager cette somme entre les auteurs, d'un seul coup, la plupart pourrait manger, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Même des auteurs "connus" vivent d'à-côtés (illus, enseignement, télétravail...) On me dit, ici et là, chez les libraires et chez les diffuseurs, que ce n'est pas possible, que c'est un bouleversement des pratiques impensable. C'est ce qu'on dit toujours quand il s'agit d'améliorer le sort des moins nantis. Les auteurs ne sont pas tout indigents, mais presque. Je ne vois pas que ce soit "normal". C'est honteux et indigne.

11. Christ Oliver - 17/08/02 03:45
J'imagine aussi mal certaines conditions typiques des syndicats, comme flanquer à la porte un auteur qui marche très fort, et garder un auteur qui ne fait que de la daube qui ne se vends pas, simplement parce que l'auteur de daube a l'ancienneté pour lui.

10. Oz - 17/08/02 01:44
Je ne crois vraiment pas qu'un syndicat soit approprié pour les dessinateurs de B.D. Les auteurs. n'ont pas tous la même valeur et leur travail la même qualité. Quand un auteur signe avec un éditeur , ce dernier estime la valeur de l'auteur par rapport à sa popularité et à son talent. Il serait impossible pour un syndicat de chiffrer cette valeur...Certains artistes ont recours à un agent, je crois que c'est la meilleur solution car elle permet de négocier dans un contexte de cas par cas.

Nous ne parlons pas ici de travailleurs à la chaine qui font exactement le même travail et qui fournissent le même rendement....Les artistes sont tous différents et on tous un valeur différentes. L'individualusme est à la base de leur travail.



... j'imagine mal des bédéistes faire la grève....

So-So-So-solidarité!!!!

9. Maëster - 17/08/02 00:02
Cher Arleston, je me réjouis de vous croiser bientôt sous les platanes agités d'une fraîche bise provençale.
Mais il me semble que Lestat a posé une interrogation fort judicieuse ; quelle pourrait être la base légale d'un syndicat des auteurs, si tant est qu'il se décide un jour d'en mettre un sur pied ?

8. Arleston - 16/08/02 20:39
Tu as raison, je m'en excuse, il est temps d'enterrer les vieilles légendes. Chacun sait bien que c'est en calls-girls que serait dépensé le moindre sou que nous recevrions.
Quand aux caisses de Soleil, elles existent en deux formats, que je me charge d'examiner soigneusement à chaque commande: caisses de six ou caisses de douze, et en provenances de diverses régions du Médoc: Pauillac, St Estephe, Margaux, et ma préférée, St julien. Les caisses en provenance des régions voisines, St Emilion ou Pomerol sont également tolérées. J'ai deux ou trois echantillons interessants que nous pourrons examiner à Sollies.
Et si on veut partir avec, c'est lourd, une caisse de douze.

7. Maëster - 16/08/02 18:23 - (en réponse à : aparté)
Il en va des réputations comme des sobriquets de l'enfance ; passé un certain temps, ce n'est plus vraiment drôle, ce n'est plus très approprié, et ça commence à devenir un peu lourd (pas vrai, Scotch ?). Peu de chances que j'aille "boire" la caisse d'un syndicat d'auteurs, d'une part parce qu'un tel syndicat n'existe pas encore (à ma connaissance), que les caisses en sont donc vides, et que mes goûts oenologiques me pousseraient plus volontiers à aller taper dans les caisses de Soleil pour faire bombance.

6. Lestat - 16/08/02 18:03
Veuillez excuser mon ignorance, mais en quoi un syndicat peut-il être utile à des travailleurs autonomes? Comme la majorité des auteurs sont à contrat, il n'y a pas de possibilité d'une association légale comme un syndicat régulier, non? Un syndicat, c'est pour des employés, pas des commissionaires, il me semble... Non pas que je trouve cette idée déplacée, au contraire. Mais je m'interroge sur la base légale, de regrouper plein de travailleurs autonomes, pour les représenter auprès de différentes compagnies, qui n'ont pas les même buts ni moyens pour exister. C'est tout un travail en perspective... Ou peut-être que les normes américaines et européennes sont différentes sur le point de la représentation syndicale... N'y a-t-il pas eu des tentaives dans les années 1950, et dont certains auteurs en ont fait les frais (comme Dimitri ou Uderzo)?



 
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