Lewis Trondheim (2)

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384. jicece - 01/06/05 17:05
petite précision (trouvée sur le site de la monnaie de Paris) :

L’Ordre des arts et des lettres

Le décret n° 57-549 du 2mai 1957 porte institution de l'Ordre des Arts et des Lettres. L'Ordre des Arts et des Lettres est destiné à récompenser les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde.

L'Ordre des Arts et des Lettres comprend les trois grades suivants : Chevalier, Officier, Commandeur. Les promotions sont faites chaque année à l'occasion du 1er janvier et du 14 juillet par arrêté du ministre chargé des Arts et des Lettres et publiées au Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses. Pour être nommé au grade de Chevalier, il faut : être âgé de trente au moins, jouir de ses droits civils. Nul ne peut être promu au grade d'Officier ou de Commandeur, s'il ne justifie d'une ancienneté de cinq ans dans le grade immédiatement inférieur.
**********
dans 5 ans, Lewis pourra donc être officier, dans 10 Commandeur, et dans 15 ans, Dark Vador ?

383. jicece - 01/06/05 16:55
mince, c'est vrai !

AFP
avec une photo de Frantico en prime... heu...

382. edgar - 01/06/05 13:46
mercredi 1 juin 2005, 8h18

La BD distinguée sous les ors de la République


PARIS (AP) - Cinq ambassadeurs de la BD ont été distingués dans l'Ordre des Arts et des lettres mardi lors d'une cérémonie organisée dans les salons du ministère de la Culture, à l'occasion de la première Fête nationale de la Bande dessinée qui se tient partout en France jusqu'à samedi.


Le dessinateur Christian Binet, père des "Bidochon" et de "Kador" a été fait chevalier par le ministre de la Culture, qui en remettant les mêmes insignes à Lewis Trondheim, 41 ans, à qui l'on doit la série "Approximate Continuum Comics", a aussi distingué la jeune génération.


Le scénariste belge Jean Van Hamme, auteur des séries à succès "XIII" et "Largo Winch" a lui été fait officier, alors que Jacques Martin, père d'"Alix" et ancien collaborateur de Hergé, était promu au rang de commandeur.


Renaud Donnedieu de Vabres a par ailleurs salué le succès des mangas, ces bandes dessinées venues du pays du Soleil Levant et qui connaissent un très grand succès en France. Le père spirituel du genre, le Japonais Katsuhiro Otomo a également été fait chevalier. On lui doit notamment la série fleuve de science fiction "Akira", qu'il a fait adapter au cinéma.


"Je rends ce soir hommage à tous ces héros de papier et à ces héros réels -leurs auteurs- et je souhaite leur montrer toute notre reconnaissance", a souligné le ministre dans son allocution. AP

381. marcel - 03/05/05 09:24 - (en réponse à : Larry)
Ben... Il est plus a la retraite, Trondheim... Enfin, c'est ce que j'ai compris en lisant Desoeuvre.

380. larry underwood - 02/05/05 12:31
Le projet Crépuscule Austral semble en être à 12 pages réalisées sur les 200 prévues... on peut donc supposer qu'il ne s'agit pas des pages de Frantico...

On remarque aussi la présence de 3 autres projets Shampooing et des Donjon : Lewis Trondheim, ou l'auteur en retraite plus actif que 90% des auteurs en activité...

379. larry underwood - 01/05/05 18:46
Hall of fame direct !

378. üriniglirimirnaglü - 01/05/05 04:49 - (en réponse à : Laurent C.)
Les vies parallèles coupent sans laisser de trace.

Elles laissent comme un goût d'amer dans la bouche, surtout quand elles se croisent souvent.

Quand on s'en rend compte, il est trop tard. On n'a pas eu mal et pourtant, la blessure est bien là. On peut finir dépité, voire décapité. Perdu, pendu, penaud. Lapinot.

Je suis fan des lyonnais de Kaamelott et mon père était à la table ronde. Le destin, sans doute. Souvenirs ténus de barbecue et de fêtes au bord du Loing, figures de pères potaches et tapageurs, le tien sortait du lot et forçait mon admiration (cette voix sonore, cette énergie, ce charisme qui le rendaient éminemment sympathique à mes yeux). Salades de riz, méchouis sous la pluie. Mémoire plus vivace - pourquoi diable ? - d'un feu dans une carrière vers Achères (peut-être), la nuit, et d'un adolescent plus âgé que moi, impassible, dont le sourire que je devinais narquois et que j'interprétais comme un des symptômes de l'opposition au père (genre Gauvain!) (la mienne devant être en germe) m'intrigue encore aujourd'hui. Et que j'imagine, maintenant, emmagasinant son matériau et attendant l'heure propice pour jeter son oeuvre sur le support adapté. Un personnage intéressant, en fait visiblement un génie, qui un jour entrerait dans l'histoire d'un art devenu majeur, et que j'ai croisé "en glissant".

J'ai passé mon enfance et mon adolescence à glisser, à Fontainebleau. Je suis fan de Cure depuis ce temps là.

A Nice, à la fin des 80's, j'ai accumulé et perdu des fanzines qui parlaient de BD, de détournement BD, et de musique alternative (quelqu'un aurait il sous la main d'anciens numéros - ils sont forcément anciens - de la Langouste des Model/Peltex qui avaient fait les beaux-arts de Strasbourg ?). La Langouste (mais aussi les Inrockuptibles et le cahier Paris de Télérama) chroniquaient les fanzines, Psykopat et ses amis.

Ma passion pour Cure m'a fait acheter L'Equerre, "le magazine du Rock moderne", L'Equerre m'a fait m'abonner à La Langouste, La Langouste m'a aussi fait découvrir le mail art et la musique by mail de Petchanatz qui correspondait avec Costes lequel habitait et habite encore rue de la Pierre levée à Paris.

J'ai vécu à Fontainebleau de 71 à 85, puis à Nice de 86 à 88, puis à nouveau à Fontainebleau de 89 à 92, puis à Paris, Lille et encore Fontainebleau de 94 à 99. Puis nous sommes partis (de l'autre coté du Monde). Et maintenant nous habitons à Nîmes. Nous achetons (cher) et nous aurons fini de payer dans 15 ans (nous).

86-88, donc. C'est à cette période que j'ai découvert "en glissant" les noms de Matt Konture, Speedy Graphito, Joan (dix ans après j'ai vu qu'un de mes oncles dessinateur à Mulhouse avait travaillé avec lui) et Lewis Trondheim.

Christophe Petchanatz vivait à Lyon, rue de la juiverie. Il faisait et fait toujours de la musique sous le nom de Klimperei, avec Eric Chabert des fois. Alexandre Astier, le Roi Arthur de Kaamelott, est chroniqué à Lyon par Christophe Chabert et la boîte de production d'Astier est située rue de la juiverie. Les parallèles plient sans qu'on le sache. Et je ne me vois jamais me tenant fièrement à leur carrefour. Car quand on glisse, on ne sait pas se tenir.

Je regrette de ne pas avoir acheté un album de Lapinot à la librairie en septembre 97, j'aurais surement adoré ma lecture et ça aurait été délicat de ma part (il était si fier de m'expliquer que tout marchait du tonnerre pour son fils, j'étais si fier d'annoncer que j'allais me marier, les 80's étaient bien loin et mes passions de l'époque mises en sourdine, je ne faisais pas le rapprochement : nos parallèles étaient loin de se rencontrer... A négliger les détails, on manque de réactivité et on passe à coté de la plupart des rencontres et des aventures humaines qui font le sel de la vie. En revanche, l'esprit d'escalier poussé à son paroxysme ressemble fort à de la paranoïa : trouver sur son lit de mort, en un éclair, les liens cachés reliant toutes les choses entre elles et sombrer).

En 87, Petchanatz m'avait envoyé une carte postale de l'association. Verte, qui annonçait la parution et le prix du n°3 "biotriannuel" je crois. Je n'ai jamais donné suite. Je le regrette. Je me suis par omission privé de la délectation de saveurs inouies (insensée cette phrase). La curiosité n'est un défaut que lorsqu'elle peut être rassasiée.

Je n'ai pas écrit ce qui précède ((avec pour idée de faire mon Amélie Poulain)). C'est ce qui m'a précédé qui m'a écrit. Et j'ai suivi, me laissant glisser, au fil de l'encre. C'est un tort.

Lewis Trondheim ne s'arrêtera pas de dessiner. Les parallèles qui se coupent me l'ont affirmé, elles ne tardent jamais à rebondir.

377. Coacho - 28/04/05 09:09 - (en réponse à : HKFF)
La démarche est TOUT le contraire de Trondheim : On parle énormement des étapes de la vie du personnage (le décès du grand-père, la dernière copine, la dernière branlette) et ça n'hésite pas à montrer du sexe.
Chez Trondheim c'est tout le contraire (mettez-moi au défit de trouver une seule scène à peut-près sexuelle dessinée par lui.)

Mais justement, je crois que le fonds de la question n'est pas très important, et c'est ce que nous répétons en boucle (du moins moi sur le sujet dédié) : il n'est pas important, et surtout pas sérieux, de penser que c'est Trondheim ou non !
Le jeu amusant, c'est celui de la supputation, de l'allégation, de la divagation... Dire tout et n'importe quoi mais surtout ne pas être sérieux dans tout ça ! Y'a quand pas de quoi casser trois pattes à un canard !
On se marre et c'est tout !

Cependant, ce que disent certains comme mon Vieto à moi que j'ai et mon Bert, auxquels je m'associe, c'est bien de trouver impensable que Trondheim ne soit pas derrière Frantico !
Dans le sens où sa réflexion livrée dans "Désoeuvré" nous montre qu'il aimerait se remettre en question, ou se surprendre et ce serait une manière assez forte de prendre la température de l'opinion tout en avançant masqué ! Une rupture totale avec ce que l'on connait de lui et ce que chacun rapporte comme une évidence : donc sans surprise !

Je crois que c'est juste cet axe de réflexion qui fait débat plus que la réelle personnalité qui livre sa page quotidienne sur le blog de Frantico ! M'enfin, c'est drôle, c'est tout ! ;o)

376. Altaïr - 28/04/05 09:06
Euh y'a déjà le sujet "frantico" pour ce genre de réflexions, ce serait bien de s'y tenir, ce topic est réservé à Trondheim.

375. benkun - 27/04/05 23:27
Personnellement, je pencherai davantage pour la thèse Larcenet : comme par hasard, le premier "fan-art" déposé chez Frantico est de lui, et comme par hasard il l'a dessiné dans un style beaucoup plus éloigné de son propre style que ne le sont les bandes de Frantico… comme pour brouiller sciemment les pistes.
Depuis qu'ils ont travaillé ensemble (Cosmonautes du futur), il a subi l'influence de Lewis (euphémisme!), ce qui expliquerait les similitudes avec celui-ci.
Et je vois mal Trondheim s'aventurer dans un registre aussi trash.

374. Hong-Kong_Foufou - 27/04/05 21:21 - (en réponse à : A propos de Frantico...)
C'est marrant cette mode de penser que le dénommé Frantico, qui a fait un blog (génial) dessiné de sa vie, pourrait-être Lewis Trondheim ou Riad Sattouf ou Sfar (http://www.zanorg.com/frantico/)
Que Trondheim soit derrière tout ça est impossible : si il y a de ça dans les réflexions paranoïaques : (Les oiseaux sont tous des vantards) ou dans le physique (chauve avec une barbiche!) La démarche est TOUT le contraire de Trondheim : On parle énormement des étapes de la vie du personnage (le décès du grand-père, la dernière copine, la dernière branlette) et ça n'hésite pas à montrer du sexe.
Chez Trondheim c'est tout le contraire (mettez-moi au défit de trouver une seule scène à peut-près sexuelle dessinée par lui.) Voir l'illusion d'Approximativement, on se sent bizarrement proche de lui et de sa vie parce qu'il nous parle de son déménagement, du fait qu'il grossit, qu'il part aux USA ou qu'il a des ambitions concernant "La Mouche", mais on se rend compte que dans le laps de temps où il parle de ces réflexions : il s'est marié et a eu un enfant, et à aucun moment cela est raconté, et il nous faut d'ailleurs quelques relectures pour s'en rendre compte.) Comme quoi, il est très fort.

373. organisation amiens - 19/04/05 12:35
Lewis Trondheim est un des 14 auteurs qui participent au projet Coïncidence. Retrouvez toutes les infos sur le sujet BdParadisien qui est là et découvrez même une image de la planche de Lewis.

372. Coacho - 08/04/05 12:33 - (en réponse à : qui va vraiment manger...)
Philma, ok, j'ai pigé ! ;o)

371. Coacho - 08/04/05 12:32 - (en réponse à : qui s'auto corrige comme certains s'auto cassent ! ;o))
Pour les 2 premiers, il me semble qu'on peut les lire dans "Approximativement", pour le troisième, il est effectivement, à la relecture, j'ai fait des coupes là, si si ! mal utilisé car c'est bien la névrose que je souhaitais plutôt faire ressortir.

Mais ces impressions se complètent et sont intéressantes.

Ouala... Bon appétit...

370. philma - 08/04/05 12:30
les trois derniers mots étaient "vos psychoses même", je n'ai rien à dire sur ce qui précède, ni sur ton post.

369. Coacho - 08/04/05 12:26 - (en réponse à : philma)
Car lorsque l’on est aussi fragile et sensible que Trondheim, lorsque depuis votre premier livre vous affichez vos doutes, vos angoisses, vos psychoses même

C'est simplement ces trois derniers mots qui m'ont fait sursauter(un peu), je pense vraiment que tu aurais dû écrire névroses,
Pour les 2 premiers, on peut les lire dans "Approximativement", pour le troisième, il est peut-être effectivement, à la relecture, très mal employé... Ou plutôt mal utilisé car c'est bien la névrose que je souhaitais plutôt faire ressortir.

je n'imagine pas Trondheim se travestissant en Antony(eh oui) Perkins pour aller hacher les jolies dames sous la douche à coup de couteau sur une musique de Bernard Herman(;o)
Ben qu'est-ce t'en sais ? Il a bien tué notre Lapinot ce psychopathe ! ;o)))

Mais Lewis Trondheim m'a toujours donné l'impression d'un auteur extrêmement intelligent, presque trop si j'ose dire. Très brillant et maitrisé jusque dans ses improvisations. C'est passionnant mais sans doute très fatigant pour l'auteur qui de ce fait a toujours peur d'un manque de spontanéité.
C'est cet effet que je ressens aussi... Ses Carnets de Bord, s'ils sont improvisés, démontrent un grand sens de la synthèse pour l'efficacité (je sais que tu aimes ça ! ;o))

Enfin moi aussi ce n'est qu'une vision personnelle qui vaut ce qu'elle vaut, et certainement pas mieux que la tienne, et Lewis doit bien se marrer si jamais il lit nos élucubrations.
Les seules élucubrations que je connaisse sont celles d'un certain Gustave !
Mais ces impressions sont complètent et sont intéressantes. C'est le but du forum !
Sacré Lewis... Vraiment, s'il nous lit, oui, il doit se marrer, ou apprécier aussi ? Qui sait... ^__^

368. Coacho - 08/04/05 12:21
On peut très bien déceler de manière diffuse dans ton post une certaine vision de Trondheim (vision = qui t'est propre et donc pas forcément réelle), voire une forme de condescendance ou de pitié, si vraiment on veut les voir. Philma dit la même chose en rigolant. :)
Oui, mais alors, ça serait malhonnête et une vision tronquée de mon propos (vision = qui est propre à celui qui l'a et donc pas forcément réelle !) ! ;o)))
Donc, oui, si on veut voir ça, je ne pourrai rien y faire !
Ceci dit, ma vision serait plutôt empreinte d'une grande tendresse et d'une grande admiration ! Mais je sais que tu le sais ! ;o)

et j'ai bien compris que tu ferais passionnément l'amour à Trondheim ou à défaut à ses pantoufles toute la nuit si tu pouvais (d'ailleurs je pense que toi et moi on se battrait pour ses pantoufles :D ),
Non, car dans son infinie bonté, Lewis nous en donnerait une chacun ! ;o)))

mais tu dirais le même genre de choses à propos de Larssinet, p'têt bin qu'il le prendrait pas trop bien.
Tu as raison... Mais ce sont 2 êtres différents aussi...

Oh, et puis merde, hein, on s'en fiche
Bien sûr qu'on s'en fiche ! Tiens...

367. philma - 08/04/05 12:21 - (en réponse à : Coacho)
Car lorsque l’on est aussi fragile et sensible que Trondheim, lorsque depuis votre premier livre vous affichez vos doutes, vos angoisses, vos psychoses même

C'est simplement ces trois derniers mots qui m'ont fait sursauter(un peu), je pense vraiment que tu aurais dû écrire névroses, je n'imagine pas Trondheim se travestissant en Antony(eh oui) Perkins pour aller hacher les jolies dames sous la douche à coup de couteau sur une musique de Bernard Herman(;o)

Quant à mon passage de la quarantaine...c'est un peu plus compliqué que ça!
Mais Lewis Trondheim m'a toujours donné l'impression d'un auteur extrêmement intelligent, presque trop si j'ose dire. Très brillant et maitrisé jusque dans ses improvisations. C'est passionnant mais sans doute très fatigant pour l'auteur qui de ce fait a toujours peur d'un manque de spontanéité. Enfin moi aussi ce n'est qu'une vision personnelle qui vaut ce qu'elle vaut, et certainement pas mieux que la tienne, et Lewis doit bien se marrer si jamais il lit nos élucubrations.

366. yannick - 08/04/05 12:14 - (en réponse à : perplexe !)
Eh bé ! On aura tout vu sur Bdp !
Il y en a qui sont prêts à faire l'amour avec les pantoufles de Trondheim !!!!!!
Bande d'obsédés !!! ;O)))))

365. Coacho - 08/04/05 12:09
Chibi
Pourquoi ne pas présenter un projet sous un pseudo?
En premier lieu, je crois que Lewis est comme il est, c'est-à-dire honnête, sincère, et qu'il ne s'est pas caché pour livrer son analyse faite dans "Désoeuvré".
Et en deuxième lieu, ce que tu préconises a l'air d'avoir été fait... Regarde du côté du blog de Frantico (nom composé des lettres de Sfar, Trondheim et Larcenet ?! ;o)))

philma
J'ai pas encore lu tout le post mais Coacho(c'est terrible de voir tout ça en allumant l'ordinateur)
Tu vois, tu perds les bonnes habitudes quand je disparais un moment ! ;o)

traite carrément Trondheim de psychotique, ce qui est hyper grave(;o)
Je note ton smiley ! Mais je ne pense pas avoir voulu dire ça...
Je pense qu'il est rongé par plein de choses et en ce sens, comme chacun de nous, il développe des aspects psychologiques qui sont le propre de sa personnalité.
Mais comme je l'écrivais aussi, je ne crois pas qu'un forum bd soit le lieu de discussion privilégié de ce genre d'aspects et que c'est ultra-sensible... On s'en rend souvent compte.

Sur le fond je n'ai pas du tout cette impression. Lewis Trondheim me parait plutôt quelqu'un d'hyper conscient et dont l'excès de maturité deviendrait inhibitrice. Justement parce qu'il sait parfaitement où il va il n'a plus guère envie d'y aller car la place laissée à la surprise se réduit peu à peu.
Tu as un avantage non négligeable sur moi, tu as pleinement vécu ta crise de la quarantaine ! ;o)))
Mais comme je l'exprimais, je ne détiens absolument aucune vérité et je suis véritablement dans la pure subjectivité en parlant de la façon dont j'avais été touché par "Désoeuvré"...
Mais je défends tout de même avec une certaine conviction ce ressenti, c'est normal !
Ceci dit, ton point de vue est tout aussi intéressant et montre une fois de plus la complexité du personnage, homme simple, dans la noblesse du terme, mais perclus de ces complexités qui façonnent nos vies.
Mais sur le sujet, la place de la surprise par exemple, ben, je ne sais pas trop quoi penser car il disait ne pas vouloir tuer Lapinot en premier lieu... Donc réflexion menée pendant ? Hésitation ? Révélation ?
Décidément, cet homme est fascinant...

364. helmut perchu - 08/04/05 12:04 - (en réponse à : CDP et Coach')
Touchez pas aux pantoufles de Trondheim, elles sont à moi !

363. Chibi loic - 08/04/05 12:03 - (en réponse à : erratum)
Oups, mon post arrive après la bataille puisque certains prêtent à Trondheim le rôle de Frantico... Désolé.

362. CoeurDePat - 08/04/05 12:01 - (en réponse à : Coachounet)
Ah mais j'ai bien compris le sens de ton post, et les phrases que j'ai citées ne le sont qu'à titre d'exemple. On peut très bien déceler de manière diffuse dans ton post une certaine vision de Trondheim (vision = qui t'est propre et donc pas forcément réelle), voire une forme de condescendance ou de pitié, si vraiment on veut les voir. Philma dit la même chose en rigolant. :)
Je te le répète, moi personnellement je m'en fous et j'ai bien compris que tu ferais passionnément l'amour à Trondheim ou à défaut à ses pantoufles toute la nuit si tu pouvais (d'ailleurs je pense que toi et moi on se battrait pour ses pantoufles :D ), mais tu dirais le même genre de choses à propos de Larssinet, p'têt bin qu'il le prendrait pas trop bien.
Oh, et puis merde, hein, on s'en fiche.

361. philma - 08/04/05 11:54 - (en réponse à : Coacho)
Sur le fond je n'ai pas du tout cette impression. Lewis Trondheim me parait plutôt quelqu'un d'hyper conscient et dont l'excès de maturité deviendrait inhibitrice. Justement parce qu'il sait parfaitement où il va il n'a plus guère envie d'y aller car la place laissée à la surprise se réduit peu à peu.

360. Chibi loic - 08/04/05 11:53
Je me disais là comme ça,
quand un artiste se pose des questions sur son travail, sur la redondance, l'usure et autres joyeusetés de ce type, il y a une parade qui a déjà été utilisée par d'autres. Pourquoi ne pas présenter un projet sous un pseudo? Je suis sûr que construire et défendre un projet devant des éditeurs, puis le cas échéant, devant des lecteurs, en cachant sa véritable identité ça pourrait l'amuser. Son but semble être (arrêtez moi si je dis une bétise) d'éprouver du plaisir dans ce qu'il fait et peut-être serait-ce là un bon moyen de rigoler, de tester les réactions... J'ai Stephen KIng-Richard Bachman qui me vient à l'esprit mais si je n'avais ce manque de culture latent, je sais que je pourrai vous citer d'autres exemples. Je pourrai...
Enfin bref, juste un coup comme ça pour rire un peu. Ca ne vous dit pas m'sieur Trondheim?

359. philma - 08/04/05 11:46
J'ai pas encore lu tout le post mais Coacho(c'est terrible de voir tout ça en allumant l'ordinateur) traite carrément Trondheim de psychotique, ce qui est hyper grave(;o), alors que de mon coté je me suis fait incendié par Larcenet &Co n'ayant évoqué que des névroses(ce qui est tout à fait banal et ne remet pas en cause la santé mentale de l'interessé si on sait de quoi on cause).

358. Coacho - 08/04/05 11:42
Toute phrase sortie de son contexte peut être utilisée à des fins perverses !
C'est pourquoi je précise que le terme "immaturité" pour son raisonnement ne revêt pas un caractère puéril, mais bien le fait qu'il soit inabouti car toujours en suspens...

Tu m'as compris mais tu soulèves étrangement des contre-points que je n'aurai jamais tenu à l'encontre de quelque auteur que ce soit, encore moins pour Trondheim (cf. ma chronique de "La vie comme elle vient")...

C'est bizarre... Ceci dit, même si je ne pense pas m'être mal exprimé, même si j'ai tenté d'être sincère (donc pas forcément intéressant !), je ne détiens aucune vérité et je m'en voudrais d'avoir blessé l'auteur par mésinterprétation...
Sa réaction à la sortie du dernier Lapinot me rassure tout de même sur son sens unique de la compréhension de son environnement et des interventions diverses que nous avions pu laisser à l'époque.

En tout cas, je n'aimerais pas une dérive très bdparadisienne d'une interprétation quelconque de propos tirés hors-contexte et qui, en bloc, ne sont pas à double-sens.

M'enfin quoi mon petit palpitant, tu me connais à force non ?!
Alors laisse-mon post tranquille, il ne t'a rien fait ! ;o))))

357. CoeurDePat - 08/04/05 11:29
Bin, sérieusement oui. J'ai lu le sujet sur Larcenet un peu en diagonale, mais il me semble que ta déclaration d'amour contient pas mal de choses qui peuvent facilement être prises comme étant blessantes et/ou déplacées A titre d'exemple : lorsque l’on est aussi fragile et sensible que Trondheim, Lewis [est] un homme simple, « l’immaturité » de son introspection, ce Lewis là, on a envie de lui prendre la main et de l’aider, etc.
Personnellement je m'en fous, je vois bien ce que tu veux dire, mais tu avoueras que ces bouts de phrase peuvent être mal pris (pour qui veut mal les prendre biens sûr, et non, ce n'est pas une allusion ou un sous-entendu).

356. Coacho - 08/04/05 11:08 - (en réponse à : Car de Prout ! ;o))
Après une telle déclaration d'amour ? Tu crois ? O__o
Arrête, tu me charries ! ;o)))

355. CoeurDePat - 08/04/05 10:48 - (en réponse à : Coacho)
N'empêche, ce serait Larcenet dont tu parles, je pense que les minutes qui te resteraient à vivre seraient comptées. :)

354. CoeurDePat - 08/04/05 10:44
Je me suis dévoué, et donc : Vachement boulou, bande de pas boulous ! :)

353. Coacho - 08/04/05 10:43 - (en réponse à : O.)
Allez quoi... Une fois, une fois seulement, lis-moi !
Oh oui, lis-moi ! ;o)

352. Coacho - 08/04/05 10:42
A ton avis salopiot !

Trondheim... J'aime !


351. Odrade - 08/04/05 10:40
Argl
Bon.
Qui se dévoue ?


O.

350. CoeurDePat - 08/04/05 10:35 - (en réponse à : Et alors)
Boulou ou pas boulou ? ;D

349. Coacho - 08/04/05 10:27
Et bien voilà, je m’attaque à la lecture de la Collection Eprouvette et donc, j’ai commencé par mon chouchou Lewis avant d’attaquer le Menu. Un amuse-gueule quoi !
Je lisais de-ci de là, cahin-caha, quelques avis positifs, et d’autres plus circonspects. Je me suis dit qu’il fallait alors aller tranquille, que je chemine. (Oui, je sais, je suis d’humeur badine mais mon hilarante allusion ne touchera qu’une poignée de personnes, d’un certain âge pour la plupart).
On reproche à ce livre de ne pas répondre aux critères de « l’essai » tant attendu.
On reproche aussi à Lewis l’étalage de ses connaissances du milieu.
On dit aussi que sa réflexion est un peu vaine, un peu creuse, un peu superficielle.
Oui oui oui… Et alors ?
On en revient toujours à cette dichotomie systématique de l’appréciation d’une lecture, entre ceux qui la ressentent en amalgamant et superposant leurs expériences sur le propos de l’auteur, et ceux qui ont du recul, parfois trop pour ne pas se laisser aller à cette bonne vieille full-imersion. (Et là, ça fait zarma j’me la pète).
Je suis généralement de la première catégorie mais là, en l’occurrence, j’ai essayé d’être Lewis Trondheim, ce qui me fit en effet bœuf quand je découvris les gens que je connaissais et le talent inégalable que tous me louaient !
Et je me voyais là, assis à ma table à dessin, une table que je fréquentais plus qu’assidûment depuis 14 ans, en train de réfléchir depuis 80 jours d’inactivité sur ma vie et mon œuvre…
Ce questionnement qui taraude tout quadragénaire mêlé aux affres de la création.
Oui… La création… Certains parlent du vieillissement des boulangers (ce bon Berberian), et d’autres lui reprochaient cette façon de questionner vainement ses condisciples.
Alors oui, Lewis aurait dû interroger des boulangers, ça l’aurait assurément et définitivement rassuré sur ses angoisses créatrices. Il aurait trouvé le réconfort absolu dans une passe où sa psychologie ultra-sensible avait besoin de se confronter à des pains au chocolat (ou des chaussons aux pommes ?! Dju-Dju)…
Oui… Il y a similitude entre les boulangers et Lewis Trondheim… Le pétrin !
Car lorsque l’on est aussi fragile et sensible que Trondheim, lorsque depuis votre premier livre vous affichez vos doutes, vos angoisses, vos psychoses même, et que vous ne savez plus trop où vous allez, oui, vous êtes dans une forme de pétrin.
Et, reprenant la place de Lewis, comme invité par une société qui avait déjà par ailleurs ses entrées dans la tête de John Malkovich, je me laissais entraîner dans ce bourdonnement incessant qui enflait de son hémisphère gauche à son hémisphère droit…
Création et rationalisation étaient en effervescence…
Est-ce que cela permet une réflexion claire, construite, posée ?
Bien entendu, je me fais avocat défenseur de quelqu’un qui n’est accusé de rien et qui pourrait se défendre seul de tout cela, et le fait de trouver son questionnement bien ordonné dans ce petit livre bleu pourrait déjà répondre de manière contraire à ce que j’énonce, mais je me plais à croire qu’après avoir suivi Lewis depuis tant et tant d’années, sans jamais avoir été déçu une seule fois, je suis capable d’empathie… Et comprendre que son questionnement, qui peut paraître superficiel à tout lecteur désireux d’en savoir plus sur les facettes de son auteur favori, traitant de sa passion qu’est la Bd, puisse être tout aussi confus que léger en apparence.
La pudeur nimbe toujours les réflexions de Lewis Trondheim et, habilement, il se dédouane de toute profondeur en arguant qu’il n’est pas universitaire. Mais c’est vrai punaise !
Alors il ne cesse d’osciller entre la sensation de toucher au but, d’avoir LA réponse, et l’écroulement immédiat de ses théories les plus abouties…
Oui, je crois que psychologiquement, c’est analysable, mais le faire sur un forum public serait aussi vain qu’irrespectueux de l’auteur…
On pourrait évidemment se demander ce qu’il veut de plus puisque tout lui réussit, il est entouré de succès, d’admiration, et de pognon aussi ! Une vie matérielle et, apparemment, intellectuelle tout à fait éblouissante !
Oui, mais lorsque le doute n’est pas que passager, lorsqu’il vous accompagne toute une vie, au point d’en développer, jusqu’à l’irrationnel, un certain rapport à la vie, d’en faire une attitude quasi-permanente, vous ne pouvez pas vous défaire ainsi d’une telle pression psychologique…
Je citerai une phrase très juste d’un célèbre philosophe d’origine vietnamienne qui disait qu’anticiper le malheur pour s’en prémunir était une attitude qu’il comprenait très bien… Je m’inscris dans cette lignée tant cette phrase me paraît juste, belle, me correspondre et si bien aller à Lewis Trondheim…
Alors devons-nous attendre un quelconque choc psychologique, un truc qui nous remue ?
Mais Lewis ne dit-il pas que « être sincère ne veux pas forcément dire être intéressant ? » ? Et que donc, il ne faut pas attendre une jolie historiette, pleine d’humour, bien construite, avec une intrigue et une chute finale avec moult feux d’artifices à la lecture de « Désoeuvré » ?
Parce que c’est ce qui était peut-être attendu par certains lecteurs, désireux de retrouver non pas Lewis Trondheim mais LE Lewis Trondheim de telle ou telle œuvre…
A ce propos, ça me permet d’introduire une parenthèse, avec brio (oui, je me lance aussi parfois quelques fleurs), sur la prétendue implication de Trondheim dans le fameux parcours de Frantico… Ne serions-nous pas en mesure de croire qu’après avoir tellement exposé ses peurs sur la répétition, il serait capable de nous livrer cet incroyable personnage, tics graphiques et genèse mise à part ? Bon, je dévie là…

Dans « Désoeuvré », l’humour, l’acidité et l’ironie sont toujours présents, mais on sent bien que c’est beaucoup plus délicat, beaucoup plus à fleur de peau, toujours empreint d’une sincérité qu’il lui faut aussi voiler quelque peu par peur de trop d’exposition…
Parce que Lewis nous a habitué à tant de chose, nous devrions attendre de lui un questionnement digne de la profondeur des raisonnements de nos plus grands philosophes ?
Et si nous en attendions tous un peu trop ? Et si nous ne nous étions pas rendu compte que derrière son apparente complexité, Lewis était un homme simple, avec des peurs simples et une expression pour matérialiser celles-ci un peu confuse ?
Beaucoup soulignent l’homme de contradiction qu’est Lewis Trondheim… Mais oui, c’est cela… La contradiction en permanence et qui illustre mon propos d’il y a quelques lignes…
Ce qui montre bien « l’immaturité » de son introspection, dans le sens qu’il n’a toujours pas trouvé de réponse à ses angoisses et qu’il semble un peu perdu, dans son parcours professionnel, mais aussi d’homme qui s’interroge sur son devenir et son utilité !
Et ce Lewis là, on a envie de lui prendre la main et de l’aider, au delà des belles cases de ce livre, de certaines ellipses magnifiques qui nous font comprendre son désarroi, de l’aider donc, et de le rassurer, en lui assurant de la sincérité de toute notre affection, conquise il y a déjà fort longtemps, par son énergie, son univers, pour ce qu’il est, simplement…
Alors non, pour moi, cette lecture ne fut pas si anodine et anecdotique qu’elle pourrait paraître, et je pourrais sûrement écrire encore de très nombreuses lignes si le temps et l’espace ne m’étaient pas comptés…
Le livre « Désoeuvré » est-il passionnant ? Oui ou non, c’est à vous de vous faire votre idée…
Lewis, lui, est DEFINITIVEMENT passionnant, et la fin de son « essai » nous replace au début de celui-ci… Lewis ne sera jamais en harmonie avec lui-même car le doute continuera de le ronger éternellement, au point de le rendre dépressif… Remercions insidieusement et presque honteusement ce mal qui le ronge car c’est dans cette veine qu’il puise l’inspiration qui lui permet de nous livrer de si beaux livres…

348. helmut perchu - 14/03/05 18:54 - (en réponse à : br (avec spoilers Lapinotesques) et martin que ça devrait intéresser)
Désolé de répondre tardivement à ton post 297 (ce que je vais dire n'est qu'hypothèse hasardeuse, mais en lisant ton message, je me demande si tuer Lapinot n'est pas une façon de briser le lien émotionnel entre le lecteur et les personnages, de rappeler qu'une bande-dessinée, comme toute oeuvre fictionnelle, est essentiellement un artifice.)
Trondheim disait ici (sur le forum) ou là (lu dans un mag) sur la mort de Lapinot qu'elle correspondait à la série dans le sens ou justement lapinot est un héros "réaliste", c'est à dire qu'il vieillit, qu'il évolue, qu'il n'est pas que positif... et qu'il peut mourrir (contrairement aux héros intemporels comme Lucky Luke ou Tintin)... aprés, pour ce que tu disait br, ça n'entre pas en contradiction, la question reste donc poseé pour Lewis Trondheim qui passe (passait?) ici de temps à autres...

347. martin - 14/03/05 16:36
Larry, ce qui m'intéresse c'est de connaître TA définition (avec toutes les hypothèses que tu veux), et de vérifier ensuite que cette définition s'applique bien à Lapinot.
Philma, comment on fait pour lire du Macherot (et en particulier Chlorophylle), alors que ça semble épuisé (dixit BDnet) ?

346. philma - 14/03/05 12:30 - (en réponse à : larry)
Je crois que tu es condamné à lire tout Macherot, et en particulier Chlorophylle et Chaminou, sans négliger Sibylline. Il y a une lecture politique chez Macherot qui devrait t'aider dans ton travail, même si ses animaux sont toujours des animaux et ne sont pas des conventions graphiques. Et comme je place cet auteur comme n°1 des auteurs animaliers... Tu devrais aussi aller voir du coté de Calvo(la bête est morte), de Barks et même du coté de Calvin et Hobbes.

345. larry underwood - 14/03/05 12:04
"La fable doit ne pas être évidente, sinon elle encourt le risque d'être éliminée.
La fable chosit d'être déguisée, d'avoir l'air inoffensive. Ce travestissement est nécessaire à sa survie."


Attention, ces deux là sont des hypothèses de travail personnelles et non des certitudes. Le but d'un mémoire est avant tout de faire de la "recherche", et donc de proposer de nouvelles pistes... c'est d'autant plus vrai avec un mémoire de DEA tel que celui ci, que les universitaires considèrent comme le plan détaillé de la future thèse...

344. martin - 14/03/05 11:56
tentative de synthèse (que Larry, s'il le souhaite, pourra corriger) :

La fable a une valeur de compte rendu sociologique, historique et anthropologique.
La fable s'oppose, critique les pouvoirs en place.
La fable véhicule des idées en décalage avec son temps.
La fable doit ne pas être évidente, sinon elle encourt le risque d'être éliminée.
La fable chosit d'être déguisée, d'avoir l'air inoffensive. Ce travestissement est nécessaire à sa survie.
La fable utilise l'approximation spatio-temporelle, refusant au lecteur l'identification précise de référence historique et géographique.

Je crois que Appollo a déjà éliminé certains critères.
Et, Appollo, puisque tu nous proposes le conte philosophique, il va falloir nous le définir :))

343. Bink - 14/03/05 11:22
Ou la, j'arrive et autant de poste nouveaux :)
On parle de fable, et y a bcp de lectures dans ces pots.

Je suis d'accord dans le fait que les animaux sont juste des animaux par rapport au dessins, mais que leur comportements sont humains. Mais cela n'empeche pas dans l'album, qu'il y ait des sortes de morales, je ne parle pas de véritables morales, puisqu'on a quand même le choix d'adopter une position que l'on souhaite, par rapport à ces interrogations metaphysiques, philosophiques...

Ton texte sur les fables m'interesse bien, voila mon mail
binkgestone@free.fr

342. Appollo - 14/03/05 10:31
Larry : le ton de mon post me semble après coup un peu péremptoire : je ne mets pas du tout en question le sérieux de ton travail, et même j'apprécie beaucoup que des étudiants en Lettres travaillent de manière intelligente sur la bd. Voilà, voilà, j'espère ne pas avoir semblé trop désagréable, ce n'était pas mon intention.
Br : en fait, chez La Fontaine, les personnages sont vraiment hybrides : le Lion est un roi comme chez les humains (avec sa cour et tout le tremblement) mais il garde sa part d'animalité, par exemple en dévorant ses ennemis.
Trondheim s'est amusé à l'occasion avec la part lapinesque de lapinot (sa manière de faire des bonds, des petites vannes d'autres personnages, des trucs comme ça), mais globalement Lapinot n'est un lapin que par convention.

341. br - 14/03/05 09:52
**(c'est à dire qu'à la différence de La Fontaine, Lapinot ne relève rien en rien de l'animal, sinon par convention graphique. Il ne réagit jamais en lapin, et n'entretient donc aucune forme d'ambiguïté : Lapinot est un humain), **

C'est vrai que dans les fables classiques le choix de l'animal est pensé en fonction du caractère qu'on lui attribue. Alors que là, que Lapinot soit un lapin ou un cochon d'inde ne change que couic. Pas de correspondance chez lui avec des caractéristiques lapinesques, et pareil pour les autres protagonistes.

** lapinot a-t-il conscience d'être un lapin ? richard d'être un chat ? préfèrent-ils l'ignorer ? **

Tain, ça c'est de la queston existentielle. :o))

340. Appollo - 14/03/05 09:25 - (en réponse à : Larry)
C'est pas mal comme réflexion, mais peut-être un peu discutable.
On peut envisager Lapinot comme un apologue (en admettant qu'il y existerait une morale implicite - ce dont on peut discuter), mais je ne vois rien de caractéristique de la Fable : les personnages ne sont pas vraiment hybrides (c'est à dire qu'à la différence de La Fontaine, Lapinot ne relève rien en rien de l'animal, sinon par convention graphique. Il ne réagit jamais en lapin, et n'entretient donc aucune forme d'ambiguïté : Lapinot est un humain), la géographie et la temporalité relèvent du réel pour l'univers contemporain (donc, si on veut rester dans la perspective générique, du roman), et de la parodie (ou éventuellement du pastiche) pour les autres époques...
Bref, à mon très humble avis, s'il faut rapprocher Trondheim d'un auteur, ce serait plus d'un Voltaire que d'un La Fontaine, et donc on raprochera de manière plus fertile lapinot du conte philosophique voltairien (qui est aussi un apologue) que de la fable stricto-sensu.
Comme pour le conte philosophique, lapinot emprunte allégrement au réel (espace, temps, psychologie) et au conte (fantaisie, humour, distance ironique, simplification) dans une visée a -priori morale (mais pas moralisatrice).
Bon, ce que j'en dis, hein, je dis ça mais je dis rien :)

(Quant à Blacksad, je partage l'avis d'Ezra Pound - cité par Harry Morgan - : "L'histoire d'une littérature est l'histoire de ses chefs-d'oeuvre et non celle de ses échecs ou de ses médiocrités". Larry, tu dis souvent des choses très intéressantes, mais pourquoi mélanges-tu systématiquement le bon et le médiocre dans tes corpus ?) :)))

339. larry underwood - 14/03/05 00:00
ben si, tout de même... dès l'instant que l'on montre un lapin, en se référant à lui comme tel, mais en le montrant agir et penser comme un homme, il y a une part d'ambiguité : lapinot a-t-il conscience d'être un lapin ? richard d'être un chat ? préfèrent-ils l'ignorer ?

enfin là-dessus, allons dormir... ! J'ai des exams cette semaine moi... Bonne nuit à tous les veilleurs...

338. martin - 13/03/05 23:57
Mais y a pas d'ambiguité dans Lapinot ! si ?

337. larry underwood - 13/03/05 23:54
la double nature de la fable... pfffffiou euh... ouh la la... ça me semblait pourtant très clair il y a un an quand je bossais dessus, mais là... ;o)

Euh je demande pas mieux que d'essayer d'expliquer, mais il faudrait suivre tout le raisonnement, et ça prend des pages... en gros (en très gros), c'est le rapport ambigu entre l'homme et l'animal, entre le dit et le non-dit, entre ce qui est montré et ce qui est suggéré...

336. larry underwood - 13/03/05 23:51
L’argument de la distraction enfantine permet aux nouveaux fabulistes de transmettre leur bilan. Héritiers de La Fontaine, ils redécouvrent le genre critique le plus efficace qui soit. La fable, petit récit destiné à illustrer un précepte moral pour les enfants, se révèle une arme redoutable par sa liberté de ton, son esthétisme qui ne suit aucun canon et son anthropomorphisme acerbe qui parachève la critique des mœurs de l’être humain.

Inscrite dans son époque, la fable en est un témoin privilégié car inattendu. Elle dresse le bilan d’une société à un moment donné de son histoire et avance l’alibi qui lui a été fourni à tort par l’opinion commune. En se conformant à l’image que l’on attend d’elle, elle n’encourt aucun des risques qui pèsent sur les différentes littératures engagées.
Est-il seulement possible de témoigner sur le vif de son époque ? Le regard direct, franc et réaliste a-t-il sa place dans une société régie par un pouvoir dominant qui exerce son contrôle ? L’époque et les pouvoirs ont évolué depuis le poète de Versailles, mais peut-on parler de différence réelle d’un point de vue intellectuel ? La liberté d’expression semble un fait acquis et incontestable, car si l’Etat possède encore une influence concrète sur l’information et les médias, elle est incomparable à celle que menait le roi sous la monarchie absolue.

La censure a pourtant évolué elle aussi, de manière plus insidieuse. Elle pèse sur les esprits et se fait appeler bon goût, ou politiquement correct. Elle est la limite que les hommes se fixent sur ce qu’ils estiment avoir le droit de se cacher, au nom d’une éthique arbitraire.
Mais peut-on dire l’Histoire à mesure qu’elle a lieu ? Ne faut-il pas un temps de recul nécessaire, au risque de perdre des éléments et de déformer la vérité ? Chaque œuvre ne peut suivre la voie du J’accuse d’Emile Zola : la littérature ne peut dénoncer ouvertement et publiquement le moindre travers d’une société qui risquerait de la renier plutôt que de suivre son raisonnement.

La Fontaine et ses nombreux héritiers sont victimes de ce que nous appelons le syndrome de la Bastille : dès lors qu’il s’oppose au système en place, l’auteur encourt le rejet du public et le châtiment du pouvoir. Les fables de toutes époques sont traversées par l’image d’un pouvoir aveugle et tyrannique qui s’oppose à chaque individu. Allégorie du régime de Louis XIV et du système des lettres de cachet pour La Fontaine, et pour les auteurs actuels constat d’une société capitaliste sauvage où l’être humain est réduit au rang de consommateur ou de marchandise. Ils ont en commun de proposer une vision d’un monde où l’individu est broyé au profit d’un système qui le dépasse et fonctionne selon sa seule logique inaltérable. L’ordre des choses est établi, et nul ne peut quitter sa place ou briser le cycle. C’est la raison de la grande mystification des fables, qui n’ont d’autre choix que d’avancer voilées ou d’être éliminées.

Entre Blacksad et Les formidables aventures de Lapinot, il existe une forte similitude, empruntée pour l’un et l’autre chez La Fontaine. L’archétype de l’homme de pouvoir est récurrent chez Canales comme chez Trondheim, et chacun d’eux trouve son origine dans les figures de dirigeants caricaturés dans les Fables.

Les hommes de lois sont les premiers ciblés. On retrouve un personnage presque identique dans Blacktown et dans Artic-Nation : le shérif, l’incarnation de la justice et le garant supposé de l’ordre social. Le chef Karup, auquel s’oppose Blacksad, et le shérif de Blacktown, sont deux hommes corrompus par le pouvoir. Ils disposent d’une liberté d’action qui ne se manifeste que dans l’accomplissement de cette volonté : en d’autres termes, ils agissent ainsi simplement parce qu’ils en ont la possibilité. Parce qu’ils ont le droit et les moyens de transgresser la loi, ils en saisissent chaque opportunité.

La dimension fabuleuse du récit sert le regard critique des auteurs. Le chef Karup est incarné par un ours blanc, un animal qui jouit d’une réputation flatteuse dans l’imaginaire collectif. Débonnaire, paresseux, son côté « nounours » lui attire toutes les sympathies. La fable joue ici du détournement d’un motif traditionnel. L’animal ne correspond plus à son trait dominant et laisse apparaître sous le masque l’être humain qu’il représente. L’ours est l’incarnation d’une loi violente et corrompue, basée sur la loi du Talion, contrairement aux principes démocratiques qui l’ont élu.

Le shérif de Blacktown est son double humoristique. La différence n’est due qu’au traitement favorisé par les auteurs, chacun d’eux exploitant un système personnel de caricature. Canales et Guarnido rendent avec sérieux le personnage plus humain que possible, tandis que Lewis Trondheim choisit la dérision et le cynisme. Les deux personnages se rejoignent donc dans l’instance supérieure qu’ils incarnent, celle de l’homme de justice qui détourne à son profit personnel les pouvoirs qui lui sont confiés.

La seconde catégorie que Blacksad et Lapinot ont pour cible est plus délicate et plus subtile. Il s’agit des puissants qui se tiennent au-dessus des lois. Ils ne détournent plus la loi à leur guise, ils ignorent jusqu’à son existence et imposent au monde leur mode de pensée. Ce sont les influents de l’ombre, les riches, ceux pour qui l’argent est le seul langage. On retrouve ce personnage négatif et suffisant dans les deux livres de Blacksad et dans Amour et Intérim : Ivo Statock, monsieur Oldsmill, ainsi que le président de l’entreprise Damoclès où travaille Lapinot.

Tous trois indifférents aux destinées humaines qu’ils manipulent, ils se positionnent au-dessus des lois et entendent fléchir par l’argent et la corruption la marche du monde. Ils façonnent leur société idéale au détriment de l’individu. L’homme n’est plus que l’élément anonyme parmi la foule, agité comme le pantin d’une gigantesque farce.
La quête philosophique menée dans Amour et Intérim est à l’image de la comédie humaine : une grande pièce illogique où se débattent pour exister des individus, condamnés d’avance à faire partie d’un ensemble qui les dépasse. Le regard de Trondheim, malgré sa dérision, est tout aussi pessimiste que celui des auteurs de Blacksad : lorsque Dieu est un homme riche, c’est la mort de toute liberté.

335. martin - 13/03/05 23:51
C'est difficile de suivre des fragments de pensées :)
ça me dit surtout qu'une fable, ça ne se résume pas à La Fontaine (ce dont je me serais douté).
Et c'est quoi la double nature de la fable ?



 
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