Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (19)

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209. feldoë - 26/04/18 09:18
Concernant Jonas Fink, de Giardino, et le format des albums, j'ai aussi été un peu déçu d'autant que j'ai relu les deux premiers dans l'ancienne édition. Mais une fois lancé dans la lecture, on est pris et on oublie ce détail.
C'est ma meilleure lecture bd de cette année, voire plus.

208. froggy - 26/04/18 01:03
Spirou et Fantasio, La triomphe de zorglub

Ou dur, dur de passer juste apres Jonas Fink de Giardino.

Apres avoir appris qu'un film se prepare sur ses aventures avec Spirou, Fantasio se presente au casting pour jouer son propre role mais il est recale d'office. De toutes facons, on lui aurait seulement propose le role du Comte de Champignac, la directrice du casting l'estimant trop vieux pour le role. Cela le deprime et il l'est encore plus quand il apprend que Seccotine a reussi a obtenir une copie du scenario pourtant ultra-secret. En meme temps, ils apprennent que le producteur du film est l'acteur qui jouera Zorglub. Et tous de s'envoler vers l'Afrique ou a lieu le tournage des scenes exterieures. Le scenario de cet album a ete ecrit sur la base de celui du film. Il y a meme un autocollant sur la couverture qui indique:
"ceci n'est pas tout a fait
LA BD DU FILM".

Vous vous doutez bien que le film ne sortira jamais ici, que je ne le verrai que dans quelques annees sur TV5Monde si Dieu me prete vie jusque la et que donc la seule maniere pour moi de voir a quoi cela pourrait ressembler un petit peu etait de lire cet album. Curieux album d'ailleurs car il n'est pas du tout numerote, ni dans la collection officielle, ni dans celle des aventures de Spirou vues par... et encore moins dans celle des hors-serie. Bizarre autant qu'etrange tout cela.

Le scenario est ce qu'il est et est plutot bien ecrit par Olivier Bocquet dont je n'avais rien lu jusqu'a present, il rentre tout a fait dans la tradition de la serie. Il y a ce melange d'aventures et d'humour qui fait tout le sel de la serie depuis sa premiere apparition qui eut lieu il y a exactement 29 224 jours aujourd'hui. Il y a bien sur son lot de surprises que je ne peux pas devoiler bien entendu. Et son lot de modernite puisque Seccotine s'avere plus debrouillarde que le pauvre Fantasio mais on savait deja qu'elle etait une bonne journaliste depuis Le dictateur et le champignon, ce n'est donc pas vraiment un scoop. L'album se termine dans la plus haute fantaisie et un peu trop rapidement a mon gout (certains la qualifieront de baclee) car le film tourne est presente au Festival de Cannes rien de moins mais par decence ou plus simplement par peur, Bocquet ne nous fait pas connaitre la reaction des journalistes qui comme on le sait tous peuvent etre tres gentils ou tres, tres mechants. De toutes facons, l'interet n'est pas la et on n'est pas en train de lire un roman a clefs qui aurait la Croisette pour decor tel le roman policier Meurtre au Festival de Cannes. C'est tout aussi irrealiste que de voir Bruxelles capitale mondiale de la mode dans le Spirou de Feroumont, Fantasio se marie.

Je ne connaissais pas non plus le ou plutot les deux dessinateurs qui signent cet album, cela me rend ignorant de savoir qui est qui et qui a fait quoi. Toujours est-il que je n'ai pas ete profondement choque par celui-ci, on a vu pire sachant qu'on a eu meilleur et meme nettement meilleur avec Franquin. Sur ce point, j'ai trouve, qu'ils s'etaient plutot eloignes du style laisse par l'auteur de Gaston Lagaffe et je dirai que c'est plutot une bonne nouvelle, 51 ans apres que celui-ci ait arrete la serie, il serait peut-etre temps de tourner la page. On peut lui reprocher d'avoir donne un visage un peu trop anguleux au groom et d'avoir considerablement rajeuni Zorglub qui sous leurs pattes fait nettement plus jeune que ses deux adversaires de toujours.

Si j'etais mechant, j'ecrirais que cet album vient de nulle part et qu'il ferait mieux d'y retourner, mais comme je suis un gars bon, je ne veux pas noircir le tableau.

Note finale; 2,5/5. C'est pas mal sans plus. Ca se lit vite et ca s'oublie tout aussi vite.

207. torpedo31200 - 25/04/18 17:13 - (en réponse à : froggy - post # 206)
C' est compliqué de l' évoquer, car ça joue beaucoup sur le découpage et les tonalités. Mais une sorte de polar mélancolique avec des personnages qui s' observent en haut de buildings.

206. froggy - 25/04/18 00:39 - (en réponse à : Torpedo)
Peux-tu en ecrire un peu plus sur le pitch s'il te plait?

205. torpedo31200 - 23/04/18 20:50
Gramercy Park de Timothée de Fombelle et Christian Cailleaux, chez Gallimard.
Très très bien, une vraie respiration et un rythme et découpage particulier, entre la mélancolie et le polar. Le meilleur Cailleaux depuis R-97, voire le meilleur tout court.

204. froggy - 23/04/18 00:43 - (en réponse à : Herve)
Le sujet et surtout le dessin ne me disent rien du tout. Il faut dire que passer apres Giardino, le reste est fade.

203. herve - 22/04/18 17:21
Alt-Life Falzon & Cadène.

Conseillé par libraire, je me suis plongé dans la lecture de ce one-shot de plus de 180 pages.
Les auteurs nous entraine dans un récit qui oscille sans cesse entre science-fiction,érotisme et philosophie.
Dans un futur plus ou moins proche (seule une référence à l'année 2030 y fait allusion) Josiane et René (avouons que cela sonne pas vraiment"in" comme choix de prénoms) sont volontaires pour être les premiers hommes à basculer dans un monde virtuel, donc sans limite et sans aucune contrainte. Ils vont pouvoir vivre tout leurs désirs et phantasmes. Évidement, ils vont pouvoir se livrer aux joies du sexe (à deux, à trois...à plusieurs) sans aucun tabou. Si Josiane s'éclatera dans ce domaine, René aura, lui, du mal à concrétiser ses phantasmes.
Dans ce monde, point de limite, un déjeuner dans un restaurant de luxe, et vous y voilà transplanté, envie de coucher avec Louis XIV, et voilà Josiane transportée parmi les courtisans du Roi pour réaliser son souhait.
Mais au fil de ces désirs assouvis, ces nouveaux "explorateurs" ne vont-ils pas finir par se fatiguer, car jouir sans contrainte n'est-il pas vraiment lassant? Et la question du bonheur dans une telle société virtuelle se pose cruellement.
C'est tout l'enjeu que qu'aborde Cadène dans cette histoire où René et Josiane découvrent un monde nouveau, avant que l'ensemble de l'humanité n'y entre.
Le dessin de Joseph Falzon cadre parfaitement avec le scénario. Les couleurs finalement réalisées numériquement apportent un côté encore plus futuriste à cette aventure.
Lors d'une séance de dédicace, Joseph Falzon m'a confié qu'une suite, avec les mêmes personnages, était en préparation.

Une belle découverte en tout cas ,et une agréable lecture.

note:4/5


202. pm - 22/04/18 10:08 - (en réponse à : Froggy)
Je précise que c’est l’auteur lui-même qui a demandé ce format moyen et non une pingrerie de Casterman.
À part ça c’est un album sui réconcilie avec la bande dessinée, ces trous albums sont trois bijoux.

201. froggy - 22/04/18 01:14
Jonas Fink 1 et 2 ; Ennemi du peuple, Le libraire de Prague

Il a fallu attendre longtemps pour que la suite de la vie de Jonas Fink paraisse enfin, l'auteur, Giardino a pris son temps pour la concevoir puisque 21 ans se sont ecoules entre L'apprentissage et ce Libraire de Prague. Je comprends que cela en ait derange beaucoup, il se range manifestement dans la lignee des Tardi qui enrage les lecteurs et lectrices des aventures d'Adele Blanc-Sec et de Christophe Blain et de son Isaac le Pirate, Sasmira n'etant plus dans la course a la lenteur. De mon cote, cela ne fut pas le cas, les 2 premiers titres ont ete reunis pour la reedition dans le premier tome profitant de la sortie de la conclusion de cette histoire, j'ai donc acquis les deux en meme temps.

J'aime beaucoup Giardino dont je n'ai que les Max Fridman, cela me fait donc penser qu'il faudrait que je lise Sam Pezzo et son hommage a Little Nemo, Little Ego. J'adore ce dessin d'une extremement precision, detaille, delicat et raffine, les memes qualificatifs que j'emploie volontiers pour celui de Taniguchi. Et j'aime ses scenarios ou il apporte du roman dans l'Histoire. Et Jonas Fink est tout a fait dans la lignee de Max Fridman.

L'intrigue de ce diptyque est toute simple. Nous lisons la vie a partir de l'adolescence de Jonas Fink dans la Tchecoslovaquie de l'apres 2e Guerre Mondiale quand celle-ci est sous la coupe des communistes infeodes a l'URSS. Le recit commence en 1950, son pere, un intellectuel, est en prison pour activites contre revolutionnaires et d'espionnage et il est juif de surcroit, ce qui fait que sa femme d'origine autrichienne, pourrait etre accusee a son tour de "sionisme cosmopolite" (sic) mais cela ne sera pas le cas. A cause de cela, le jeune Jonas, un eleve brillant pourtant ne peut aller au college et les conditions de vie de la petite famille se degradent du fait de l'absence du pere et que la mere fait tout pour avoir des nouvelles de son mari. Le jeune Jonas est donc donc amene a travailler des 14 ans comme apprenti dans le batiment. Puis, grace au gre de rencontres fructueuses, il se retrouve a etre employe dans une librairie. En meme temps, grace a son ami d'enfance avec qui il a garde contact, il integre un petit groupe d'etudiants au sein duquel se trouve une jeune fille dont les charmes ne le rendent pas insensible. Le deuxieme livre, commence 10 ans plus tard, en 1968, exactement, annee charniere et importante dans l'histoire du pays. Je ne vais pas elaborer.

Le scenario nous fait passer donc des annees 50 au debut des annees 90 apres l'effondrement du bloc sovietique dans un pays qui paya un tout aussi lourd tribut a l'Histoire que la Hongrie en 1956. Giardino raconte son histoire en se servant de son heros et de ses amis etudiants qui aspirent tous a plus de libertes pour depeindre un monde incroyable pour tous ceux qui ont vecus a l'Ouest alors et encore plus pour tous ceux qui sont nes depuis 1989. A l'ouest, il y avait du nouveau tous les jours dans les magasins alors que la-bas, derriere le Rideau de Fer, ce n'etait pas vraiment le cas. L'auteur nous fait attacher profondement a Jonas et a sa petite bande qui restera en partie groupee et unie malgre les annees et les evenements. L'ensemble fait 303 planches, c'est un roman graphique sur fond de grande histoire dans la plus grande tradition des grands romans, Les 3 mousquetaires, La guerre et la paix, Autant en emporte le vent pour n'en citer que quelques uns que je connais bien et c'est tout aussi formidable.

Le dessin de Giardino est magique pour lui ajouter un autre qualificatif. Il degage un charme fou qui plait instantanement. Ses personnages vivent litteralement sous nos yeux, non seulement de par la qualite de l'ecriture mais aussi de par la qualite du dessin. Quand je le lisais, je me suis trouve quasi instantanement dans les rues et les appartements miteux ou luxueux de Prague dans les annees 50 et en 1968, je vous le disais, ces deux albums ont eu sur moi un effet meilleur que celui de la DeLorean de Retour vers le futur sur Marty McFly. Tout, tout, absolument tout est superbe, les personnages, les decors, j'ai aime revoir le Pont Charles et la grand place sous la plume d'un excellent dessainateur. Cet album est un veritable enchantement. Il est evident que les 20 ans ecoules entre les deux volumes est visible. Cela surprend evidemment quand on entame la lecture de ce deuxieme tome, mais on s'y fait tres vite et puis cela permet de justifier que les personnages ont vieilli aussi en meme termps que leur createur.

Une derniere chsoe pour notre ami Danyel-San qui nous a fait savoir qu'il n'acheterait pas ces albums a cause de leurs petits formats, je me permets de te demander de reconsiderer ta decision, tu passerais vraiment a cote d'une excellente BD, j'ai meme trouve que le format convient bien a cette histoire tres intimiste en definitive. Giardino, ce n'est pas du Druillet

Note finale: 5/5. Il y a l'excellence dans la BD et il y a les autres. Jonas Fink fait vraiment partie des premiers de la classe. A consommer sans moderation

200. herve - 20/04/18 18:01
Yatta

199. froggy - 20/04/18 17:20
Ce type est juste le "schizophrène ultime"

C'est pour cela qu'il ne faut pas lui confier une voiture, vous savez ce qui se passe quand le schizo freine.

->

198. Quentin - 20/04/18 07:47
Tu changeras peut-être d'avis après avoir lu ce livre d'entretien. Aucune intention d'esbrouffe ou d'attraper des couillons. Juste une intégrité et une humilité assez rare, finalement. Il trace son petit bonhomme de chemin, principalement par intérêt personnel (dans ses rencontres et ses amitiés). Que le public le suive ou pas n'entre jamais en ligne de compte dans ses choix. C'est d'abord pour lui-même que Guibert fait ses BD, même s'il y a un projet plus général et plus grand derrière son intérêt.

197. suzix@bdp - 20/04/18 00:55 - (en réponse à : froggy)
Content que tu as aimé 'Ces jours qui disparaissent". C'est l'un des albums qui m'a le plus marqué en 2017 et peut-être même sur une plus longue période.


190. Lien Rag - 19/04/18 01:09
Y'a un truc que j'ai pas trouvé très clair dans "les jours qui disparaissent" et je ne sais pas si c'est voulu par l'auteur (attention spoilers): quand le psy-mercenaire dit au héros qu'en fait il n'est pas le vrai Lubin, c'est la vérité ou pas? (fin spoiler))

191. Mr Degryse - 19/04/18 10:36
C'est pas clair et c'est fait pour. Est ce la vérité ou est ce une tentative du psy pas très net pour favoriser l'autre.

C'est cette ambi guité ( ici et ailleurs) qui donne aussi le sel à cet ouvrage


Pour le Lubin acrobate et donc pour nous, le "vrai" est celui-là puisqu'on suit l'histoire à travers lui et depuis le début. Il serait d'ailluers intéressant que l'auteur fasse le tome 2 à partir du point de "L'autre". Un peu comme ce roman un peu HF qui est écrit selon la vision du héros puis de l'héroïne (Anna? et ??). Au départ, pour nous, le "second Lubin" un imposteur puis peu à peu juste un "autre-lui" plus responsable, organisé qui parvient à prendre le dessus sur ce que lui estime être un être inconscient. Le "second Lubin", "l'autre" est tout aussi réel que le premier. Ce type est juste le "schizophrène ultime" ...

196. Victor Hugo - 20/04/18 00:10
"comme il y a pas MAL de couillons"

195. Victor Hugo - 20/04/18 00:09
Ce n'est pas du tout un grand auteur, c'est un m'as-tu-vu qui fait de l'esbroufe, de l'attrape-couillons, et comme il y a pas de couillons prêts à se faire couillonner, ça marche, mais ça ne tient pas la route.

194. Quentin - 19/04/18 23:24
Tu lui reproches quoi, à Guibert?

193. Victor Hugo - 19/04/18 23:07
Il s'agit de Guibert, un des plus grands auteurs de sa génération.
Qu'est-ce qu'il faut pas lire comme conneries!!!

192. Quentin - 19/04/18 22:56
Entretien avec Emmanuel Guibert, de Bettina Egger, chez Jarjille éditions.

Egger interviewe Guibert et présente tout ca en BD. La mise en image ne vaut pas tripette - juste une collection d'illustration plus ou moins inspirées qui s'apparentent à un exercice de style (fait dans le cadre d'une thèse à l'université de Salsbourg). L'interview ne vaut pas grand chose non plus - les mêmes questions que l'on entend toujours.

Mais Egger n'interviewe pas nimporte qui. Il s'agit de Guibert, un des plus grands auteurs de sa génération. Il fait gentiment remarquer à Egger que ses questions sont nulles à chier, et il lui donne généreusement la réponse aux questions qu'elle ne pense même pas à poser.

S'en suit un court manifeste expliquant que le but de Guibert, quand il fait ses BD, est de créer des relations profondes avec d'autres personnes (Alan, Didier Lefèvre, etc.) La BD devient un moyen de créer des ponts entre les hommes, de se rapprocher et d'échanger les expériences de chacun pour mieux se comprendre. C'est un projet profondément humaniste.

Le bouquin, de quelconque, devient tout à coup génial.

Tout ce que touche Guibert se transforme en or, et lire cet entretien me confirme dans ma conviction que c'est lui qui aurait dû gagner le grand prix à Angoulème cette année.

191. Mr Degryse - 19/04/18 10:36
C'est pas clair et c'est fait pour. Est ce la vérité ou est ce une tentative du psy pas très net pour favoriser l'autre.

C'est cette ambi guité ( ici et ailleurs) qui donne aussi le sel à cet ouvrage

190. Lien Rag - 19/04/18 01:09
Y'a un truc que j'ai pas trouvé très clair dans "les jours qui disparaissent" et je ne sais pas si c'est voulu par l'auteur (attention spoilers): quand le psy-mercenaire dit au héros qu'en fait il n'est pas le vrai Lubin, c'est la vérité ou pas? (fin spoiler))

189. froggy - 18/04/18 23:24
Le Boucher, Ces jours qui disparaissent

Je ne sais plus qui ici a recommande cet album et je ne sais plus non plus qui a aime ou pas car il est evident que cet album laissera peu de gens indifferent. Cela n'a pas ete le cas pour moi car je me range du cote de ceux qui ont aime.

Un matin, Lubin arrive a son travail a l'heure pour une fois. Pas vraiment, lui fait-on remarquer, il est en retard de 24 heures. Incroyable, pense Lubin, j'aurais dormi 24 heures d'affilee? Il faut dire qu'il est artiste acrobate dans un cirque et que la veille ou plutot l'avant veille, il a fait une chute et est tombe sur la tete. La journee se passe neanmoins normalement, il va se coucher et se reveille 2 jours plus tard, ayant une fois de plus saute un jour. Et cela se repete et meme, cela empire, car bientot c'est un jour sur trois, puis quatre, puis cinq, etc. Rapidement, il se rend compte que quelqu'un d'autre fouille parmi ses affaires et ce quelqu'un d'autre c'est lui ainsi qu'il s'en apercoit apres avoir place une camera dans son appartement. Pour communiquer avec cet autre lui-meme, il s'envoie des messages video. Et le temps passe, et la vie aussi.

J'ai enormement aime cet album car il est superbement bien ecrit. L'auteur a tres bien developpe les affres et tourments que vit son infortune heros a qui on a enleve son identite et donc sa vie, l'autre prenant de plus en plus de son temps. J'ai aussi aime les personnages secondaires qui l'entourent et comment Le Boucher a imagine leur reaction. Sur un point de depart absolument fantastique, c'est un authentique drame humain que vit Lubin, tout ce qu'il aime faire, tout ce qu'il a, tout ce qu'il est disparait petit a petit quand il redevient lui-meme apres des absences de plus ne plus longues qui durent meme des annees. Au debut de l'album, l'autre etait l'etranger, a la fin, c'est lui qui l'est devenu, etranger a sa propre vie. Triste et terrible a la fois. Il y a un veritable suspense car on se demande ou cette histoire va et comment elle finira. L'auteur mene son histoire jusqu'a la fin qui en est une veritable, Le Boucher ne la finit pas en queue de poisson.

J'ai aussi aime le dessin que je n'ai pas trouve si manga que cela d'apres ce qu'avais lu sur la question. Il faut admettre que je ne suis pas le specialiste numero 1 du genre, mes connaissances en la matire s'arretent aux Taniguchi que j'ai lus. Les personnages son bien dessines et bien identifiables, le dessinateur restitue bien les expressions et les decors impeccables. C'est le premier livre de lui que je lis et au premier abord, je l'ai trouve tres doux tel celui de Berthet meme si les deux styles sont completement differents, Le Boucher ne fait pas dans le sous-Berthet. Il me parait tout simplement tout a fait digne de ce que je lisais dans les pages de Spirou (ami, partout, toujours) quand j'etais petit.

L'auteur qui est jeune, il a a peine 30 ans, a fait preuve d'une maitrise rare dans sa narration en se concentrant exclusivement sur ses personnages et leurs reactions et non sur le point de depart. C'est tout a fait digne d'un ecrivain plus experimente et cela force l'admiration. Il respecte bien le joli vers de Corneille, "Aux ames bien nees, la valeur n'attend pas le nombre des annees".

Note finale; 4,5/5. Celui-la aussi est a range parmi les meilleurs titres de 2017. J'espere que la suite de son oeuvre sera aussi brillante que cella-la





188. Quentin - 18/04/18 08:10
La librairie de Prague, de Giardino. Presque 200 pages pour prolonger et finir l'histoire de Jonas Fink. J'adore ce genre de BD présentant toute une vie avec tous ses dilemmes, ses choix, ses regrets, ses joies et ses peines. Giardino est un des maîtres du genre, et Jonas Fink en est incontestablement son chef d'oeuvre.

Il est un tout petit peu dommage qu'il y ait 20 ans entre le tome 2 et le tome 3, pas pour l'attente, mais parce que l'auteur a malgré tout changé pendant cette période, et que le ton et la narration ne sont pas tout à fait au diapason entre les 2 premiers et le dernier tome. Mais je ne boude pas mon immense plaisir d'avoir enfin pu lire la fin de cette superbe histoire.

187. froggy - 18/04/18 00:15
Du forum "quels albums empruntez-vous a la mediatheque?":

1084. Victor Hugo - 17/04/18 22:03
Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales.


Ici meme:

184. Victor Hugo - 17/04/18 22:05
Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales.


Tu lis tres vite. Mes compliments.

186. herve - 17/04/18 23:32
Autant le dessin d"Au fil de l'eau" m'avait plu,autant le scénario m'avait déçu.

185. Suzix@bdp - 17/04/18 23:25
A sa sortie j’avais trouvé « Au fil de l’eau » décevant. En tout cas moins bon qu’espéré. J’avais trouvé cela banal et convenu.

184. Victor Hugo - 17/04/18 22:05
Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales.
Belle utilisation du N&B (même si je préfère le traitement des décors aux personnages), défintivement le lettrage informatique c'est dégueulasse et ça gâche des BD. Histoire familiale, policière, à suspense, philosophique, existentielle, menée par une narration efficace, bref c'est un bon bouquin, bon moment de lecture.

183. marcel - 17/04/18 14:50
Au fait, il bosse toujours au Canard ?... A quand un recueil, comme pour Petillon ?...


182. marcel - 17/04/18 14:42
Et The autobiography of a mitroll !

181. helmut perchu - 17/04/18 12:10
J'adooooooore Bouzard mais je dois reconnaître que son Lucky Luke est pas ce qu'il a fait de mieux. Même s'il m'a bien fait marrer, je suis resté un peu sur ma faim.

Par contre Plageman effectivement mais aussi voir surtou The auobiographie of me too sont ex-ce-llents !

180. Piet Lastar - 17/04/18 10:42
Football football est très drôle aussi.

179. pm - 16/04/18 22:42
J'aime bien Bouzard, mais son LL n'était vraiment pas terrible.
Pareil. Son truc le plus drôle reste Plageman.

178. Victor Hugo - 16/04/18 21:32
J'aime bien Bouzard, mais son LL n'était vraiment pas terrible.

177. Lien Rag - 16/04/18 21:18
Comment ça une des deux intrigues n'est pas résolue?
Dois-je subodorer que tu n'as rien compris à la BD et au culot monstre de Bouzard?

176. herve - 16/04/18 16:10
lu Giant #2/2 Mikaël => meilleur que le 1.L'auteur ne s'engouffre pas dans une histoire entre la veuve et Giant, seulement à un affrontement sur fonds d'un New York qui s'élance dans le ciel. Assez beau, finalement. 3,5/5

lu Janitor #4 et #5 Bavard et sans surprise. A peine 3/5

175. herve - 16/04/18 16:02
L'homme gribouillé

Annoncé comme la bande dessinée à lire en 2018, je me suis finalement lancé dans ce one-shot de plus de 330 pages.
Je dois dire que j’ai adoré le dessin en noir et blanc de Peeters, qui mérite amplement qu’on s’y attarde. Il excelle aussi bien dans les scènes d’actions, que celles se déroulant à Paris et même les planches muettes sont superbes ! Vraiment du très bon Peeters sur le coup. Superbe travail !
Côté scénario, la première partie va crescendo et l’intrigue nous tient en haleine constamment au fil des pages, on sent la tension monter. Et puis vers la fin, j’avoue que le recours aux légendes du Judaïsme, même si je m’y attendais, a un peu refroidi ma lecture. C’est sans doute mon côté rationnel qui en prend un coup.
En mêlant le destin de Max le Corbeau à celui de la mystérieuse créature, on finit par ne plus savoir le rôle de chacun, comme si le scénariste Serge Lehman, ne savait pas comment achever son récit de manière linéaire. A trop mélanger les légendes, on finit par s’y perdre et avoir un goût d’inachevé, une fois le livre reposé. Le rôle de Max depuis encore plus obscur au final , et je ne crois pas avoir vu d’explication précise sur l’origine de ce personnage.
Reste un très bon travail des deux auteurs, une réflexion sur les origines, et les silences au sein d’une famille assez particulière, il faut dire.

note: un généreux 4/5

174. Quentin - 15/04/18 23:35
L'homme gribouillé, de Peeters et Lehman. Un récit quelque peu embrouillé, relativement classique et sans grande surprise (il me fait un peu penser à la série "Initiation" de Kashiwagi), mais la narration impeccable de Peeters fait que ca se laisse lire jusqu'au bout sans trop s'emmerder.

Lincoln tome 9, des Jouvray. Ce tome 9 confirme la déception du tome 8. Les dialogues restent très bons, mais la mécanique s'essoufle. Rien de bien intéressant dans "Ni dieu ni maître", malgré un titre qui ouvrait un boulevard de sujets intéressants à développer (on restera sur sa faim). Dieu et le diable sont quasi absents de cette BD, tout comme Lincoln qui n'est qu'un prétexte pour raconter une histoire plus ou moins drôle (mais qui l'aurait été tout autant sans lui). Je ne sais pas si j'achèterai le prochain tome de la série, malgré toute la sympathie que j'ai pour Jérôme.

173. froggy - 15/04/18 21:04
Bouzard, Jolly Jumper ne repond plus

Ou Bouzard, vous avez dit Bouzard? Comme c'est Bouzard. Bouzard, Bouzard.

C'est sur l'invitation de Marcel que j'ai fait l'acquisition de cet album profitant du desert editorial qui sevit chez les editeurs tous les hivers apres l'annuelle avalanche des nouveautes automnales. Est-ce qu'il sera pour Bouzard ce que Stefan fit pour Fabcaro? Oui et non car je n'ai pas autant ri a cet album que ce que Marcel m'en laissait presager, je n'y ai que souvent souri, ce quui est deja pas mal. A part Fabcaro, la seule BD qui me fait vraiment rire en ce moment est Aldebaran de Leo, mais je ne suis pas sur que ce soit l'effet voulu ici.

Jolly Jumper, le fidele cheval de Lucky Luke, ne dit plus rien et ne repond plus a son maitre. Jolly Jumper boude et cela ne fait pas plaisir au poor lonesome cowboy. L'autre arc scenaristique de cet album est le fait qu'un des Dalton fait la greve de la faim. Cela nous donne l'occasion de revoir Ma Dalton et Phil Defer.

Le probleme de ce scenario est que ces deux histoires ne s'entremelent pas, elles restent paralleles. Et Bouzard va meme assez loin puisque l'une des deux est non resolue a la fin de son album. Il n'empeche que l'album est bourre d'humour et cela des la premiere planche ou on voit un homme a moitie nu, echevele et barbu entrer a Seville Gulch et se precipiter vers le coiffeur local, le barbier de Seville Gulch. Cet homme est Lucky Luke ainsi que nous le voyons sortir. Bouzard n'arrete pas la et sort quasiment au moins un gag a toutes les planches, gags qui vont du non sens au burlesque en passant par les references et pas seulement a l'oeuvre de Lucky Luke. Je ne veux rien ecrire sur celui que j'ai trouve etre le meilleur si ce n'est qu'il est tres bien trouve.

Je ne vais pas ecrire que Bouzard ne sait pas dessiner car cela n'est pas vrai mais je ne vais pas ecrire que j'ai ete subjugue par lui, cela ne serait pas vrai non plus. Je vais etre honnete, j'ai moyennement accroche a son dessin dans un genre qui est un des plus difficiles qui soit si ce n'est le plus difficile, l'humour. Ce qui me fait rire ne fait pas forcement rire d'autres et lycee de Versailles. Je l'ai trouve assez pauvre en definitive, a l'image des derniers albums de la serie dessines par Morris qui sont nettement moins accompli que ceux de la periode Goscinny. Je ne suis pas certain que c'est un hommage en ce sens qu'a voulu rendre Bouzard.

Note finale, 2,75/5. Ce n'est pas grace au dessin que je donne la moyenne, c'est grace aux trouvailles (nombreuses) en matiere d'humour et certaines sont vraiment tres bonnes.

172. Victor Hugo - 15/04/18 16:02
Calypso de Cosey.
C'est pas bon. La narration est confuse, on n'est pas embarqué, les dialogues sont assez médiocres et le dessin... pffff... Le format est nul, c'est dessiné pour être dans un format manga, alors pourquoi nous pondre cet album démesuré (à part pour le vendre 20€ bien-sûr). L'histoire, j'ai l'impression que Cosey nous l'a déjà raconté dans Voyage en Italie, mais avec plus de talent. Bref, son Mickey n'avait aucun intérêt et celui-là non-plus. Ce cher Cosey n'a que 67ans, c'est un peu jeune pour être déjà gâteux non?

171. herve - 14/04/18 16:56 - (en réponse à : Lien Rag)
je viens d'emprunter
Batman année un
The dark Knigt returns

170. Lien Rag - 14/04/18 13:31
Tu n'as même pas lu Dark Knight?
Gotham Central?
Batman Year One?
A Long Halloween est une tuerie sur le plan graphique, le scénario ne casse pas cinq pattes à une chauve-souris (il reste meilleur que les Batman ordinaires mais c'est pas placer la barre très haut), donc tu peux lire ou pas selon tes goûts.

Et je n'ai pas encore lu Arkham Asylum, faudra demander à d'autres.

169. herve - 13/04/18 23:32
Batman, the dark prince charming #1, de Marini

'avais un apriori , non pas sur le dessin de Marini, mais sur l'histoire, étant allergique aux comics américains et aux supers- héros en particulier (Je dois avouer que je n'ai jamais lu une bd sur Batman). Et bien je dois dire que j'ai été agréablement surpris par ce premier opus. Le dessin de Marini est superbe, surtout les pleines pages . Même si cet opus fait la part belle au Joker, les scènes où Batman entre en action sont assez réussies.
Mais quelques aspects m'ont quelques peu déçus: le format choisi, entre le comics et le franco-belge, un lettrage parfois trop petit (en particulier ceux de la voix off) et une lecture assez rapide (l'intrigue principale s'installant que vers la seconde partie de l'album).
Bref un avis mitigé, mais je lirai sans nul doute le second volume de cette histoire.

note:3/5

168. Quentin - 12/04/18 23:36 - (en réponse à : feldoe)
J'ai trouvé "Mon année" très, très mauvais. Parmi les plus ratés des albums de Taniguchi.

167. marcel - 12/04/18 22:41
Merci herve !

166. herve - 12/04/18 21:59
Animosity #1

Sans l'éclairage mis par ma médiathèque sur cet ouvrage, je serai passé à côté sans doute de cet opus, étant assez peu réceptif au style des comics américains.
Pourtant, dès les premières pages de l'album, on est happé par l'histoire. Guère féru de récit animalier (hormis la série "Blacksad"), j'ai apprécié ce premier opus qui oscille sans cesse entre l'ambiance de "la planète des singes" ou de la série "Zoo" et des récits post-apocalyptiques.
Un road movie qui se lit bien, même si le dessin est parfois approximatif (surtout les personnages humains) et les couleurs en peu fades parfois.

Intéressant.

note : 3/5

165. herve - 12/04/18 21:37
Une nuit à Rome #3 de Jim

J'avais aimé les deux premiers volumes et c'est avec une certaine surprise que j'ai découvert il y a quelque temps que Jim travaillait sur un nouveau diptyque . Fallait-il vraiment donner suite à cette aventure romaine entre Marie et Raphaëlle, publiée avec un certain succès de librairie il y a 6 ans?
Pourtant, Jim fait le pari, risqué, de renouer avec des personnages qui semblaient avoir fait le deuil de leur relation furtive.
Nous retrouvons ici, Raphaël, dix ans après, un Raphaël désabusé et cynique avec qui le lecteur que je suis, ne ressent pas beaucoup d'empathie tant il est égoïste, à mon avis.
A contrario, Jim nous dépeint une Marie plus posée, plus émouvante, plus adulte enfin.
J'ai retrouvé, avec bonheur, l'atmosphère des deux premiers albums, avec Rome, la fête des copains,le balcon - la scène de présentation de l'appartement italien est assez réussie, il faut l'avouer- .
Le ton est certes plus grave (rien que l'incipit donne le ton au récit), mais j'ai dévoré ces 100 pages d'une traite.
Le seul reproche que l'on peut faire à Jim réside dans le fait que les personnages ne font souvent pas leur âge : Marie, censée avoir 50 ans, a le corps d'une femme de 30 ans et s'habille comme une midinette. Raphaël, au contraire fait plus vieux.

J'ai lu cette histoire dans la version en tirage limitée "dos toilé" pour rester dans la continuité des deux premiers, et le cahier graphique vaut le coup (presque exclusivement réservé à des esquisses et dessins sur le personnage de Marie, même les recherches de couvertures sont autour de son personnage féminin).

Un très bel album, j'attends la suite avec impatience.

note:4/5

164. feldoë - 10/04/18 11:21
J'ai lu beaucoup de l'oeuvre de Taniguchi, mais pas ce "Ciel radieux". J'en ai vu son adaptation filmée (un téléfilm il me semble) que j'avais bien aimée.
De cet auteur, j'ai aussi beaucoup aimé "Quartier Lointain", "Le journal de mon père", et les histoires courtes du recueil "L'orme du Caucase". Dans un autre genre, "Le sommet des dieux" est une lecture très prenante, "Blanco" aussi. Plus introspectif, "L'homme qui marche" se lit bien. Je n'ai pas lu "Botchan".
Ma seule petite déception a été "Les gardiens du Louvre".
Dommage aussi qu'il n'ait pas eu le temps de continuer "Mon année"...

163. froggy - 10/04/18 00:21
Taniguchi, Un ciel radieux

Je continue a aller a la decouverte d'un auteur que j'aurais du connaitre depuis plus longtemps que cela. Cela n'est pas grave, vous connaissez le mot, il n'y a pas de vieux livres, il n'y a que des livres que je n'ai pas lus. Ce qui aurait ete dommage en definitive, c'est que je sois passe a cote. Fort heureusement, et grace a vous, cela n'est pas le cas et pour cela je continue a vous en remercier.

C'est mon troisieme Taniguchi et contrairement au precedent que j'ai lu, Le journal de mon pere qui ne m'avait que tres moyennement plu, j'ai adore celui-la comme cela avait ete le cas avec Quartier lointain. Comme je le fis pour ce dernier, j'ai deguste ce Ciel radieux a petites gorgees tel un nectar et pourtant ce n'est pas l'envie qui me manquait de le boire d'une traite mais cela aurait ete une methode de goujat.

Par un beau soir d'ete, sur une autoroute urbaine, la moto de Takuya Onodera, un jeune homme de 17 ans, percute la camionnette de Kazuhiro Kubota, un homme dans la quarantaine, marie et pere d'une petite fille. Le corps de Kazuhiro est mort mais pas son esprit qui s'est transfere dans la corps du jeune homme, eteignant sa personnalite temporairement. Le recit nous raconte comment l'esprit de Takuya reviendra petit a petit a la surface et comment Kazuhiro doit accepter le fait qu'il soit mort et de laisser sa famille. C'est donc sur une trame absolument fantastique que Taniguchi a elabore son histoire mais le traitement ne l'est pas car l'auteur s'est plus attache a decrire les regrets et remords qui submergent la pensee de Kazuhiro qu'a nous raconter les tourments mentaux que subit le jeune Takuya. Kazuhiro aura a coeur de revoir les 2 etres qu'il aime le plus au monde afin de s'excuser sur ce tout ce qu'il n'a pas pu faire avec eux. Parallelement, etant dans l'esprit du jeune homme, il y decouvre quelques secrets et va l'aider a surmonter les problemes que celui-ci rencontre vis-a-vis de sa famille et surtout de sa mere. J'ai vraiment ete pris par ce livre grace a la maniere dont Taniguchi ajoute sequence apres sequence tout aussi touchante et emouvante l'une que l'autre. L'humanite qui se degage de cet ouvrage est fascinante grace a l'a delicate sensibilite des personnages que l'auteur a mis en scene. Le livre fait un peu plus de 300 pages et cela lui a permis de bien les developper tous. Meme la fin est ravissante car elle est triste et heureuse en meme temps.

Je ne vais plus faire l'eloge du dessin de Taniguchi qui est d'un exquis raffinement que ce soit aussi bien dans les decors urbains que ceux des maisons dans lesquelles evoluent tous nos personnages. Cependant, cette fois-ci, et ainsi que je vous en avais fait part pour les deux autres BD de lui que j'ai lues, j'ai ete nettement moins gene par l'absence des yeux brides des protagonistes. Me serais-je deja habitue au style manga que cela ne me choque plus? Par contre, j'ai ete conquis par la maniere dont il a dessine le petit chien de la famille de Kazuhiro, Maru. Tel que croque par Taniguchi, il l'a rendu aussi vivant sur le papier que ce que Franquin faisait pour le chat dingue dans un style completement different bien sur.

Une dernier chose qui m'a etonne dans cet ouvrage est la critique a peine masquee que fait Taniguchi sur le mode de vie de ses concitoyens qui se tuent au travail negligeant leur famille pour le coup. Et en l'occurrence, c'est le cas de le dire, Kazuhiro se tue au travail, l'accident dont il est victime a eu lieu alors qu'il faisait une livraison pour le compte de son entreprise en pleine nuit du au manque de personnel et qu'il etait deja en heures supplementaires et travaillait pas loin de 12 heures par jour. On ne peut pas etre plus clair.

5/5. C'est de la BD a son meilleur et c'est formidable de lire cela

162. froggy - 08/04/18 20:47
Fabcaro, Et si l'amour, c'etait d'aimer

Et si s'amuser, c'etait de rire.

Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire des romans-photos, cela m'est arrive dans les annees 70 lorsque j'ai ete opere et que les infirmieres de l'hopital laissaient leurs Nous Deux et autres magazines similaires a la disposition des patients. J'adorais tellement c'est cucul la praline et tartissime au possible, c'est nullissime de chez nullissime mais c'est comme pour des chips, on sait que c'est pas bon pour la sante mais une fois qu'on a entame un paquet, on ne peut pas resister a le manger en entier. Plus tard, j'aimais beaucoup egalement les romans-photos dans Hara-Kiri (journal bete et mechant) qui generalement presentaient des jeunes femmes plus ou moins jolies, reconnaissons le, et qui le plus souvent finissaient dans le plus simple appareil afin de se moquer encore plus du genre. Apres avoir lu le dernier opus en date de Fabcaro, il est evident qu'il en a lu aussi et ce qu'il en a fait est a se tordre de rire.

Dans le 9e art, je ne connais et n'ai que deux bandes qui sont similaires a des romans-photos; Les Labourdet des epoux Graton que je ne presente plus car je vous en ai fait part regulierement ici meme et Clairette d'Uderzo et Charlier, signature etonnante s'il en est considerant le genre de BD que ces 2 auteurs signerent par ailleurs et qui les rendirent tous deux riches et celebres. Ce Et si l'amour, c'etait d'aimer en est donc le troisieme qui vient agrementer les etageres de ma bibliotheque. je l'ai deja mis d'office parmi les meilleures BD comiques que j'ai le plaisir d'avoir.

Sandrine et Henri forment un couple heureux. Or, un soir alors qu'elle a commande de la macedoine pour le diner, elle tombe folle amoureuse du livreur. Pour le reste je vous laisse lire le livre qui souvent vous fera rire aux eclats. L'auteur, tel le meilleur des pince-sans-rire, nous gratifie d'un veritable feu d'artifice de l'humour a froid qui va jusque dans l'absurde et le non-sens qui commence avec le titre et le dessin de couverture jusqu'au bouquet final. Pour vous mettre en appetit, je ne peux resister a reecrire le premier dialogue entre Sandrine et Michel, le livreur de macedoine, alors qu'elle vient d'ouvrir la porte de l'appartement:

Recitatif:
Tout a coup, Sandrine sentit tous ses sens s'enflammer tel un incendie se propageant dans la foret de son corps... Le regard de cet homme noir comme une nuit sans lune, la magnetisait tel un aimant dont elle ne pouvait se detacher.
Michel: Vous avez la carte de fidelite?
Sandrine: La fidelite, est-ce si important au fond?
Michel: Bah quand meme, au bout de 10 macedoines. vouis en avez une gratuite...

Le reste est du meme tonneau et vous risquez d'avoir mal a vos zygomatiques, ce qui est une bonne douleur, je trouve. Marcel et Bertrand apprecieront (ou ont deja apprecie) le nom du fils de Mr et Mme Touille, de mon cote, je ne m'en suis toujours pas remis tellement c'est enorme.

Par souci de fidelite au roman-photo, Fabcaro a dessine tous ces personnages de maniere immobile avec des sourires figes et des expressions et des mouvements convenus. Dans le meme esprit, les phylacteres sont carres et sur fond noir et dactylographies. Ce n'en est que plus drole.

J'espere que les muses de l'inspiration continueront encore longtemps a venir visiter Fabcaro pour que nous, lecteurs, puissions en profiter.

4,75/5. Apres avoir lu ce livre, vous ne regarderez plus votre livreur de macedoine prefere et bientot celui de dés de betteraves de la meme maniere

161. stefan - 07/04/18 18:23
Ah Ah! Bdp à la pointe de l'actualité !

160. pm - 07/04/18 16:58 - (en réponse à : marcel)
Pareil, c’est un des très rares comics que j’ai suivi et j’étais passé à coté. Grâce à toi je l’ai commandé à la SFL.



 
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