Les 50 critiques de Kieran sur Bd Paradisio...

"The Ride" c'est du hamburger : on sait que ça ne va pas être une révolution et qu'il y a certainement de quoi rester sur sa faim. Pourtant "The Ride" c'est du BON burger. Non seulement, la série est atypique, car le seul personnage régulier est une voiture, mais en plus il y a des dessinateurs de qualités qui ont l'air de se bien se défouler à dessiner autre chose que les aventures d'un gars en collant. Les dessins de Brian Steelfreeze et de Jason Pearson justifient déjà cet achat.
Méfiez-vous les aveugles ne sont pas ce que l'ont pense. Si, comme le héros, vous avez toujours ressenti un certain malaise lorsque vous croisez un aveugle, peut-être bien qu'il y a une raison. Ce "Rapport sur les aveugles", c'est l'histoire d'un voyant qui commence à espionner les aveugles. Cette drôle d'histoire l'emmènera explorer un monde de ténèbres qu'il ne pouvait imaginer. Après avoir réussi le pari de retranscrire Lovecraft en bande dessinée, Breccia s'attaque à la représentation de l'absence de la vue. Vous savez quoi ? C'est réussi.
Quintos par Kieran
Oui, Andreas est à l'aise dans le non fantastique. Sans fioritures idéologiques, "Quintos" dresse le portrait d'un groupe aux motivations diverses en pleine guerre d'Espagne. Bien entendu en quelques pages, il n'y a pas la place pour un "Land and Freedom" (excellant film), mais un sujet peu traité mérite toujours d'exister. De plus, Andreas continue à s'améliorer. Après ma petite déception des "Chinois", Capricorne, Andreas a démontré avec le dernier "Arq" et ce "Quintos" qu'il reste un élégant martien dans la production francophone.
La mini-série des Bodybags est rééditée pour la seconde fois en français. Elle passe de la vente en kiosque aux librairies spécialisées. C'est un joli résultat pour une des meilleures mini-séries ricaines des années '90. A cette époque, le comics US passait par une très mauvaise période (comme en France d'ailleurs) et des gars comme Jason Pearson permettait de garder espoir que ça s'arrange. Mais finalement Pearson c'est fait remarquer par une première mini-série avec le personnage du "Savage Dragon" et finit par faire mieux que l'auteur original de la série. Ensuite ... Bodybags. Dans les toutes premières pages, le lecteurs pouvait contempler une case terrible ou l'on voit le héros, un tueur/chasseur de prime professionnel, planter un couteau de chasse dans le ventre d'une femme enceinte ... La série commence en plein règlement de compte entre tueur et le "héros" voit débarquer sa fille, qu'il ne connaît pas, une tornade sur pattes aussi dangereuse que lui. Bodybags n'a peut-être pas le niveau des grands scénaristes anglo-saxon, mais le dessin rattrape le travail (un mélange d'influence d'animation japonaise et surtout Hip-Hop) et délivre une histoire d'une énergie rare. Malheureusement, Pearson est ensuite tombé en disgrâce auprès des grands éditeurs pour des raisons de retard dans les délais. Après avoir montré pattes blanches en réalisant de superbes couvertures pour la majorité des grandes séries US, il est enfin reparti, des suites à Bodybags sont annoncées ... chic !
Un dessinateur Yougoslave qui a déjà fait ses preuves sur plusieurs grande séries américaine, notamment les "New X-men" de Grant Morrisson, a sorti cette mini-série en toute discrétion sous une plume peu connue. Le résultat est dissident à souhait et le dessinateur se dépasse à nouveau. Quant à l'histoire ... c'est un gros pas mal. Visiblement le scénariste est trop fan de la série cultissime de Grant Morrisson "The Invisibles" et il a également lu "Les aventures de Jerry Cornélius" de Moorcock. Les références sont au top, mais le contenu reste au final trop léger et le rythme mélange mal l'action et les dialogues. Malgré de très bonnes intentions on s'ennuie un peu et l'aspect controversé part en fumée ...
J'ai acheté cet album pour son graphisme et les critiques positives qu'il recevait et ... j'en suis sorti plus que déçu. Le dessin est très bon, même nettement supérieur à ce qui ce fait en fantasy francophone (bcp de daubes et peu de qualité), malheureusement l'album pêche par la banalité de son scénario. Hep, ça vaut pour tous les scénaristes vivants et à venir, c'est bon le "coup du messie" on commence à connaître et c'est toujours les mêmes structures et à force ça fascine peu et bassine beaucoup. Le "coup du messie" est presque aussi nul que "le coup du jumeaux" (peut-être pour la suite de Ronces ?). En tout cas, le dessinateur est à surveiller de très près. Il faut juste pas regarder la dernière case de l'album qui, malgré les talents de l'artiste, ne peut s'empêcher d'éviter le ridicule de son contenu.
"Locas" c'est grand, c'est immense parce qu'il y a une vie folle dedans. Derrière "Locas", il y a Jaime Hernandez et "Love & Rockets" une des meilleures bandes dessinées du monde (si, si) et aussi une des séries les plus malmenées par des traductions françaises désastreuses. La Palme revenant à "Modern Sexe" chez Albin Michel qui, en dehors d'un titre ridicule, a choisit de simplement couper des pages. Les multiples tentatives passées de traduction n'ont jamais dépassée le stade du premier album. Abandonnée depuis plusieurs années c'est en 2005 que soudainement plusieurs éditeurs français se sont à nouveau intéressés à Love and Rockets. "Locas" c'est surtout le portrait de deux copines Maggie et Hopey. Au début, elles sont deux ados un peu punks. Comme elles, la série est plus timide qu'elle en a l'air. En feuilletant, on verra beaucoup de catcheurs, quelques bagarres, peut-être même un vaisseau spatial ou un dinosaure, mais ce ne sont que des détailles face aux qualités cachées de la série. On commence à lire Locas comme des tranches de vies plutôt punky ou humoristiques et pourtant, derrière ces case noires et blanches et les sourires de Maggie et Hopey se révèle discrètement un regard d'une justesse incroyable sur les rapports humains. Chaque lecture permet de découvrir, d'apprendre ou de comprendre une nouvelle facette de cette série… On grandit avec … Bref, s'il fallait choisir une seule BD pour aller vivre sur une île déserte ce serait Love and Rockets … Euh, "Locas"
Sans discrimination, ce gourmet soulitaire traverse le Japon au gré de son appétit qui est aussi grand que l'homme est réservé. Chaque chapitre est un plat, mais aussi le portrait d'une ville d'un lieu. Par contre, la lecture de ce manga est une torture car il y aussi une capacité incroyable à vous mettre l'eau à la bouche.
Si je me fie aux critiques, après le nouvel album d'Astérix, voici l'autre bande dessinée d'actualité qui parle de morts-vivants. Ne vous fiez pas à un titre français horriblement nul et une couverture assez faible (déjà celle du recueil V.O.) sous des appâts peu glorieux se cache cette petite perle de "Remains". Pondu par Steve Niles, le meilleur scénariste de comics d'horreur américain du moment, il s'agit peut être bien du chaînon manquant entre le "Day of the Dead" et "Land of the Dead" de Romero. Le dessin de Kieron Dwyer sert parfaitement à l'intrigue avec un style réaliste typiquement comics avec ce trait un peu haché qui donne bien le côté sale et méchant demandé par l'histoire. "Remains" ne brille pas d'originalité si on le compare aux films de zombies, mais démontre une fois de plus qu'il est possible de faire du fantastique malin, rythmé et efficace en bande dessinée ... Ce qui est plutôt rare de nos jours ... Ah, si j'oubliais Astérix et aussi ce bon vieux XIII ...
Cla$$war par Kieran
Le héros de Cla$$war est un Captain America doté des pouvoir de Superman qui contraîrement au deux autres a bien vu que le pays de la Liberté n'est pas le sien. En un volume Delcourt nous gâte avec ce comics bien violent, caricatural, drôle et très représentatif de ce qui peut se faire de bien et de doucement dissident dans le du comics. Si les auteurs continuent dans ce genre de direction, la bande dessinée sera bientôt le dernier espace de libre-expression aux Etats-Unis.
Monroe par Kieran
"Monroe" c'est bien. Après "L’oeil de la forêt", on attendait un nouveau one-shot de Tirabosco. Monroe c'est surtout un road-movie, dont la route parsemée d'embuches, emmène le héros atypique loin de la nature et le rapproche trop d'une civilisation triste, sombre et dangereuse. Par moment, il se révèlera comme un de ces héros atypiques et poétiques du cinéma japonais, Zatoichi ou Ogami Itto (Lone Wolf & Cub), avec la bagarre en moins. Les auteurs de l'album ont contenu l'histoire en un album et ont résisté à la volonté de faire des suites improbables en livrant cette sombre fable en un morceau. L'album est tellement bon que pour une fois, on en redemande. Le dessin oscille toujours entre l'enfantin et le provocateur et les couleurs de Tirabosco, aux antipodes de la chaleur de "L'oeil de la forêt", s'adaptent à merveille à ce sombre voyage. A nouveau Tirabosco se surpasse pour livrer un album d'une qualité esthétique bien supérieure à la moyenne francophone. Il est bien au-dessus de ceux qui ont tendance à se reposer soit dans la répétition d'un style séculaire ou ceux de la nouvelle école qui confondent parfois production et qualité. Voilà une histoire contenue et de qualité qui laisse grande ouverte les possiblités d'autres albums et c'est peut être ça un véritable auteur. Bref, "Monroe" c'est bien.
Après le choix d'une orientation plus dure de la série avec le numéro 11, Soda revient avec ce "Code apocalypse". Il n'y a pas grand chose à révéler de l'histoire sinon qu'elle parle de meurtre. Dans un certain forum, des informations laissent penser qu'il s'agirait peut être du dernier Soda avec les auteurs principaux et c'est bien dommage. Avec ce numéro 12, les liens entre les personnages s'affirment et la série prend un corps qu'elle ne connaissait pas encore. Le précédent donnait juste un ton plus sombre, cet album-là a donné un vrai renouveau à une série déjà bien sympathique. On pourrait d'ailleurs rêver un peu qu'une historie plus longue se profile à l'horizon qui porterait en elle, les révélations manquantes (les doigts de Soda), qui emporterait les personnages en dehors du canevas devenu répétitif de la série et l'amener à une fin définitive et écrite.
N'est pas Charles Burns qui veut et c'est bien dommage. "Hallorave" n'est pas un album moyen. Le texte et les points de vue choisis sont de très bonne qualité et le dessin de Mezzo est toujours de très bonne qualité. La comparaison à Burns (si vous ne connaissez pas, ruez-vous sur l'excellente série "Black Hole") est graphiquement évidente. Là ou le problème commence, c'est que le scénario ressemble aussi beaucoup à Black Hole (points de vue multiples, troubles adolescents morbides, sexualité troublée, intégration de fantastiques, etc.). Du coup, la forme du texte se fait au dépend de sa qualité et piège le dessin dans ce qui ne ressemble qu'à une imitation du travail de Burns. Ainsi, il ne reste de cet album qu'un enchaînement très bien traité de scènes glauques pour être glauques et l'album serait toujours bon si le dernier "chapitre" bouclait la boucle plus efficacement que par un regroupement de certains personnages pour une scène juste un peu choc. Mezzo et Pirus continuent à faire de très bonnes BD et gardent leurs marginalité, mais ils n'arrivent toujours pas à se détacher de leurs inspirations, mais ils restent à surveiller de prêt, car ils finiront bien par pondre un album incontournable et qu'ils restent des auteurs bien plus intéressants que la majorité de la production francophone.
Stray Toasters par Kieran
Le diable est en vacances sur terre et il y a forcément des conséquences. Pour le héros de Stray Toaster, il lui faudra régler ses problèmes de divorce et traquer un toaster devenu Serial-Killer. Après Sandman et 100 Bullets, on ne peut que louer les choix courageux de Delcourt pour enfin éditer des albums cultes passé et présent. Stray Bullets de Bill Sienkewicz est une montagne russe graphique et narrative.
"Un peu" et je suis gentil. En humour, les histoires complètes marchent parfois très bien, il suffit de relire les Margerin concernés, mais là, le dernier Titeuf sombre dans un terrible marasme. L'histoire est vue et revue pour un déroulement ultraprévisible. Reste quelques bonnes blagues (surtout dans la seconde moitié), mais il y là l'impression bien triste d'un auteur qui se repose trop sur ses lauriers et qui continue à livrer des produits plus marketing que comiques. C'est d'autant plus dommage que Titeuf avait très bien commencé en donnant un vrai souffle de jeunesse et de mordant à un personnage de BD jeune. Reste pour les habitants de Genève (Carouge surtout), le plaisir de revisiter des lieux surpopulaire comme l'inévitable piscine de Carouge...
"A la folie" c'est clair. Bravo Trondheim pour sa cohérence, bravo pour son histoire et bravo pour son dessin. Je comprends très bien les réticences des critiques précédentes à parler de l'histoire ... ce n'est pas nécessaire tout est dans le titre. Le titre justement : "la vie comme elle vient", il contient déjà toute l'histoire de cette album curieux qui mélange si bien une BD plus traditionnelle et cette "nouvelle vague" (appellation oh combien naze d'ailleurs) de la BD française. Franchement les derniers albums de Trondheim me faisaient encore douter de son talent à raconter ce qu'il voulait, mais avec ce nouvel album de Lapinot, on ne peut que regretter son retrait partiel du monde de la BD.
Certes, ce dernier Canardo est encore loin de la grande époque de la série, mais je trouve les critiques précédentes étonnament dures avec le nouveau Sokal. Le retour de Carmen en eco-terroriste est pas trop mal vu. Certes, l'album n'a pas la mélancolie de l'Amerzone, mais au moins Sokal n'a pas répété le concept du voyage dans le temps (un des derniers albums). Dans l'ensemble, je trouve que la série s'améliore à nouveau et quitte l'aspect un peu trop Colombo/alcoolique pour se trouver un nouveau souffle dramatique. Canardo revient à petits pas pour nous livrer ses lignes désabusées imbibées d'alcool frelaté. Sokal ne fait pas de bandes dessinées prétentieuses et délivre régulièrement ses modestes série B d'un personnage populaire qui n'est ni banquier, ni playboy.
La conquête du monde par les Humanoïdes a commencé avec la série "Je suis Légion". Dans les coulisses de l'affaire Humano, un contrat lie les humanoïdes avec DC comics l'un des 2 géants de l'industrie des comics made in US. Des deux côtés de l'océan, le programme serait chargé en traductions qui permettraient à des auteurs US d'être traduits en frenchy et à des auteurs européens d'être traduits en english. L'opération est entamée sur un croisement avec un album étonnant écrit par un français (qui a déjà écrit la série WEST, mais là je connais pas) et un assez jeune, mais déjà énorme dessinateur ricain (avec un faible sur ses travaux pour The Planetary - une autre série incroyable). La série "je suis Légion" annonce une histoire de vampire new age sur fond de seconde guerre mondiale. Le premier album "Le Faune dansant" est une belle réussite. On y trouve du fantastique, du politique, de la guerre et le tout conté comme une intrigue dont la compréhension devra probablement attendre le dernier album. Au lieu d’en faire un fourre-tout tendance, le scénario imbrique bien les styles et les personnages et le scénario est à la hauteur du dessin de Cassaday. Ce dernier combine d’une façon assez unique le travail sur l’encrage et ses crayonné pour livrer un dessin précis et léger à la fois. L'album est réussi dans des préférences réaliste à ne pas tout livrer directement que ce soit dans l'histoire ou les personnages attendent d'être bien cerné et un dessin réaliste à l'américaine. J'ai presque envie de dire que le cocktail a réussi à y mettre le meilleur des deux côté de l'océan, mais avant de dire ça, il faudra encore attendre la fin de cette sombre histoire.
Pour commencer, il faut mettre les pendules à l'heure. Il ne s'agit pas ici d'une oeuvre européenne de l'auteur, mais bien d'une de ses nombreuses incursions américaines. "La mort dans les yeux" est un album agréable qui est une sorte de prolongation de l'univers extraordinaire de Sandman (Neil Gaiman). Le "héros" de l'histoire n'est rien de moins que l'incarnation de tous les cauchemars le "Corinthian". Les suites à Sandman sont très nombreuses et compte actuellement bien plus de titre que la série elle-même. "La mort dans les yeux" est donc une sorte de "Sandman-monster", selon les recettes des Donjons de Trondheim et Sfar. C'est aussi une des meilleures que j'ai pu lire (certaines sont d'une nullité abyssale). On est encore loin des deux aventures de Death, mais le dessin de Zezelj colle étonamment à Venise et l'histoire de Dacan semble très inspirée par le grand cinéma italien. Un petit album d'une qualité inattendue pour son bas degré de rapport à l'oeuvre de Gaiman.
Larcenet continue à être épatant. Avec cet album, il mélange complètement la dérision et le drame pour pondre un dérapage parfaitement maîtrisé sur un Van Gogh qui tente de peindre les horreurs de la guerre de 14-18. Autant le premier opus de la série "Une aventures rocambolesque de ... Sigmund Freud" était un pure album comique, autant celui-ci va plus et transporte l'absurde du rire au drame. Larcenet est aussi un des seuls français dont le dessin évolue nettement d'album en album et qui laisse penser qu'il faudra encore beaucoup de temps à ce qu'il s'épuise.
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