Extrait d'une lettre à quelqu'un que j'aime, voulant lui faire partager Ukulélé: "Je rentre dans une librairie où j’ai mes habitudes, posant mon regard sur des dessins, sur des bouquins qui me font envie. Et puis je tombe sur le petit bouquin tant attendu, qui me procurera quelques heures de rêverie, sans soucis, en dehors de tout. Le dessin me touche, sa simplicité fait mouche. J’adhère au travail de son auteur et à ses envies (le petit bouquin raconte ses dernières vacances avec sa femme et sa fille, dans le midi, entre les doutes du créateur, ses essais de musicien frustré, ses avis pertinents et son quotidien, le tout teinté d’humour et d’auto-dérision). J’ai envie de le partager avec toi, tu es au tournant de chaque dessin, dans le coin de chaque œil de femme qu’il dessine, sous chaque séduction. Je te livre juste un passage qui me fait du bien (il parle des jeux avec sa petite fille de 20 mois. Elle s’appelle Tautmita – je sais pas pourquoi, mais c’est drôle comme prénom – et il joue avec elle en mettant en scène des animaux en plastique. Sa théorie, c’est qu’elle préfère quand il y a peu de personnages, pour avoir plus d’interactions. Quand ils sont trop, ils ont tous des seconds rôles. A son âge, les histoires, c’est du style : papa ours et monsieur cochon. Monsieur cochon aime madame vache. Méchant crocodile ! C’est alors qu’il se penche sur deux animaux particuliers, des chevaux). Je cite : « Tautmita possède un grand cheval en plastique dépourvu de système uro-génital et un autre, plus petit, muni d’un zizi. Nous lui avions vendu le grand comme « papa cheval » et le petit comme une « maman cheval ». Nous avions (note de moi : lui et sa femme) parfaitement remarqué que maman cheval avait des couilles, mais on pensait que Tautmita (20 mois) ne ferait pas attention à cela. Etant d’un naturel plus pudique qu’on pourrait croire, je ne me ballade jamais tout nu devant ma fille. Alors je ne sais pas d’où lui vient cette science qui fait qu’elle s’obstine à appeler le petit cheval « monsieur cheval ». Pour elle il y a donc papa cheval et monsieur cheval. Ce qui est amusant, c’est que même si ces deux animaux sont indubitablement masculins dans son esprit, elle les fait tout de même fonctionner en couple ». C’est tout simple, c’est tout con, mais j’aime bien cela. Je te passe en fait les dessins qui représentent : les deux chevaux de haut, le petit cheval avec deux minuscules machins, les deux chevaux qui marchent l’un derrière l’autre, et les deux chevaux « en couple » avec la tête de la petite Tautmita, qui dit « oh papa cheval, monsieur cheval promener ». C’est tout con, tout futile, et donc, je vais de ce pas rechercher mes Playmobil… La lecture de ce livre, c'est un bon moment. Et comme ils sont rares... |