Que venez-vous de lire et qu'en avez-vous pensé? (19)

Les 673 commentaires sont triés des plus récents aux plus anciens .

Acces direct aux pages 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14


573. froggy - 24/08/18 01:39
Cailleaux & de Fombelle, Gramercy Park

Heureusement qu'il y a le site d'en face concurrent mais neanmoins ami car nulle part dans cet album, il est mentionne qui fait quoi. Est-ce du snobisme de la part de l'editeur, Gallimard, editeur tres chic et encore plus prestigieux si il en est? Pour ceux et celles qui ne le savent et n'aiment pas aller chez Bdgest, c'est Cailleaux au dessin, de Fombelle etant evidemment le scenariste ainsi que vous en aurez deduit par vous meme, tels des petits Sherlock Holmes. Je trouve cela etrange de la part d'un editeur aussi respectueux parait-il de ses auteurs.

Rendons a Cesar ce qui est a Cesar, une fois de plus, c'est a Quentin que je dois cette lecture, nous avons beau avoir chacun un avis diametralement oppose sur Charlier (le plus grand scenariste de l'univers selon mes criteres personnels a moi), il s'avere que je le suis sur quelques unes de ses lecteurs quand le sujet m'interesse. Petit aparte: je me demande si je l'ai incite a lire une BD que j'ai chroniquee ici meme.

Il faut dire que l'action se passe a New York, une ville que je connais un peu car le titre de l'ouvrage est le nom d'un des petits quartiers les plus charmants et les plus agreables de Manhattan, loin de la foule dechainee et eloigne de tout bruit et fureur. Si vous avez l'occasion, allez-y faire une promenade quand vous etes a Union Square, cela vaut le petit detour.

Nous sommes dans les annees 50, quelques annees apres la deuxieme guerre mondiale. Autour du square de Gramercy Park, une femme s'occupe de plusieurs ruches installees sur le toit d'un des immeubles cossus et luxueux qui ceinturent le parc, elle prend soin des abeilles qui les habitent. En meme temps, elle observe et epie les fenetres d'un appartement situe de l'autre cote de la rue. Cet appartement est habite par un caid noir de la pegre newyorkaise specialise dans des combats de boxe et proprietaire de boites de nuit. Dans ce riche appartement, avec sa fille il y a aussi de nombreux hommes de main, hommes de loi, homme de confiance, hommes de tout en definitive. Ce caid ne quitte jamais son domicile sauf une fois par semaine ou chaque dimanche, il s'en va toute l'apres-midi. Ou va-t-il? Mais il n'y pas que cette femme qui s'interesse de tres pres a cet homme, il y aussi la police qui laisse en permanence une voiture en faction en face de la porte d'entree de l'immeuble afin d'en surveiller toutes les allees et venues. Mais il ne faut pas prendre le noir pour quelqu'un ne de la derniere pluie, il se sait evidemment surveiller par la police, mais il a egalement remarque la jeune femme du toit oppose. Il est intrigue par son comportment.

C'est une trame d'apparence policiere mais en fait c'est plus un recit d'atmosphere ou les evenements arrivent lentement mais surement, le scenariste nous livre les informations relatifs au passe de cette a dose reguliere et ce n'est qu'a la toute fin, que nous apprenons quel est le lien qui unit les deux heros de cette histoire. Tout est bien construit, bien agence, bien amene, ma seule reserve se trouve dans certains recitatifs que j'ai trouve un peu pretentieux pretendant amener de la profondeur au recit. Les personnages sont bien ecrits aussi bien les principaux que les secondaires. Si les propos des 2 principaux sont plutot sibyllins, heureusement que le scenariste a mis dans la bouche des secondaires, les hommes de main et les policiers, des dialogues beaucoup plus vivants et qui font avancer le recit. Curieusement, cela ne gene pas la lecture et au contraire renforce le recit en creant ainsi une dichotomie entre cet homme et cette femme d'un cote et les autres de l'autre cote, cela permet d'etablir qu'il existe un lien tres intellectuel entre eux et qu'ils n'ont qu'un rapport beaucoup plus terre a terre avec les autres.

A l'image de ce scenario qui avance a pas feutre, le dessin de Cailleau que je ne connaissais pas jusqu'alors est tout aussi delicat. Personnages et decors sont vus a travers une lumiere comme tamisee car les couleurs bien que realisees par ordinateur sont faites a l'image de pastels. Cela renforce la douceur permanente dans laquelle baigne le recit bien qu'il contient quelques passages un peu plus durs, une durete toute relative cela va de soit, les scenes violentes nous sont epargnees. Les personnages sont bien rendus, il en est de meme de ce decor urbain bien qu'il sert plus de toile de fond au recit qu'il n'en est acteur, cela aurait pu se passer tout aussi bien a Montreal, a Zurich ou ailleurs, cela n'aurait pas change fondamentalement cette histoire.

Note finale, 3,75/5. Une tres agreable lecture car c'est une bonne histoire avec le dessin adequat. On peut cependant reprocher la preciosite des recitatifs du debut et de la fin.

572. pm - 23/08/18 00:17 - (en réponse à : froggy)
Oui

571. froggy - 22/08/18 18:13 - (en réponse à : Philippe)
Pour l'EO du Tillieux, j'aimerais bien mais j'peux point, c'est au dessus de mes moyens.

Au sujet de L'attentat, j'etais surpris de ton absence de reaction sachant que tu es tres concerne par le sujet. Je veux bien discuter avec toi mais cela sera un peu a sens unique car je ne maitrise pas la question aussi bien que toi et je n'ai pas une vision aussi elargie. Je me considere plutot comme le quidam du macadam interroge pour un micro trottoir cher aux teles. A propos, le Washington Post a publie ce matin la necroloqie d'Uri Avnery, qui est le premier isralien qu'Arafat a rencontre publiquement en vue de la resolution du conflit, selon l'article. Je presume que tu avais entendu parler de lui.

570. torpedo31200 - 22/08/18 14:36 - (en réponse à : marcel - post # 569)
Petit format un peu carré mais pas trop, couverture gaufrée (peut-être trop luxueux). Mais plutôt bien pensée car pas certain qu' ils visent un public trop jeune. Trop fou !

569. marcel - 22/08/18 14:27
Ah ben content de ce premier avis positif. Voui, Les cavaliers de l'apocadispe, c'est super marrant, je comprends pas que Dupuis ait attendu si longtemps.
J'avais discute de ca avec Libon il y 6 ou 7 ans, il m'avait dit qu'il voulait pas faire un album pour faire un album et qu'il attendait d'avoir une idee de format originale. La, ca me semble assez classique, non ?... Faut dire qu'a l'epoque, Dupuis et lui semblaient vouloir mettre en avant Animal lecteur (qui pour le coup avait un format original).

568. torpedo31200 - 22/08/18 14:20 - (en réponse à : Libon n' est pas mauvais)
Les cavaliers de l' Apocadispe 1, Libon, Dupuis
Mérite amplement les louanges lues ici pour ceux qui le lisaient dans Spirou. Probablement son chef-d' oeuvre avec Tralaland 2 (plus commercialisé). Fou, drôle et burlesque, avec un ton et un découpage assez particulier (notamment la gestion du hors-cadre) qui le différencie des Fabcaro, Trondheim et Larcenet.
En plus, le bouquin est très beau, à part les stickers d' éventuels lecteurs de Spirou. Super papier, bon format et 4ème de couverture bien exploité. Seule la colorisation me semble un peu sombre dans les scènes nocturnes, mais elles sont rares.

567. Quentin - 22/08/18 09:01 - (en réponse à : pm)
Sacco n'est pas malhonnête du tout. C'est tout le contraire. Il essaye d'être le plus transparent possible. Son album "Gaza 1956" est d'une honnêteté tout à fait exemplaire. Il distingue très bien ce qu'il voit de ce qu'il imagine sur base des témoignages qu'il recueille. Quand il dessine ce qu'il voit, les phylactères sont ronds et sans guillemets. Quand il imagine ce qu'il entend, les phylactères sont carrés et écrits avec des guillements pour les citations. Aucune ambi guïté possible. C'était peut-être plus difficile à distinguer dans ses premiers albums mais il a corrigé le tir depuis longtemps. Il a une formation d'historien, et il est entraîné à être critique et à prendre ce qu'il entend avec des pincettes. Son album sur "Le fixer" est un autre livre tout à fait exemplaire pour la transparence et l'auto-critique autour de son travail. C'est excellent.

566. pm - 22/08/18 00:25
Sacco a certe du talent mais c’est un auteur malhonnête. Il mélange sans distinction ce qu’il a vu et ce qu’on lui a raconté , qu’il expose comme s’il l’avait vraiment observé, ce qui crée un grand malaise. Ceci est aussi vrai dans son livre sur la guerre de Bosnie que dans ses bandes dessinées partisannes sur le conflit israélo-palestinien. Pour ce dernier il part d’un prérequis peut être plutôt vrai aux USA mais complètement faux en Europe, à savoir que tout le monde serait du coté israélien et qu’il faut donc faire la balance.

565. Quentin - 21/08/18 23:33 - (en réponse à : froggy)
Si tu veux lire d'autres BD sur le point de vue des Palestiniens, tu devrais lire les BD de Sacco: Palestine, et Gaza 1956. C'est excellent. Sacco est un des auteurs contemporains les plus intéressants. On lui décernera un jour le grand prix à Angoulème; ce n'est qu'une question de temps.

564. marcel - 21/08/18 21:02
Bon, c'est bien avec Walthery mais je ne sais pas qui fait quoi.
Les premieres planches sont en ligne.

563. marcel - 21/08/18 20:49
Delvaux (jamais lu non plus) est semble-t-il specialise dans les histoires avec des bagnoles. Mais j'espere qu'il est meilleur sur tout le reste depuis son dernier album qui a 3 ans (ses personnges et sa mise-en-scene sont degueux) :


562. marcel - 21/08/18 20:44
Dupuis, publiera cet automne la suite de ces 8 planches sur un scenario d'Etienne Borghers illustre par J.L Delvaux (que je ne connais pas encore).

Y a pas aussi Walthery dans l'histoire ?..

Sinon, en te lisant, j'ai cherche : Bernard Prince n'evoque-t-il pas aussi de temps en temps ses problèmes de finances (notamment les frais de reparation du bateau) ?...

561. pm - 21/08/18 19:10 - (en réponse à : Froggy)
Le las de l’homme mort est vraiment à lire en édition originale avec ces couleurs tramées pleines de charme.

560. pm - 21/08/18 19:04 - (en réponse à : froggy)
Je pense que je répondrai en détail à ton message quand j’airai accès à un ordinateur ( je suis en vacances et j’écris avec mon iphone ), et un peu de temps.
Tes interrogations m’intéressent, elles rejoignent partiellement les miennes qui m’interroge et me documente sur la question depuis une cinquantaine d’années.
Juste un truc, évitons les parallèles grossiers et insultants genre «  les juifs font aux arabes ce que les nazis leur ont fait « , ça ne tient pas la route une seconde, personne ne veut exterminer un peuple entier. Les israéliens n’ont aucune intention d’exterminer les arabes ni même les palestiniens, et les palestiniens n’ont pas l’intention d’exterminer les israéliens, chacun souhaitant simplement foutre l’autre dehors, il s’agit d’un problème territorial revendiqué par deux peuples ayant tous les deux de bonnes raisons.
Quant à Valse avec Bachir c’est très bien, surtout le film et ça interroge beaucoup. Mais encore une chose, on reproche aux israéliens d’avoir laissé faire le massacre, mais on occulte complètement que ce sont les chrétiens, et uniquement les chrétiens, qui ont commis le massacre. La responsabilité israélienne est claire mais celle des massacreurs est quand même bien plus forte, surtout qu’ils ne s’agissait pas de voyous isolés mais de milices à la tête de l’état libanais.
Toute proportion gardée c’est un peu comme si on considérait Churchill comme responsable de la Shoah parce qu’il a refusé de bombarder les camps alors qu’il en avait la possibilité.

559. froggy - 21/08/18 18:56
Tillieux, Le Lac de l'Homme-Mort

Ou retour a un bon vieux classique du FB.

Pour ceux et celles qui ne le savent pas, cet album a marque l'entree officielle de Tillieux au sein de Dupuis apres avoir quitte Heroic-Albums y ayant laisse Felix et ses deux acolytes. Curieusement, cette entree ne se fera pas dans Spirou (ami, partout, toujours) mais dans un autre hebdomadaire que l'editeur venait de lancer a grands frais, Risque-Tout (le journal du cran et de l'enthousiasme). Le heros de cette aventure s'appelle Marc Jaguar, ce sera son unique car l'hebdo disparaitra corps et biens moins d'un an apres sa creation apres seulement 50 numeros. Tillieux avait deja commence a travailler sur ce qui aurait du etre la seconde aventure du photographe, aventure intitule Les camions du diable dont seulement 8 planches furent dessinees. On trouvera ces 8 planches a la fin de cet album. Curieusement, elles sont en flamand, car c'en sont les planches originales que cette edition reprend. Heureusement pour tous ceux qui ne comprennent pas cette langue, Dupuis, publiera cet automne la suite de ces 8 planches sur un scenario d'Etienne Borghers illustre par J.L Delvaux (que je ne connais pas encore).

Marc Jaguar est donc un photographe qui travaille en freelance. Charge de prendre des photographies d'une etendue d'eau pour illustrer un article de journal relatif a la peche a la ligne, il s'apercoit avec stupefaction que les photos qu'il a prises au Lac de l'Homme-Mort sont ratees. Il y retourne, constate que maintenant l'endroit est marque par des pancartes, "Defense d'entrer, Propriete interdite" etc, qu'a cela ne tienne, se dit-il, il reprend des photos. Or, des malandrins maladroits le poursuivent avec tenacite pour lui reprendre son appareil photo. Cet acharnement intrigue le jeune homme qui se demande ce que cache le lac en question et pourquoi on veut absolument recuperer son appareil. Surtout que pour la deuxieme fois, les photos sont ratees!

C'est du Tillieux pur jus, intrigue policiere, un mystere bien etrange, poursuite en voiture, humour des dialogues, heros dur a cuire accompagne d'un comparse qui apporte la touche comique, truand et ses hommes de main. L'auteur reprend ici le cocktail qu'il avait imagine pour les aventures de Felix. Mais cette fois-ci, il a droit a 46 pages au lieu des 16 que ce dernier avait. Et la qualite de son dessin et de son scenario saute immediatement aux yeux. C'est exactement comme si il etait un realisateur qui habitue a des budgets restreints qui avaient renforce sa creativite, il avait enfin droit a un budget plus consequent, longue histoire, couleurs et un editeur de l'envergure de Dupuis. Tillieux meritait cela et ce pour la plus grande joie de ses lecteurs passes, presents et a venir.

Ce que j'aime chez Tillieux est que a ma connaissance, il est le seul auteur du FB classique dont les personnages ont des problemes d'argent au debut de leurs aventures. Les aventures de Felix commencent par le heros assis sur un banc et completement fauche, Gil Jourdan quant a lui, n'a pas une thune non plus et il a investi toutes ses maigres economies pour demanteler les trafiquants de popaine afin de se faire une bonne publicite pour l'agence de detective prive qu'il a creee. Marc Jaguar lui aussi est dans une deche complete, il n'a meme plus d'argent pour s'acheter de l'essence. J'ai toujours aime cela chez l'auteur car il permet aux lecteurs une plus grande identification avec les personnages, ce sont des heros bien sur qui vont vivre des aventures extraordinaires mais ces heros ont aussi des fins de mois difficile. C'est quand meme plus realiste que Buck Danny qui casse ses avions a tour de bras sans qu'on lui dise rien et Ric Hochet achetant une Porsche Targa tous les deux albums des qu'il en casse une. Et tous les autres bien entendu.

Le luxe de moyens auquel Tillieux a dorenavant acces se voit dans le dessin, avec beaux decors, les voitures sont nettement mieux reproduites qu'il ne le faisait dans Felix, il a probablement eu plus de temps pour composer son histoire et il a senti qu'il ne pouvait pas delivrer a son nouvel editeur un travail de qualite egale a celui qu'il faisait pour son ancien, il fallait impressionnner Dupuis. Et il l'a fait. Il en sera recompense par l'existence de cet album, son tout premier. On le sait, a l'epoque, les albums de BD n'etaient pas tres frequents et les editeurs n'editaient que leurs meilleurs auteurs.

Nul ne sait ce qui se serait passe si Risque-Tout avait ete couronne de succes, toujours est-il que l'echec du journal permit a Tillieux de rentrer dans le saint des saints, le cenacle, Spirou et d'y creer unes des meilleures series du FB, Gil Jourdan, dont les 10 premieres aventures mais surtout les 6 premieres, sont des must.

Le texte de la quatrieme de couverture dit que 'cest un chef d'oeuvre. Je n'irais pas jusque la, c'est tres exagere. Cependant, il mentionne avec justesse que cette aventure est le chainon manquant dans l'oeuvre de Tillieux. Si vous n'aviez pas deja cet album, que ce soit l'edition originale de 1956 que la reedition de 1978 paru dans la collection Peches de Jeunesse et si vous aimez beaucoup Tillieux, il vous faut evidemment l'acquerir. J'ai trouve cette edition tres bien faite avec un bon dossier introductif, tout a fait a l'image des integrales Dupuis qui sont la reference en la matiere et devraient etre la norme chez les autres editeurs.

Une derniere chose qui incitera peut etre Suzix a l'acheter, peut etre la premiere fois qu'il le fera quand il s'agit d'une vieille BD, l'action se passe en Haute-Vienne.

Note finale, 4,25/5. Le scenario n'a pas la puissance et la force des meilleurs Gil Jourdan, il n'empeche qu'il est excellent. Quant au dessin, il est impeccable bien sur, Tillieux a enfin trouve son style.



558. froggy - 21/08/18 17:20 - (en réponse à : Quentin)
Je n'ai toujours pas vu Valse avec Bachir, je l'ai rate et il est dans ma liste des films a voir. Ils en ont tire une BD? Je ne savais pas.

557. Quentin - 21/08/18 16:50 - (en réponse à : froggy)
En ce qui concerne Sabra et Chatila, LA bande dessinée à lire est Valse avec Bachir, de Folman et Polonsky, qui ont fait le journal d'Anne Frank nommé plus bas. Cette BD (et le film) est vraiment excellente. Ca tourne autour du fait qu'un des deux auteurs fait des cauchemars qui le ramènent à la période où il servait dans l'armée Israélienne au Liban. Mais il a complètement oublié ce qu'il y a fait. S'en suit une recherche de ce qu'il s'est passé, et il découvre qu'il était à Sabra et Chatila lors du massacre et qu'il (l'armée Israélienne) a laissé faire. Sa mémoire a créé un trou pour évacuer son traumatisme afin qu'il n'y pense plus. La BD tourne autour de la recherche de sa mémoire perdue, et pose toute une série de questions et réflexions extrêmement intéressantes. C'est franchement très, très, très bien.

556. totom - 20/08/18 22:28
Étoile du désert 3 et 4
Changement de dessinateur pour qqchose de moins dynamique mais qui pourrait bien convenir à d'autres western du dessinateur de Dixie road
La le scénar devient un peu long voir ennuyeux et très abrupt sur la fin, pas mal qd même avec une prise de position très indienne assez subtile rapport au premier cycle
À noter une scène du tome 3 très bien faite avec l'indien qui a trop fumé et ne peut pas conclure avec sa dulcinée innateignable qui s,offre à lui qd il ne s'y attend pas du tout.
Une scène parfaite qui sonne juste et mérite de se poser la question sur l'opportunité d'être tjs aux aguets. Magnifique !
4/5

555. froggy - 20/08/18 00:43
Chapron et Dauvillier, L'attentat

Cet album non plus n'est pas recent puisqu'il date de 2012 et si Quentin ne l'avait pas chronique dans ce forum, je ne l'aurais pas lu. Et cela aurait ete bien dommage car c'est tres, tres bien.

Le scenariste, Dauvillier, a adapte un roman de Yasmina Khadra (roman que je connaissais pas non plus, cela va de soit). L'action se passe en Israel. On y suit l'itineraire d'un chirurgien palestinien, Amine Jaafari qui a pris la nationalite isralienne, il est marie et est reconnu par tous ses collegues de l'hopital ou il exerce comme etant un excellent medecin. Tout semble porter a croire qu' il est bien integre dans la societe de Tel Aviv ou il habite. Un beau matin, un attentat a lieu dans la ville, un kamikaze s'est fait sauter au beau milieu d'un restaurant faisant plusieurs dizaines de victimes. Or, ce kamikaze, c'etait sa femme, Sihem. En meme temps que sa femme, c'est la vie de cet homme qui vole en eclats, toutes ses certitudes et tout ce qu'il avait construit avec son epouse ont sombre. Cette integration qu'il pensait avoir reussi ne l'etait pas en definitive. Il est rejete par les deux communautes car il n'est pas juif et il les palestiniens lui reprochent d'avoir trahi leur cause alors que son epouse est pour eux devenue une sainte pour avoir commis le sacrifice ultime, celui de sa vie en leur nom. Son epouse? Mais qui etait-elle en definitive? Elle n'avait rien dit a son mari et menait ses activites de future martyr en cachette de lui. L'album nous montre l'enquete que mene cet homme pour savoir qui etait sa femme, il decouvrira une autre facette de la realite israelienne.

J'ai toujours eu une vision assez simpliste de ce qui se passe en Israel. Depuis longtemps, j'ai toujours pris fait et cause pour les juifs qui ont paye le lourd tribut que l'on sait lors de la Shoah. Dans les annnes 70, quand je voyais les terroristes palestiniens commettre des attentats contre des interets juifs un peu partout en Europe, a Munich et a Paris entre autres, je ne voyais que des terroristes et pour moi, rien, mais alors rien ne peut justifier que l'on tue quelqu'un au nom d'une cause, si juste serait-elle. En ce qui me concerne, la fin ne justifie pas ces moyens employes alors. De telles actions sont pour moi injustifiables. Seulement voila, il y a eu les massacres de Sabra et Chatila en 1982 que les autorites israeliennes ont laisse faire. Tout d'un coup, les victimes devenaient a leur tour bourreaux telle ce que fit l'armee francaise en Algerie envers les membres du FLN, 15 ans seulement apres l'occupation nazie. Il faut dire que ce sont des populations qui sont toutes deux de type semite separees uniquement par leur religion qui revendiquent le meme petit bout de terrain, la Palestine. Chacun a des droits sur ce territoire mais a cause de tout ce passe et de tout ce qui s'est passe, une cohabitation pacifique semble impossible malgre les efforts de certains de part et d'autres. Je suis probablement d'une rare candeur et totalement angelique quand j'ecris cela mais je suis persuade qu'il y a des palestiniens aux cotes de certains israliens qui aimeraient aspirer a vivre en paix et a construire quelque chose plutot qu'a se detester, s'entretuer et se detruire mutuellement comme ils le font regulierement depuis si longtemps.

J'ai beaucoup aime ce livre car il m'a permis de voir le point de vue des palestiniens. Et c'est pour cela que j'ai ecrit que j'etais simpliste et candide prealablement, il me fait rendre compte d'une realite beaucoup plus complexe. Je ne pense pas que les auteurs aient tente d'offrir une solution a ce grave probleme qui empoisonne tout le monde depuis bien longtemps, depuis combien de temps au fait? Bien avant 1948, annee de la creation de l'etat d'Israel bien sur. Non, je pense que si les auteurs ont voulu ebranler quelques certitudes et dessiller les yeux d'occidentaux qui vivent dans la paix et l'opulence depuis 1945, en posant quelques questions tres justes, ils ont reussi leur but. Je comprends tres bien les ressentiments des palestiniens qui ont ete chasse de ce territoire depuis 1948. Et en meme temps, il est certain que les juifs cherchaient et voulaient un territoire ou ils seraient en securite apres l'horreur commise par les nazis avec la complicite active des autorites de Vichy en France ou des autres gouvernements des pays d'Europe Centrale annexes par les troupes d'Hitler, sans compter les pogroms en URSS. On ne peut pas reecrire l'Histoire, mais n'etait-il pas possible que la creation d'Israel ne se fasse au detriment des palestiniens puisque chacune de ses populations est en droit d'y vivre? Je pose sincerement la question car je n'en connais pas la reponse. Quelle est la part de responsabilite des anglais dans cette affaire? Car ils ne sont pas tres blancs non plus dans tout ca.

Toujours est-il pour en revenir a cet ouvrage est que la cohabitation n'est pas une evidence aussi bien pour les juifs que pour les palestiniens. Comment accepter que les juifs vivent dans le confort alors que les palestiniens qui ne sont qu'a quelques kilometres vivent dans des taudis et maisons pas encore finies et n'ayant de l'electricite que quelques heures par jour? Comment ne pas succomber aux sirenes de certains imams qui ne jurent que par la guerre sainte quand on est de ce cote de la barriere, le mauvais, quand les lignes de clivage entre les poulations locales sont aussi bien politiques, religieuses qu'economique. Le cocktail le plus detonnant pour une guerre civile si vous ne le saviez pas. Quand on est jeune, influencable et revolte par toutes ces injustices, que doit-on faire? Ici aux USA, c'etait un des problemes vecus par les noirs au moment de la lutte des droits civiques dans les annees 50 et 60, c'est a dire choisir de suivre Martin Luther King qui pronait des actions pacifiques ou Malcolm X beaucoup plus radical.

Pour en revenir a Israel, si chacun commet un impair vis a vis de l'autre, ce sont deux communautes qui vont immediatement s'affronter avec son lot de represailles tout aussi stupides l'une que l'autre ou on voit des juifs commettre des actions que des nazis n'auraient pas reniees. Oeil pour oeil, dent pour dent dit la loi du Talion. Et Dieu sait si elle y est appliquee. Comment arreter ce cercle vicieux infernal? Qui aura le courage de le briser? Comment amener de la raison la ou les passions se dechainent et plus personne de penser sereinement? C'est si simple a priori mais si impossible a entreprendre et a mettre en application puisque chacun a ses raisons, qui sont toutes tout a fait legitime.

Le dessin de Glen Chapron est tout simplement excellent. Je presume qu'il est alle la-bas en reperages pour sa documentation et mieux capter l'ambiance. Tous les visages sont tendus et rarement relaxes. Mais comment etre totalement detendu quand un attentat peut etre commis a tout moment et en tout lieu? Comment etre detendu quand on vit dans une masure, qu'il y a a peine de quoi manger, et que la population a laquelle vous appartenez est opprimee?

On ne sourit pas beaucoup dans L'attentat car il n'y a pas lieu a quoi.

Note finale, 4.75/5. En ce qui me concerne, c'est un livre necessaire et que j'invite a lire pour tous ceux que le sujet interesse. Pour les autres aussi bien sur, ne soyons pas aussi sectaire que les gens qui vivent la-bas.

554. froggy - 19/08/18 01:31
Lapinot 2, Slaloms

Je sais bien que ce n'est pas une nouveaute intrinsequement parlant mais c'en est une pour moi, donc je vous en fait la chronique. Si cela peut faire decouvrir cette serie a un novice ou neophyte ainsi que je le fus, j'aurais accompli une bonne action et avant de recevoir ma part de paradis, aurait recu prealablement la gratitude de Laurent Chabosy (petit aparte, c'est vrai que Lewis Trondheim, cela sonne mieux).

Tout cela etant dit et je dirais meme plus, tout cela etant ecrit, cet album est a mille lieux du precedent, le premier qui ouvrit officiellement la serie, Lapinot et les carottes de Patagonie, le premier que j'ai lu. En effet, je prefere les lire dans l'ordre chronologique et non dans un ordre qualitatif. Je l'ai suffisamment apprecie pour que je fasse l'acquision du deuxieme, album que j'ai lui-meme siffisamment apprecie pour que je m'apprete a faire l'acquision du troisieme, Mildiou ainsi qu'il s'appelle mais je ne pense pas que cela sera cette annee, la rentree approchant avec son important lot de nouveautes en tout genre et un budget BD qui n'est pas extensible a l'infini. Comme d'habitude, cela sera pour le premier semestre de l'annee profitant du desert editorial et de la rarefaction des nouveautes. Mais on ne sait jamais, apres tout je suis le premier a appliquer la Doris Day philosophie dans ma vie quotidienne: que sera, sera, whatever will be, will be. Etc. Vous connaissez la chanson, ici meme, aucun homme ne la sait trop.

Tout ce preambule pour vous donnez une idee de ce que cet ouvrage contient, il ne parle que de petits moments probablement vecus par l'auteur alors qu'il passait des vacances au sport d'hiver avec des amis. Il n'y a absolument aucun lien entre Ls carottes et celui-ci. Aucun? Non, bien sur, le heros s'appelle Lapinot et c'en est le seul. Je ne sais pas encore ou les albums suivants vont m'amener et je suis tres curieux de le savoir. Pour en revenir a celui-la et tel son titre et sa couverture, l'auteur nous emmene sur les pistes enneigees des Alpes pour une semaine. Lapinot est accompagne de 3 amis dont l'un est un excellent skieur. On assiste donc au choix des chaussures, la montee des pentes en tire-fesses, telesieges et telepheriques, les erreurs d'orientation, tels que se retrouver en haut d'une piste noire alors qu'on est un skieur debutant (je me suis reconnu, cela m'est arrive et c'est pas drole sur le moment), le hors-piste, les soirees en boite de nuit etc. On est donc tres loin des peripeties en tout genre qui faisait l'objet des Carottes, ici, on est plutot dans la chronique de vacances hivernales, une version non sarcastique des Bronzes font du ski.

Malheureusement, je ne connais pas la premiere version en noir et blanc. Et ce n'est pas pres d'arriver considerant les prix pratiques sur ebay comme j'ai pu le constater a moins que Philippe ne me le fasse a un prix qui ferait deja rire. Cette premiere version date de 1993 et celle qui fait l'objet de cette edition parue chez Dargaud, la premiere etant a L'Association comme vous devez tous le savoir, date de 1997. J'aimerai bien pouvoir en faire une comparaison. Depuis Les carottes, le trait de Trondheim a evidemment enormement progresse, le contraire aurait ete etonnant, Trondheim etant devenu une grande vedette du FB entretemps, autrement, certains pourraient lui reprocher aussi une reputation surfaite. Ses personnages sont encore tres approximatifs je trouve, j'ai eu l'occasion de voir son dessin dans ses gags de L'Atelier Mastodonte et c'est le jour et la nuit, il me tarde de voir les opus posterieurs de Lapinot pour constater sa progression graphique. Par contre, j'ai trouve ses decors montagneux tres reussis, certaines pentes neigeuses sont tellement bien dessines que cela donne envie de plonger dans la page et de se retrouver en train de skier aux cotes des heros de cette histoire. Il y a encore pas mal d'erreurs mais le dessin est une telle bouffee d'air frais (jeu de mots totalement involontaire pour une BD qui se passe en hiver a la montagne) et malgre ses approximations a un charme et une vivacite qui font que je comprends mieux l'engouement que connut l'auteur il y a 20 ans maintenant et pourquoi il est devenu ce qu'il est aujourd'hui. Il est dommage que j'ai rate ses debuts mais ce n'est pas tres grave, l'essentiel est que maintenant je suis en train de le decouvrir.

J'espere qu'il en sera de meme pour d'autres.

Note finale, 3,5/5. J'ai passe un bon moment durant ma lecture car au final, c'est une BD tres sympathique et pas pretentieuse pour deux sous.

553. marcel - 17/08/18 16:16
Ah oui, j'ai également lu Chrononauts de Murphy et Millar.
Euh... C'est moi ou c'est le pire Millar depuis bien longtemps ?... Y a rien, c'est vide, Millar se fait juste plaisir en baladant ses heros a différentes epoques mais le scenario tient difficilement la route et ne surprend jamais.
Pire : quelqu'un peut me dire d'où sort le costume temporel que le heros trouve (dans le desert, je crois) pour lui sauver la mise alors qu'on lui a pique le sien ?... J'ai eu beau refeuilleter le debut de l'album, je n'ai pas compris d'où il sortait.

552. marcel - 17/08/18 16:11
J'ai lu (une nouvelle fois avec enormement de retard) Capharnaum de Trondheim.
J'ignore pourquoi je l'ai laisse si longtemps en attente, probablement a cause du cote inacheve de l'histoire. Trondheim avait prevu de faire 5000 pages (non, y a pas d'erreur de 0), et s'est arrete a un peu plus de 300. Et c'est bien dommage, parce que c'est prenant et kiffant, comme souvent quand il se lance dans le feuilleton semi-improvise. Je ne sais pas vraiment pourquoi le lapin heros de l'aventure n'est pas Lapinot (ca aurait pu) mais on retrouve la verve et le sens du dialogue de l'auteur.
Donc : un tres bon album, mais tres frustrant parce qu'on n'a pas la fin de l'histoire (mais c'est ecrit en gros sur la couverture).

551. Quentin - 17/08/18 15:54
La revue dessinée no 20. Il y a à boire et à manger. Deux excellents reportages sur l'industrie de l'atome en France (ca fait froid dans le dos; je n'aimerais pas habiter à Flamanville) et sur le cyclisme et le tour de France. Rien que pour ca, je ne regrette pas l'achat du numéro.

Le sujet sur le stress est intéressant mais mal mis en images. Le choix de mettre un gag par case pour illustrer un propos des plus sérieux et tragique crée un énorme décallage (il y a quasiment deux lectures parallèles et opposées) et me semble être un sinistre aveu de faillite de la part du dessinateur. C'est d'autant plus irritant de lire en fin d'histoire les commentaires d'auto-congratulation sur le making off de la BD ("c'était inattendu et bienvenu", tu parles!). Le reportage sur le traffic d'oeuvres d'art est pas mal fait. Le truc sur Europacity est très idéologique, et par conséquent très mauvais. On n'apprend pas grand chose, sinon que les consultations populaires ne se déroulent pas de manière démocratique (quelle surprise). On trouve également l'histoire de Fodé et de Velhmann - j'ai déjà dit ailleurs tout le mal que j'en pense.

Le journal est clairement positionné à gauche, ce qui me convient bien du moment que les articles sont basés sur des données et des analyses solides et pas juste sur des discours idéologiques de carton pâte.

550. suzix@bdp - 17/08/18 01:08
j'ai le temps de rien, même en vacances! Bon j'ai prévu plus calme à partir de dimanche.

J'ai lu pas mal d'albums parus en 2018 (une grosse dizaine) et celui qui en ressort c'est clairement Alt-Life de Joseph Falzon & Thomas Cadène chez Le Lombard (avril 2018).

Cet album a déjà été évoqué ici. C'est une grande réussite. Il aborde a nombre important de concepts et bien entendu sur ce qu'est la vie. Mais j'ai aussi trouvé un second niveau de lecture et même un 3e! Je ne sais pas si vous me suivrez sur ce point mais je tente quand même. En plus du sens de la vie qui est le sujet principal avec une opposition entre vie réelle et vie numérique, les auteurs font aussi la critique de notre société "moutonnière et crédule". Ce point est éclairé en une case lorsque les "VIP" débarquent mais en ne connaissant pratiquement rien de leur nouvelle vie. Ils auraient très bien pu se jeter dans le vide ... d'ailleurs quand c'est un peu le cas lorsque l'on voit une case (finale?) avec justes des organes humains reliés entre eux, case à mettre en perspective avec la phrase "pas la peine de retirer vos vêtements, le liquide se chargera de les dissoudre" (ou une phrase du genre). Bien entendu cette crédulité visà-vis du virtuel des VIP et de tous ceux qui vont les suivre est une critique de notre propre asservissement volontaire au géants du net et de "la data"! Enfin, j'ai vu la fin de l'album comme une critique d'une certaine élite actuelle toute puissante qui trace le chemin pour l'ensemble de l'humanité en l'idéalisant puis une fois richissimes, s'empressent de se désolidariser du merdier qu'ils ont créé, tout du moins pour leur propre vie et cela grâce à leur toute puissance acquise en tant que pionniers. Ces "influenceurs" imposent leur vision de la vie au reste de la société mais en ayant des moyens bien supérieurs pour leur seul bien-être. Cela n'est pas forcément volontairement misanthrope mais c'est juste complètement déconnecté de la réalité. Les deux héros sont tout puissants et ont pu ainsi se créer des univers de ouf ... mais ceux qui arrivent après doivent faire avec la quantité de mémoire que leur budget leur a permis d'acheter ... oups' on avait pas vu ça comme cela !!!
Note : 5/5.

549. pierrecédric - 16/08/18 11:41
Excellente celle là:^^

548. froggy - 16/08/18 01:27
Les chevaliers d'Heliopolis 2, Albedo, l'oeuvre au blanc

Ou l'histoire de France revue et corrigee par Jodorowsky.

Ce deuxieme titre de cette courte serie puisqu'elle ne comprendra que 4 albums, on attend les oeuvres au rouge et au jaune qui je ne pense pas auront trait aux menstruations de l'Imperatrice Eugenie et aux crises d'uremie de son mari Napoleon III selon leurs titres. Mais on ne sait jamais avec Jodo.

Cet album nous emmene lors de la Campagne d'Egypte mene par Bonaparte pendant le Directoire. La-bas, il fera connaissance d'une jolie autochtone dont les charmes ne lui seront pas insensibles. Mais le plus important pour le futur empereur de France est de decouvrir le secret de la vie eternelle. Il y arrivera apres une nuit eprouvante passee au coeur meme de la grande pyramide mais au prix de gros et inutiles sacrifices humains car Jodo nous montre la face sanguinaire du general, celui qui mettra l'Europe a feu et a sang durant son regne ephemere. L'album se termine par la rencontre entre Louis XVII et Napoleon I. Je ne peux ecrire ici les circonstances car ce serait deflorer l'ouvrage. Pour etre simple, nous sommes dans du Jodo pur jus considerant un face a face qui n'a jamais eu lieu comme tous les historiens vous le diront.

Si on aime les delires du scenariste comme il en est pour moi, vous apprecierez cet ouvrage, pour les autres, cela sera moins evident. Il tord le cou a l'Histoire encore plus qu'Alexandre Dumas ne l'a fait dans ses romans. En effet, Jodorowsky nous gratifie de quelques scenes tout a fait dignes de lui qui sont tout de son cru; etre translucide qui s'evade de leur ecorce terrestre, cris qui tuent et qui ressuscitent aussi. On y rencontre egalement des etres fabuleux dont les moindres sont des hommes ages de plus de 200 ans qui attendaient Bonaparte comme le nouveau Messie etc. Tout cela, vous ne l'avez pas lu dans votre Mallet et Isaac au lycee. Et pour cause! Comme pour le premier tome qui nous racontait la conception et l'enfance de Louis XVII, celui-ci n'est que de la pure fantaisie et il n'a aucune vocation instructive, seulement de distraire son lectorat.

J'ai beaucoup apprecie le dessin de Jeremy bien que je n'ai pas toujours trouve son Bonaparte toujours ressemblant. Par contre ses decors exotiques sont superbes avec les monuments mondialement celebres qui font la gloire de l'Egypte, ses bateaux sont tres reussis aussi. Tout concours a faire de cet album un bel ouvrage soigneusement fait. Seules les couleurs ne m'ont pas enthousiasme. Il y a quelque chose qui me gene dans leur traitement, elles ont ete realises par ordinateur et cela est trop visible a mon gout, j'aime quand un bon travail est invisible, mon attention n'est pas distraite par un detail qui chiffonne. Mais c'est du pinaillage et releve plus d'une question de gouts, je vous l'accorde.

Note finale; 3,5/5. Une lecture tres fun en definitive. Il est dommage que l'on ne puisse pas manger de pop corn en meme temps que l'on puisse le lire car vous laisseriez des taches de graisse sur vos pages. Car c'est tout a fait ca, de la BD pop corn.

547. froggy - 15/08/18 05:29 - (en réponse à : Quentin)
Je ne suis jamais arrive a depasser les premieres pages. Ca m'emmerde. Et pourtant, c'est un sujet auquel je suis tres sensible.

546. Quentin - 14/08/18 10:43
Le journal d'Anne Frank, d'Ari Folman et David Polonsky (qui ont fait l'excellentissime Valse avec Bashir). J'ai visité la maison d'Anne Frank il y a bien longtemps mais j'ai toujours été réticent à lire son journal. Je me demande en fait, si je n'ai pas commencé la lecture quand j'étais jeune ado? Si c'est le cas, j'ai vite abandonné. Le long vague à l'âme d'une jeune fille de la génération de ma mère ne m'a jamais vraiment intéressé. Mais je me suis laissé tenter quand j'ai vu qu'il avait été adapté en BD par Folman et Polonsky.

Bien m'en a pris. J'ai trouvé le livre très réussi et pas chiant (ce que je redoutais le plus et ce qui a le plus fait obstacle à ma lecture du livre). Les 350 pages du journal d'Anne Frank sont résumées en 150 pages de BD. Les auteurs ont apparemment fait un excellent travail pour synthétiser toutes les thématiques du journal, des plus barbantes (bon OK, il y a quand même quelques passages un peu chiants; c'est inévitable dans la vie répétitive d'une fille qui reste enfermée dans un cagibi pendant 2 ans) aux plus intéressantes (Anne Frank a une maturité remarquable pour son âge). La dessins m'ont beaucoup plu et la mise en page est très réussie, avec une alternance de gauffriers, de dessins en double pages montrant l'Amsterdam de l'époque sous l'occupation, et des pleines pages où les différents personnages flottent et dialoguent librement. On a même quelques pages choisies avec soin du journal retranscritent telles qu'elles. Tous ces choix rendent le livre - et Anne Frank - très vivants. La lecture est fluide, souvent drôle malgré le côté tragique, on a beaucoup d'empathie pour Anne Frank (malgré une personnalité irritante, en pleine crise d'adolescence, du moins au début), et l'histoire est très poignante. Une note biographique, et une note sur les choix des auteurs pour leur adaptation du livre viennent compléter le tout. Une très belle BD que je vous conseille surtout si, comme moi, vous n'avez jamais eu envie de lire le livre (c'est la fondation Anne Frank qui a pris l'initiative de produire la BD).


545. Piet Lastar - 14/08/18 01:26 - (en réponse à : marcel)
"que Trondheim utilisait à ses débuts, parce qu'il ne savait pas dessiner"
Excellent ! on dirait du Fabcaro

544. Bert74 - 13/08/18 13:55
Ah OK. J'avais mal compris.

543. marcel - 13/08/18 13:49
Je ne comparais pas l'humour de Fabcaro a celui de Trondheim, je parlais juste du systeme de la meme case qui se repete, que Trondheim utilisait a ses débuts, parce qu'il ne savait pas dessiner.

542. Bert74 - 13/08/18 13:46
Il est vrai qu'avec le dessin (volontairement ?) figé de Fabcaro, on peut regretter l'absence de gag visuel (encore qu'avec le coup des billes, il s'en sort très bien). Mais je trouve qu'il a quand même réussi à inventer (ou peut-être seulement merveilleusement personnifié) un style, qui me semble assez différent de ce que faisait Trondheim.
J'y vois l'équivalent graphique de l'humour pince-sans-rire : humour difficile à maîtriser mais que je trouve souvent hilarant.

541. Bert74 - 13/08/18 13:40
Je n'ai pas acheté le dernier Fabcaro, mais je l'ai pas mal feuilleté : certains gags m'ont fait beaucoup rire quand même (l'annonce du divorce par exemple).

J'ai beaucoup aimé Zeropedia, de mon côté. Moi je le conseille !

540. Quentin - 13/08/18 10:24 - (en réponse à : froggy)
Après l'avoir feuilleté en librairie, je n'ai pas acheté le dernier Fabcaro. Je n'ai pas été convaincu par les qq pages que j'ai lues (dessins répétitifs, gags plutôt lourdingues, pas de fil conducteur entre les gags).

539. marcel - 13/08/18 02:22
Pour le cote dessin repetitif, Trondheim a fait ca il y a 25 ans et c'etait drole quand meme...

538. marcel - 13/08/18 02:20
J'ai pas encore lu celui-là, mais je suis en train de lire Zeropedia et je ne le conseille pas pour le moment.

537. froggy - 13/08/18 00:53
Fabcaro, Moins qu'hier (plus que demain)

Et si c'etait ce que je suis en train de penser de l'auteur?

Apres une parodie des romans-photos hautement delectable, Et si l'amour c'etait aimer?, Fabcaro continue a s'etendre sur les rapports amoureux mais cette fois-ci vers le versant oppose, c'est a dire que le lien qui unit le couple a commence a se deliter. Mais comme d'habitude avec l'auteur, il a opte pour la version comique et non pour celle tragique. Ceux qui ne jurent que par Bergman et d'Antonioni passeront leurs chemins. Ce sont des gags avec un qui sert de fil rouge ou un homme passe la journnee dans son lit croyant que son epouse est allee chercher des croissants. En effet, cela commence a 6h58 et cela finit a 23h01. Entre temps, on a assiste a 60 petites histoires. Certains gags sont sublimes par leur mechancete et leur causticite, les autres sont egalement tres droles d'une maniere generale. Fabcaro a un ton absolument unique qui me rappelle les Tranches de vie de Lauzier, une de mes BD d'humour preferees. Comme son predecesseur, le dessinateur montpellierain a un humour tres vachard qui gratte beaucoup car il saisit un peu de l'air du temps. C'est souvent irresistible de drolerie.

Dans sa chronique sur Et si l'amour c'etait d'aimer, Laurent avait ecrit qu'il n'avait pas aime cet album a cause du dessin fige et des repetitions au fil des cases tel Morris dans ses derniers Lucky Luke. Cela ne m'avait pas derange dans l'ouvrage, car je trouvais que ce choix graphique et stylistique correspondait bien au caractere artificiel des romans photos dont il reproduisait par le dessin son aspect sclerose. Cela ne fut pas le cas ici, car en fait les gags sont uniquements textuels et pas du tout visuels a part un, le meilleur a mon avis, qui ne consiste qu'en un dessin avec une legende qui serait digne de figurer dans une page du New Yorker, le tres chic magazine americain., c'est vous dire. Chaque gags fait 6 cases et c'est exactement le meme dessin qui remplit la page. Je ne sais pas si c'est un parti pris de l'auteur ou si c'est parce qu'il n'a pas confiance en ses capacites de dessinateur, mais le procede est tel que cela gene la lecture au final et rend l'album moins vivant, tout d'un coup on a l'impression que l'on est dans une BD tellement amidonnee de par ce statisme qu'on a comme un poids qui vous pese sur les epaules. Ce procede fonctionnait tres bien dans Talk show, l'album qui m'a fait decouvrir l'auteur, car inherent au gag lui-meme, une presentatrice de talk show et son invitee dans un studio de television. Ici, je ne trouve pas que c'etait necessaire et cela rend l'ensemble de l'ouvrage tres statique.

J'espere sincerement que dans son prochain album, Fabcaro incorporera des gags visuels avec son texte. Le resultat pourrait etre extraordinaire.

3,5/5. Certains gags sont sublimes et vous feront rire a gorge deployeee, d'autres moins, bien sur. Mon probleme est cet immobilisme dans le dessin qui au final plombe la lecture

536. froggy - 11/08/18 18:54
Cestac, Filles des Oiseaux T2

Ou les annees 70 et 80 pour les nuls.

Cet album marque la conclusion de ce qui est donc un diptyque selon la formule consacree. L'auteur continue a nous raconter la vie de Marie-Colombe et de Therese qui s'etait rencontree a l'ecole dans le tome precedent. Commencant juste apres les evenements de Mai 68 qui bouleverserent profondement la societe francaise, le recit nous les fait suivre durant ces deux decennies. Cestac avec humour et rapidement, passe en revue ce qui a fait ces annees avec son lot de joie et de tristesse, la pilule contraceptive, les avortements pratiques qu Royaume-Uni et aux Pays-Bas avant que la Loi Veil ne soit votee en France, le feminisme, la venue de l'ordinateur dans les foyers mais aussi le SIDA qui les touchera personnellement et bien d'autres choses encore. On pourra lui reprocher d'aller tres vite, trop vite meme, mais le ton de l'ouvrage et le traitement sont tels que cela passe comme une lettre a la poste. C'est une tragi-comedie et j'ai trouve que cela passait mieux ici que dans son livre sur Charlie Schlingo qui ne m'avait pas apporte la satisfaction esperee ainsi que je vous en avais fait part recemment. Les saynetes se suivent rapidement et les enchainements sont excellents. En y repensant, je me demande si Florence Cestac n'agit pas par pudeur quand elle traite de l'episode du SIDA aussi rapidement et aussi legerement, mettant ainsi en application le mot attribue a longtemps a Oscar Wilde mais qui en fait est de Chris Marker, l'humour est la politesse du desespoir, mot que j'ai fait mien depuis longtemps.

On ne presente plus le dessin de Cestac avec ses personnages a gros nez qui ne varient pas d'albums en albums. Il est ce qu'il est, on aime ou n'aime pas, vous avez compris depuis longtemps car vous etes tous tres intelligents et fins observateurs que j'aime beaucoup, en achetant regulierement se albums dont je vous fait la chronique de lecture quand l'occasion se presente.

J'avais bien aime le premier tome mais sans plus, j'ai beaucoup plus apprecie celui-ci par contre.

Note finale, 4,25/5. Une excellente BD qui liberera vos muscles zygomatiques mais aussi activera vos glandes lacrymales. La vie en definitive

535. stefan - 10/08/18 19:18 - (en réponse à : Froggy)
Chapeau Basque

534. Piet Lastar - 10/08/18 18:32 - (en réponse à : froggy)
Merde alors ! J'ai les yeux qui saignent, c'est malin !

533. froggy - 10/08/18 17:11
Ce qui est bien, c'est que la ou Stefan vit, il n'y personne de la mafia russe car lorsqu'on leur demande, vous aimez le Pays Basque? Ils repondent, Bayonne? Niet!

->

532. suzix@bdp - 10/08/18 14:51
j’avais bien aimé « Désintégration » mais pas pour son côté didactique sur cette politique sociale. Un peu pour les coulisses du pouvoir mais surtout pour l’aspect intimiste du récit ... même si j’avais été un pet saoulé par la caractère pleurnichard de l’auteur. ‘tain il croyait entrer au pays des bisounours !? On ne peut pas vouloir le pouvoir ou au moins tenter d’influer dessus sans en payer les contreparties professionnelles et personnelles.

531. Quentin - 10/08/18 09:47
Désintégration, de Angotti et Recht chez Delcourt. Excellente BD qui retrace l'histoire du fiasco autour du projet de refondation de la politique d'intégration en France sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Ca montre bien comment une politique de bon sens, visant à lutter contre les discriminations auxquelles font face de nombreux Francais, a é torpillée par des combats de coqs, les intérêts opposés des différents ministères, et surtout par la presse et l'opinion publique. Une belle lecon de real-politique, même si Angotti se présente un peu trop sous un jour angélique (les méchants, ce sont toujours les autres, même si on ne peut s'empêcher de soupconner Angotti d'avoir quelque peu péché par naïveté et amateurisme). Au final, malgré les bonnes idées et tous les efforts, Angotti et ses alliés/comparses ont échoué à réorienter la politique et les discours sur l'intégration ailleurs que sur la question du voile et du burkini, une défaite qui est difficile à digérer pour Angotti. J'ai vraiment beaucoup aimé cette BD

530. suzix@bdp - 09/08/18 23:40 - (en réponse à : stefan)
mp répondu.
je connais un peu la côte entre Anglet et Bidart. J’y ai passé qq étés ado et on était là l’an dernier aussi.

529. Stefan - 09/08/18 21:13
Marcel => Bravo

Suzy, je te mp chez nos éminents voisins gestionnaires.

528. suzix@bdp - 09/08/18 20:28 - (en réponse à : stefan)
Bidart.

527. Piet Lastar - 09/08/18 19:36
M'étais retenu

526. marcel - 09/08/18 18:36
DTC.

(Desole, pas pu m'en empecher).

525. Stefan - 09/08/18 17:42
Ah oui tiens, tu es où?

524. froggy - 09/08/18 16:18 - (en réponse à : Suzix)
Il faut que tu ailles voir Stefan, c'est par la qu'il traine ses guetres.



 
Actualité BD générale
Actualité editeurs
Actualité mangas
Actualité BD en audio
Actualité des blogs des auteurs
Forum : les sujets
Forum : 24 dernières heures
Agenda : encoder un évènement
Calendrier des évènements
Albums : recherche et liste
Albums : nouveautés
Sorties futures
Chroniques de la rédaction
Albums : critiques internautes
Bios
Bandes annonces vidéos
Interviews d'auteurs en videos
Séries : si vous avez aimé...
Concours
Petites annonces
Coup de pouce aux jeunes auteurs
Archives de Bdp
Quoi de neuf ?
Homepage

Informations légales et vie privée

(http://www.BDParadisio.com) - © 1996, 2018 BdParadisio